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Perry Rhodan n°297 - La déesse endormie

De
520 pages

ENTREZ DANS LA PLUS GRANDE SAGA DE SCIENCE-FICTION DU MONDE !


Vivez le futur d'une Humanité dispersée dans l'Univers, confrontée à d'autres peuples stellaires et à des puissances d'ordre supérieur, poussée à se lancer dans des incursions aux conséquences imprévisibles par-delà des gouffres d'espace et de temps !
PERRY RHODAN : une invitation à l'aventure humaine et spatiale la plus dépaysante, à une captivante réflexion sur la place de l'Homme dans le cosmos, son origine, son évolution, sa destinée...




SEIZIÈME ET DERNIER VOLUME DU CYCLE " BARDIOC "




LA DÉESSE ENDORMIE




Début 3586 : tandis que se poursuit la construction du Basis, une gigantesque crypte souterraine est découverte en Crète. À l'intérieur, un sarcophage transparent abrite une divinité antique, en stase temporelle depuis plusieurs millénaires.
Informé de l'événement, Boyt Margor, le mutant de Gaïa, se montre prêt à tout pour récupérer l'étrange déesse, à des fins connues de lui seul. Mais Déméter a des intentions bien arrêtées, et elle va bénéficier d'appuis tout à fait inattendus...





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couverture
K.-H. SCHEER ET CLARK DALTON

LA DÉESSE ENDORMIE

PERRY RHODAN — 297

images

Face aux superintelligences…

Dans la tourmente des hautes sphères

De l’Impératrice de Therm à Bardioc et ses multiples Incarnations, Perry Rhodan découvre la nature des puissances suprêmes de l’Univers et doit se plier à leur jeu parfois trouble.

 

La résurrection de l’Humanité terrestre

L’Immortel de Délos libère les esprits des Hommes disparus, et les Concepts s’éveillent à leur destinée multidimensionnelle.

 

La fin de l’hégémonie galactique du Concile des Sept

Le Plan de Quatre-Vingts Ans touche à son terme : les tyrans de la Voie Lactée tombent dans le piège tendu par les hypermathématiciens kéloskèrs.

 

Le retour de la Terre – et le retour à la Terre

Sol III retrouve sa place légitime, puis se repeuple avec l’Opération Père Pèlerin.

 

Bardioc, les Sept Puissants et le Pan-Thau-Ra

Des aperçus vertigineux sur l’histoire de l’Univers, l’expansion de la vie et de l’intelligence, tandis que se profile une nouvelle mission cruciale pour Perry Rhodan et l’Humanité.

 

Le plus fabuleux vaisseau-monde de tous les temps

Pilotée par l’Immortel de Délos, la construction du Basis prélude à une épopée au-delà de l’imaginable…

CHRONOLOGIE GÉNÉRALE
DES ONZE PREMIERS CYCLES1
DE LA SÉRIE PERRY RHODAN

De la Troisième Force à l’Aphilie

 

1971 : avec la fusée Astrée, Perry Rhodan se pose sur la Lune. Il y rencontre les Arkonides Thora et Krest, naufragés lors d’une expédition spatiale.

1972 : la supertechnologie arkonide et l’appui de la Milice des Mutants permettent la constitution de la Troisième Force et l’unification de l’humanité terrestre.

1976 : l’être spirituel collectif qui règne sur la planète Délos accorde l’immortalité relative à Perry Rhodan et à ses plus proches compagnons.

1984 : de grandes puissances galactiques hostiles, les Arkonides, les Francs-Passeurs, les Arras et les Lourds, tentent de soumettre l’humanité terrestre qui entame son expansion interstellaire.

2040 : l’Empire Solaire vient de naître ; il incarne désormais un facteur politique et économique de premier plan dans la Voie Lactée. L’Arkonide immortel Atlan, exilé sur Terre depuis près de dix mille ans, fait son apparition et devient l’un des proches de Perry Rhodan.

2326-2328 : des colonies terraniennes sont menacées par les Acridocères et les monstrueux Annélicères. Les Humains entrent en conflit contre les Bleus qui dominent l’Est galactique.

2400-2406 : Perry Rhodan découvre la Route des Transmetteurs qui relie la Voie Lactée à Andromède. Plusieurs tentatives d’invasion de la Galaxie, orchestrées depuis la Nébuleuse, sont déjouées de justesse. Portant la lutte en territoire ennemi, les Terraniens libèrent les peuples d’Andromède de la tyrannie des Maîtres Insulaires.

2435-2437 : la forteresse-robot géante Old Man menace la Voie Lactée ; les Bi-Conditionnés surgissent, à bord de leurs Dolans, pour punir l’Humanité d’avoir effectué des expérimentations temporelles. Perry Rhodan est expédié dans la très lointaine galaxie M 87. Après son retour, la victoire sur les Ulebs – encore appelés la Première Puissance Fréquentielle – sera chèrement acquise.

2909 : la Crise de la Seconde Genèse provoque la mort de presque tous les mutants de la Milice.

3430-3434 : près d’un millénaire s’est écoulé ; l’Humanité, éparpillée dans la Galaxie, connaît de graves dissensions. Afin d’éviter une guerre fratricide, Perry Rhodan fait déphaser le Système Solaire de cinq minutes dans le futur. De nouvelles menaces, comme le Supermutant Ribald Corello, se font jour et seront vaincues – à l’exception du satellite tueur qui orbite à l’intérieur de la couronne du Soleil. Pour empêcher que l’astre ne se transforme en nova, Perry Rhodan doit effectuer plusieurs voyages dans un passé vieux de deux cent mille ans et y rencontre le Cappin Ovaron, qui s’avère le seul capable de neutraliser l’engin autrefois installé par ses frères de race.

3437 : depuis Gruelfin, la lointaine galaxie-patrie des Cappins, une invasion d’un genre inédit se prépare contre l’ensemble de la Voie Lactée. Perry Rhodan se lance vers cet univers-île inconnu dans une expédition d’envergure dont le but est double : d’une part, contrer le plan des envahisseurs ; d’autre part, rétablir le bon droit en faveur d’Ovaron, souverain légitime dont l’exil a duré deux cent mille ans. Là-bas, les Takérans ont imposé leur hégémonie par la violence et règnent par la répression. Sitôt arrivés, les Terraniens entament la lutte contre les maîtres de Gruelfin puis ils repèrent la trace des Ganjasis, qui s’était apparemment perdue. Elle aboutit à la galaxie naine Morshatzas, isolée du continuum standard dans une bulle hyperspatiale. Ovaron y est confronté à la Mère Originelle, un cerveau-robot géant dont il avait jadis programmé la construction ainsi que la mission, et qui l’identifie comme l’authentique Ganjo. Alors que la puissance des Takérans est brisée à l’intérieur de Gruelfin, la Mère elle-même intervient dans la Voie Lactée pour faire échec à l’invasion et elle se sacrifie avec son armada de Collecteurs, entraînant aussi la destruction de Pluton.

