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Perry Rhodan n°293 - Les Mutants de Gaïa

De

ENTREZ DANS LA PLUS GRANDE SAGA DE SCIENCE-FICTION DU MONDE !


Vivez le futur d'une Humanité dispersée dans l'Univers, confrontée à d'autres peuples stellaires et à des puissances d'ordre supérieur, poussée à se lancer dans des incursions aux conséquences imprévisibles par-delà des gouffres d'espace et de temps !
PERRY RHODAN : une invitation à l'aventure humaine et spatiale la plus dépaysante, à une captivante réflexion sur la place de l'Homme dans le cosmos, son origine, son évolution, sa destinée...





DOUZIÈME VOLUME DU CYCLE " BARDIOC "


LES MUTANTS DE GAÏA





" Et s'il n'en reste qu'un, sera-t-il celui-là ? "
Quel choix Hotrénor-Taak, le dernier Larenn dans la Voie Lactée, va-t-il faire au terme de sa fuite en avant ? La balance penchera-t-elle du côté des Terraniens ou des Lourds ?
Bien malin qui pourrait le prédire !
Encore plus malin, l'esprit qui serait capable d'affirmer que plusieurs grands retours se préparent, grâce à la mise en œuvre de moyens défiant l'imagination...
Quant à concevoir quel nouveau parti sortira bientôt de l'ombre et tentera de s'implanter sur la Terre, seule une poignée d'individus encore perdus dans un nuage sombre saurait le pressentir...





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couverture
K.-H. SCHEER
et CLARK DARLTON

LES MUTANTS DE GAÏA

PERRY RHODAN — 293

images

Face aux superintelligences…

Dans la tourmente des hautes sphères

De l’Impératrice de Therm à Bardioc et ses multiples Incarnations, Perry Rhodan découvre la nature des puissances suprêmes de l’Univers et doit se plier à leur jeu parfois trouble.

 

La résurrection de l’Humanité terrestre

L’Immortel de Délos libère les esprits des Hommes disparus, et les Concepts s’éveillent à leur destinée multidimensionnelle.

 

La fin de l’hégémonie galactique du Concile des Sept

Le Plan de Quatre-Vingts Ans touche à son terme : les tyrans de la Voie Lactée tombent dans le piège tendu par les hypermathématiciens kéloskèrs.

 

Le retour de la Terre – et le retour à la Terre

Sol III retrouve sa place légitime, puis se repeuple avec l’Opération Père Pèlerin.

 

Bardioc, les Sept Puissants et le Pan-Thau-Ra

Des aperçus vertigineux sur l’histoire de l’Univers, l’expansion de la vie et de l’intelligence, tandis que se profile une nouvelle mission cruciale pour Perry Rhodan et l’Humanité.

 

Le plus fabuleux vaisseau-monde de tous les temps

Pilotée par l’Immortel de Délos, la construction du Basis prélude à une épopée au-delà de l’imaginable…

Chronologie générale
 des onze premiers cycles1
 de la série Perry Rhodan

De la Troisième Force à l’Aphilie

1971 : avec la fusée Astrée, Perry Rhodan se pose sur la Lune. Il y rencontre les Arkonides Thora et Krest, naufragés lors d’une expédition spatiale.

1972 : la supertechnologie arkonide et l’appui de la Milice des Mutants permettent la constitution de la Troisième Force et l’unification de l’humanité terrestre.

1976 : l’être spirituel collectif qui règne sur la planète Délos accorde l’immortalité relative à Perry Rhodan et à ses plus proches compagnons.

1984 : de grandes puissances galactiques hostiles, les Arkonides, les Francs-Passeurs, les Arras et les Lourds, tentent de soumettre l’humanité terrestre qui entame son expansion interstellaire.

2040 : l’Empire Solaire vient de naître ; il incarne désormais un facteur politique et économique de premier plan dans la Voie Lactée. L’Arkonide immortel Atlan, exilé sur Terre depuis près de dix mille ans, fait son apparition et devient l’un des proches de Perry Rhodan.

2326-2328 : des colonies terraniennes sont menacées par les Acridocères et les monstrueux Annélicères. Les Humains entrent en conflit contre les Bleus qui dominent l’Est galactique.

2400-2406 : Perry Rhodan découvre la Route des Transmetteurs qui relie la Voie Lactée à Andromède. Plusieurs tentatives d’invasion de la Galaxie, orchestrées depuis la Nébuleuse, sont déjouées de justesse. Portant la lutte en territoire ennemi, les Terraniens libèrent les peuples d’Andromède de la tyrannie des Maîtres Insulaires.

2435-2437 : la forteresse-robot géante Old Man menace la Voie Lactée ; les Bi-Conditionnés surgissent, à bord de leurs Dolans, pour punir l’Humanité d’avoir effectué des expérimentations temporelles. Perry Rhodan est expédié dans la très lointaine galaxie M 87. Après son retour, la victoire sur les Ulebs – encore appelés la Première Puissance Fréquentielle – sera chèrement acquise.

2909 : la Crise de la Seconde Genèse provoque la mort de presque tous les mutants de la Milice.

3430-3434 : près d’un millénaire s’est écoulé ; l’Humanité, éparpillée dans la Galaxie, connaît de graves dissensions. Afin d’éviter une guerre fratricide, Perry Rhodan fait déphaser le Système Solaire de cinq minutes dans le futur. De nouvelles menaces, comme le Supermutant Ribald Corello, se font jour et seront vaincues – à l’exception du satellite tueur qui orbite à l’intérieur de la couronne du Soleil. Pour empêcher que l’astre ne se transforme en nova, Perry Rhodan doit effectuer plusieurs voyages dans un passé vieux de deux cent mille ans et y rencontre le Cappin Ovaron, qui s’avère le seul capable de neutraliser l’engin autrefois installé par ses frères de race.

