//img.uscri.be/pth/e059f09b94755ad27c24d3f8f95219726ef12c6d
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 9,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

Perry Rhodan n°300 - Le peuple des ruines

De
232 pages

ENTREZ DANS LA PLUS GRANDE SAGA DE SCIENCE-FICTION DU MONDE !


Vivez le futur d'une Humanité dispersée dans l'Univers, confrontée à d'autres peuples stellaires et à des puissances d'ordre supérieur, poussée à se lancer dans des incursions aux conséquences imprévisibles par-delà des gouffres d'espace et de temps !
PERRY RHODAN : une invitation à l'aventure humaine et spatiale la plus dépaysante, à une captivante réflexion sur la place de l'Homme dans le cosmos, son origine, son évolution, sa destinée...


TROISIÈME VOLUME DU CYCLE " PAN-THAU-RA "
LE PEUPLE DES RUINES


Quelque part dans le halo de la Voie Lactée, un monde oublié...
Des vestiges sans âge et des tours effondrées, parmi les sables de ses déserts.
Pourtant, des guetteurs asservis à d'étranges puissances épient le silence des espaces infinis, avec l'espoir d'un signal qui ne vient pas.
Jusqu'au jour où se rompt l'attente et se dessine enfin la trace de l'Artéfact dérobé dans l'abîme du Temps.
La piste conduira les Loowers à l'autre bout de la Galaxie, dans un secteur spatial jadis inhabité, où la troisième planète d'un insignifiant soleil est devenue le cœur d'un Empire...


AVEC SUPPLÉMENT SPÉCIAL
PERRY RHODAN HISTORIQUE 26 ILLUSTRATIONS INTÉRIEURES DE L'ÉDITION ORIGINALE ALLEMANDE



Voir plus Voir moins
couverture
K.-H. SCHEER
et CLARK DARLTON

LE PEUPLE DES RUINES

PERRY RHODAN — 300

images

À deux cents millions d’années-lumière
de la Terre…

Les mystères d’une galaxie inconnue

Haute technologie et obscurantisme religieux de la Roue Universelle : l’étonnante dualité des Wyngers…

 

Plondfair, l’Élu en révolte

Un jeune Wynger en quête de la vérité, et sur les traces des maîtres secrets d’Algstogermaht.

 

Entre les dimensions, l’étrange monde du Lyrd

Planète artificielle ou méga-station hyperspatiale, lieu de tous les périls et de toutes les surprises…

 

Le renouveau du Tba

Les Métamorphes longtemps dispersés rebâtiront-ils enfin leur empire perdu ?

 

Le Peuple des Ruines et l’Antiquité terrienne

Les Loowers à la recherche de l’Œil, caché dans la Voie Lactée il y a des centaines de millénaires…

 

Les énigmes du Pan-Thau-Ra

Histoire ancrée dans un passé très lointain, menace universelle pour le présent, et ouverture sur l’ordre supracosmique…

CHRONOLOGIE GÉNÉRALE
DES DOUZE PREMIERS CYCLES1
DE LA SÉRIE PERRY RHODAN

De la Troisième Force à la construction du Basis

1971 : avec la fusée Astrée, Perry Rhodan se pose sur la Lune. Il y rencontre les Arkonides Thora et Krest, naufragés lors d’une expédition spatiale.

1972 : la supertechnologie arkonide et l’appui de la Milice des Mutants permettent la constitution de la Troisième Force et l’unification de l’humanité terrestre.

1976 : l’être spirituel collectif qui règne sur la planète Délos accorde l’immortalité relative à Perry Rhodan et à ses plus proches compagnons.

1984 : de grandes puissances galactiques hostiles, les Arkonides, les Francs-Passeurs, les Arras et les Lourds, tentent de soumettre l’humanité terrestre qui entame son expansion interstellaire.

2040 : l’Empire Solaire vient de naître ; il incarne désormais un facteur politique et économique de premier plan dans la Voie Lactée. L’Arkonide immortel Atlan, exilé sur Terre depuis près de dix mille ans, fait son apparition et devient l’un des proches de Perry Rhodan.

2326-2328 : des colonies terraniennes sont menacées par les Acridocères et les monstrueux Annélicères. Les Humains entrent en conflit contre les Bleus qui dominent l’Est galactique.

2400-2406 : Perry Rhodan découvre la Route des Transmetteurs qui relie la Voie Lactée à Andromède. Plusieurs tentatives d’invasion de la Galaxie, orchestrées depuis la Nébuleuse, sont déjouées de justesse. Portant la lutte en territoire ennemi, les Terraniens libèrent les peuples d’Andromède de la tyrannie des Maîtres Insulaires.