3438-3443 : suite au sabotage de ses convertisseurs hexadim alors qu’il effectue son vol de retour de Gruelfin, le Marco Polo subit une dilatation temporelle et n’atteint la périphérie de son objectif que début juin 3441. Dès leur rentrée dans la Galaxie, Perry Rhodan et ses compagnons découvrent qu’elle a été balayée par une vague d’abrutissement imputable à l’Essaim, un conglomérat stellaire vagabond qui est en train de la traverser. À de rares exceptions près, tous les êtres doués d’intelligence ont été crétinisés et il règne désormais un chaos sans précédent.

Tandis qu’une poignée d’immunisés se regroupent et tentent d’abord de résister, puis de trouver une parade au fléau et éventuellement de contre-attaquer, l’Empire Secret des Cynos commence à faire parler de lui. Ses mystérieux ressortissants finissent par reprendre le contrôle de l’Essaim – car telle était la mission originelle de ce peuple qui a failli tout perdre à cause d’une lamentable erreur dont seuls les Terraniens et leurs alliés ont pu aider à effacer les conséquences dramatiques.

3444 : après bien des incompréhensions et des affrontements en chaîne, les esprits désincarnés des huit Vieux-Mutants projetés dans l’hyperespace durant la Crise de la Seconde Genèse sont enfin conduits à l’intérieur d’une météorite géante regorgeant de semper, un métalloïde à rayonnement quintidimensionnel indispensable à leur survie. Mais l’énorme astéroïde, en réalité un gigantesque vaisseau spatial, s’arrache alors à la croûte du monde dans lequel il était encastré depuis plusieurs siècles. Les Terraniens le suivent jusqu’au Système Brisé, patrie des inquiétants Paramags qui, des dizaines de millénaires plus tôt, se sont lancés tous azimuts dans la recherche de semper à travers la Galaxie en utilisant les fragments de leur planète-mère reconvertis en nefs interstellaires.

Après avoir désamorcé la menace immémoriale que ces créatures faisaient planer sur Sol et ses satellites, Perry Rhodan et ses proches offrent enfin aux Vieux-Mutants un asile durable au sein d’un planétoïde riche en semper, acheminé jusqu’à un secteur isolé et calme de la Voie Lactée.

Décembre 3458 à août 3460 : au nom du mystérieux Concile des Sept, les Larenns annexent la Voie Lactée grâce à leur supériorité technologique et militaire écrasante. Débute une période d’occupation sans précédent, marquée par de révoltantes exactions assimilables à une mise en esclavage. Plus menacée que jamais, la Terre disparaît en empruntant un transmetteur stellaire qui doit la faire resurgir dans la Nébuleuse d’Andromède. Hélas, cette réémersion s’accomplit à l’autre bout de l’Univers, dans le Maelström des Étoiles, une région totalement inconnue où règnent de très violentes turbulences.

Avec le départ de la planète-mère, du Stellarque et de ses proches, l’Empire Solaire cesse définitivement d’exister.

Jusqu’en 3580, l’Arkonide Atlan réussit à soustraire plusieurs milliards de descendants de colons terraniens à la tyrannie des Larenns en les conduisant à un refuge aménagé en secret dans une zone cachée de la Voie Lactée. Face à la dictature qui leur est imposée de l’extérieur, les peuples opprimés se rassemblent en une vaste coalition, l’Alliance des Galactes.

3460 à 3540 : à cinq cents millions d’années-lumière de là, la Terre, qui s’est installée en orbite stable autour du soleil Médaillon, voit ses habitants peu à peu affligés d’une perte totale des émotions, de la sensibilité et de l’amour du prochain. Le règne de l’aphilie exclut tout ce qui échappe à la raison et à l’instinct.

3540 : les rares immunisés, dont Perry Rhodan, sont condamnés à l’exil et, à bord du Sol, un vaisseau géant multigénérationnel, se lancent sur le chemin de la Galaxie-patrie perdue. Au cours de cette odyssée sans précédent qui dure jusqu’en 3581, plusieurs mystères inhérents au Concile sont élucidés, et un plan qui permettra à moyen terme d’expulser les Larenns commence à se bâtir.

Mais l’heure de la libération est loin d’avoir sonné. La situation critique dans la Voie Lactée et les menaces encourues contraignent très vite le Sol à repartir pour le Maelström des Étoiles. Cette fois, Atlan accompagne son ami de toujours. Hélas, la Terre ne les attend plus à sa place antérieure, car elle a entre-temps plongé dans un gouffre cosmique et disparu avec le système de Médaillon.



LE CYCLE « BARDIOC » EN COURS

 

3582-3583 : seule une entité énigmatique appelée l’Impératrice de Therm semble disposer de données à son sujet. Pour obtenir ces informations, les passagers du Sol doivent porter assistance à la souveraine en s’immisçant dans plusieurs conflits qui l’opposent à une puissance rivale. Ce faisant, les Terraniens entrent dans la cour des grands et se voient dès lors devenir acteurs dans les plans des superintelligences qui se partagent l’Univers.

Terrible est le choc lorsqu’enfin, Perry Rhodan et ses compagnons retrouvent leur planète-mère qui a été transférée dans une galaxie encore plus lointaine et est presque totalement dépeuplée. D’inquiétantes créatures étrangères l’occupent et y édifient les bases d’une nouvelle hégémonie : celle de la superintelligence Bardioc, qui assoit son règne par le biais de ses Incarnations et des Petites Majestés. La lutte contre ces adversaires face auxquels l’ex-Stellarque de Sol n’est peut-être pas de taille constitue désormais pour lui le principal motif d’action.

Octobre 3583 : dans une station-relais abandonnée de l’ancien Empire Solaire surgit un inquiétant personnage dont le corps semble héberger plusieurs consciences différenciées. C’est le premier Concept, ces êtres en lesquels l’Immortel de Délos réincarne peu à peu les esprits de tous les Humains qu’il a absorbés, lors du plongeon de la Terre dans le Gouffre, afin de les sauver et de les soustraire à Bardioc.

En parallèle, les Larenns subissent une crise d’approvisionnement énergétique de leurs vaisseaux, tout en luttant contre la résistance larvée qui œuvre pour libérer la Voie Lactée. Le Concept Kershyll Vanne, fusion de surdoués techniques et scientifiques, s’ingénie à rendre leur position encore plus intenable. Il reçoit l’aide inattendue d’un véritable revenant que son corps doit soudain héberger : l’esprit désincarné d’Ernst Ellert, l’Errant de l’Éternité ! Remontant la piste de la Terre disparue, Ellert a été attiré jusqu’au « réservoir psychique » où l’Immortel de Délos abrite les consciences des Humains sauvés avant la chute de la Terre dans le Gouffre. Il a appris le sort de la planète-mère et sait quel plan permettra son repeuplement, une fois qu’elle aura été ramenée à sa place. De retour dans la Voie Lactée, Ellert utilise Kershyll Vanne pour relayer ces informations capitales vers les forces d’opposition au Concile.

Obnubilés par la volonté de survivre, les Larenns suivent à la lettre les instructions des Kéloskèrs, les hypermathématiciens qu’ils croient être leurs alliés. La transformation d’une étoile en trou noir doit leur donner accès vers un refuge supradimensionnel. Mais le processus s’emballe et les Kéloskèrs appellent à l’aide Kershyll Vanne, « l’homme multidimensionnel » en qui, bien à tort, les exécutants du Concile ont toute confiance.

