Procès du soldat

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"... Violer, torturer sur un champ de bataille étaient selon lui parties intégrantes des stratégies de guerre, stratégies au coeur de la violence, tout comme brûler vif, décapiter, guillotiner, fusiller à bout portant, etc. La guerre, disait-il, est le point où culminent l'hostilité, l'épouvante, les revers et les abominations; bref, tout le contraire du bon sens.
Publié le : dimanche 1 juin 2008
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EAN13 : 9782296198357
Nombre de pages : 195
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PROCÈS DU SOLDAT

@

L'Harmattan, 2008
75005 Paris

5-7, rue de l'Ecole polytechnique;

http://www.1ibrairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-05647-3 EAN : 9782296056473

Gabriel Koum DOKODjO Alias Cabra

PROCÈS DU SOLDAT
Roman

L'Harmattan

Ecrire l'Afrique
Collection dirigée par Denis Pryen

Dernières parutions Alain THUILLIER, Vivre en Afrique, 1953-1971,2008. Alain THUILLIER, De la Forêt des Abeilles au mont Cameroun, 2008. Juliana DIALLO, Néné Salé, récit d'une naissance, 2008. Boubacar DIALLO, Réalités et romans guinéens de 1953 à 2003, 2008. Alexandre DELAMOU, Souvenirs d'enfance. Ou le défi de la réussite,2008. Abdoulaye DIALLO, Les diplômes de la galère. De l'Afrique à la jungle française, 2008. Marie-jeanne TSHILOLO KABIKA, Matricide, 2008. Salvator NAHIMANA, Lettres de Yobi à un ami, 2007. Chouman KINZONZI, L'Âme écorchée, 2007. Seydou N ourou MBODJI, A mes frères des rues, 2007.
Issaka Herman TRAORÉ, Le boa qui avale sa queue, 2007.

Jean-Philippe STEINMETZ, La pirogue blessée, 2007. Marne Pierre KAMARA, Les appétits féroces, 2007. Sylvie NTSAME, Mon amante, la femme de mon père, 2007. Christian DURIEZ, Zamane, tradition et modernité dans la montagne du Nord-Cameroun, 2007. Géraldine Ida BAKIMA POUNDZA, Expatriés en Guinée Conakry,2007. Alexandre DELAMOU, Les 32 jours de grève générale en Guinée,2007. Edna MEREY -APINDA, Ce soir, je fermerai la porte, 2007. Emmanuel F. ISSOZE-NGONDET, Un ascète dans la cour, 2007. Thérèse ZOSSOU ESSEME, Pour l'amour de Mukala, 2007. Philomène OHIN-LUCAUD, Au nom du destin, 2007. Serge Armand ZANZALA, Les «démons crachés» de l'autre République, 2007. W. L. SAW ADOGO, Les eaux dans la calebasse. Roman, 2007. Jean-Marie V. RURANGW A, Au sortir de l'enfer, 2006. Césaire GHAGUIDI, Les pigeons roucoulent sans visa..., 2006.

Du même

auteur:

Hei-dji, roman, éditions Akpagnon, Togo, Lomé, 1995. Satiéeah, roman, éditions Haho, Togo, Lomé, 1998. Narifraee d'un Espoir, roman, éditions Haho, Togo, Lomé, 2000.

Le caporal-chef Nkor arrangeait son bistro installé ..au quartier Totro, dans la ville de Nékassar quand un jeune homme entra, fit un salut militaire et déclina bruyamment son identité: «Je m'appelle Alabih, ancien rebelle contre les troupes gouvernementales après que mes études furent interrompues suite à la guerre dans la région. J'ai lutté dans des troupes à Lopanga et à Saprah, jusqu'au jour où le chef des rebelles s'empara du pouvoir. Aujourd'hui, la guerre est finie. fi y a eu l'armistice. Je suis au chômage. Je suis à la recherche d'un travail. C'est une fierté pour moi de travailler aux côtés de mon chef, pour bâtir un grand bar capable d'abreuver toute la nation de la vraie boisson de vaillants soldats et lui permettre de sortir de la misère. » Nkor tout ému par cette salutation érigée en parfaite éloquence, l'engagea aussitôt. Le jeune Alabih se mit au travail. C'était alors dans un coquet bistro à l'européenne, portant l'inscription « Au Paradis du Vaillant Soldat », tenu par Nkor, un ancien combattant, et qui faisait la fierté de tout le quartier Totro, dans la ville de Nékassar. fi régnait dans ce bistro un ordre strictement exceptionnel, Nkor se voulant respectable et respecté. Les clients qui venaient en ces lieux étaient satisfaits du calme et de la discipline qui s'y observaient et cela faisait jouir le bistro d'une très bonne réputation. Mais en même temps, l'excès de rigueur abrutissait le jeune Alabih qui, par instants, s'imaginait dans un camp d'entrâmement à l'époque de la rébellion.