2435-2437 : la forteresse-robot géante Old Man menace la Voie Lactée ; les Bi-Conditionnés surgissent, à bord de leurs Dolans, pour punir l’Humanité d’avoir effectué des expérimentations temporelles. Perry Rhodan est expédié dans la très lointaine galaxie M 87. Après son retour, la victoire sur les Ulebs – encore appelés la Première Puissance Fréquentielle – sera chèrement acquise.

2909 : la Crise de la Seconde Genèse provoque la mort de presque tous les mutants de la Milice.

3430-3434 : près d’un millénaire s’est écoulé depuis la défaite de la Première Puissance Fréquentielle. L’Humanité, éparpillée dans la Galaxie, connaît de graves dissensions. Afin d’éviter une guerre fratricide, Perry Rhodan fait déphaser le Système Solaire de cinq minutes dans le futur. De nouvelles menaces, comme le Supermutant Ribald Corello, se font jour et seront vaincues – à l’exception du satellite tueur qui orbite à l’intérieur de la couronne du Soleil. Pour empêcher que l’astre ne se transforme en nova, Perry Rhodan doit effectuer plusieurs voyages dans un passé vieux de deux cent mille ans et y rencontre le Cappin Ovaron, qui s’avère le seul capable de neutraliser l’engin autrefois installé par ses frères de race.

3437 : depuis Gruelfin, la lointaine galaxie-patrie des Cappins, une invasion d’un genre inédit se prépare contre l’ensemble de la Voie Lactée. Perry Rhodan se lance vers cet univers-île inconnu dans une expédition d’envergure dont le but est double : d’une part, contrer le plan des envahisseurs ; d’autre part, rétablir le bon droit en faveur d’Ovaron, souverain légitime dont l’exil a duré deux cent mille ans. Là-bas, les Takérans ont imposé leur hégémonie par la violence et règnent par la répression. Sitôt arrivés, les Terraniens entament la lutte contre les maîtres de Gruelfin puis ils repèrent la trace des Ganjasis, qui s’était apparemment perdue. Elle aboutit à la galaxie naine Morshatzas, isolée du continuum standard dans une bulle hyperspatiale. Ovaron y est confronté à la Mère Originelle, un cerveau-robot géant dont il avait jadis programmé la construction ainsi que la mission, et qui l’identifie comme l’authentique Ganjo. Alors que la puissance des Takérans est brisée à l’intérieur de Gruelfin, la Mère elle-même intervient dans la Voie Lactée pour faire échec à l’invasion et elle se sacrifie avec son armada de Collecteurs, entraînant aussi la destruction de Pluton.

3438-3443 : suite au sabotage de ses convertisseurs hexadim alors qu’il effectue son vol de retour de Gruelfin, le Marco Polo subit une dilatation temporelle et n’atteint la périphérie de son objectif que début juin 3441. Dès leur rentrée dans la Galaxie, Perry Rhodan et ses compagnons découvrent qu’elle a été balayée par une vague d’abrutissement imputable à l’Essaim, un conglomérat stellaire vagabond qui est en train de la traverser. À de rares exceptions près, tous les êtres doués d’intelligence ont été crétinisés et il règne désormais un chaos sans précédent.

Tandis qu’une poignée d’immunisés se regroupent et tentent d’abord de résister, puis de trouver une parade au fléau et éventuellement de contre-attaquer, l’Empire Secret des Cynos commence à faire parler de lui. Ses mystérieux ressortissants finissent par reprendre le contrôle de l’Essaim – car telle était la mission originelle de ce peuple qui a failli tout perdre à cause d’une lamentable erreur dont seuls les Terraniens et leurs alliés ont pu aider à effacer les conséquences dramatiques.

3444 : après bien des incompréhensions et des affrontements en chaîne, les esprits désincarnés des huit Vieux-Mutants projetés dans l’hyperespace durant la Crise de la Seconde Genèse sont enfin conduits à l’intérieur d’une météorite géante regorgeant de semper, un métalloïde à rayonnement quintidimensionnel indispensable à leur survie. Mais l’énorme astéroïde, en réalité un gigantesque vaisseau spatial, s’arrache alors à la croûte du monde dans lequel il était encastré depuis plusieurs siècles. Les Terraniens le suivent jusqu’au Système Brisé, patrie des inquiétants Paramags qui, des dizaines de millénaires plus tôt, se sont lancés tous azimuts dans la recherche de semper à travers la Galaxie en utilisant les fragments de leur planète-mère reconvertis en nefs interstellaires.

Après avoir désamorcé la menace immémoriale que ces créatures faisaient planer sur Sol et ses satellites, Perry Rhodan et ses proches offrent enfin aux Vieux-Mutants un asile durable au sein d’un planétoïde riche en semper, acheminé jusqu’à un secteur isolé et calme de la Voie Lactée.