Mars 3584 à mars 3585 : d’autres Concepts continuent d’œuvrer aux côtés des résistants du Nouvel Impérium Einsteinien pour le Plan de Quatre-Vingts Ans des Kéloskèrs. Et ils mènent un habile double jeu auprès des Larenns focalisés sur la création du trou noir qui leur ouvrira l’accès salvateur à la bulle Dakkar des Zgmahkones, le plus sûr des refuges – ou ce qu’ils croient comme tel. D’autres acteurs inattendus vont soudain accroître le chaos déjà considérable par leur irruption qui se fera dans le fracas et la brutalité sans que quiconque puisse leur faire obstacle. Il y a des millénaires, les Halutiens avaient failli dévaster totalement la Voie Lactée. Leurs descendants, qui ont fui la dictature du Concile en se réfugiant dans les Nuages de Magellan et sont devenus enragés, y réussiront assurément s’ils livrent l’assaut colossal qu’ils ont prévu. Mais les deux Terraniens immortels, captifs des colosses noirs dont ils ont découvert l’origine de la démence meurtrière, trouvent un moyen de les ramener à la raison. Aussitôt, les géants noirs se lancent vers la Voie Lactée où ils vont activement contribuer à la déroute des Larenns, uniquement préoccupés par la stabilisation du trou noir qui doit leur donner accès à la bulle extradimensionnelle des Zgmahkones.

Dès le passage prêt, les Kéloskèrs l’empruntent pour rallier le secteur cosmique de l’Impératrice de Therm. Peu après, la flotte des Larenns plonge dans le tunnel mais, au dernier moment, Hotrénor-Taak s’échappe avec une navette car il se croit encore indispensable dans la Voie Lactée. Loin d’avoir gagné la tranquillité espérée, ses semblables en fuite se heurtent à des Zgmahkones qui ont repris du poil de la bête et ne vont pas les accepter aussi facilement dans leur domaine…

Dans la Galaxie, où se prépare l’Opération Pères Pèlerins, qui permettra aux peuples opprimés par le Concile de revenir sur leurs mondes d’origine, l’Immortel révèle à plusieurs Concepts le destin idéal qui les attend sur Éden II. L’ultime étape, plus qu’enviable, sera pour eux la fusion en une nouvelle superintelligence. Mais Kershyll Vanne, « l’homme multidimensionnel », va vite décliner l’invitation, car il a choisi de continuer à vivre en Humain.

Fin octobre 3583 : talonné par les escadres des Hulkoos, un peuple auxiliaire de Bardioc, le Sol est attiré dans un système stellaire habité par les Varbes, d’étonnantes créatures qui savent contrôler et utiliser les lignes des champs gravitationnels. Les Terraniens découvrent avec curiosité la civilisation de ces êtres amicaux, entièrement conditionnée par leur aptitude naturelle. Mais, très vite, des disparitions se produisent et le poids d’une influence négative se fait sentir.

Atlan et des agents de Rhodan se lancent sur la piste du Mage Lourd, le souverain des Varbes, sans se douter qu’ils vont à nouveau se heurter à l’Incarnation polymorphe Vernoc, et que celle-ci vient de refermer sur les aventuriers du Sol un piège qui doit leur être fatal. En effet, tout est prévu pour que les intrus soient tôt ou tard contraints de se rendre dans le système-mère des Varbes, le Nid Originel, qui abrite le point nodal de leur prodigieux réseau de déplacement. Mais le but des Incarnations de Bardioc n’est pas la perte corps et biens du vaisseau. Elles comptent ainsi déterminer quelle est la place de Perry Rhodan dans le jeu des superintelligences. Pour cela, les Solaniens sont précipités dans le rôle des fauteurs de troubles, accusés de provoquer des incidents en cascade dont va résulter l’effondrement de toute la trame gravitationnelle assurant la cohésion de la civilisation des Varbes.

Le Sol devra prendre la fuite in extremis mais, quelques mois plus tard, il réapparaît dans le Nid Originel. Tandis que se déroule un plan d’assistance aux Varbes, Perry Rhodan déploie une ruse qui frise l’audace la plus démente – et réussit à emprisonner les quatre Incarnations de Bardioc à bord du navire intergalactique !

Simultanément, dans le système de Médaillon, les premiers Concepts se manifestent et prennent d’abord sous leur contrôle le cerveau lunaire Nathan. Puis ils annoncent la création prochaine, à partir de la planète Goshmo’s Castle, de la future patrie des intellects absorbés par l’Immortel lorsque la Terre a plongé dans le Gouffre.

Début 3584 : dès son éveil à bord du Sol, Bulloc, quatrième Incarnation de Bardioc, neutralise les trois autres avatars et s’empare du vaisseau géant qu’elle destine à la superintelligence souveraine. Face à cette nouvelle menace, les Choolks décident d’anéantir le navire et ses occupants. Perry Rhodan pousse Bulloc à fuir et s’offre comme otage. La sphère de l’Incarnation disparaît dans les profondeurs de l’espace tandis que le Sol, sous les ordres d’Atlan, repart pour le système de Médaillon.

Là-bas, les Concepts toujours plus nombreux s’activent avec frénésie, notamment sur Goshmo’s Castle dont les Mucériens devront être évacués avant que la planète ne soit séparée en deux ! Sur la Terre, des Concepts particuliers formés de deux consciences, dont une aphile, surgissent et sèment le trouble. Se sentant peu utiles dans un tel contexte, les aventuriers du Sol optent pour se lancer sur les traces de Perry Rhodan. Mille d’entre eux choisissent cependant de se réinstaller sur leur monde natal.

Grâce au cristal de l’Impératrice de Therm que Rhodan a laissé à bord du Sol, l’amorce d’une piste se dessine au sein de la galaxie Ganuhr. La première étape de la quête du Stellarque perdu sera une planète étrange et hostile où Bulloc et son « otage » ont très probablement fait escale

Pendant ce temps, le Sol remonte la piste de Perry Rhodan au sein de la galaxie Ganhur. Le conflit entre l’Impératrice de Therm et Bardioc s’aggrave. Bulloc et son otage font escale sur le Monde de Verre, où l’Immortel trouve un artifice pour entrer en contact avec le Terrien. Mais à l’arrivée du Sol, l’Incarnation et son captif sont repartis et filent vers Barxöft, la galaxie voisine – le fief de Bardioc…

Avril 3585 : dans la Voie Lactée, les Métamorphes de cinq galaxies se rassemblent enfin après des millénaires de séparation. Fondateurs du Tba, l’Empire des Îles qui embrassait jadis des centaines de galaxies, ils s’étaient donné pour but suprême d’instaurer la Loi visant à lier dans l’harmonie toutes les intelligences de l’Univers et de faire de celui-ci un unique organisme. Mais les peuples ainsi soumis s’allièrent dans la révolte et brisèrent le Tba, obligeant les Métamorphes à s’éparpiller aux quatre vents du cosmos.