3437 : depuis Gruelfin, la lointaine galaxie-patrie des Cappins, une invasion d’un genre inédit se prépare contre l’ensemble de la Voie Lactée. Perry Rhodan se lance vers cet univers-île inconnu dans une expédition d’envergure dont le but est double : d’une part, contrer le plan des envahisseurs ; d’autre part, rétablir le bon droit en faveur d’Ovaron, souverain légitime dont l’exil a duré deux cent mille ans. Là-bas, les Takérans ont imposé leur hégémonie par la violence et règnent par la répression. Sitôt arrivés, les Terraniens entament la lutte contre les maîtres de Gruelfin puis ils repèrent la trace des Ganjasis, qui s’était apparemment perdue. Elle aboutit à la galaxie naine Morshatzas, isolée du continuum standard dans une bulle hyperspatiale. Ovaron y est confronté à la Mère Originelle, un cerveau-robot géant dont il avait jadis programmé la construction ainsi que la mission, et qui l’identifie comme l’authentique Ganjo. Alors que la puissance des Takérans est brisée à l’intérieur de Gruelfin, la Mère elle-même intervient dans la Voie Lactée pour faire échec à l’invasion et elle se sacrifie avec son armada de Collecteurs, entraînant aussi la destruction de Pluton.

3438-3443 : suite au sabotage de ses convertisseurs hexadim alors qu’il effectue son vol de retour de Gruelfin, le Marco Polo subit une dilatation temporelle et n’atteint la périphérie de son objectif que début juin 3441. Dès leur rentrée dans la Galaxie, Perry Rhodan et ses compagnons découvrent qu’elle a été balayée par une vague d’abrutissement imputable à l’Essaim, un conglomérat stellaire vagabond qui est en train de la traverser. À de rares exceptions près, tous les êtres doués d’intelligence ont été crétinisés et il règne désormais un chaos sans précédent.

Tandis qu’une poignée d’immunisés se regroupent et tentent d’abord de résister, puis de trouver une parade au fléau et éventuellement de contre-attaquer, l’Empire Secret des Cynos commence à faire parler de lui. Ses mystérieux ressortissants finissent par reprendre le contrôle de l’Essaim – car telle était la mission originelle de ce peuple qui a failli tout perdre à cause d’une lamentable erreur dont seuls les Terraniens et leurs alliés ont pu aider à effacer les conséquences dramatiques.

3444 : après bien des incompréhensions et des affrontements en chaîne, les esprits désincarnés des huit Vieux-Mutants projetés dans l’hyperespace durant la Crise de la Seconde Genèse sont enfin conduits à l’intérieur d’une météorite géante regorgeant de semper, un métalloïde à rayonnement quintidimensionnel indispensable à leur survie. Mais l’énorme astéroïde, en réalité un gigantesque vaisseau spatial, s’arrache alors à la croûte du monde dans lequel il était encastré depuis plusieurs siècles. Les Terraniens le suivent jusqu’au Système Brisé, patrie des inquiétants Paramags qui, des dizaines de millénaires plus tôt, se sont lancés tous azimuts dans la recherche de semper à travers la Galaxie en utilisant les fragments de leur planète-mère reconvertis en nefs interstellaires.

Après avoir désamorcé la menace immémoriale que ces créatures faisaient planer sur Sol et ses satellites, Perry Rhodan et ses proches offrent enfin aux Vieux-Mutants un asile durable au sein d’un planétoïde riche en semper, acheminé jusqu’à un secteur isolé et calme de la Voie Lactée.

Décembre 3458 à août 3460 : au nom du mystérieux Concile des Sept, les Larenns annexent la Voie Lactée grâce à leur supériorité technologique et militaire écrasante. Débute une période d’occupation sans précédent, marquée par de révoltantes exactions assimilables à une mise en esclavage. Plus menacée que jamais, la Terre disparaît en empruntant un transmetteur stellaire qui doit la faire resurgir dans la Nébuleuse d’Andromède. Hélas, cette réémersion s’accomplit à l’autre bout de l’Univers, dans le Maelström des Étoiles, une région totalement inconnue où règnent de très violentes turbulences.

Avec le départ de la planète-mère, du Stellarque et de ses proches, l’Empire Solaire cesse définitivement d’exister.

Jusqu’en 3580, l’Arkonide Atlan réussit à soustraire plusieurs milliards de descendants de colons terraniens à la tyrannie des Larenns en les conduisant à un refuge aménagé en secret dans une zone cachée de la Voie Lactée. Face à la dictature qui leur est imposée de l’extérieur, les peuples opprimés se rassemblent en une vaste coalition, l’Alliance des Galactes.

3460 à 3540 : à cinq cents millions d’années-lumière de là, la Terre, qui s’est installée en orbite stable autour du soleil Médaillon, voit ses habitants peu à peu affligés d’une perte totale des émotions, de la sensibilité et de l’amour du prochain. Le règne de l’aphilie exclut tout ce qui échappe à la raison et à l’instinct.

