Pisteur (Livre 3) - Partie 1

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Depuis le début de son aventure, Rigg a appris une chose : on ne peut pas tout défaire, et chaque action sur le temps aura des conséquences, chez lui, ou chez les autres… Le pisteur et ses camarades se trouvent face à un cas de conscience : si leur monde est en sursis, faut-il raser les murs ? Doivent-ils se rendre sur Terre pour renverser l’ordre établi ? Mais alors, est-il juste de détruire un univers pour en sauver un autre ? Une course contre la montre, un pari de la dernière chance, avec pour seule arme, comme toujours, le temps !
Publié le : mercredi 15 juin 2016
Lecture(s) : 6
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290127988
Nombre de pages : 320
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Orson Scott Card
Pisteur
Livre 3 - Partie 1
Collection : Semi-poche imaginaire Maison d’édition : J’ai lu
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Mathieu Jacquet
© Orson Scott Card, 2014 © Editions J’ai lu, 2016 Dépôt légal : Juin 2016
ISBN numérique : 9782290127988 ISBN du pdf web : 9782290127971
Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 9782290023235
Ce document numérique a été réalisé parNord Compo.
Présentation de l’éditeur : Depuis le début de son aventure, Rigg a appris une chose : on ne peut pas tout défaire, et chaque action sur le temps aura des conséquences, chez lui, ou chez les autres… Le pisteur et ses camarades se trouvent face à un cas de conscience : si leur monde est en sursis, faut-il raser les murs ? Doivent-ils se rendre sur Terre pour renverser l’ordre établi ? Mais alors, est-il juste de détruire un univers pour en sauver un autre ? Une course contre la montre, un pari de la dernière chance, avec pour seule arme, comme toujours, le temps !
Couverture : © Getty Images
Biographie de l’auteur : D’aucuns considèrent l’œuvre d’Orson Scott Card comme incontournable. Cet écrivain contemporain majeur, auteur du best-seller La stratégie Ender, n’a jamais cessé de défendre une science-fiction initiatique humaniste.
Collection dirigée par Benjamin Kuntzer
Titre original :Visitors Tous droits réservés
© Orson Scott Card, 2014
Pour la traduction française : © Éditions J’ai lu, 2016
Du même auteur aux Éditions J’ai lu
Pisteur
Livre 1 – Partie 1
Livre 1 – Partie 2
Livre 2 – Partie 1
Livre 2 – Partie 2
La stratégie Ender
Ender : préludes Ender :
La voix des morts N° 3848 Xénocide N° 4024 Les enfants de l’esprit N° 5622
Ender, la saga des ombres :
La stratégie de l’ombre N° 8204 L’ombre de l’Hégémon N° 8540 Les marionnettes de l’ombre N° 8878 L’ombre du géant N° 10219
Terre des origines :
Basilica N° 6937 Le Général N° 7363 L’Exode N° 7593 Le Retour
N° 7751 Les Terriens N° 7973
Pour Kathleen Bellamy présente à chaque projet, bergère de tant de moutons : merci pour la liberté et le soutien.
LE CADRE :
CHAPITRE 1
Duplicatas
Depuis la surface du Jardin, il ressemble à s’y méprendre à un cirque rocheux percé en son centre d’une montagne. Mais depuis l’espace, il devient évident que cet anneau d’à-pics n’est autre qu’un gigantesque cratère, et la montagne son foyer. Enfoui à des kilomètres sous l’éminence centrale gît un vaisseau spatial. Il s’est écrasé à la surface du Jardin il y a 11 203 ans. Pourtant, son lancement depuis une orbite terrestre basse remonte à dix-neuf ans à peine. Après sept années de voyage interstellaire, le vaisseau pénétra dans une faille spatio-temporelle qui le recracha instantanément dans l’atmosphère du Jardin. « Instantanément », du moins pour son pilote, Ram Odin, seule personne vivante et éveillée à bord. Car suite à une aberration chronologique, le vaisseau arriva, sur le calendrier terrestre, 11 191 ans avant même son entrée dans la faille. Il se dupliqua au cours du processus en dix-neuf exemplaires : un par ordinateur de bord chargé du franchissement, chacun transportant une copie de Ram Odin et de tous les colons humains plongés en stase, attendant la terre promise. Chacun des dix-neuf vaisseaux fut ensuite envoyé s’écraser à la surface du Jardin. Un impact groupé destiné à ralentir la vitesse de rotation de la planète – et allonger les jours. À chaque point de collision se forma un cratère. Protégés par les champs anti-inertie et anticollision, les vaisseaux et leurs équipages survécurent. Dix-neuf colonies furent créées, chacune isolée de sa voisine par un champ psychoactif baptisé « Mur ». Le vaisseau qui nous intéresse repose en plein centre de l’une de ces colonies. Son nom : « Entremur de Vadesh ».
LES PROTAGONISTES :
Dans la salle des commandes du vaisseau se tiennent quatre hommes – ou trois, ou deux, voire un seul, suivant votre méthode de comptage. L’un d’eux est l’unique Ram Odin survivant. Si, pour vous, une seule personne se tient dans la salle des commandes, alors il s’agit de cet homme. Ce dernier a survécu au
passage des siècles en limitant ses réveils de stase à une journée par demi-siècle, voire, dans les cas extrêmes, à une semaine par siècle – le temps nécessaire pour suppléer les ordinateurs de bord une fois les limites de leurs compétences atteintes. La seconde silhouette semble appartenir à un homme adulte s’exprimant comme un adulte. Il s’agit en réalité d’une machine appelée « sacrifiable ». Son nom : Vadsac. Une guerre sans merci a décimé les humains de sa colonie au millénaire dernier. Depuis, Vadsac se consacre à l’élevage d’un parasite autochtone, dont il compte faire un partenaire de symbiose pour l’être humain, si ce dernier daigne un jour repeupler son entremur. Les deux autres personnes présentes sont nées il y a quinze ans de cela sous forme d’une seule et même personne : Rigg Sessamekesh. Ce ne sont encore que des enfants, quoique certains verraient en eux déjà des hommes. Tous deux portent sur le visage l’œuvre symbiotique de Vadsac : un crocheface. La créature pénètre leurs cerveaux et leurs chairs, démultipliant leurs facultés sensorielles, accélérant leurs mouvements, affûtant leurs corps à un point tel que certains les considèrent comme l’équivalent d’étranges créatures hybrides – mais plus proches de la bête que de l’homme.