Leur grand dessein actuel est de reconstruire le Tba en se basant sur l’appui des Humains. Environ un an plus tôt, ceux qui se sont manifestés sur les planètes de Médaillon, y compliquant une situation déjà épineuse, n’ont guère avancé dans leur projet. Tous leurs espoirs reposent désormais sur l’Humanité galactique. Se focalisant sur Olympe, le monde central des Libres-Navigants, ils sont espionnés à leur insu par l’empereur Anson Argyris – en d’autres termes, le robot Vario-500. Convaincu du bien fondé de leurs intentions, il leur promet, avant leur départ, son aide future et l’alliance des hommes avec leur peuple.

À la même époque, d’inoffensifs chasseurs d’épaves spatiales fournissent au Larenn Hotrénor-Taak un moyen inattendu de revenir sur la scène galactique – incognito, cela va sans dire ! L’ex-Émissaire du Concile entame un long et hasardeux périple, marqué par la rencontre avec un monstrueux clone mutant et mimétique jadis créé sur ordre du Lourd Leticron, puis par la confrontation dramatique avec un officier terranien et, enfin, par le sabotage de la forteresse de Titan. Ce dernier coup d’éclat du Larenn suprême chasse définitivement les oppresseurs et libère de la dictature des Lourds le Système Solaire où, très vite, se révèle une nouvelle surprise : la naine blanche Kobold qui, couplée avec le Soleil, constituait le transmetteur stellaire Sol-Duo, va se transformer en trou noir.

Dans le Maelström des Étoiles, un processus similaire affecte Médaillon. En fait, les deux collapsars sont l’entrée et la sortie d’un tunnel hyperdimensionnel par lequel Terre et Lune regagneront leur position originelle. Et peu après, grâce à la conversion en énergie de l’autre moitié de Goshmo’s Castle, Éden II entame son voyage dans l’infini, emmenant les Concepts.

Le 28 juin, Terre et Lune se rematérialisent dans le Système Solaire. Six mois plus tard commence enfin le grand retour de l’Humanité Solaire, l’Opération Pères Pèlerins.

Boyt Margor, un mutant né sur Gaïa et capable de contrôler l’esprit de ses cibles, édifie sur Terre le siège de son empire et s’appuie notamment sur un jeune scientifique, Payne Hamiller. Simultanément, le Concept Kershyll Vanne reçoit de l’Immortel les coordonnées d’un mystérieux objet, le Pan-Thau-Ra, censé incarner une terrible menace pour l’Univers. Et sur la Lune, le cerveau géant Nathan se lance dans la construction d’une nef géante à rayon d’action sans précédent, le Basis.

Mi-3585 : sur la piste du Stellarque disparu, les aventuriers du Sol glanent des indices décisifs qui conduisent à la lointaine galaxie Barxöft. Mais comment imagineraient-ils ce que Perry Rhodan est déjà en train de découvrir, sur l’un des mondes centraux de celle-ci, quant à la nature et à l’histoire de Bardioc ?

À l’origine de cette superintelligence qui se révèle être un cerveau géant aux ramifications planétaires, en symbiose avec toute la faune et la flore locales, il y avait l’un des Sept Puissants qui, des millions d’années plus tôt, ont un jour reçu pour mission de propager la Vie dans l’Univers grâce à leurs vaisseaux-spores. Entré en dissidence, Bardioc a dissimulé le sien dans un endroit ultra-secret pour s’en servir à ses propres fins. Quand les Sept Puissants ont ensuite été chargés de stimuler l’intelligence à travers le cosmos par le biais de l’Essaim, Bardioc a annexé celui-ci dans son dessein personnel de domination hégémonique. Et le Cercle des Intemporels s’est brisé lorsque ses pairs ont condamné le rebelle à la désincarnation. Devenu un cerveau planétaire au cœur d’une galaxie insignifiante, Bardioc s’est enfoncé dans un rêve délirant de reconquête du pouvoir. Plus tard, il a évolué en une superintelligence, a engendré des Incarnations afin d’accroître sa sphère d’hégémonie, et a fini par se heurter à l’Impératrice de Therm.

Percevant la menace croissante de Bulloc, la Quatrième Incarnation, Perry Rhodan introduit, dans le rêve qu’il partage avec Bardioc, des images de cauchemar qui devraient obliger la superintelligence à se réveiller. Il n’y a qu’à puiser dans l’Histoire terranienne… Grâce à l’effet de choc, Bardioc s’arrache à ses divagations oniriques et signe ainsi la fin de son hégémonie sur sa sphère d’influence.

Simultanément, le Puissant Ganerc – ou Callibso – survient et apprend, par la projection d’un de ses pairs, que le vaisseau-spores de Bardioc risque de compromettre la stabilité de l’Univers. Il importe donc de sauver coûte que coûte la superintelligence déviante pour qu’elle livre la position de sa nef attitrée.

Pour cela, le Sol entre-temps arrivé pour récupérer Perry Rhodan embarque également Bardioc à son bord. Avec l’aide de Ganerc et des mutants renforcés par les cristaux de l’Impératrice de Therm, les dernières offensives de Bulloc sont contrées et Bardioc, conduit sur le monde central de la superintelligence rivale, fusionne avec elle en donnant naissance à une nouvelle entité supérieure, Thermioc. Peu après, le Sol appareille et ses passagers vont se consacrer tout entiers à la mission de la dernière chance pour l’Univers : retrouver le Pan-Thau-Ra, le vaisseau-spores de Bardioc, afin d’éviter la catastrophe universelle.

Fin 3585 : par un canal mystérieux, le Concept Kershyll Vanne est guidé vers une planète oubliée, dont tous les habitants sont morts suite à sa collision, dans l’hyperespace, avec la nef d’éternité de Tengri Lethos, le Hathor. Il est urgent de sauver Lethos qui doit reprendre sa mission de Gardien de la Lumière et, lui aussi, participer avec l’Humanité à la recherche d’un objet énigmatique menaçant l’Univers, le Pan-Thau-Ra…

Début 3586 : dans les entrailles de la Lune, le cerveau géant Nathan dévoile la dernière phase du Plan de l’Accomplissement qu’il a mené durant l’aphilie : la construction d’un navire spatial gigantesque, le Basis, dans les installations où les aphiles prévoyaient de constituer une énorme flotte d’évacuation. Fin janvier, en orbite autour de la Lune, plus de cent mille éléments et sous-ensembles se regroupent et s’unissent pour constituer la plus colossale nef cosmique de tous les temps. Peu après, Kershyll Vanne survient et assigne un but à la première expédition du Basis, dont Payne Hamiller sera le commandant et à laquelle participeront les Vieux-Mutants : atteindre la galaxie Tshushik, à deux cents millions d’années-lumière, et y rechercher le Pan-Thau-Ra.

Sur Gaïa, l’ancien foyer de la résistance au Concile, Hotrénor-Taak sollicite l’intervention des Terraniens car il a identifié un danger émanant de la sphère télévisuelle, Harno, qui a développé une aura s’apparentant à un vide temporel. Une étrange expérience attend le dernier Larenn de la Voie Lactée : un plongeon à huit mille ans dans le passé en corrélation probable avec la découverte, en Crète, d’une gigantesque crypte souterraine datant de plusieurs millénaires. À l’intérieur, un sarcophage transparent abrite le corps d’un personnage féminin, d’une beauté à couper le souffle, sur lequel le Temps semble n’avoir eu aucune emprise.