* * *

Ce jour, Nkor qui devait effectuer des courses en ville, se dirigea vers un seau d'eau pour faire une rapide toilette. Entré avec le déjeuner de son patron, Alabih observait, le repas à la main, le caporal-chef barboter dans l'eau tel un canard à la mare:

- C'est prêt, patron», annonça Alabih. Nkor continua sa douche. Entraîné par la fraîcheur de l'eau, il se lava longtemps les bras et les aisselles. Le jeune Alabih ayant mis la table, approcha une chaise de son patron. Puis, il déplaça sa propre chaise dans un coin et s'assit. Mais, une voix terrible le fit sursauter: c'était celle du caporal. - Alabih!

-

Oui chef! répondit le jeune homme.

- Mais qu'attends-tu? Ne vois-tu pas... ? Alabih se lança comme une fusée vers le caporal-chef dont les mains tenaient en suspens les bouts de la chemise dont il s'était débarrassé et qui, accrochée à un bois non loin du seau d'eau, commençait par être mouillée des gouttelettes d'eau qui s'éjectaient. - Oui, je vois chef! il éloigna l'habit.

- Et alors... ! dit Nkor d'une mine poilante, je pensais que tu étais devenu aveugle.
- Non, chef!
Après un silence, Nkor reprit avec insistance:

-

Quand je fais ma toilette, tu dois être attentif.

- Entendu, chef. - Ensuite, j'aime causer parfois. - C'est nécessaire, chef. Ça signifie alors que j'ai par moments besoin d'un interlocuteur . - C'est exact, c'est tout à fait normal. Nkor se redressa, se retourna, exécuta un pas en avant et dit :

- Mais très souvent, le silence s'impose!
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-

J'ai compris, chef!

Nkor se tourna encore, fit un pas vers Alabih et parla avec des mimiques d'un homme qui broyait du mil de ses dents:
en ce moment, j'ai besoin d'être seul! Et même ni ma mère ni mon père n'ont le droit de me réveiller de ma méditation! C'est compris! Ici, Nkor tonna encore:

- Et -

c'est compris quoi?

C'est compris, chef! Et Nkor alla de nouveau auprès du seau d'eau, suivi par Alabih derrière lui comme son ombre:

- Le soldat,

recommença

Nkor, est celui qui médite le plus.

- C'est bien cela, chef, reconnut Alabih. - Même plus que Socrate, Platon, Pythagore, Faraday, etc.

Newton,

- Plus que tous ceux-là, chef. - Et dis-toi aussi que le soldat est le mathématicien le plus rapide sur toute la planète. n est capable de faire de la terre ce qu'il veut: la famine, la disette ou la misère, etc., suivant les circonstances et en quelques jours. - Vraiment, chef! - n est tout de même le philosophe le plus éminent. n pense. n pense à chaque instant! n pense surtout à la vie! n pense à comment l'aimer ou à comment la détruire. - Absolument, chef. - Et puis... et puis... oui... et puis.. . - Très vrai, chef. - Tu dis ? - J'ai dis que tout cela est vrai, chef. Le caporal-chef se tut pendant un instant avant de reprendre de son ton de maître:

-

J'aime celui qui me suit bien!

-

Oui, chef, répondit Alabih

Et se rapprochant de plus très près, il cria dans son oreille:

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Chef! Compris chef! Nkor s'écria plus fort. - Car c'est de cette unique façon conversation avec son chef! Alabih répondit en s'écriant aussi. qu'il peut tenir une

-

Et qui comprend bien ce que je dis !