3540 : les rares immunisés, dont Perry Rhodan, sont condamnés à l’exil et, à bord du Sol, un vaisseau géant multigénérationnel, se lancent sur le chemin de la Galaxie-patrie perdue. Au cours de cette odyssée sans précédent qui dure jusqu’en 3581, plusieurs mystères inhérents au Concile sont élucidés, et un plan qui permettra à moyen terme d’expulser les Larenns commence à se bâtir.

Mais l’heure de la libération est loin d’avoir sonné. La situation critique dans la Voie Lactée et les menaces encourues contraignent très vite le Sol à repartir pour le Maelström des Étoiles. Cette fois, Atlan accompagne son ami de toujours. Hélas, la Terre ne les attend plus à sa place antérieure, car elle a entre-temps plongé dans un gouffre cosmique et disparu avec le système de Médaillon.

 

LE CYCLE « BARDIOC » EN COURS

 

3582-3583 : seule une entité énigmatique appelée l’Impératrice de Therm semble disposer de données à son sujet. Pour obtenir ces informations, les passagers du Sol doivent porter assistance à la souveraine en s’immisçant dans plusieurs conflits qui l’opposent à une puissance rivale. Ce faisant, les Terraniens entrent dans la cour des grands et se voient dès lors devenir acteurs dans les plans des superintelligences qui se partagent l’Univers.

Terrible est le choc lorsqu’enfin, Perry Rhodan et ses compagnons retrouvent leur planète-mère qui a été transférée dans une galaxie encore plus lointaine et est presque totalement dépeuplée. D’inquiétantes créatures étrangères l’occupent et y édifient les bases d’une nouvelle hégémonie : celle de la superintelligence Bardioc, qui assoit son règne par le biais de ses Incarnations et des Petites Majestés. La lutte contre ces adversaires face auxquels l’ex-Stellarque de Sol n’est peut-être pas de taille constitue désormais pour lui le principal motif d’action.

Octobre 3583 : dans une station-relais abandonnée de l’ancien Empire Solaire surgit un inquiétant personnage dont le corps semble héberger plusieurs consciences différenciées. C’est le premier Concept, ces êtres en lesquels l’Immortel de Délos réincarne peu à peu les esprits de tous les Humains qu’il a absorbés, lors du plongeon de la Terre dans le Gouffre, afin de les sauver et de les soustraire à Bardioc.

En parallèle, les Larenns subissent une crise d’approvisionnement énergétique de leurs vaisseaux, tout en luttant contre la résistance larvée qui œuvre pour libérer la Voie Lactée. Le Concept Kershyll Vanne, fusion de surdoués techniques et scientifiques, s’ingénie à rendre leur position encore plus intenable. Il reçoit l’aide inattendue d’un véritable revenant que son corps doit soudain héberger : l’esprit désincarné d’Ernst Ellert, l’Errant de l’Éternité ! Remontant la piste de la Terre disparue, Ellert a été attiré jusqu’au « réservoir psychique » où l’Immortel de Délos abrite les consciences des Humains sauvés avant la chute de la Terre dans le Gouffre. Il a appris le sort de la planète-mère et sait quel plan permettra son repeuplement, une fois qu’elle aura été ramenée à sa place. De retour dans la Voie Lactée, Ellert utilise Kershyll Vanne pour relayer ces informations capitales vers les forces d’opposition au Concile.

Obnubilés par la volonté de survivre, les Larenns suivent à la lettre les instructions des Kéloskèrs, les hypermathématiciens qu’ils croient être leurs alliés. La transformation d’une étoile en trou noir doit leur donner accès vers un refuge supradimensionnel. Mais le processus s’emballe et les Kéloskèrs appellent à l’aide Kershyll Vanne, « l’homme multidimensionnel » en qui, bien à tort, les exécutants du Concile ont toute confiance.

Mars 3584 à mars 3585 : d’autres Concepts continuent d’œuvrer aux côtés des résistants du Nouvel Impérium Einsteinien pour le Plan de Quatre-Vingts Ans des Kéloskèrs. Et ils mènent un habile double jeu auprès des Larenns focalisés sur la création du trou noir qui leur ouvrira l’accès salvateur à la bulle Dakkar des Zgmahkones, le plus sûr des refuges – ou ce qu’ils croient comme tel. D’autres acteurs inattendus vont soudain accroître le chaos déjà considérable par leur irruption qui se fera dans le fracas et la brutalité sans que quiconque puisse leur faire obstacle. Il y a des millénaires, les Halutiens avaient failli dévaster totalement la Voie Lactée. Leurs descendants, qui ont fui la dictature du Concile en se réfugiant dans les Nuages de Magellan et sont devenus enragés, y réussiront assurément s’ils livrent l’assaut colossal qu’ils ont prévu. Mais les deux Terraniens immortels, captifs des colosses noirs dont ils ont découvert l’origine de la démence meurtrière, trouvent un moyen de les ramener à la raison. Aussitôt, les géants noirs se lancent vers la Voie Lactée où ils vont activement contribuer à la déroute des Larenns, uniquement préoccupés par la stabilisation du trou noir qui doit leur donner accès à la bulle extradimensionnelle des Zgmahkones.