Décembre 3458 à août 3460 : au nom du mystérieux Concile des Sept, les Larenns annexent la Voie Lactée grâce à leur supériorité technologique et militaire écrasante. Débute une période d’occupation sans précédent, marquée par de révoltantes exactions assimilables à une mise en esclavage. Plus menacée que jamais, la Terre disparaît en empruntant un transmetteur stellaire qui doit la faire resurgir dans la Nébuleuse d’Andromède. Hélas, cette réémersion s’accomplit à l’autre bout de l’Univers, dans le Maelström des Étoiles, une région totalement inconnue où règnent de très violentes turbulences.

Avec le départ de la planète-mère, du Stellarque et de ses proches, l’Empire Solaire cesse définitivement d’exister.

Jusqu’en 3580, l’Arkonide Atlan réussit à soustraire plusieurs milliards de descendants de colons terraniens à la tyrannie des Larenns en les conduisant à un refuge aménagé en secret dans une zone cachée de la Voie Lactée. Face à la dictature qui leur est imposée de l’extérieur, les peuples opprimés se rassemblent en une vaste coalition, l’Alliance des Galactes.

3460 à 3540 : à cinq cents millions d’années-lumière de là, la Terre, qui s’est installée en orbite stable autour du soleil Médaillon, voit ses habitants peu à peu affligés d’une perte totale des émotions, de la sensibilité et de l’amour du prochain. Le règne de l’aphilie exclut tout ce qui échappe à la raison et à l’instinct.

3540 : les rares immunisés, dont Perry Rhodan, sont condamnés à l’exil et, à bord du Sol, un vaisseau géant multigénérationnel, se lancent sur le chemin de leur galaxie-patrie perdue. Au cours de cette odyssée sans précédent qui dure jusqu’en 3581, plusieurs mystères inhérents au Concile sont élucidés, et un plan qui permettra à moyen terme d’expulser les Larenns commence à se bâtir.

Mais l’heure de la libération est loin d’avoir sonné. La situation critique dans la Voie Lactée et les menaces encourues contraignent très vite le Sol à repartir pour le Maelström des Étoiles. Cette fois, Atlan accompagne son ami de toujours. Hélas, la Terre ne les attend plus à sa place antérieure, car elle a entre-temps plongé dans un gouffre cosmique et disparu avec le système de Médaillon.

3582-3583 : seule une entité énigmatique appelée l’Impératrice de Therm semble disposer de données au sujet de la Terre. Pour obtenir ces informations, les passagers du Sol doivent porter assistance à la souveraine en s’immisçant dans plusieurs conflits qui l’opposent à une puissance rivale. Ce faisant, les Terraniens entrent dans la cour des grands et se voient dès lors devenir acteurs dans les plans des superintelligences qui se partagent l’Univers.

Terrible est le choc lorsqu’enfin, Perry Rhodan et ses compagnons retrouvent leur planète-mère, qui a été transférée dans une galaxie encore plus lointaine et est presque totalement dépeuplée. La Terre a en effet resurgi dans la sphère d’influence de Bardioc, une superintelligence en guerre contre l’Impératrice de Therm, et d’inquiétantes créatures étrangères y établissent la base d’une nouvelle hégémonie. Pour Rhodan, la lutte contre des adversaires face auxquels il n’est peut-être pas de taille constitue désormais le motif principal d’action. L’ensemble des moyens du Sol va donc être déployé pour tenter de mettre fin au conflit des deux superintelligences rivales, et il en résultera leur unification totalement inattendue.

Mars 3585 : le plan d’expulsion des Larenns entre dans sa phase terminale. Les anciens exécutants du Concile des Sept disparaissent de la Voie Lactée.

28 juin 3585 : la Terre et la Lune reprennent leur place originelle dans le Système Solaire. La recolonisation de la planète-mère débute peu après. L’année suivante, la Ligue des Libres Terraniens y est fondée et marque la naissance d’une entité politique qui non seulement englobe tous les mondes à peuplement humain, mais s’intègre aussi à la nouvelle communauté galactique.

À travers leurs pérégrinations à l’autre bout de l’Univers, Perry Rhodan et Atlan ont acquis des connaissances essentielles sur l’ordre cosmique et les mécanismes de l’évolution. Les galaxies sont regroupées dans les sphères hégémoniques de diverses superintelligences qui, des milliers d’années plus tard, peuvent devenir des sources de matière. Un processus tout aussi long les amènera ensuite au stade supérieur, celui des Hautes Puissances. Dans un lointain passé, celles-ci ont présidé à la construction de sept gigantesques navires ensemenceurs, les vaisseaux-spores, dont chacun a été confié à un membre de l’Alliance des Intemporels pour qu’il aille propager la Vie dans le secteur de l’Univers à lui assigné. Également créés par les Sept Puissants, des amas stellaires errants ou essaims – tel celui qui a affecté la Voie Lactée dans les années 3440 – servaient ultérieurement à y susciter l’apparition de l’intelligence.