Tout à fait, chef! Le caporal-chef repartit vers le seau d'eau. Et avant recommencer à se laver les pieds, il reprit d'un ton modéré:

-

de

Retiens ceci, cher ami: la terre est la planète qui engendre les hommes, les fait travailler à ses saisons et à sa guise, et les tue par maladie ou par accident, pour les avaler ensuite, satisfaite de les avaler, en vue d'en générer d'autres plus nombreux. Elle a toujours prouvé que toute l'existence de l'être est un combat sans fin qui mène à sa propre évolution. Et la vie de soldat est un débat perpétuel entre lui, sa conscience et les autres. Alabih ne réagit pas à ses propos. Nkor ayant fini de se laver, tendit les bras droits, comme pour indiquer deux directions en plein combat, en s'écriant:

-

-

Serviette! Alabih courut. - Chef! La voici, chef! Nkor tout en s'essuyant le corps, continuait son bavardage. - Un soldat est un homme juste et conséquent.

- Oui, chef. - On lui met entre les mains, une arme avec l'ordre de défendre les autres d'abord, avant de se défendre. - C'est juste, chef. - Mais on ne lui dit point de tuer sans mobile évoqué par la hiérarchie. - Non, pas du tout. - Celui qui lui donne l'ordre de tuer, est seul responsable de cet acte.

- Seul, chef!

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Et s'il décide responsabilité.

-

de tuer

par lui-même,

il endosse

cette

- Là, c'est son affaire, à lui seul. - Ainsi, un soldat doit être un homme humble, toujours prêt à rendre service, même à l'ennemi. travailleur,

-

Vous dites la vérité, chef.

- n obéit, comme les autres, à toutes les lois de la nature. - Sans omission aucune, chef. - n doit savoir qu'il y a lui ; mais qu'avant lui, il y a les autres; et qu'avant les autres, il y a Dieu! Je vous comprends, chef. Nkor, alla déjeuner et, après avoir remis ses habits de ville, leva les yeux vers le toit, se regarda avec fierté et sortit.

-

Il

Nkor et Alabih étaient au service de la clientèle cet après-midi, quand un homme extrêmement barbu entra, l'air curieux. Nkor allait des marmites aux casseroles, tandis qu'Alabih voyageait sans interruption en desservant la cuisine et le hall du bar. A la vue de l'étranger, Alabih s'empressa de lui demander: - Qu'est-ce qu'on vous sert, monsieur ?

- Ce qu'on me sert? demanda l'homme un peu perplexe. Bon! Sers-moi ce que tu veux. Alabih gêné lui répondit:
- Nous avons une gamme assez large de boissons. - Enfin... sers-moi du whisky. L'homme continuait à promener son regard dans le bar en répétant: «Au Paradis du Vaillant Soldat », avec des signes de la tête, jusqu'au moment où Alabih réapparut. fi lui posa cette question: - Dis-moi jeune homme, bar ? qui est le maître de ce magnifique Il s'appelle Nkor, le

- Vous voulez caporal-chef Nkor.

dire le propriétaire?

- Hein! Répète-moi un peu ce nom s'il te plaît!

- Nkor,

le caporal-chef.

- Tu veux me dire ça ! Que Nkor, mon Nkor vit ? fi éclata en gros rires comme un fou, se leva et noua sa main au cou d'Alabih, comme s'ils étaient de vieilles connaissances. - Tu sais mon frère, mon nom est Sodio; je t'appellerai désormais mon frère, parce que celui avec qui tu travailles est plus