Dès le passage prêt, les Kéloskèrs l’empruntent pour rallier le secteur cosmique de l’Impératrice de Therm. Peu après, la flotte des Larenns plonge dans le tunnel mais, au dernier moment, Hotrénor-Taak s’échappe avec une navette car il se croit encore indispensable dans la Voie Lactée. Loin d’avoir gagné la tranquillité espérée, ses semblables en fuite se heurtent à des Zgmahkones qui ont repris du poil de la bête et ne vont pas les accepter aussi facilement dans leur domaine…

Dans la Galaxie, où se prépare l’Opération Pères Pèlerins, qui permettra aux peuples opprimés par le Concile de revenir sur leurs mondes d’origine, l’Immortel révèle à plusieurs Concepts le destin idéal qui les attend sur Éden II. L’ultime étape, plus qu’enviable, sera pour eux la fusion en une nouvelle superintelligence. Mais Kershyll Vanne, « l’homme multidimensionnel », va vite décliner l’invitation, car il a choisi de continuer à vivre en Humain.

Fin octobre 3583 : talonné par les escadres des Hulkoos, un peuple auxiliaire de Bardioc, le Sol est attiré dans un système stellaire habité par les Varbes, d’étonnantes créatures qui savent contrôler et utiliser les lignes des champs gravitationnels. Les Terraniens découvrent avec curiosité la civilisation de ces êtres amicaux, entièrement conditionnée par leur aptitude naturelle. Mais, très vite, des disparitions se produisent et le poids d’une influence négative se fait sentir.

Atlan et des agents de Rhodan se lancent sur la piste du Mage Lourd, le souverain des Varbes, sans se douter qu’ils vont à nouveau se heurter à l’Incarnation polymorphe Vernoc, et que celle-ci vient de refermer sur les aventuriers du Sol un piège qui doit leur être fatal. En effet, tout est prévu pour que les intrus soient tôt ou tard contraints de se rendre dans le système-mère des Varbes, le Nid Originel, qui abrite le point nodal de leur prodigieux réseau de déplacement. Mais le but des Incarnations de Bardioc n’est pas la perte corps et biens du vaisseau. Elles comptent ainsi déterminer quelle est la place de Perry Rhodan dans le jeu des superintelligences. Pour cela, les Solaniens sont précipités dans le rôle des fauteurs de troubles, accusés de provoquer des incidents en cascade dont va résulter l’effondrement de toute la trame gravitationnelle assurant la cohésion de la civilisation des Varbes.

Le Sol devra prendre la fuite in extremis mais, quelques mois plus tard, il réapparaît dans le Nid Originel. Tandis que se déroule un plan d’assistance aux Varbes, Perry Rhodan déploie une ruse qui frise l’audace la plus démente – et réussit à emprisonner les quatre Incarnations de Bardioc à bord du navire intergalactique !

Simultanément, dans le système de Médaillon, les premiers Concepts se manifestent et prennent d’abord sous leur contrôle le cerveau lunaire Nathan. Puis ils annoncent la création prochaine, à partir de la planète Goshmo’s Castle, de la future patrie des intellects absorbés par l’Immortel lorsque la Terre a plongé dans le Gouffre.

Début 3584 : dès son éveil à bord du Sol, Bulloc, quatrième Incarnation de Bardioc, neutralise les trois autres avatars et s’empare du vaisseau géant qu’elle destine à la superintelligence souveraine. Face à cette nouvelle menace, les Choolks décident d’anéantir le navire et ses occupants. Perry Rhodan pousse Bulloc à fuir et s’offre comme otage. La sphère de l’Incarnation disparaît dans les profondeurs de l’espace tandis que le Sol, sous les ordres d’Atlan, repart pour le système de Médaillon.

Là-bas, les Concepts toujours plus nombreux s’activent avec frénésie, notamment sur Goshmo’s Castle dont les Mucériens devront être évacués avant que la planète ne soit séparée en deux ! Sur la Terre, des Concepts particuliers formés de deux consciences, dont une aphile, surgissent et sèment le trouble. Se sentant peu utiles dans un tel contexte, les aventuriers du Sol optent pour se lancer sur les traces de Perry Rhodan. Mille d’entre eux choisissent cependant de se réinstaller sur leur monde natal.

Grâce au cristal de l’Impératrice de Therm que Rhodan a laissé à bord du Sol, l’amorce d’une piste se dessine au sein de la galaxie Ganuhr. La première étape de la quête du Stellarque perdu sera une planète étrange et hostile où Bulloc et son « otage » ont très probablement fait escale

Pendant ce temps, le Sol remonte la piste de Perry Rhodan au sein de la galaxie Ganhur. Le conflit entre l’Impératrice de Therm et Bardioc s’aggrave. Bulloc et son otage font escale sur le Monde de Verre, où l’Immortel trouve un artifice pour entrer en contact avec le Terrien. Mais à l’arrivée du Sol, l’Incarnation et son captif sont repartis et filent vers Barxöft, la galaxie voisine – le fief de Bardioc…

Avril 3585 : dans la Voie Lactée, les Métamorphes de cinq galaxies se rassemblent enfin après des millénaires de séparation. Fondateurs du Tba, l’Empire des Îles qui embrassait jadis des centaines de galaxies, ils s’étaient donné pour but suprême d’instaurer la Loi visant à lier dans l’harmonie toutes les intelligences de l’Univers et de faire de celui-ci un unique organisme. Mais les peuples ainsi soumis s’allièrent dans la révolte et brisèrent le Tba, obligeant les Métamorphes à s’éparpiller aux quatre vents du cosmos.