Révélation majeure : Bardioc était l’un de ces Sept Puissants, mais il a choisi de détourner son vaisseau-spores dans un dessein d’hégémonie personnelle. Il n’y aura gagné que l’exil et la plongée dans une déviance destructrice.

Quant aux acteurs – quelque peu contraints – de sa tardive rédemption, il les « récompensera » par une information d’assez mauvais augure : l’existence et les coordonnées du Pan-Thau-Ra, foyer d’une menace à l’échelle de l’Univers qu’il convient de désamorcer sans plus attendre.

LE NOUVEAU CYCLE « PAN-THAU-RA »

Système Solaire, 1er mai 3586 : un événement d’ampleur totalement inédite capte toutes les attentions, sur tous les mondes de la Ligue des Libres Terraniens et de la communauté galactique. Le Basis, plus gros navire spatial jamais construit par l’Humanité, appareille avec plus de dix mille personnes à son bord pour une expédition dans l’inconnu le plus total vers une galaxie incommensurablement lointaine, Tshushik, où se trouve le mystérieux et redoutable Pan-Thau-Ra. Peu après le départ, le Concept Kershyll Vanne reçoit un message de détresse émanant de l’Immortel. Celui-ci serait tombé dans un piège dont il risque de ne plus ressortir.

Depuis la planète centrale de l’Impératrice de Therm, dont la fusion avec Bardioc s’est opérée, Perry Rhodan a lui aussi capté l’appel au secours et il se met en route vers la même destination que le Basis. Mais le Sol est suivi par la sphère de Bulloc et le vaisseau de Ganerc-Callibso, le Puissant qui, pour des raisons imprécises, décide soudain d’anéantir la Quatrième Incarnation de l’ex-Bardioc.

Au terme d’un voyage de six semaines marqué par plusieurs incidents, le Basis atteint Tshushik – ou plutôt Algstogermaht, selon la civilisation dominante des Wyngers dont les structures obéissent à l’ordre absolu instauré par la Roue Universelle. Coïncidence ? C’est l’époque où Plondfair, jeune Élu potentiel appelé à entamer son initiation, entre en sédition contre la Roue Universelle dont il suspecte l’instrumentalisation par les Kryns, la caste des prêtres. Le Wynger en rébellion décide pourtant de suivre jusqu’au bout la route des Élus et il arrive sur la planète géante Värgelspäre, où seul un secteur à gravitation artificiellement réduite autorise la survie. Il y apprend que depuis des temps immémoriaux, tous les initiés sont envoyés en quête d’un objet mystérieux, l’Œil, qu’aucun n’a hélas encore trouvé. Un nouveau motif de révolte le pousse à fuir dans l’enfer environnant, et il atteint la station régulant la pesanteur de la zone habitable où il rencontre deux étrangers : en l’occurrence, Déméter et un Terranien partis du Basis avec une navette pour rejoindre la position présumée du Pan-Thau-Ra, mais piégés sur une planète obscure puis transférés vers Värgelspäre…

Désormais, Plondfair bénéficie d’alliés d’autant plus étonnants que Déméter s’est « reconnue » dans un monde jadis familier. Car elle fut tout d’abord une Élue du peuple des Wyngers, il y a des millénaires, bien avant que la quête de l’Œil ne la fasse échouer sur Terre où le destin l’a élevée au rang de déesse.

Mi-3586, sur la planète-mère de l’Humanité, d’inexplicables émissions d’énergie psionique commencent à semer perturbations et inquiétude tout en redonnant vie à de vieilles énigmes mythologiques. Quelque part dans le halo de la Voie Lactée, les hyperimpulsions résultantes vont arracher à leur éternité d’attente de bien étranges guetteurs. Belle surprise en perspective, pour les Terraniens, que leur confrontation prochaine avec LE PEUPLE DES RUINES

1. Téléchargez gratuitement, à partir des pages PERRY RHODAN des sites Fleuve Noir et Pocket ou du site http://www.stellarque.com, le guide spécial Destinée cosmique II (1971–3583) qui présente toute l’action antérieure des onze premiers cycles de la série PERRY RHODAN en version française.

RETARD DE RÉCEPTION

CHAPITRE PREMIER

La fournaise du désert rendait les Monas enragés. Beaucoup d’entre eux se gonflaient et décrivaient de larges arcs de cercle avant de s’effondrer quelque part dans le sable, épuisés. Leur agitation annonçait l’approche du changement de temps.

Il devenait urgent, songea Jarkus-Telft, que l’atmosphère lourde soit à nouveau brassée. Une tempête dissiperait non seulement la saleté que les Monas laissaient derrière eux, mais détruirait aussi les affreuses colonnes de sable qu’ils édifiaient partout.