Et pour cause ! Ce n’est pas tous les jours que l’on retrouve une survivance du passé aussi extraordinaire et déconcertante que LA DÉESSE ENDORMIE


1. Téléchargez gratuitement, à partir des pages PERRY RHODAN des sites Fleuve Noir et Pocket ou du site http://www.stellarque.com, le guide spécial Destinée cosmique II (1971–3583) qui présente toute l’action antérieure des onze premiers cycles de la série PERRY RHODAN en version française.

LE VENT GLACÉ DU TEMPS

CHAPITRE PREMIER

La mer d’un bleu profond fusionnait au loin avec le ciel clair. Jusqu’à la côte s’étendait un paysage de collines. L’herbe qui les recouvrait était peu abondante et se partageait l’espace avec des buissons épineux portant de petits fruits rouges.

L’impression de froid mordant s’était dissipée : il faisait chaud.

Dans le ciel, ce n’était plus la verte Mugnam, mais un disque jaune vif. Homer G. Adams devait presque fermer les yeux lorsqu’il le regardait. Et pourtant, l’astre ne se trouvait plus qu’à deux largeurs de main de l’horizon.

C’était le soleil qui l’avait vu naître : Sol.

— Nous sommes sur la Terre, annonça mentalement Betty Toufry, sans aucune excitation. Donc, la bulle temporelle était encore là, malgré nos mesures. Nous y avons pénétré sans le remarquer. Où sont Harno et Hotrénor-Taak ? À quelle époque sont-ils ?

Mais la question inverse était aussi possible : où le Gorsell était-il resté ?

Ce fut alors qu’Adams prit conscience qu’il était seul dans un paysage étranger. Il n’y avait plus aucun navire, ni le Hanzaro, ni le Gorsell. Le vent glacé du temps l’avait emporté à plus de quarante mille années-lumière en un unique battement de paupière.

Mais ce n’était pas la Terre de ses souvenirs.

— La Crète ! s’exclama Betty Toufry. Cela doit être la Crète et cette mer est la Méditerranée. Oui, j’en suis sûre.

Comme souvent quand ils étaient seuls, il parla à voix haute :

— Quelle est la date ? demanda-t-il, inquiet. À quelle époque sommes-nous ?

La mutante aussi l’ignorait. En vain, elle s’efforça d’atteindre Harno.

— Lors de la première pénétration dans la bulle temporelle, tout était complètement différent. Cette fois, il n’y a aucun vaisseau, pas le moindre être vivant. Harno n’est pas là et même le paysage a changé. Quelque chose ne s’est pas passé comme prévu.

— Nous avons fait exactement ce qu’il nous a recommandé. Les projecteurs gravitationnels ont parfaitement fonctionné, le Gorsell s’est rematérialisé. Mais où est-il allé, Betty ?

— À une autre époque. Le lieu est toujours le même, nous sommes en Crète. La question est quand. Je ne sais pas.

— L’aire préchrétienne ?

Adams regarda autour de lui dans toutes les directions. Le paysage était vierge, il n’y avait même pas un chemin. Seul le roc nu entre les buissons épineux permettait de se déplacer. Ne trouvant rien de mieux à faire, il suggéra de revenir en arrière.

— Nous connaissons la direction, faisons demi-tour.

— Essaye ! lui conseilla Betty Toufry. Autrement, nous serons échoués.

— Échoués ?

— Dans l’espace et le temps !

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La supposition de Betty Toufry se révéla rapidement exacte. Adams s’en retourna par le chemin d’où il était venu, mais le paysage vide de toute présence ne prenait pas fin. Il marcha de plus en plus vite, monta le long d’une colline et arriva au sommet où une vue magnifique s’offrit à lui. Toutefois, à cet instant, il n’était pas sensible à la beauté du panorama. Il cherchait un point de repère qui lui indiquerait le lieu et l’époque à laquelle il était.

— La Crète. Cela pourrait bien être ça. Harno a mentionné le nom de l’île. Mais quel rapport a-t-elle avec la réalité de 3586 ?

— La clé des secrets du présent se trouve toujours dans le passé, de même que le présent est l’avenir en cours de formation, exprima l’esprit de la mutante.

— N’empêche, je n’y comprends plus rien, avoua Adams.

Ayant soudain cru percevoir un mouvement entre les buissons, il se tut.

— Ce n’est qu’un animal, le calma Betty Toufry.

Lorsque des branches s’écartèrent, il reconnut un lézard. La crête qu’il avait sur le dos ressemblait à un peigne déchiqueté et sa longue queue paraissait puissante. Prudemment, la créature de deux mètres de long avança sur les rochers dans sa direction.

— Arrête-toi ! ordonna la mutante quand son hôte voulut se tourner et s’enfuir. Il n’a peut-être encore jamais vu d’être humain.

— Raison de plus pour ne pas…

Soudain, sa conscience se mit à bouillonner. Il avait parlé à voix haute à moins de dix mètres de l’animal. Or, ce dernier n’avait pas réagi. Il continuait à ramper tranquillement alors qu’il était manifestement capable de se déplacer beaucoup plus vite.

Malgré l’avertissement de Betty, Adams fit quelques pas de côté lorsque le lézard l’eut presque atteint. Les branches sèches craquèrent et se brisèrent sous le poids du financier, mais l’animal poursuivit sa route, sourd à son environnement. Homer le regarda fixement, fasciné, puis il poussa un soupir de soulagement.

— Il m’a ignoré, Betty, comme si je n’étais tout simplement pas là ! Comment expliques-tu cela ?

— Je n’en suis pas certaine. Nous sommes ici, à une époque inconnue, mais nous n’y sommes pas vraiment. Pour le sol, les rochers et les buissons, nous sommes réels, mais pas pour les animaux.

Il n’était pas satisfait de cette explication. Même si l’hypothèse de la mutante paraissait envisageable, la distinction était par trop paradoxale.

Le soleil, se couchant à l’horizon, était devenu rouge. Adams se rendit compte qu’il ne pouvait pas s’éloigner trop du site de sa matérialisation. S’il devait y avoir une tentative de « récupération », elle ne pouvait avoir lieu que là-bas.

Quand il se retourna une nouvelle fois en direction de la mer, il remarqua la lueur d’un feu vacillant devant lequel se déplaçaient des silhouettes humaines.

— Vas-y ! lui conseilla Betty Toufry. Il n’y a aucun danger car ils ne nous voient pas. Mais je peux lire leurs pensées.

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Ils étaient nus, mesuraient à peine un mètre cinquante et leur aspect était indubitablement de type négroïde. Leurs armes – des lances et des massues en bois – se trouvaient à l’écart du feu autour duquel ils dansaient. Seuls quelques hommes et femmes plus âgés étaient assis sur un rocher et ne participaient pas au rituel.

Adams s’était arrêté entre les derniers buissons avant la clairière. Il essayait de s’habituer à la pensée que personne ne pouvait le voir parce qu’il n’était pas réellement présent. Mais il n’avait aucune preuve de l’affirmation de Betty.

— Mets-toi avec eux auprès du feu, lui suggéra la mutante. Tu auras alors ta certitude.

— Tu es folle ?

Elle ne répondit pas.