Leur grand dessein actuel est de reconstruire le Tba en se basant sur l’appui des Humains. Environ un an plus tôt, ceux qui se sont manifestés sur les planètes de Médaillon, y compliquant une situation déjà épineuse, n’ont guère avancé dans leur projet. Tous leurs espoirs reposent désormais sur l’Humanité galactique. Se focalisant sur Olympe, le monde central des Libres-Navigants, ils sont espionnés à leur insu par l’empereur Anson Argyris – en d’autres termes, le robot Vario-500. Convaincu du bien fondé de leurs intentions, il leur promet, avant leur départ, son aide future et l’alliance des hommes avec leur peuple.

À la même époque, d’inoffensifs chasseurs d’épaves spatiales fournissent au Larenn Hotrénor-Taak un moyen inattendu de revenir sur la scène galactique – incognito, cela va sans dire ! L’ex-Émissaire du Concile entame un long et hasardeux périple, marqué par la rencontre avec un monstrueux clone mutant et mimétique jadis créé sur ordre du Lourd Leticron, puis par la confrontation dramatique avec un officier terranien. Pour Hotrénor-Taak, la dernière manche se jouera dans le Système Solaire où, par ailleurs, commence à se préparer un incroyable retour – prélude à l’avènement encore insoupçonné d’un nouveau pouvoir, qu’instaureront bientôt LES MUTANTS DE GAÏA

1. Téléchargez gratuitement, à partir des pages PERRY RHODAN des sites Fleuve Noir et Pocket ou du site http://www.stellarque.com, le guide spécial Destinée Cosmique II (1971–3583) qui présente toute l’action antérieure des onze premiers cycles de la série PERRY RHODAN en version française.

Chapitre premier

La Terre, galaxie Ganuhr.

Bluff Pollard cligna des yeux sous la lueur aveuglante du soleil. Un vent chaud souffla sur la steppe et remonta le versant montagneux où il s’était installé à l’aise devant une petite grotte. Non loin de là se trouvait le vieux glisseur avec lequel il s’était enfui de la ville.

Il hésita brusquement. Quelque chose avait bougé en contrebas. Cela ressemblait à une ombre sur l’herbe jaune-vert, mais ce n’en était pas une. La plaine parut vaciller, comme si un mur de flammes s’était dressé en son centre.

Pollard sursauta. L’étrange apparition se rapprochait dangereusement. Au même instant, il ressentit un tremblement de terre.

Le sol s’ouvrit devant lui, laissant apparaître une large fente. Figé par la peur, il vit de petits ruisseaux de poussière et de sable se déverser dans les profondeurs. Un grondement sourd couvrait tous les bruits ambiants. Le regard de Bluff Pollard se porta vers le haut. Il constata que d’énormes rochers étaient en équilibre. Ils éclatèrent en plusieurs morceaux et déclenchèrent une avalanche en dévalant la pente. Le jeune homme comprit qu’il ne pourrait pas rejoindre le glisseur et il se précipita aussitôt à l’intérieur de la grotte. À peine s’était-il accroupi que l’enfer se déchaîna à l’extérieur. Le sous-sol de la caverne vibra, parcouru par un crissement lugubre. Tout s’assombrit rapidement.

Bien que Pollard se contentât d’inspirer légèrement, de la poussière pénétra dans sa gorge. Il ne put réprimer plus longtemps une quinte de toux et, lorsqu’il tenta de chercher sa respiration, il avala un nouveau flot de particules.

Le grondement finit par cesser. Il était trempé de sueur. Il se dirigea en trébuchant vers l’entrée de la grotte et remarqua qu’elle était totalement obstruée.

Il plongea les mains dans la masse pulvérulente et la repoussa sur le côté, mais de la poussière et des débris ne cessaient de se déverser depuis l’extérieur. Il s’affaira comme une machine à sa tâche jusqu’à ce qu’une lueur apparaisse et qu’il puisse de nouveau ressentir l’air frais du dehors. Il utilisa ses dernières forces pour agrandir l’ouverture. La faiblesse finit par le terrasser et il perdit connaissance.

Quand il revint à lui, il était en mauvaise posture. Il parvint toutefois à se libérer du sable fin dans lequel il était enfoncé jusqu’à la hanche. Il remarqua que la température était devenue plus fraîche. Il jeta un œil autour de lui et constata que le soleil se préparait à disparaître derrière les montagnes occidentales. Il avait donc dû rester au moins quatre heures inconscient.

Le versant s’était changé en éboulis. Seuls, ici et là, demeuraient quelques souches d’arbres éclatées par les débris rocheux.

Bluff Pollard aperçut une surface mate dans la lueur déclinante du soleil. Il se précipita vers celle-ci et découvrit les restes de son glisseur sous un monceau de décombres.

Il passa le bras à travers une vitre brisée et chercha son bracelet multifonctions qu’il avait déposé sur le tableau de commandes pour ne pas être dérangé. Il finit par le retrouver.

— Il y a quelqu’un ? demanda-t-il en hésitant, lorsque le témoin flamboya.

— Est-ce une façon de s’annoncer ? grogna une voix dans le haut-parleur. Qui parle ?

— Bluff Pollard ! Santo, est-ce toi ?

— Oui. Où es-tu ?

— Sur la pente sud de l’An-Minh-Shan. Un tremblement de terre a frappé le secteur où je me trouve, mais j’ai réussi à m’en tirer. Par contre, mon véhicule est détruit…

— Nous venons te chercher ! déclara Kanube. Reste où tu es, nous te trouverons plus facilement. Un tremblement de terre, as-tu dit ? Ici, en ville, nous n’avons rien ressenti.

*

— Voici Payne Hamiller ! dit Jentho Kanthall en poussant devant lui un jeune homme, quelque peu mal à l’aise.