Quelle activité absurde ! Ces créatures amiboïdes n’ont aucun but, leur vie est vide de sens

Il atteindrait le complexe des neuf tours avant le changement de temps. La plus haute des ruines était déjà visible au-dessus des dunes. Il avait rempli sa mission dans la cité et pouvait retourner à des occupations utiles. Il s’agissait de découvrir la source de l’erreur qui avait empêché la réception de l’Impulsion…

Le Loower se trouvait à mi-chemin quand il tomba dans le piège de la dyad.

Soudain, le sol céda sous ses pas.

Jarkus ne parvint pas à se dégager des sables mouvants ; à chaque geste, il s’enfonçait plus profondément.

Puis il nota la pression psionique et entendit la voix mentale de la dyad.

— Je ne te laisserai pas m’échapper, petit. Je voudrais enfin savoir ce qui se passe dans le cerveau de mes intendants.

Jarkus-Telft s’enfonça complètement dans le sable, plongeant dans l’obscurité. Instinctivement, il replia ses membranes alaires pour protéger ses organes sensoriels.

Dès qu’il sentit que le sable le libérait, il se détendit. Il avait abouti dans une grotte de sel gemme qui brillait sous la lumière froide de minuscules animaux phosphorescents. Une masse gélatineuse s’avança par une fissure verticale dans les parois cristallines. À l’extrémité d’une sorte de trompe, une vessie s’agita en rythme, et l’air qui s’en échappait en bulles forma des mots.

— Qu’as-tu à rapporter à ta reine, habitant des ruines ?

— Je n’étais pas en route pour faire un rapport, répondit Jarkus – ce qui était la vérité. La mission que m’avait confiée le Guetteur…

— Je connais ta mission. Je ne m’intéresse pas à ce qui se passe dans votre ville, mais aux progrès des travaux dans le complexe des neuf tours. La cause du mauvais fonctionnement a-t-elle été trouvée ?

— Dès que nous capterons l’Impulsion, tu en seras informée.

— Oui, vous ne pouvez rien me cacher, dit la dyad avec arrogance. Mais il ne me suffit pas de savoir que l’Impulsion attendue revêt une importance capitale. Je veux apprendre ce qui va arriver !

Le corps protoplasmique tressaillait, signe que la dyad contenait difficilement son irritation.

— Bande de lamentables dégénérés ! invectiva-t-elle le Loower. Vous ne connaissez même plus la signification des plus grandes réalisations de vos ancêtres !

— Considère le temps qui s’est écoulé depuis…

— Mauvaise excuse ! Regarde le complexe des neuf tours, et tu comprendras ce que je veux dire. Vous laissez tout simplement cet édifice monumental se délabrer. Les tours sont totalement décrépites, et vous ne faites rien pour leur rendre leur magnificence d’antan. Si mes Monas n’étaient pas là pour les entretenir quelque peu, les bâtiments seraient depuis longtemps ensevelis sous des masses de sable.

— Nous t’en savons gré, c’est pourquoi nous te servons…

— Vous me servez parce que vous craignez ma puissance !

La dyad se tut, et Jarkus-Telft sentit de nouveau la pression mentale quand elle fouilla son esprit. Sur sa pseudo-trompe se forma une énorme bulle d’air, qui éclata dans l’équivalent d’un cri de rage.

La raison de cette explosion de colère était évidente pour Jarkus. Il venait, sciemment, de penser à la genèse de la dyad. Quand, quelques générations plus tôt, les Loowers avaient débarqué sur Alkyra II pour occuper le complexe aux neuf tours, force leur avait été de constater que quelque chose avait changé. Chez un Monas unicellulaire, une mutation s’était produite et avait donné naissance à la dyad. Cette créature avait considérablement évolué : elle avait développé une intelligence et des capacités parapsychiques. Puis elle s’était divisée. Elle possédait maintenant deux corps, qui étaient contrôlés par un seul esprit.

Les Loowers avaient identifié le danger et emmené l’un des individus sur Alkyra I. Cette séparation avait réduit la menace latente et, en outre, eu un effet secondaire utile. Maintenant, la dyad dominait les deux planètes et surveillait Alkyra I pour les Loowers.

— Je ne vous suis pas redevable de mon pouvoir ! vociféra-t-elle. Ce n’est pas le rayonnement de vos neuf tours qui a causé ma mutation ! J’ai grandi par ma propre force. Et c’est moi qui ai implanté dans vos cerveaux l’idée de conduire la moitié de moi sur Alkyra I. Vous êtes mes sujets. Si je vous laisse une certaine liberté d’action, c’est seulement parce que j’ai besoin de vous pour utiliser votre technologie. Vous n’êtes que tolérés sur mon monde ! Si tu n’admets pas cela, je te dévore !

