Qacidâte pour l'espoir

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Publié le : vendredi 1 janvier 1993
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EAN13 : 9782296282551
Nombre de pages : 112
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QAÇIDÂTE

POUR L'ESPOIR

Collection
Poètes des cinq continents

1- Kama Kamanda, La somme du néant. 2- Louis Philippe Dalambert, Et le soleil se souvient.. . 3- Jean-Claude Villain, Parole, exil précédé de Confins. 4- Jean-François Ménard, Calebasse d'étoiles. 5- Pierrette Micheloud, Elle, vêtue de rien. 6- Gilberto Mendonça Teles, L'animal. 7- Jean-Dominique Penel, Anthologie de la poésie centrafricaine. 8- Jean-Claude Villain, Le Tombeau des rois suivi de Roi, guerrier et mendiant. 9- Michel Cassir, Il se peut que le rêve d'exister. 10- Marc Alyn, Byblos. 11- Le Huu Khoa, Prison, corps, exil, animalité. 12- Kama Kamanda, L'exil des songes. 13- Parviz Khazrai, L'aube .l'anglante. 14- Parviz Khazrai, Quatorze lunes et une. 15- Nelly Amri, Nuit debout. 16- Khalid Dinia, Hybrides. 17- Jabbar Yassin Hussin, Aux rives de lafolie. 18- Marc Alyn, La parole planète. 19- Myriam Ben, Au carrefour des sacrifices. 20- David Ndachi Tagne, Sangs mêlés, sang péché... 21- Monchoachi, Nuit gagée suivi de «Quelle langue parle le poète ?» 22- Jean-Claude Villain, Leur dit. 23- Mohamed Hmoudane, Ascension d'unfragment nu en chute. 24- Jean-Dominique Penel, Le sage du quartier Yantala a mal aux dents. 25- Kama Kamanda, Les myriades des temps vécus. 26- Elie Maakaroun, L'Amour et la parole. 27- Marc Alyn, Les Alphabets de feu - Le Scribe errant. 28- Aida Balabane-Hallit, La Désertée. 29- Claudine Chonez, Cristal et obsidienne.

@ L'HARMATfAN, 1993 ISBN: 2-7384-2149-0 ISSN : 1142-6853

Mourad PREURE

QAÇIDÂTE POUR L'ESPOIR
Préface de Jean DÉJEUX

EDmONS L'HARMATIAN 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 PARIS

SOMMAIRE
Préface. . . . .. .. . . . . .. . .. . . .. . .. .. . .. . .. .. . . . . .. . .. . .. . . .. .. . .. . .. . .. . . .. .
7

Qoum Tara. Alger Décembre 88 Ma terre Qaçida à la baie d'Alger LUet Erreb'in.. Qaçida de la main troublée Beyrouth Café crème Qaçida de la citadine en fleurs Le poète
L'attente.

...

...

15 17 19 21 ... 23 25 27 29 ... 31 33
35

. . .. .. .. . . . .. . . . . . .. .. . .. . .. . .. . . .. .. . .. . . . . .. . .. . .. . .. . .. . . ...

Meknassia Rêves Ta main
Souhila..

37 39 41
.. . . .. . . . .. . . . . . . . . . . . . . . .. .. .. .. .. . .. . .. . .. . . .. . .. .. . .. . . . . .. . . 43

Pour Ben sahla Avril des tourments Message urgent Une rose La surface des choses Qaçida de la belle promise Matin L'émotion et la flamme Inconnue Sourires furtifs KhaliL Pour chanter tes yeux Qaçida de la femme dévoilée Les "honnêtes gens" Conversation secrète Faut que j 'y aille
Lalla Zhour... .. . .

:

45 47 49 51 53 55 57 59 61 63 65 67 69 71 75 77 83 87 ."91 95 99 109

.. . . . . .. . . . . . . . .. . . . . .. .. . .. . .. . . .. .. . . . . . . . .. .. 79

Qaçida du verre brisé La fuite. des corbeaux Les amoureux lniiJadha de tes yeux Le funambule un soir de septembre Glossaire 7