Walik Kauk et Bluff Pollard levèrent la tête. L’inté­ressé s’avança timidement vers la table au centre de la salle de conférence, adressa un bref signe de tête aux gens présents et se laissa choir dans un fauteuil.

— Hamiller est l’un des scientifiques de Roi Danton, déclara Kanthall. Il s’intéresse au tremblement de terre vécu par Bluff.

— Parce que ce n’en était pas un ! répliqua Payne Hamiller.

Kauk l’examina d’un air stupéfait. L’homme avait à peine trente ans. De taille moyenne, il avait des cheveux noirs et coupés très courts. La fixité de ses yeux bruns s’expliquait par le fait qu’il était myope.

— Alors, qu’est-ce que c’était ? le pressa finalement Walik.

— Un cyclone gravitationnel !

Kauk secoua la tête.

— Jamais entendu parler, grommela-t-il.

— Évidemment, rétorqua Payne, puisque, si je me souviens bien, un tel cas n’a encore jamais été observé.

— Alors, comment savez-vous que c’en était un ?

— Parce que je l’avais prévu ! J’ai soigneusement étudié le processus de vieillissement de Médaillon et cela coïncide avec ma théorie. J’ai ensuite découvert des phénomènes secondaires, dont ces cyclones.

Walik Kauk regarda tout d’abord Payne Hamiller, puis il implora Kanthall du regard.

— Il examine si le vieillissement du soleil concorde avec sa théorie. Qu’avons-nous là ? Un nouvel Einstein ?

Jentho demeurait sérieux.

— Je n’exclus pas cette possibilité, Walik, répliqua-t-il. Écoute au moins ce qu’il a à dire.

Kauk hocha la tête. Le scientifique reprit :

— La gravitation est la composante quadridimensionnelle d’un phénomène que nous dénommons hyperbarye et qui évolue dans un continuum d’ordre supérieur, généralement appelé hyperespace. Si l’hyperbarye émerge dans l’espace normal, c’est sous la double forme d’une masse associée à la gravitation. Cette combinaison est tellement prépondérante que l’on a postulé jusque dans le passé le plus récent qu’elles étaient connectées de manière indissociable. (Il jeta un œil à la ronde pour s’assurer que ses auditeurs le suivaient, puis il continua avec fougue.) Dans certaines circonstances, toutefois extrêmement rares, il se peut que l’une apparaisse sans l’autre. Un tel processus ne se produit qu’à proximité d’étoiles vieillissantes qui dégénèrent en trou noir. C’est exactement le cas de Médaillon.

— Ce qu’a vécu Bluff ne serait pas un tremblement de terre mais une éruption gravitationnelle ? demanda Walik Kauk pour s’assurer s’il avait bien compris.

— Le terme « éruption » renvoie à une mauvaise image, corrigea Payne Hamiller. J’ai baptisé ce phénomène « cyclone-g » car sa naissance évoque un cyclone. D’après leur nature, ils sont plutôt statiques. Nous pouvons constater dans quelles circonstances s’effectue leur genèse, mais nous ne savons jamais de quelle manière.

— Avez-vous réalisé des évaluations ? s’enquit Kauk.

— Eh bien… Ce serait plus simple si l’on s’en tenait tout d’abord aux bases fondamentales.

Bluff Pollard rapporta aussitôt son aventure, et Hamiller en profita pour prendre des notes.

— Je dois retourner sur la Lune, dit-il finalement. Je pense que plus le processus de désintégration du soleil avance dans le temps, plus nous devrons nous attendre à de tels cas. Nous devons donc nous en protéger.

— Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, déclara Jentho Kanthall, après le départ du scientifique, mais je le crois.

*

La conférence suivante eut lieu deux jours plus tard. Roi Danton était venu de la Lune. Ses partenaires étaient Jentho Kanthall, Walik Kauk et Homer G. Adams.

— La situation est sérieuse, commença le fils de Perry Rhodan. Nous pouvons parler de chance lorsque le destin nous apporte un homme comme Payne Hamiller. C’est un phénomène ! Nathan a examiné les bases mathématiques de sa théorie et l’a jugée correcte. L’hyperimpotronique admet toutefois qu’elle ne la comprend pas. Ma confiance en Hamiller est basée sur ses prédictions de ces dernières semaines qui se sont réalisées.

— Quelle est cette théorie ? s’enquit Kauk.

— Dois-je vraiment vous l’expliquer ?

— Pour l’amour du ciel, non ! je veux seulement savoir comment il l’appelle ?

Danton afficha un large sourire.

— Merci, Walik, tu n’aurais pas pu me mettre plus dans l’embarras. En fait, Payne Hamiller ne parle pas de théorie, c’est nous qui employons ce mot. Il évoque seulement un « modèle d’interactions transcontinuales », et finit même par l’abréger en « M.I.T. » lorsqu’il est pressé.

— Simple modestie, n’est-ce pas ? lança Homer G. Adams à mi-voix. Il aurait pu parler de modèle d’interactions de Hamiller.

— Einstein n’a pas non plus appelé sa théorie par son nom ! fit remarquer Kauk.

— Nous nous égarons ! s’irrita Kanthall. Devions-nous discuter des mesures d’urgence ou est-il question d’élever un monument à la gloire de Payne Hamiller ?

— Tu as raison, avoua Danton. Bien qu’il soit un grand homme, nous devons plutôt nous préoccuper des choses désagréables qu’il prédit.

— Par exemple ?