— À quoi pensent-ils ? demanda Adams au bout d’un moment.

Elle attendit quelques minutes avant d’expliquer que les réflexions des danseurs étaient tournées vers des choses très quotidiennes : le feu qui les réchauffait et qu’il fallait conserver, leurs dieux qu’ils honoraient à travers ce rituel, et la récolte à venir.

Une demi-heure plus tard, Homer entra dans la lueur du feu, les deux mains levées afin de signifier ses intentions pacifiques. Les anciens demeurèrent tranquillement assis, tandis que les plus jeunes continuaient leur danse, de plus en plus sauvage et mouvementée. Adams voulut saisir le bras d’un homme, mais sa main passa à travers, comme s’il n’était pas présent.

— Tout est relatif, lui rappela Betty. Tu penses que les indigènes ne sont pas réels mais en fait, c’est toi qui es un esprit. Néanmoins, fais attention ! Le feu est là pour tout le monde. Tu te brûlerais.

Homer sentit la chaleur émanant des flammes. L’individu qu’il avait essayé d’attraper finit, en dansant, par passer à travers lui.

— Es-tu convaincu, cette fois ?

Le financier se retira. Ce ne fut qu’une fois regagnée la protection des arbustes qu’il répondit :

— Je le suis, Betty. Mais nous ne savons pas encore à quelle époque nous avons atterri. Ces primitifs sont venus d’Afrique, même un aveugle le verrait. Leur aspect physique prouve qu’ils ne sont même pas apparentés aux futurs habitants de l’île. Les deux cultures n’ont rien en commun.

— Peut-être sont-ils entre-temps retournés dans leurs foyers.

Adams avançait à tâtons dans l’obscurité. Il s’était égaré. Il comprit qu’il ne retrouverait pas le lieu où il s’était matérialisé avant le lendemain matin. À présent, il s’agissait de trouver un endroit sûr pour la nuit. En principe, le feu des primitifs aurait convenu, ils ne l’auraient pas remarqué. Mais si quelqu’un avait jeté par hasard un tison brûlant sur lui… Un paradoxe dont il ne pouvait pas prévoir les conséquences.

Sous des rochers en surplomb, il empila quelques branches sèches afin de se fabriquer un bivouac de fortune. Fatigué, il s’endormit rapidement.

Betty Toufry le réveilla alors que le soleil était déjà monté haut.

— J’ai eu l’impression de recevoir des impulsions mentales de Harno. Loin, très très loin

À ce nom, Adams émergea immédiatement.

— Harno ? Nous devons aller à l’endroit où se trouve le Gorsell !

— Où il se trouve, oui, mais dans un avenir lointain.

— Bien que ce ne soit pas très clair, il semble qu’il y ait un lien entre la position géographique et le temps. Même si nous avons été déplacés de Mugnammor à la Terre, le lieu d’arrivée est toujours le même : la Crète. Cela prouve qu’il y a une relation. Ou bien es-tu d’un autre avis ?

— Pas du tout ! Trouvons l’emplacement !

Adams identifia facilement la colline où il s’était tenu la veille. Il monta et regarda autour de lui. À sa grande surprise, le lézard était encore là. Il y avait probablement son territoire.

— Hé, Dino ! cria-t-il à l’animal. Dommage que nous ne puissions pas discuter. Je ne savais pas qu’il y avait eu des dinosaures en Crète.

— Ce n’en est pas un. Je dirais plutôt qu’il s’agit d’un iguane.

— Ne sois pas aussi pointilleuse, Betty. D’ailleurs, j’ai fini par retrouver le chemin d’hier.

— Chemin est un terme exagéré, lui fit-elle remarquer. Et maintenant, ne me parle plus, j’essaye de prendre contact avec Harno.

— Je n’aimerais pas être ton mari, grommela-t-il tout en descendant vers le large bassin.

— Nous sommes plus qu’un simple couple, rétorqua-t-elle.

Adams se retourna de nouveau, mais il n’y avait plus rien à voir. Le feu était éteint. Probablement les indigènes avaient-ils continué leur route après la fête. Quand il s’arrêta, il était sûr d’avoir atteint leur position de départ.

— Eh bien ? demanda-t-il.

Mais Betty ne répondit pas.

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Les impulsions étaient extrêmement faibles et à peine compréhensibles, mais pour la mutante, il n’y avait aucun doute qu’elles provenaient de Harno. Peu à peu, ses émotions lui parvenaient, et elles n’étaient pas rassurantes, bien au contraire. La sphère télévisuelle semblait être en détresse et avec elle, probablement, Hotrénor-Taak.

Betty Toufry appelait sans cesse, mais elle ne savait pas si les impulsions qu’elle recevait en retour constituaient une réponse directe ou non. Les schémas de pensée devenaient progressivement plus clairs, comme si Harno approchait lentement. Enfin arriva le moment où elle le comprit parfaitement.

— Ne faites pas n’importe quoi ! Nous allons passer vous prendre !

— Nous ? Comment ça, nous ? demanda Betty. S’agit-il de Hotrénor-Taak ?

— Non, pas lui. L’autre est un inconnu qui m’a attiré dans le flux temporel contre ma volonté. Je ne sais pas. Attendez !

À cette seconde, Harno devint silencieux.

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Adams ne quittait pas des yeux l’endroit où il avait vu le Gorsell pour la dernière fois.

— Est-ce que tu y comprends quelque chose ? demanda-t-il, embarrassé. Il se passe des événements pour lesquels il n’y a aucune explication raisonnable. De mes réflexions, il ressort clairement que Harno n’a pas d’influence sur ce qui se passe. Il est impuissant, tout comme nous. Un inconnu se trouve derrière tout ça et sa maîtrise du temps et de l’espace lui permet d’utiliser notre ami pour ses propres desseins – voire d’en abuser.

— Harno est au même endroit que nous en ce moment, mais à une autre époque. Il n’a rien d’autre à faire que de voyager dans le passé et descendre jusqu’à nous – à moins qu’il ne décide de nous amener jusqu’à lui. Que l’inconnu l’y aide ou non reste pour l’instant une question ouverte.

— Tu as une manière sacrément factuelle de voir les choses, lui reprocha Adams.

Encore une fois, les événements défilèrent dans son esprit. Il revit tout et sut que, sans ses facultés, il n’aurait jamais retrouvé ce lieu où il se situait actuellement. Malheureusement, cela ne suffisait pas pour lui montrer le chemin à prendre dans le courant temporel. Un nageur dans une rivière ne se localise qu’en fonction de ce qu’il voit sur les berges, non de l’eau elle-même.

— Adams, Toufry… je me rapproche, dit Harno.

Mais il se trompait : c’était ses amis qui se déplaçaient vers lui.

Homer voyait comme un film se dérouler devant ses yeux. C’était une expérience étrange et surréaliste. Le paysage autour de lui se transformait si vite qu’il était impossible d’en distinguer les détails. Fleurs et arbustes étaient littéralement tirés hors de terre, desséchés et aussitôt remplacés par des nouveaux. Des ombres passèrent furtivement puis disparurent. Des bâtiments furent construits, s’effritèrent puis s’écroulèrent sur eux-mêmes. L’alternance du jour et de la nuit était un rapide clignotement auquel Adams s’habitua rapidement. Même le changement des saisons pouvait être compté en secondes.