qu'un frère. Ton patron est comme une partie de moi-même. Nous avons fait la guerre ensemble, nous avons été pendant plus de six ans sur le même front. On nous a tirés dessus; on nous a bombardés, mais nous sommes encore là. Quand l'ennemi tirait sur nous, nous aussi nous tirions sur lui. Nous sommes toujours vivants, mais la plupart d'entre eux ne sont plus. Tu vois, c'est ça notre force, à Nkor et à moi: Aller à la guerre et revenir vivant, en pleine forme. Les clients se retournaient pour le regarder. Au moment où il acheva ses paroles, une voix retentit derrière lui : Wagloooo ! Wagloooo ! Waglo était le pseudonyme de Sodio. Celui-ci répondit à l'appel de Nkor en glapissant: Eih! Kouandooo ! Les deux hommes s'élancèrent l'un vers l'autre en clochant tantôt à gauche, tantôt à droite, aux rythmes de leurs noms: Wagloooo! Kouandooo! Wagloooo! Kouandooo!... jusqu'à s'embrasser pour longtemps. - D'où sors-tu? demanda Nkor. - J'habite ici à Nékassar, au quartier des Nîmes. - Depuis combien de temps? - fi Y a seulement quelques semaines. - Bah! c'est curieux! Mais reconnaissons que Nékassar devient maintenant de plus en plus étendue. Moi, j'habite Wassenga. - Avec ta femme et les petits? Oui, j'ai deux garçons; d'enfants toi?

-

-

ceux que tu connais. Tu as combien

- Je n'en

ai pas encore. Qu'attends-tu ?

- Jusqu'ici?

Ça viendra au moment opportun.

- J'espère que ce sera pour bientôt. Un silence, puis: - Tiens! dit Nkor, dans un sursaut d'orgueil. fi me semble qu'aujourd'hui, deux monstres viennent de se retrouver; et la 14

terre

va trembler. Alabih, apporte une bouteille de champagne,

et... Mais... attends... (ll fut troublé soudain par un souvenir au point de vouloir courir, mais se donna le courage et se retint) : estce vraiment toi Waglo? Tu as péri dans la bataille de Lucombo, dans les montagnes de Hogbo, devant moi. (Son cœur continua à sauter en lui. Il tremblait en articulant les mots, excessivement terrifié). Pourquoi? Pourquoi me fais-tu ça, Waglo? Pourquoi viens-tu me... me hanter ici? Est-ce vraiment, vraiment toi Wa... Wa... Waglo ? Non, non..., ne me fais pas ça. Nous... étions amis, d'accord... mais... maintenant tout cela est fini... depuis... - Mais qu'est-ce qui te prend? Kouando ? s'étonna Sodio. Qu'est-ce que tu racontes là,

- Ne me dis pas que tu n'es pas mort là-bas, à Lucombo. Sodio, voulant poser sa main sur son épaule, s'approcha: Je te rassure mon ami que je n'étais pas mort. Nkor évita brusquement son contact. - Tu sais qu'il y a plusieurs moyens de tromper l'ennemi, Sodio. J'étais touché et entièrement couvert de sang, mais... dit

-

- Non! persista Nkor, tu ne respirais plus! J'ai vérifié cela en posant mon oreille sur ton cœur. Il ne battait plus. Tu étais vraiment mort. Ton corps était déchiqueté. Je ne me rappelle plus bien si c'était au ventre ou à la poitrine. Surtout que l'ennemi qui nous entourait ne cessait de tirer. Moi-même, j'ignore comment j'ai pu m'échapper. - Oui. Tu sais mon frère, les miracles existent toujours. aussi je ne sais comment j'ai pu m'échapper! Moi

T on cas est différent. Quand on est mort on ne peut se rendre compte de rien. Le fantôme ne peut pas savoir que la mort existe. - Tu raisonnes comme un fou. As-tu jamais vu un fantôme boire? Quel type de fantôme suis-je, en causant vivement avec toi. Quand tu m'as embrassé, est-ce l'air que tu as senti, ou la chair et les os ? Tu aurais raison. Mais... Je t'avoue que je suis extrêmement perplexe.

-

-

15

- Alors... sers-moi la main. Nkor avança la main, hésitant, tourmenté - Tu... toi.. .

et étourdi :

Tu, sais que je ne peux pas être sûr que c'est vraiment Kouando !

- Je ne te savais pas si superstitieux,

Tu as raison de m'adresser toutes sortes d'injures. Un... un fantôme n'est ni poli, ni respectueux, ni... euh, parce qu'il ne perd ni ne gagne rien avec les vivants. Pendant tout ce temps, les clients devenus spectateurs, suivaient avec entrain. - Sers- moi la main, s'il te plaît, insista Sodio, pour éviter de perdre ta clientèle qui peut cesser de venir boire et manger dans un bar que fréquentent les fantômes.

