Quand dans l'âme les Mers s'agitent

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L'amour est le thème récurrent de ce recueil mais l'auteur évite à chaque détour le déjà-vu. Il s'agit d'un amour sensuel et voluptueux. la femme est considérée comme la "terre de renaissance". Malgré l'amour, la solitude ne quitte pas le poète de l'exil..

Publié le : vendredi 1 mai 1998
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EAN13 : 9782296365568
Nombre de pages : 222
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Quand dans l'âme les mers s'agitent
poèmes

@ L'Harmattan. 1998 s..7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris France

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L'Harmattan. Inc. 55, rue Saint-Jacques, Montréal (Qc) Canada H2Y 1K9 L'Harmattan, Italia s.r.l. Via Bava 37 10124 Torino ISBN: 2-7384-6711-3

Kama

KAMANDA

Quand dans l'âme les mers s'agitent
Poèmes Édition définitive
Préface de Jean-Baptiste TATI rOUTARD

L'Harmattan

En couverture:

calligraphie japonaise de Toshie Tai

DU MÊME AUTEUR

Poésie

Chants de brumes, Éd. L'Harmattan. Préface de Jacques Izoard. Les Résignations, Éd. L'Harmattan. Préface de Mateja Matevski. Éclipse d'étoiles, Éd. L'Harmattan. Préface de Claude Michel Cluny. La Somme du néant, Éd. L'Harmattan. Préface de Pierrette Micheloud. L'Exil des songes, Éd. L'Harmattan. Préface de Marc Alyn. Les Myriades des temps vécus, Éd. L'Harmattan. Préface de Mario Luzi. Les Vents de l'épreuve, Éd. L'Harmattan. Préface de Salah Stétié. L'Étreinte des mots, Éd. L'Harmattan. Préface de Maria Luisa Spaziani. Le Sang des solitudes, Éd. L'Harmattan. Contes Les Contes du griot (Tome I), Éd. Présence africaine. Préface de Léopold Sedar Senghor. Les Contes du griot (Tome II), Éd. Présence africaine. Les Contes du griot (Tome III), Éd. Présence africaine. Roman Lointaines sont les rives du destin, Éd. L'Harmattan.

PREFACE

Kama KAMANDA est certainement aujourd'hui le plus grand poète du Congo par la profusion de l'oeuvre et surtout par la qualité et l'ampleur de son lyrisme. Il a produit non pas des plaquettes mais des livres de poèmes. Nous suivons le rythme de sa production. Il est tout simplement impressionnant.À ce sujet, nouspouvons déjà parler d'une somme de poésies. Et le temps est encore devant lui, long et prometteur. Hors de son pays, KAMANDA est un poète connu et reconnu. Ses recueils ont été chaleureusement préfacés par le Belge Jacques IZOARD, par la Suissesse Pierrette MICHELOUD, par le Français Marc ALYN, par l'Italien Mario LUZl.. Il a été plusieurs fois primé par l'Académie française. L'oeuvre littéraire de KAMANDA comporte deux versants: la poésie et le conte. On a voulu pendant longtemps le cantonner dans le second genre, comme pour voiler le créateur. Au sujet des contes de KAMANDA, il y a lieu d~préciser qu'il s'agit de véritables récits littéraires inspirés de la tradition orale et non de simples transcriptions. L'auteur nous présente ici la version définitive du recueil intitulé Quand dans l'âme les mers s'agitent, paru en 1994 dans le livre de Pierrette SARTIN: Kama 9

KAMANDA poète de l'exil Le titre est emprunté au premier vers du dernier poème. Ainsi apparaît-il comme le principe et la fin du recueil. L'amour en est le thème récurrent mais l'auteur évite à chaque détour le déjà-vu. Il s'agit d'un amour sensuel et voluptueux. La femme est considérée comme "La terre de renaissance". Malgré l'amour, la solitude ne quitte pas le ''poète de l'exil". Mais Kama KAMANDA éprouve une sorte de passion pour le monde. Il est perpétuellement en voyage, à la rencontre d'autres peuples et de nouveaux paysages. Je roule d'un versant à l'autre de l'humanité. Mais la plus grande passion du globe-trotter est pour son peuple opprimé et malheureux. Ô chant du refus! Le peuple souffrant En proie aux pires démagogies périt Sous l'ardeur des feux impérissables De l'absurdité des hommes, en gémissant. Le passé colonial est sombre. Le présent aussi. Malgré la dureté des temps, le poète ne s'abîme pas dans le pessimisme. Il a assez de ressources physiques et morales pour lutter et se trouve en état de disponibilité même dans les intempéries: Sous des matinées pluvieuses J'ouvre mon coeur à ceux qui cherchent La liberté, la paix et la fraternité. Voilà pourquoi l'exil ne suscite pas en lui des regrets stériles. Le ton nostalgique est éphémère. Le futur le hante jusqu'au prophétisme. 10