La dyad n’avait jamais absorbé aucun Loower, mais Jarkus-Telft adopta une posture de soumission. Il était vraiment inquiet. La créature avait changé, d’une manière qu’il ne parvenait pas à déterminer. Il se demandait si elle allait de nouveau se diviser. Les estimations prévoyaient pourtant qu’il ne fallait pas attendre de division avant neuf fois neuf fois neuf surpériodes. En conséquence, il ne faudrait se préoccuper de ce problème que dans trois générations. Alors, la bête continuait-elle à muter ?

— Va, maintenant ! Dis au Guetteur que ma patience est bientôt à bout. J’attends que l’Impulsion arrive.

Quand Jarkus-Telft émergea à la surface, la tempête de sable avait cessé. Elle avait dissipé toutes les traces de souillure et nettoyé l’atmosphère. Les dunes offraient un paysage renouvelé.

Le complexe des neuf tours ne troublait même pas l’impression de nature vierge, car la tempête l’avait enseveli. Seul le sommet de la plus haute ruine dépassait encore du sable.

Bientôt, les premiers Monas rampèrent hors de leurs refuges, leurs corps jaunâtres crépitant d’électricité accumulée. Le temps que Jarkus-Telft atteigne le complexe, les environs grouillaient de Monas. Beaucoup s’affairaient autour des bâtiments pour les désensabler. Ils travaillaient vite et avec zèle, comme s’il ne s’agissait que d’un dépoussiérage.

Jarkus ne dut pas attendre longtemps avant que l’accès de la tour sud soit dégagé. Il entra. Le complexe émettrait dans quelques instants, et les Monas le savaient. Bien que ces amiboïdes géants ne possèdent aucune intelligence mesurable, leur instinct leur soufflait quand l’émission des signaux allait avoir lieu. Ils se massaient alors immanquablement autour des hauts édifices, telle une nuée d’insectes autour d’une lanterne.

*

Le Guetteur était vieux et sage – un philosophe, à sa manière. Il était non seulement le responsable des installations, mais aussi l’instance supérieure de la petite colonie loower d’Alkyra II, même si l’on n’osait le déranger que dans les cas les plus urgents. Or, Jarkus-Telft jugeait sa demande particulièrement importante ; c’était pourquoi il rendait visite au Guetteur dans la station.

Le vieillard observait la frénésie des Monas sur ses écrans. L’émission juste commencée les mettait en transe. Il ne sembla pas remarquer l’arrivée du jeune Loower, et Jarkus-Telft se garda de se manifester. Un long moment s’écoula avant que la balise ne s’éteigne. Alors, les créatures protoplasmiques se calmèrent. Le Guetteur ne bougea cependant pas encore. À son attitude, l’on ne pouvait juger de l’impression que lui faisait l’agitation des Monas, mais Jarkus-Telft savait que ces animaux primitifs l’intéressaient à peine. C’était la tâche du Guetteur de veiller sur la balise. Il attendait quelque chose qui aurait dû se produire depuis longtemps déjà. Il attendait l’Impulsion de l’Artéfact.

Cette Impulsion était maintenant en retard de neuf fois neuf fois neuf périodes, et c’était la raison pour laquelle Jarkus-Telft se présentait chez le Guetteur. Il s’adressa enfin au vieillard :

— Gleniss, ne trouves-tu pas que les Monas sont particulièrement rétifs ces derniers temps ?

— Non, je ne trouve pas, répondit Gleniss-Gem sans regarder le visiteur qui s’était imposé. Si tu le crois, c’est parce que tu l’imagines. Quelques spéculations fantastiques hantent probablement ton esprit, pour que tu me rendes visite.

— C’est exact, Gleniss. Alors que je revenais de la ville, la dyad m’a « fait comparaître » devant elle. Elle s’est comportée assez curieusement, et je soupçonne qu’elle pourrait être responsable du retard de l’Impulsion. Serait-il possible qu’elle l’ait interceptée ?

— Non, affirma le Guetteur. Je sais que selon toi, la dyad pourrait avoir poursuivi sa mutation et capturé l’Impulsion grâce à ses étranges facultés.

— C’est précisément la teneur de mes réflexions. Elle devrait en être capable, au moins théoriquement.

— J’ai déjà envisagé cette question.

Une longue pause s’ensuivit. Jarkus-Telft crut qu’avec cette déclaration lapidaire, le Guetteur avait conclu l’entrevue. Il allait se retirer quand Gleniss-Gem reprit la parole d’une voix très lointaine.

— Nous sommes revenus sur ce monde il y a cinq générations, longtemps après que d’autres membres de notre peuple eurent activé la balise. Nous avons réinvesti les lieux car nous savions que la date était proche où arriverait l’Impulsion qui nous montrerait le chemin vers l’Artéfact sans prix. Mais nos ancêtres ont trouvé sur Alkyra II des conditions différentes d’autrefois, auxquelles ils ont dû s’adapter.