PRÉFACE
En donnant pour titre à son recueil qaçidât (sing. qacida), Mourad PREURE entend s'insérer dans la longue et prestigieuse tradition poétique arabe, la qaçida étant un poème arabe à la facture bien établie mais dont la forme actuellement peut revêtir bien des nouveautés. Le poète se rattache donc à une culture transmise de génération en génération aussi bien celle du terroir (évocation des poètes berbères) que celle venue d'Andalousie dont l'initiateur fut le célèbre Ziryab. De ce point de vue, Mourad PREURE n'est pas sans rejoindre un poète algérien bien connu: Bachir Hadj Ali dont on connaît l'attachement tant à la poésie populaire qu'à la poésie classique. Le poète pour son premier recueil est donc en bonne compagnie dans la poésie algérienne contemporaine de langue française. Cette langue étrangère leur paraît à tous deux un bon instrument pour exprimer à la fois les profondeurs et l'ouverture vers la modernité: açâla wa taJattuh. La sortie de soi vers le monde d'aujourd'hui ne supprime pas l'authenticité de l'identité profonde maghrébine telle que les siècles l'ont façonnée et pourtant s'enrichissant sans cesse d'apports nouveaux. Cette poésie de Mourad PREURE se situe bien d'abord en terre algérienne, la terre mère hors de laquelle on a froid aux racines. Dans bon nombre de poèmes surgissent les termes et les expressions arabes, les extraits de chansons populaires. Ils viennent ponctuer et relever l'expression poétique mais comme allant de soi, naturellement si l'on peut dire, dans un bilinguisme bien maîtrisé. L'oralité ici

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affleure constamment dans l'écriture, le populaire est imbriqué dans la langue apprise et écrite. Sont appelés à témoigner les grands anciens de la musique arabe et les grands poètes, mais là encore, de même que les contemporains du poète, en tant que toujours vivants dans la création poétique. Ainsi est nommé Ziryab, cela va de soi, et sa musique classique andalouse aux vingt quatre modes chromatiques avec la nûba correspondant à chaque heure de la journée. De cette suite musicale sont dérivés et le hawzi et le cha'abi. Parler de Ziryab c'est plonger dans l'ambiance envoûtante et festive de la nûba avec son prélude l'istikhabar, et ses autres mouvements. Évoquer ce passé chantant c'est naturellement citer Mohammed Ben Sahla du XVIIIo siècle tlemcénien et plus près de nous El Hadj El Anka, le maître par excellence. Sur un air d'El Anka, c'est, comme l'écrit M. PREURE, Si M'hand ou M'hand "qui chante l'homme libre" (amazigh). Le poète verlainien de la montagne altière donne ainsi la main au chanteur de la cité et aux mandoles de la Casbah. De l'Andalousie à la Palestine une grande caisse de résonance retentit de complaintes, de thrènes et de chants plaintifs, mais aussi de chants d'amour encouragés par les zgharit, ces you-you ponctuant la joie ou encore excitant au combat dans les temps forts de l'histoire nationale sur un fond scandé de vers du poète national Moufdi Zakaria : les klam elcYedd alternant avec les klam el-hazel, l'effort, le sérieux et le religieux à côté du badin et de la plaisanterie, de la frivolité, des femmes et de l'amour. Mourad PREURE n'abandonne pas sa culture populaire ou savante parce qu'il écrit dans la langue étrangère. Sa poésie "parle en langues", comme on dit maintenant dans l'exégèse de l'écrit maghrébin en français. Elle exprime ainsi des résonances multiples. Les jeunes gens chantent le soir "à l'ombre du béton" dans les cités anonymes et ternes (où il est horrible d'avoir vingt ans", écrivait en 1975 le poète Tahar Djaout) : ils chantent le cha'abi mais de nos jours aussi le raï (sulfureux pour la censure), la tradition renouvelée ou carrément la contre10

culture provoquant un monde morose. Ces jeunes gens ont présents à l'esprit et sur les cordes de leurs guitares les gamins jouant au jeu atroce et mortel de la guerre des pierres en Palestine et à Beyrouth "aux seins arrachés", tandis que "les torrents de sang se disputent l'espace". Le jeu, l'amour, le défoulement des sens et le langage des corps voisinent avec le déchirement de l'oiseau "sur le toit de nos rêves" et avec la blessure toujours à vif qui fait saigner le monde arabe pénétré par l'écharde dans la chair. Évoquer l'amour, le raï ou tout simplement les zgharit et les twelwil c'est rendre présentes les femmes, justement chantées par les poèmes de Mourad PREURE. Pas de vraie qaçida sans célébration amoureuse, que ce soit à la baie d'Alger féminisée, à 'Ateq ou encore à Souhila. Au seuil de ton regard d'enfant Je voudrai planter un soleil Et prendre à bras le corps Cet arc en ciel qui me nargue Souhila je préfère Ton sourire A l'éclosion du matin. La femme est chantée mais souvent dans la poésie arabe elle l'est beaucoup plus comme image désirée et idéalisée, ardemment rêvée, passionnellement fantasmée que comme une possession réelle. Comme l'écrit le poète Hocine Tandjaoui dans un recueil inédit : "filles nous n'avons pu que vous désirer si peu vous serrer dans nos bras paralysie de nos membres". Mourad PREURE parle d'attente dont "les pétales se changent en lumière". du parfum de jasmin qu'ensemence le rêve. Il rêve de nattes. L'objet paraît plus désirable rêvé et imaginé qu'assouvi une fois présent dans la réalité. L'enchantement est 11

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