Le registre stylistique de KAMANDA est étendu. Son lyrisme s'est élargi de livre en livre depuis Chants de brumes (1986)jusqu'à L'étreinte des mots (1995). Aufur et à mesure que s'enrichit son expérience des hommes et du monde, son soujJle gagne en puissance. KAMANDA est en quête de ressemblances, d'identifications avec les êtres et les choses. Il a une âme poreuse. Il est vent, tonnerre, volcan. Voilà pourquoi sa poésie est empreinte d'une certaine ardeur verbale sous forme d'apostrophes, d'invocations, d'incantations. Le monde paraît si obscur que le poète a besoin d'images, de figures pour sa lecture. La métaphore est son mode naturel d'expression. Je me sens dans les champs calcinés La révolte des vents tourneurs Quand dans l'écriture, je dénombre Les figures de la barbarie. Ô Verbe Le silence s'aventure dans tes nuages Où l'image est vertige ailé des ténèbres. La poésie est la véritable historiographie de la vie intérieure. N'y voyons pas seulement effusion romantique. L 'histoire est un choix. KAMANDA a perçu dans la poésie, l'instrument de la conquête du monde. C'est le prix de son oeuvre.

Jean-Baptiste

TATI LOUTARD

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Le feu sacré

Quand les jeunes en sueur chantent Et dansent sous la pleine lune, Au son du tam-tam et des xylophones, Tu portes tes rêves en couronne d'étoiles, À l'heure où les esprits de la brousse Jaillissant des ténèbres Se joignent à la foule en transe. Le feu tournoyant dans tes reins est sang de vie. Tu gesticules en étreignant les ombres Comme une danse de lucioles Sur les versants de la montagne qui me fascine! Femme secrète, qu'espères-tu du hasard Qui s'imagine maître de nos actes? Que signifie pour toi mes chants? J'aime ton sourire doux comme l'hibiscus Et tendre comme une jacinthe d'eau! Ne te hâte pas de jeter les fleurs fanées Dont les parfums te rappellent nos promenades Sous les flamboyants au bord du fleuve! Les anciens béniront nos noces! J'ai retrouvé la lumière du soleil dans tes yeux! Ton coeur qui connaît la patience M'offre l'harmonie et la paix intérieures! Et quand l'or du ciel descend ses rayons Sur les merveilles de la nature, Ma pensée amoureuse embrasse la fortune De l'univers qui s'exprime à travers ta beauté!

13

L'astre du soir

Ta beauté illuminée des astres Sous la voûte de mon âme, Ton coeur, comme une hirondelle joyeuse, Sous un ciel sans nuages, Connaît-il le bonheur qui naît D'une vie libérée de tourments? Aime, et je planterai un arbre de poèmes Pour ta paix intérieure. Parle-moi de la rivière de chagrins sur tes pas, Et je contraindrai le vent à refaire l'inventaire De tes sentiments enfouis dans les sables. Je viendrai à la saison des amours Exhaler les effluves des fleurs épanouies à l'aube Quand s'ouvriront leurs pétales au soleil Dorés par les couleurs de ma pensée. À l'approche du temps infini, Je me hâterai, avec les offrandes, D'embellir le lieu de ton sommeil Avec les merveilles de mon jardin. Je serai, sur la rive des vies, Un rocher où t'abriter à la marée montante.

14

L'inépuisable

passion

La nuit chante tes ivresses. Les lucioles en filigrane de ton aura S'envolent d'étoile en étoile Vers le ciel de mon coeur Qu'illumine ton amour. Mon âme captive aspire Aux délices de ton monde. Et la musique sacrée souffle Dans le secret des révélations, Comme un murmure, un soupir, une grâce. Éblouissements de la vie, Je roule mes mots Dans la langue des esprits. Les nuages violent le ciel Comme les cauchemars L'espace de mes rêves. Mais la lumière de l'espoir, Sur les vagues d'une marée de peines, Ne rend visible qu'un pauvre homme Luttant, éperdu, au fond d'un abîme.

15

Ma reine

Tu es l'espace où s'épanouit chacune de mes pensées, La mer qui accorde à chaque mouvement de mon coeur Un rivage où s'accomplir. Mon souffle, comme une brise légère, Ensemence tes terres les plus fertiles, Comme les oiseaux parsèment les champs Des graines à germer. J'ai apporté mon unique bagage au plus profond de toi. Mon désir comme une chanson parmi les vagues en éveil A brisé le silence comme un orage déchire le ciel. Mes peurs ont disparu, Mes angoisses sont atténuées, Mes efforts, récompensés, Et je construis un royaume dans mon âme Pour que tu puisses régner Comme une grande reine parmi les rois bâtisseurs.