— Une augmentation des cyclones-g.

— Je pense qu’il faudrait installer des détecteurs spéciaux.

— C’est déjà en cours, mais ils ne jouent qu’un rôle d’avertisseurs et ne neutralisent pas ces phénomènes. Dans le pire des cas, l’un d’entre eux pourrait rayer Terrania de la carte.

Homer G. Adams rétorqua calmement :

— Pourquoi devrais-je craindre un cyclone alors que je sais que mon soleil se transformera sous peu en trou noir et disparaîtra du ciel ? Lorsque cela arrivera, tout sera terminé !

Un fin sourire apparut sur le visage de Roi Danton.

— Je suis content que vous en parliez, Homer. Nous pensons simplement que l’Immortel ne l’admettra pas. L’être collectif a un plan concernant notre planète et les changements de Médaillon ont probablement un rapport avec ce fait. Nous n’avons pas besoin de craindre que le ciel s’assombrisse pour toujours. Néanmoins, cela pourrait s’aggraver.

— Si vous croyez autant en l’Immortel, grommela Adams, pourquoi ne lui demandez-vous pas comment nous protéger ?

— Il y a une autre possibilité, déclara Roi en lançant un regard étrange à son interlocuteur. Ce que l’être collectif sait, les Concepts sur Délos II le savent peut-être aussi.

— Vous êtes-vous renseignés ?

— Délos II ne répond pas. Elle est enveloppée d’un écran d’énergie impénétrable.

— Cette possibilité est donc exclue, affirma Adams.

— Nous n’avons pas encore tenté de l’approcher.

Homer jeta un regard méfiant à Danton.

— Vous venez de dire que le bouclier était impénétrable…

— De l’extérieur ! Je suis cependant convaincu que les Concepts observent leur environnement.

— Et pourquoi devraient-ils admettre l’un d’entre nous ?

— Parce qu’ils croient qu’il a décidé de revenir avec les siens !

Homer G. Adams n’eut besoin que d’une fraction de seconde pour comprendre la situation.

— Oh non ! protesta-t-il. Faites-le avec qui vous voulez, mais pas avec moi !

*

Adams avait finalement cédé. Il était, comme il se nommait, un Concept dégénéré, qui ne disposait que d’une conscience dont la place aurait pourtant été sur Délos II. Toutefois, comme il était le seul en mesure d’être admis à traverser le champ de protection énergétique, il devait entreprendre ce voyage.

Il était parti avec le Sagace.

À plus de deux secondes-lumière de l’écran étincelant de la planète hémisphérique, il activa l’hypercom.

— Ici Homer G. Adams ! Si vous pouvez m’entendre sur Délos II, laissez-moi passer !

Un pressentiment le fit se retourner après avoir envoyé le message. Grukel Athosien était derrière lui. Il afficha un large sourire, dévoilant ses grandes dents jaunes. Ses longs cheveux pendaient en mèches désordonnées autour de sa tête.

— Comment êtes-vous arrivé ici ? demanda Adams.

— Ne m’avez-vous pas appelé ? répliqua le Concept.

— Je voulais seulement être admis sur Délos II, c’est tout !

— Vous avez changé d’avis ! Vous vous êtes souvenu que vous êtes un Concept et que vous faites partie de notre communauté !

— Non, Athosien. J’appartiens à l’Humanité. Délos II ne sera jamais ma patrie.

— Alors, je sais pourquoi vous êtes ici. Vous souhaitez uniquement des informations, n’est-ce pas ?

— Effectivement ! confirma Homer G. Adams.

— Venez avec moi au paradis ! dit Grukel Athosien en lui tendant la main.

— Par quel chemin ?

— De la même façon que je suis venu…

L’environnement devant les yeux d’Adams s’estompa, et un léger vertige le saisit. Il crut tomber, mais l’étrange sensation ne dura qu’un bref instant.

Une vive clarté l’enveloppa. Il sentit un sol ferme sous ses pieds, puis il vit un paysage si insolite que seul un peintre particulièrement fantaisiste aurait pu l’imaginer.

Il se trouvait au sommet d’une montagne. Le ciel était bleu clair, et la scène qui s’offrait à lui était baignée par une lumière dorée. Il remarqua de vastes forêts, des champs, des prairies et un fleuve qui ressemblait à de l’or liquide. L’air avait un goût curieusement épicé.

— Est-ce que cela vous plaît ? s’enquit Athosien.

— C’est beau ! répondit honnêtement Homer G. Adams. Presque trop beau !

— Vous pensez que c’est artificiel ?

Grukel Athosien ne semblait pas apprécier la réponse.

— Athosien, je ne suis pas venu pour discuter avec vous des beautés de votre paradis. Je veux…

— Votre paradis ? répéta le Concept. Cela veut-il dire que vous voulez vraiment rester chez les Humains ? Vous n’avez pas envie de partir avec vos semblables pour un voyage infini ?

— Il y a bien longtemps que j’ai pris ma décision. Je suis ici pour m’informer. Les gens sur la Terre doivent savoir ce qui va se passer.

— Ils le sauront ! Êtes-vous conscient que ce sera un départ définitif ?

— Est-ce que vous nous quittez ?

— Délos II va bientôt partir.

— Avec quel objectif ?

— Nous ne parcourrons pas l’Univers pour rejoindre une position, mais pour trouver du temps pour nous-mêmes.