« La dyad est certes primitive, mais elle n’en est pas moins dangereuse. Nos prédécesseurs ont été bien inspirés de feindre la soumission et de lui laisser croire qu’elle les dominait. Que cela ne se soit pas produit pour de bon, nous le devons à notre mode de pensée à deux niveaux et au fait que par télépathie, la dyad ne peut accéder qu’au premier niveau. Il nous est ainsi possible de lui cacher nos véritables intentions. Elle n’apprend de nous que ce qu’elle peut savoir. Elle croit qu’elle nous a incités à porter sa bouture sur Alkyra I pour accroître son pouvoir. En réalité, nous employons son deuxième corps comme gardien de la première planète de ce système stellaire. Un camouflage parfait et une mesure de protection très efficace. Si l’ennemi apparaît ici, il s’imaginera confronté au règne d’une amibe surdimensionnée dont nous sommes les esclaves.

« Tu vois, Jarkus, il est important de maintenir cette illusion. Mais il est aussi nécessaire de veiller à ce que la dyad ne finisse pas par nous dominer.

Le Guetteur fit de nouveau une pause. Jarkus-Telft dut s’exercer à la patience car cette fois, le silence se prolongea.

— Quelques périodes avant la date à laquelle devait arriver l’Impulsion, dit finalement Gleniss-Gem, j’ai envoyé des sondes dans les profondeurs de cette galaxie. Dans des systèmes stellaires voisins, des stations réceptrices ont été construites. Et des vaisseaux patrouillent depuis lors dans le volume spatial où la probabilité d’arrivée de l’Impulsion est maximale. Reconnais, Jarkus, que si elle avait été émise, l’un de nos nombreux postes avancés l’aurait captée et nous en aurait informés, même si la dyad l’avait interceptée.

— Je crois néanmoins que quelque chose ne va pas chez elle, répondit Jarkus-Telft. Nous ne lui avons pas caché que nous attendons l’Impulsion, et il m’a semblé qu’elle est aussi impatiente que nous. J’ai eu l’impression qu’elle trame des plans contre nous.

— La dyad croit tellement en sa puissance que jamais elle ne nous soupçonnera de pouvoir la manipuler. Elle se prend pour la souveraine de ce système stellaire. Mais même si elle devait poursuivre des objectifs personnels que nous ignorons, nous n’avons rien à craindre d’elle. Seul nous menace l’ennemi qui nous traque à travers l’espace depuis le début de notre histoire.

— Et si la dyad était au service de l’ennemi ?

Pour la première fois, le Guetteur montra une réaction émotionnelle.

— Ce serait un désastre. Terrible perspective… Mais sans aucun fondement ! Laisse-moi seul, à présent, Jarkus ! Tes idées folles me troublent beaucoup trop.

Jarkus-Telft s’en fut. Il décida pour la neuvième fois de fouiller le complexe à la recherche d’un dysfonctionnement qui pourrait avoir empêché la réception de l’Impulsion. Si peu rationnelle qu’apparaisse cette occupation, elle correspondait à la pensée entéléchique et à la paralogique des Loowers, selon lesquelles la passivité immobile faisait toujours moins progresser qu’une action ayant les plus infimes chances de succès.

Cela correspondait aussi à leur mentalité que de vivre avec la crainte d’être découverts par l’ennemi tout en ignorant la possibilité d’une menace directe.

*

Le complexe aux neuf tours existait depuis une éternité. Son état de ruine n’avait cependant rien à voir avec des phénomènes de dégradation naturels : c’était le fruit de la volonté des constructeurs. Ceux-ci avaient dessiné les bâtiments sous cet aspect pour camoufler les installations.

Les neuf tours avaient un diamètre de base d’un peu plus de cinquante tailles et un profil conique. Leurs hauteurs différaient, pour simuler divers degrés de délabrement.

Les trois plus hautes, qui s’élevaient en moyenne à six fois leur diamètre de base dans le ciel d’Alkyra II, hébergeaient les antennes émettrices de la balise hexadimensionnelle ainsi que les équipements permettant de pomper l’énergie des étoiles voisines. Les six autres tours avaient une valeur essentiellement symbolique. Car le nombre neuf possédait une signification mystique pour les Loowers.

Le cœur du dispositif – la centrale énergétique, les accumulateurs, les convertisseurs et les émetteurs-récepteurs hexadimensionnels – se trouvait neuf niveaux sous la surface.

Suspendu dans le champ antigrav, Jarkus-Telft descendit à l’étage le plus bas. Une fois de plus, il examina systématiquement les installations à la recherche d’une source d’erreur.

Il croisa plusieurs autres techniciens occupés à la même tâche que lui : ils procédaient seulement d’après un autre schéma de vérification. Il n’échangea pas un mot avec eux.