— C’est bientôt fini, émit Harno, ses impulsions devenant plus fortes et claires.

— Tu dois nous arrêter, sinon nous tomberons de plus en plus vite dans le futur, pensa Betty, désespérée.

— Vous y êtes presque !

Les cycles jour-nuit ralentirent, signe que la chute dans le temps en faisait autant. Simultanément, les pensées de Harno devinrent plus faibles, jusqu’à finalement disparaître. Betty Toufry ne reçut plus aucune réponse.

Durant quelques secondes, Homer G. Adams vit un temple, le Gorsell posé juste devant, et Hotrénor-Taak. Ensuite, le navire larenn disparut et le temple s’effondra.

Soudain, un brouillard enveloppa la région. Le Terrien sentit un froid qui en sortait. Le vent glacé du temps ?

— Qu’en est-il de Harno ? demanda-t-il à Betty. Qui est avec lui ?

— Regarde le sol sur lequel tu es, Homer ! Et n’as-tu rien remarqué ? Le changement entre le jour et la nuit a cessé.

Il y avait du brouillard. Adams se trouvait sur les débris rocheux du cratère de Mugnammor. Il distinguait vaguement les contours du vaisseau C.E.V.

— Qu’est-il arrivé à Harno ? répéta-t-il.

— Je ne l’entends plus.

— La bulle temporelle doit encore être présente car le bord supérieur du cratère n’est pas visible. Je n’ai aucun contact radio avec Benjam et ses hommes. Le Gorsell est bien là et apparemment à notre époque. Nous devons essayer d’entrer dans le navire, nous n’avons pas le choix.

Et il se mit en route d’un pas ferme.

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Harno et Hotrénor-Taak s’étaient de nouveau retirés dans le vaisseau. Il était là, stationnant en toute tranquillité, pas très loin du temple. La sphère télévisuelle se trouvait sur son coussin, dans sa vasque de repos, un peu plus petite que d’habitude et d’un noir profond. Le Larenn était dans le poste de commandement.

Le Gorsell était apparu tout à coup, s’était stabilisé lentement et était resté. Après une première hésitation, Hotrénor-Taak était entré dans le navire et avait constaté qu’aucune des commandes ne réagissait.

Quatre fois, le soleil s’était levé et couché sans que rien ne change.

L’ancien Émissaire des Hétosones n’avait plus vu Déméter, même si des groupes d’hommes et de femmes étaient entrés dans le temple avec des offrandes. En fonction de ce qu’il avait compris des déclarations de Harno, ils devaient rester là tous les deux et voir ce qui arriverait. Le premier déplacement spatial avait été prévu et s’inscrivait dans un programme inconnu – tout au moins la nature de l’énergie employée le laissait-elle supposer. Un deuxième, réalisé par eux-mêmes, pourrait leur être fatal et les retenir pour toujours dans la bulle temporelle.

Hotrénor-Taak s’était présenté l’affaire tout autrement lorsqu’il avait proposé son aide à Roctin-Par. Maintenant, il était coincé sur Terre, dans un vaisseau immobilisé, et pas à la bonne époque.

Tandis que le Larenn se préparait intérieurement à enterrer toutes ses intentions secrètes, Harno, avec la concentration la plus extrême, écoutait l’éternité. La liaison avec Adams-Toufry avait été faible et courte. Depuis, il tentait désespérément de retrouver le contact. Le duo était parvenu à franchir le gouffre qui séparait Mugnam de Sol et était également arrivé sur Terre. Mais pas à la bonne période de son histoire.

Harno ne se souvenait pas avoir jamais été aussi impuissant. Il se sentait plus faible d’heure en heure, comme si son énergie était aspirée, et il ne pouvait rien faire contre. Heureusement, le soleil artificiel qui brûlait dans sa cabine, malgré quelques défaillances techniques, lui apportait une petite partie des ressources énergétiques qui lui étaient vitales.

Soudain, il eut de nouveau un contact, bien que temporaire. Malheureusement, il ne put établir s’il tombait avec Hotrénor-Taak et le Gorsell dans le passé, ou si Adams-Toufry avançait vers l’avenir. Le paysage changea, fut enveloppé dans le brouillard et disparut. Le navire semblait flotter dans un néant où il n’y avait pas le moindre point de repère.

— Betty Toufry ! Où es-tu ?

Pas de réponse.

Hotrénor-Taak se précipita dans la cabine.

— Qu’est-ce qui se passe, Harno ? Je n’ai actionné aucun circuit et pourtant, c’est comme si le vaisseau s’était mis en route.

— Nous retournons à notre point de départ. Je crois que nous avons vu ce que nous devions voir. La mission est accomplie.

— Quelle mission ? Pour qui ? Je ne comprends rien du tout…

— Patience ! Je suis faible et épuisé.

Le Larenn se laissa tomber dans un fauteuil et étendit ses jambes. Le vaisseau n’avait pas besoin de lui, un pouvoir incompréhensible le dirigeait à travers le temps. Vers Mugnammor, si Harno avait raison.

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La porte extérieure du Gorsell s’ouvrit facilement. Encore une fois, le couple Adams-Toufry hésita un instant, puis le financier entra dans le sas, le traversa et se retrouva au niveau principal.

— Je peux sentir faiblement la présence de Harno, annonça la mutante.

Homer s’arrêta devant la cabine de la sphère télévisuelle. Lorsqu’il en franchit le seuil, il la vit, miroitant d’un blanc laiteux sous l’éclairage. Hotrénor-Taak était recroquevillé dans un fauteuil, endormi ou inconscient.

Harno également ne réagit pas aux appels, mais des contours devinrent visibles à sa surface. Un paysage apparut, que Toufry et Adams reconnurent immédiatement : la Crète. Des personnes se déplaçaient, mais elles étaient différentes des indigènes négroïdes qui dansaient autour du feu. Le financier crut avoir devant les yeux le temple qu’ils avaient brièvement aperçu lorsqu’ils tombaient dans l’avenir. À présent, il restait stable. Des hommes et des femmes en vêtements blancs en sortaient. Entre les colonnes, Adams vit une estrade sur laquelle se tenait une femme merveilleuse, vêtue d’une longue robe qui descendait jusqu’au sol. Devant elle étaient déposées des offrandes. Un chant monotone résonnait, entrecoupé de temps en temps par des prières et des appels.

Harno devait dépenser toute son énergie pour cette visualisation, car il n’émettait aucune explication mentale pour accompagner les images.

Adams et Toufry crurent saisir un mot qui se répétait à plusieurs reprises parmi la foule : « Déméter ! » Mais tous deux se dirent qu’ils devaient se tromper. La femme sur l’estrade ne pouvait en aucune façon être la déesse grecque de la fertilité, c’était impossible.

L’image s’effaça. Puis Harno émit des pensées, distinctement, tandis qu’il diminuait de taille pour ne plus être aussi gros qu’un poing humain.

— Déméter ! C’est Déméter !

— Quoi ? Harno, qu’est-ce que tout ceci signifie ? Le voyage dans le temps, la Crète…

— Mes forces faiblissent de nouveau. Déméter, la Crète – tout est lié. Bientôt, quelque chose va se passer, qui amènera la lumière. Cela va se produire sur Terre.