Homer G. Adams comprit soudain qu’avec l’hémisphère planétaire, l’Humanité terranienne perdrait les vingt milliards d’hommes, de femmes et d’enfants qui avaient vécu la grande catastrophe.

— Êtes-vous sûr que les Concepts le veulent réellement ? demanda-t-il.

— Absolument ! Nous nous réjouissons de l’avenir qui nous attend.

Ils se tenaient face à face, et chacun semblait attendre que l’autre reprenne la parole. Finalement, Adams fit le premier pas.

— Vous m’avez promis des informations ! rappela-t-il à son interlocuteur.

— Vous apprendrez bientôt tout ce que vous voulez savoir, répéta le Concept. Sur le chemin du retour ! Adieu à vous et à l’Humanité.

Quand Homer G. Adams prit la main d’Athosien, l’environnement s’effaça. Il ressentit de nouveau ce léger vertige et, l’instant suivant, il se retrouva à bord du Sagace. Toutefois, cela se passa différemment de la première fois.

Il fit un rêve.

Il planait dans une salle infinie qui contenait tout l’Univers, et il pouvait tout voir et tout saisir ce qui s’y déroulait.

Il y avait deux systèmes stellaires. Le premier était constitué d’un grand soleil orange, Médaillon, autour duquel orbitaient trois planètes dont deux étaient de forme hémisphérique et le second d’un astre plus petit et jaune, Sol, qui possédait huit satellites ; le troisième était une naine blanche d’une extrême densité.

Homer G. Adams vit que l’un des deux demi-globes s’éloignait et se préparait à quitter le système. L’autre partie rétrécit rapidement jusqu’à disparaître complètement. Il comprit que cette seconde moitié avait consommé sa propre substance afin de délivrer l’énergie nécessaire au paradis des Concepts pour son voyage infini.

Médaillon se changea finalement en trou noir, ainsi que Kobold. Pendant ce temps, des dégâts importants ravagèrent la Terre, restant cependant limités à certaines zones. La Lune s’enveloppa d’un écran paratronique qui repoussa les influences pernicieuses des tempêtes gravitationnelles.

L’instant décisif survint quand un tunnel énergétique relia Médaillon à Kobold. La Terre et son satellite furent aspirés à l’intérieur et aussitôt rematérialisés dans le Système Solaire. Les deux trous noirs demeurèrent actifs encore un moment, comme si le processus n’était pas terminé.

Homer G. Adams ressentit la présence d’une conscience étrangère. Des pensées, si faibles qu’elles semblaient provenir de très loin, s’immiscèrent dans son esprit. C’étaient les propos d’une créature, avec laquelle il avait déjà eu un contact.

— Kershyll Vanne !

Leurs impulsions mentales se rencontrèrent par-delà des millions d’années-lumière. Ils étaient surpris. Ils n’avaient pas établi une liaison de leur propre chef, mais une puissance supérieure l’avait fait. Adams le réalisa tout en se remettant de sa stupeur.

— J’ai des informations pour vous, Vanne ! pensa-t-il.

— La manière dont la Terre doit revenir dans le Système Solaire… ?

— L’idée en soi est enthousiasmante et effrayante à la fois, fit remarquer Homer G. Adams.

— Et je me demande quels sont les motifs de l’Immortel, répliqua Kershyll Vanne.

— Rendre la patrie de leurs ancêtres aux Humains de Gaïa, est-ce que cela ne suffit pas ?

Non !

— Je suppose que vous le savez par expérience, rétorqua Adams.

— Sur Gaïa, peu de gens s’enthousiasment pour l’opération Pères Pèlerins. Ils reculent devant un voyage de plusieurs centaines de millions d’années-lumière, qu’ils devraient entreprendre pour s’installer sur un monde, d’autant plus que celui-ci n’est pas mieux ni plus beau que leur patrie actuelle. Toutefois, s’ils trouvent la Terre dans le Système Solaire, leur accord sera plus facile à obtenir.

Homer G. Adams resta pensif.

— Revenons à notre affaire, proposa finalement Vanne. Vous étiez-vous attendu à cela ?

— Comme la micronaine rétrécit, nous supposons qu’elle se changera sous peu en trou noir.

— Votre supposition est exacte. Le même processus s’est emparé de Médaillon. Les deux astres forment les extrémités d’un tunnel quintidimensionnel par lequel la Terre et la Lune reviendront à leur position originale.

— Nous nous en doutions, mais nous n’étions pas sûrs de notre fait, répliqua Kershyll Vanne. Les collapsars disparaîtront-ils dès que la planète-patrie se rematérialisera ?

— Non, répondit Adams. Ils subsisteront encore un certain temps après le transfert.

— Un trou noir à proximité immédiate de la Terre laisse prévoir des problèmes insoupçonnés.

Homer G. Adams se concentra sur l’image qu’il avait vue peu de temps auparavant. Sa mémoire avait stocké des événements et il découvrit quelque chose qu’il n’avait pas noté précédemment.

— Le trou noir Kobold se déplace. J’ignore toutefois quand il disparaîtra. Je crois qu’il ne constituera pas un danger pour la Terre lors de son retour.

— Votre information est énormément importante pour nous, annonça Kershyll. Il y a des gens qui plaident pour détruire la naine blanche avant qu’elle n’apporte le désordre dans le Système Solaire.

— Le développement de Kobold ne doit pas être perturbé !

— Maintenant, je le sais, confirma Vanne.

Homer G. Adams sentit que les impulsions mentales s’affaiblissaient puis, peu après, il était de nouveau sur le Sagace.

*