Il ne s’accorda une brève pause que quand il rencontra Gnogger-Zam dans la salle principale, où se dressait le puissant accumulateur. Cette structure se composait de trois fois neuf câbles, chacun d’un diamètre de neuf tailles, réunis en un unique faisceau coudé en neuf points et refermé sur lui-même. Ancrée horizontalement aux parois de la salle ennéagonale, la construction alvéolaire s’élevait à une hauteur de quatre fois neuf tailles et son diamètre atteignait neuf fois sa hauteur. Du plafond tombaient trois conducteurs qui amenaient l’énergie du système de pompage stellaire à la colossale unité de stockage. L’air bruissait d’électricité statique et sentait l’ozone.

Gnogger-Zam avait inspecté l’accumulateur, cherchant des pertes. Il annonça ses résultats à son ami.

— J’ai établi pour la neuvième fois qu’il n’y a ici aucun facteur de nature spatiotemporelle qui pourrait détourner les ressources hexadimensionnelles vers un autre univers. Aucune perte de tension n’est décelable où que ce soit, les trois fois neuf condensateurs sont parfaitement isolés. J’ai passé toute une période à parcourir chacune des neuf fois neuf fois neuf lignes jusqu’à chacun d’eux. Il n’y a aucune fuite. Mais même s’il y en avait une, je te le demande, quel pourrait bien être le rapport avec l’absence de l’Impulsion ?

— Nous devons tout envisager, même l’invraisemblable, répondit Jarkus-Telft.

— Pourquoi pas aussi le vraisemblable ? rétorqua Gnogger-Zam avec une légère ironie. Le Guetteur devrait instaurer une commission qui s’occupe des Monas. Leurs activités me paraissent prendre sur la manière dont fonctionne le complexe des neuf tours davantage d’influence que ce ne devrait être possible à une puissance extérieure.

— J’ai parlé de ce sujet avec le Guetteur. Il ne veut rien changer à la situation actuelle pour des raisons de sécurité. Il estime que les Monas ne présentent aucun danger.

— Gleniss-Gem doit bien le savoir…

De nouveau, Jarkus-Telft crut percevoir une certaine dérision dans les mots de Gnogger. Ce n’était pas la première fois qu’il s’étonnait de la liberté d’opinion dont son ami faisait preuve au lieu de se soumettre aux ordres du Guetteur. Jarkus ne jugeait pas ce fait totalement négatif. Peut-être Gnogger-Zam était-il en train de devenir un candidat au remplacement futur de Gleniss-Gem.

Soudain, un signal d’alerte retentit. Les deux jeunes Loowers se figèrent. Seul le Guetteur pouvait déclencher l’alarme.

Dans l’immense salle, des hologrammes se formèrent. Ils montraient les alentours du complexe. Jarkus-Telft eut le souffle coupé lorsqu’il vit ce qui se passait dehors.

Les Monas s’agitaient frénétiquement, bien que l’émission du prochain signal de la balise ne soit pas attendue avant longtemps. Autour des constructions, le désert était couvert d’une masse brun gris de corps mouvants. Des grappes de créatures s’élevaient au-dessus du sol, s’entrechoquaient et retombaient. Plusieurs heurtèrent les murs des tours et s’y ancrèrent fermement grâce à leurs pseudopodes.

Les débris accumulés dans la cour intérieure du complexe furent noyés sous les corps immobiles. Certains Monas se gonflèrent tellement qu’ils éclatèrent. Des centaines d’amiboïdes montèrent en rampant sur les parois presque verticales, puis ils sautèrent du sommet. D’autres se ruèrent contre les murs comme s’ils voulaient les briser.

— Qu’est-ce qui leur prend ? demanda Jarkus-Telft, perplexe. On dirait qu’ils commettent un suicide collectif.

— Peut-être s’agit-il d’une attaque contre le complexe, répondit Gnogger-Zam. Jusqu’ici, les Monas se sont toujours comportés calmement pendant l’intervalle entre deux émissions.

Tandis que les deux scientifiques observaient l’agitation des créatures protoplasmiques, le Guetteur se manifesta sur l’intercom général.

— L’événement que nous attendions depuis longtemps s’est produit, proclama Gleniss-Gem. L’Impulsion est arrivée, avec un retard de neuf fois neuf fois neuf périodes.

— Enfin ! fit Jarkus-Telft. Mais alors, pourquoi le Guetteur prend-il un ton si inquiet ?

— Il doit se demander ce qui a causé le retard, supposa Gnogger-Zam. Il est possible que la réponse à cette question trouble la joie de la réception de l’Impulsion.

Jarkus-Telft n’avait pas songé à cette éventualité. Il admira la sagacité de Gnogger-Zam.

Tandis que les Monas continuaient leur folle sarabande, les deux amis se rendirent à la tour sud.