LE CONTEXTE :
* * *
Il y a trente minutes, Ram Odin a attenté à la vie de Rigg. Ce dernier, nettement plus vif, a déjoué la tentative avant de faire usage de l’un de ses talents innés – voyager dans le passé – pour devancer l’agression, en tuant son agresseur. Un acte de légitime défense doublé d’une mesure préventive : Rigg soupçonnait également Ram Odin de préparer la destruction du Jardin. Un nouveau saut temporel, de deux années vers le futur cette fois, le convainquit de sa méprise : loin de représenter une menace pour les colonies du Jardin, Ram Odin constituait en fait la seule source d’information valable pour Rigg dans sa quête de sauvegarde de la planète. Il fit donc machine arrière pour empêcher les deux meurtres, celui de Ram Odin et le sien. Deux copies de Rigg cohabitaient donc désormais dans le même espace-temps : l’une coupable d’un meurtre qu’elle avait effacé, et l’autre, ni coupable, ni victime, ni témoin de l’inévitable arrivée des Nettoyeurs, mais consciente de son irréversible divergence avec son double et donc de la nécessité de s’en différencier par un prénom distinct, Noxon. En résumé, voilà quatre hommes, de par leur stature et leur morphologie générale : Ram Odin, Rigg, Noxon et Vadsac. Ou trois, en assimilant Vadsac à un organisme non vivant – ce qu’il est au demeurant. En voilà même deux, d’un point de vue génétique et biographique, Rigg et Noxon étant nés du dédoublement d’une seule et même personne trente minutes auparavant. Une personne de quinze ans sur le papier. Un peu plus en réalité peut-être, en comptabilisant le nombre de journées vécues puis revécues par cette personne. Ce qui
n’en fait toutefois toujours pas un homme… D’autant que ces deux Rigg font corps en permanence avec une chose dont les attributs abaissent la part d’humanité de ses hôtes de moitié, au bas mot. Par conséquent, sur les quatre, seul Ram Odin mérite le qualificatif devrai homme. Pourtant, c’est aussi le plus faible d’entre tous. À des kilomètres de là, dans un autre entremur, Param et Umbo, la sœur et l’ami de Rigg, possèdent également le pouvoir de contrôler le temps. Eux aussi œuvrent à la survie du Jardin. Mais les quatre seules personnes aptes à commander le vaisseau sont celles regroupées dans l’entremur de Vadesh. Personne d’autre ne sait qu’une version de Ram Odin a survécu. Et il revient maintenant à ces quatre-là de décider de la marche à suivre pour sauver la race humaine sur le Jardin. Car jusqu’à présent, et malgré toutes les tentatives de nos protagonistes pour remodeler l’histoire à coups de sauts dans le temps, celle-ci n’a connu qu’une chute : les Éclaireurs atterrissent sur le Jardin, découvrent ce que sont devenus leurs lointains cousins et envoient les Nettoyeurs rayer dix-neuf civilisations de la planète.
LA CONVERSATION :
* * *
« Notre plus gros problème, c’est qu’on patauge complètement, pesta Rigg Noxon. On ignore toujours pourquoi les Terriens nous en veulent au point de nous détruire. » À vrai dire, Noxon avait à cette heure d’autres problèmes non moins gros. Le fait de s’être rendu compte qu’il était capable de tuer un homme de sang-froid, par exemple. Dans les faits, le meurtre avait été perpétré par son double, mais cela ne changeait rien à l’affaire. Si Rigg n’était pas revenu retenir sa main, Noxon aurait tué lui aussi. Si lui et Rigg coexistaient désormais en deux copies conformes – à quelques événements près –, c’était uniquement pour cette raison. De me savoir si près de commettre un meurtre fait-il de moi un meurtrier ? Ou dois-je me considérer comme innocent, du fait d’en avoir été empêché ? C’est grâce à moi si le drame a été évité, après tout. Grâce à mon double, du moins. À mon double assassin. « Voilà pourquoi vos amis doivent laisser les souris de l’entremur d’Odin accompagner les Éclaireurs sur Terre, argumenta Ram Odin. — Ils hésitent encore à tout dire aux Éclaireurs », indiqua Rigg l’assassin. Ram Odin secoua la tête. « Comment cela,ilshésitent ? C’est àvousd’y retourner pourlesen empêcher. — S’ils hésitent, c’est qu’ils ont de bonnes raisons de le faire, argua Rigg l’assassin. Les souris ne sont pas montées à bord pour essayer de comprendre les envies de destruction des Terriens. Elles sont malades. Elles ont sans doute été infectées avec un virus capable d’exterminer la population entière de la Terre. — “Sans doute”, répéta Ram Odin. J’en déduis que vous doutez. Les gens sûrs d’eux n’utilisent pas ce genre d’expression. — Param et Umbo n’ont pas de crocheface, fit remarquer Rigg Noxon. Ils ne peuvent pas comprendre les souris, leur parler. Leur poser des questions.
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