— Qui se trouve derrière tout ça ? Qui a permis le voyage temporel ?

— Je ne sais pas… retour sur Terre

Les dernières bribes de pensée étaient presque incompréhensibles. Puis elles s’éteignirent définitivement.

Adams essaya de se souvenir. Pour les Grecs, Déméter représentait la déesse de l’agriculture. Cronos et Rhéa étaient ses parents et Zeus, son frère, avait eu une fille avec elle : Perséphone.

— Tout cela est bel et bon, mais qu’est-ce que cela vient faire ici ? Qui a intérêt à ressusciter les dieux du passé, oubliés depuis longtemps ? Et qui en a le pouvoir, d’ailleurs ? Manifestement, pas Harno. Il est devenu une marionnette entre les mains de cet inconnu, un simple porteur de message.

Après avoir ouvert les yeux, Hotrénor-Taak tressaillit face à ce soudain visiteur.

— Je suis Homer G. Adams, mandataire du Premier Terranien. Je dois ramener Harno sur Terre.

— D’où savez-vous… ? demanda le Larenn en se redressant avec raideur.

— Roctin-Par nous a fait un compte-rendu détaillé. Comment vous sentez-vous ? Pouvez-vous nous informer à propos de ce qui s’est passé ?

— Nous nous trouvons toujours dans la bulle temporelle ?

— Je suppose que oui.

Hotrénor-Taak bondit du fauteuil.

— Venez au central ! Ici, nous sommes aveugles.

— Je capte à nouveau les pensées de l’équipage du Hanzaro, annonça silencieusement Betty Toufry. Je crois que le cauchemar est fini.

Ne s’agissait-il vraiment que d’un rêve ? se demanda Adams tout en suivant le Larenn.

Les caméras extérieures montraient le paysage typique de Mugnammor et, pas très loin, le Hanzaro. Le cratère, en revanche, n’était plus là.

Avant que l’ancien dictateur ne prenne la parole, Homer contacta le commandant Benjam à l’aide de son bracelet multifonction.

— Adams ? C’est incroyable ! Cela fait trois jours que nous sommes sans nouvelle ! Aucun de nous n’est arrivé à vous suivre, et maintenant, le navire larenn apparaît soudain en lieu et place du cratère. Comment expliquez-vous cela ?

— Il serait préférable que vous ne vous approchiez pas encore du Gorsell. Je quitterai le vaisseau dans une demi-heure et apporterai Harno avec moi.

— Vous feriez mieux de le faire immédiatement !

— La bulle temporelle n’existe plus. En outre, le but de cette expérience semble être atteint. Nous en reparlerons plus tard.

Adams s’adressa ensuite à Hotrénor-Taak :

— S’il vous plaît, racontez-moi.

Le Larenn reconstitua soigneusement tous les événements. Betty Toufry surveillait ses pensées, mais elle n’y releva aucune contradiction. Adams lui-même nota des similitudes avec sa propre expérience, sans toutefois parvenir à donner un sens à ce qui s’était passé.

Peut-être, spécula-t-il, ces événements ont-ils pour objectif de stimuler une réaction chez une certaine personne. En tout cas, je n’ai pas le sentiment qu’il s’agisse de moi. Cette Déméter était en effet incroyablement belle, mais elle est morte depuis quelques milliers d’années.

Alors que Hotrénor-Taak était silencieux, Adams lui demanda :

— Vous rentrez sur Gaïa ?

— Certainement.

— Il ne dit pas la vérité, rapporta Betty Toufry. Il a ses propres plans, mais qui ne sont pas dirigés contre nos intérêts.

— Saluez Roctin-Par pour nous et remerciez-le de son soutien.

— Je le ferai volontiers, promit le Larenn.

— Bien. À présent, allons chercher Harno ! suggéra Adams.

Petite et insignifiante, la sphère reposait sur le coussin. Homer la prit avec délicatesse et l’emporta hors du navire. Hotrénor-Taak les accompagna jusqu’au sas.

— Je vous souhaite un bon vol de retour, dit Adams en guise d’adieu.

— Ne vous en faites pas, vous aurez bientôt de mes nouvelles.

— Encore une fois merci pour votre aide, répondit Homer quand il eut pris pied sur le sol rocailleux.

Alors qu’il se dirigeait vers les hommes du Hanzaro qui l’attendaient, Betty Toufry se manifesta :

— Je crois que Hotrénor-Taak ne retournera pas immédiatement sur Gaïa, mais je n’ai pas pu découvrir ce qu’il projette. Après tout, en quoi cela nous concerne-t-il ? Nous avons Harno et c’était là notre mission. Nous rentrons sur Terre par le chemin le plus rapide. Cela fait presque deux semaines que nous sommes partis.

— Plus de huit mille ans, lui rappela Adams.

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Bien que le Premier Terranien Julian Tifflor ait reçu les dernières nouvelles des fouilles en Crète, il avait peu de temps pour s’en soucier. Les restes d’une civilisation pré-minoenne avaient été trouvés et avaient livré quelques-uns de leurs mystères ? Très bien, mais il s’agissait là davantage d’un sujet pour le nouveau Conseiller aux Sciences.

Pour sa part, Payne Hamiller subodorait une découverte scientifique sensationnelle. Aussi, il n’y avait rien d’extraordinaire à ce qu’il soit en contact régulier avec la Crète. L’archéologue Czerk Matzlev dirigeait les travaux de fouille et avait déjà rapporté quelques surprises. Des spécialistes étaient en train de déchiffrer d’anciennes écritures et d’examiner des découvertes de nature technique. Hamiller redirigeait tout ce qu’il apprenait chez Boyt Margor.

Il se préparait à se rendre sur le chantier du Basis lorsque la Crète s’annonça.

— Nous sommes tombés sur une immense chambre souterraine, lança le responsable du chantier en guise de préambule. Je n’ose pas vous dire ce que j’y ai trouvé.

— Parlez, Matzlev ! exigea Hamiller.

— En aucun cas par radio ! Vous êtes mon supérieur mais, dans ma situation, vous agiriez de même.

— Un indice, alors !

— C’est une découverte de première importance, finit par lâcher l’archéologue, sans rien ajouter.

Hamiller mit très vite fin à la conversation. Certes, il était de son devoir de rapporter la nouvelle au Premier Terranien, mais il préféra s’adresser d’abord à Boyt Margor.

— Vous n’irez pas sur le site du Basis, ni n’informerez Julian Tifflor ! lui ordonna ce dernier. L’affaire ne doit pas échapper aux mains de la science. Si elle tombe entre celles des hommes politiques, elle est perdue pour nous.

Hamiller essayait de concilier ses propres sentiments avec les ordres qu’il avait reçus. Aussi, après un moment, il entra en contact avec Julian Tifflor.

— J’ai besoin de faire l’une de mes visites de routine, dit-il. Cette fois-ci, en Crète…

— Et pour ce qui est du Basis ?

— Cela peut attendre.

— D’accord, allez jeter un œil sur les fouilles. Mais je veux un rapport détaillé.

— Bien sûr.