-

- Si je n'ai pas été un vaillant soldat ayant fait la guerre pendant plusieurs années, j'allais brûler de l'encens pour te renvoyer dans l'au-delà, d'où tu es venu m'effrayer. J'ai écrit sur mon bar, «Au Paradis du Vaillant Soldat », mais ce n'est pas du paradis du ciel où les âmes se retrouvent après la mort. Ici, ce n'est qu'une simple analogie. Tu t'es trompé d'adresse.
- Je te défie que tu es poltron, et de surcroît superstitieux !

- Là... je te sers plutôt... la main par gentillesse et par grandeur d'esprit. .. allez! Les deux anciens soldats se serrèrent la main. Sodio secoua vigoureusement et pendant longtemps la main de son ami en disant:
enfin comment un fantôme peut serrer la main à un vivant qui s'attache encore aux croyances antiques. Puis, ill' attira et l'embrassa. Ensuite, il le lâcha et dit : Alors Kouando, peux-tu m'apporter que pour embaumer ton joli bar, hein !

- Regarde -

ton encens, ne serait-ce Parle-moi

Comme tu voudras, sinon c'est sans importance. de ton ex- femme.

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- Dis-toi que j'avais épousé une femme qui m'a donné une jolie fille. A mon retour de la guerre, ma femme s'est remariée après le décès de notre fille. - Mais, quelle femme! - En fait, dit Sodio, elle s'est remariée il y a quelques années déjà. Et depuis mon retour, l'envie de m'acheter une nouvelle femme ne m'a pas encore pris. - Tu as peut-être raison, mais il faut faire vite. L'âge avance. À peine Nkor achevait que Sodio déclara:

-

Maintenant que tu es rassuré, puis-je m'asseoir ?

- Hé, Alabih, apporte-lui à manger et prépare-lui une chambre. n passera la nuit ici. - Non, laisse, je n'ai pas faim. Quant à la chambre, je t'ai informé que je n'habite pas loin d'ici. Dis-toi que je ne serais pas entré si l'inscription devant ton bar ne m'avait attiré; pas en tant que fantôme, mais en tant qu'homme vivant, en chair et en os, et qui connaît la valeur des mots. J'avoue que, je suis très heureux de te retrouver et ça me suffit. A présent, puis-je m'associer à vous pour servir ensemble les clients?

-

Vraiment?

s'étonna Nkor. Un tablier, s'il te plaît.

- Vite au boulot!

Sodio se joignit ainsi à eux, et les trois anciens combattants servirent avec enthousiasme jusqu'en fin de journée avant que Sodio ne prît congé en promettant de revenir deux jours plus tard.

17

Ce jour, un homme fit son entrée dans le bar, s'assit à une table, et sortit un journal. fi était suivi d'un autre homme qui s'assit à la même table que lui. Le premier client fit un signe à Alabih, en ajoutant: «un plat de salade complet et une bouteille de Guinness ».. Le second commanda la même chose. L'homme qui lisait le journal, leva les yeux et s'adressa à son copain : Nhhmm, ce journaliste a vraiment de la plume! Lis un peu ce qu'il a écrit. Le second prit le journal, le parcourut en hochant la tête:

-

- Non seulement il a vu juste, ce journaliste, surtout il est audacieux.

mais encore et

- fi a vraiment osé, reprit l'autre. La guerre et le soldat sont en effet des avatars apocalyptiques de notre temps. Sodio qui était tout près, renchérit que les deux hommes avaient raison, et c'était pour cela qu'il fallait rendre hommage à un soldat qui, ayant pris part à la guerre, en était revenu vivant. fi est un héros national. Tous les yeux se tournèrent vers lui. L'un des deux clients rétorqua aussitôt que ce n'était pas de cela qu'ils parlaient. - Enfin, poursuivirent-ils chose. ensemble, ce n'est pas la même

- Ah bon! fit Sodio, étonné, il s'agit de quoi alors? Le premier client lui répondit qu'il s'agissait de la guerre et de ses méfaits, surtout de comment la guerre rendait une société

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