Portraits de femmes

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Pourquoi « Portraits de femmes » ? Parce qu'il fallait choisir, tout simplement. Pour ce livre-là, il n'y a que des femmes. Des femmes au quotidien qui se découvrent et qui s'étonnent d'elles-mêmes. Des femmes confidences et compagnes, des femmes qui murmurent, qui dansent et qui rêvent. Des femmes que l'on croise tous les jours, c'est vous, c'est moi, c'est elle, des femmes qui ne font rien d'extraordinaire. Il n'y a pas d'aventure haletante, trépidante. L'aventure est dedans, à l'intérieur des chairs.
Publié le : samedi 1 juin 2013
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EAN13 : 9782296538887
Nombre de pages : 108
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© L'Harmattan, 2013 5-7, rue de lÉcole-Polytechnique ; 75005 Paris   http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-343-00740-3 EAN : 9782343007403  
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Sara
Elle s’appelait Sara. Quand elle était chez elle, on prononçait le « s » comme s’ils étaient deux « s » avec un « z » au milieu, le son de son prénom sonnait différemment dans son pays du Sud et le pays du gris. Elle s’appelait Sara et s’amusait des deux sons comme s’ils la faisaient double. Elle, le savait, était fête foraine. Elle était plus que deux femmes, elle était le manège des petits, elle était la chenille qui tourne vite, trop vite et passe du noir au jour, elle était les avions qui s’envolent. Elle était dans l’auto que les autres tamponnent, elle recevait le choc, retournait sur elle-même, souvent elle en riait, parfois elle sursautait. Le choc des voitures si semblable aux rencontres. Il y a celles qui étourdissent et celles qui vous saisissent. Elle était fête foraine, habitait les silences, repoussant toujours loin les frontières qu’elle craignait, celles de la solitude. Solitude dans le gris, solitude du chemin qui menait vers les autres quand on va travailler. Solitude de ces murs, quand les jours qui passaient, oubliaient la lumière. Sara était fête foraine, alors quand elle fermait sa porte, elle ouvrait la musique et poussait l’horizon loin, plus loin que les yeux ne savaient voir, loin du sortir de son être jusqu’à l’infini des ombres. Les ombres couleur de brume comme elle les voyait chez elle, avançaient sur la terre quand le soleil est seul. Les ombres insaisissables qu’elle regardait frémir leur donnant mille noms. Les ombres de son pays, elle les regardait longtemps et jamais n’a tendu la main, elle restait immobile et leur donnait la vie. C’est quand elle a connu le gris que les ombres ont pris corps et qu’alors elle a su qu’elle n’était pas deux femmes mais un manège enchanté qui jamais ne cessait.
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Les ombres de son pays, en venant dans le gris glissaient contre les murs, montaient les escaliers, se cachaient dans la rue, en ressortaient à l’angle. Les ombres de son pays, quand elles ont vu le gris ont cherché la couleur pour entourer Sara. Que jamais, jamais Sara n’oublie que là où elle vivait, les couleurs chantaient à l’ombre du soleil. Alors les ombres s’habillaient du blanc délavé d’une façade, de l’ardoise d’un toit, du feuillage d’un arbre et des robes des passantes. Alors les ombres s’animaient, certaines couraient vite devant comme l’enfant, ou en se faufilant comme le pressé, il y a tant de pressés qui courent dans le gris. Les ombres hésitaient à courir comme l’enfant grand ouvert et riant, ou comme le pressé tendu et ramassé. Les ombres essayaient toutes les démarches, les alanguies, les lourdes, les pieds légers, les pieds hésitants, les jambes raides, les jambes déliées. Les ombres sans se le dire jamais avaient toutes décidé que les bustes seraient droits. Non, pas de dos voûté pour protéger Sara, on pouvait mettre toutes les jambes croisées, tous les bras qu’on voulait, mais le buste lui toujours devait rester droit. Parce que dans le pays du Sud, le pays de Sara, les femmes creusent leurs reins, et en un seul trait posent la tête qui toujours reste fière. Les ombres avaient beaucoup marché, beaucoup essayé d’âges et de couleurs, et un jour près d’un bois ont vu de gros camions semblables aux caravanes, faire un cercle et puis deux, poser leur campement et rejoindre la nuit. Ils étaient venus de loin de tous les Sud, de celui de l’Est et de celui de l’Ouest, ils venaient de la mer, de la plaine ou des marais, des montagnes ou des forêts, et même de la frontière, ils étaient venus là et ce soir s’endormaient. Ils étaient venus de loin, ils étaient fatigués. Sous un arbre, les ombres ont entendu une femme chanter à l’enfant dans ses bras : « Duerme, duerme, mi Sara, duerme, duerme, cariño mio . » (Dors, dors, ma Sara, dors, dors mon petit trésor) Les ombres ont reconnu le son du nom de Sara quand elle s’appelait avec deux « s » et un « z » au milieu.
Le lendemain,les ombres étaient là,toutes,pas une ne manquait, elles en avaient parlé la nuit pendant que leur Sara dormait.
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Les couleurs qu’elles cherchaient, les couleurs pour Sara, c’était près du bois qu’elles étaient, elles le savaient sans pouvoir l’expliquer, alors elles étaient là, toutes. Elles ont vu les hommes qui ouvraient leurs camions, elles ont vu les coffres exploser la lumière, reflets sur le métal, découvrir des engins de toutes les tailles, de toutes les formes, dont on ne savait pas s’ils servaient à rouler ou encore à voler. Les couleurs étaient crues, vives et vous clignaient les yeux. Les couleurs étaient denses, profondes, on pensait à les voir que ni les hommes, ni le temps ne sauraient les ternir. Les ombres regardaient les lumières s’allumer, les ombres écoutaient les musiques pour danser. Alors elles se sont glissées chacune dans un manège et puis sont retournées auprès de leur Sara. L’une après l’autre, elles ont imprimé sa chair, jusqu’à la dernière, qui elle, avait gravé loin la peau laiteuse de la petite Sara retrouvée sous un arbre au sein de sa maman. La toute petite Sara avec les deux « s » et le « z » au milieu. La toute petite Sara avec un « r » qui roule et tourne comme les danses du Sud, un « r » tellement étranger au « r » du pays gris. Dans le pays gris, le « r » est rauque, âpre, il racle fort la gorge. Le « r » de Sara, jouait avec la langue et sortait en fanfare pour prononcer le mot. Quand elles lui ont donné les couleurs volées un jour tout près d’un bois, les ombres ont disparu et c’est depuis ce jour-là, que Sara avait su sans pouvoir l’expliquer, qu’elle n’était pas deux femmes mais un manège enchanté qui jamais ne cessait.
Quelle chanson l’avait éveillée ? Elle ne saurait le dire, les notes étaient parties quand elle posait le pied. Quelle était cette chanson qui la laissait toute seule comme un au revoir plein de tendresse, un au revoir sans tristesse qui laissait la bougie vacillante tout au fond de son cœur ? Quelle était cette absence qui la laissait vêtue ? L’absence, elle le savait, la faisait frissonner, et elle ne sentait ni le chaud qui enserre, ni le froid qui transperce, l’absence de ce matin qui disait au revoir semblait avoir laissé sur ses chairs étonnées, un voile de gaîté aux couleurs de l’enfance. Elle s’est alors levée et avant d’avoir
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