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Complicité

Tu es la langue qui s'épaissit de mes mots, La rivière gonflée de ma semence, Et la racine de mes secrets. Je survole comme l'aigle Les vertes collines, les vastes savanes Et les tourbillons impétueux En quête de mirages Resurgis du fond des chimères. Le bonheur évanoui dans les énigmes, Ressuscite la lumière des sources Pour retrouver sa mémoire Dans le miracle de l'oubli. Au-delà des choses qui se vident, L'espace des songes tresse mes chants À l'univers de tes ardeurs. Ma femme, ma complice, Rejoins-moi sur la route bercée d'étoiles Et accompagne mes pensées vers l'éternité.

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La maison des rêves

Je tisserai les feuilles de l'arbre de vie avec ta tendresse. Je collecterai les eaux de pluie pour te désaltérer. J'apprivoiserai le feu des volcans Et la transe des tourbillons dans mes reins pour t'envoûter. J'userai de la force des foudres et des cascades Dans la chronique des étreintes Pour dompter tes passions sur la rive de l'infini. Je nommerai des dieux inconnus dans toutes les légendes Et je t'étreindrai dans mes bras avec des chants étranges. Mon amour, ma douce compagne, Pense aux merveilles du partage. Rêver ensemble, rêver à une même destinée! Bâtir une maison des rêves Où l'amour se nourrit de l'estime Et la confiance repose sur le dialogue. Je veux t'admirer, ô femme aimée! Les secrets qui hantent ton esprit, Je veux te les dévoiler, Où l'harmonie des jours éveille le bonheur. Je serai ton vent de folie. J'interpréterai toutes les frénésies de ton corps, Jusqu'à ne plus faire qu'un avec toi Pour un voyage féerique.

18

Nostalgie du bonheur

Nous nous sommes aimés jusqu'au fond des absolus. Nous avons heurté les roseraies et les pierrailles Sur le chemin des prophéties. Les vents labouraient des flammes pour nos rêves Et les oiseaux picoraient nos désirs. Au-delà des sources du bonheur, Les arbres ouvraient leurs branches À la saison de nos passions. Nous avons changé les pierres en fleurs, Et nous avons guidé les rivières de l'amour Vers la mer de nos plénitudes. Le soleil dans les vagues S'enivrait de nos métamorphoses. Ô nostalgie de l'innocence, Suspends les rêves du poète Dans les nuages lointains!

19

Fais-moi rêver!

Fais-moi rêver, mon amour! Ouvre-moi les yeux Sur les myriades des joyaux du coeur Aussi magiques que les astres Dont les merveilles nous enchantent Jour après jour! Fais-moi rêver, mon amour ! Fais-moi chavirer Dans la joie des retrouvailles Et psalmodie tes plus belles incantations Pour apaiser mes angoisses des nuits tumultueuses. J'emprunte les eaux du fleuve, Et je nage vers la rive de ton amour. L'aube est pluvieuse, Les oiseaux sont cachés dans les feuillages. Les vagues frémissent sur les rochers Qui surplombent la mer Comme des icebergs de nos passions. Je m'enlacerai à tes hanches Pour rouler dans les sables de la plage. Je serai la nuit qui enveloppe tes étoiles, La lune qui berce ton sommeil. Je te prendrai dans mes bras Et je t'écouterai dans le silence Pour accompagner ta pensée!

20

Issue

Vertige de vie ! Vertige de la mort! Mon esprit songe obstinément à l'immortalité! Dans l'angoisse d'insondables destinées J'écoute un Dieu solitaire comblé de nos rêves, Où nos présences remuent les ténèbres. Et sur les versants de la montagne, Je vois suspendus les génies sans pudeur Qui se moquent de mes desseins terrestres. Ô mer, seul le ciel comme toi Peut exprimer l'immensité de mon âme! Mon destin chargé de nuages se livre aux vents! Le temps téméraire et hypocrite Rythme les montées et les descentes de ma vie Sur les rivages de l'infini. Je chante du fond de l'abîme La douleur de la séparation Et je retiens la main de la fatalité Où l'instant mesure la vérité des amours.

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À la femme aimée

Malgré la fulgurance du tonnerre Et les éclairs de la foudre, Je cherche le secret des étoiles dans tes yeux. Je m'accroche aux tempêtes du destin Pour ne jamais te quitter. Ni le tourbillon qui agite tes passions Ni la peur des crevasses Ne m'empêcheront de venir vers toi. Je suis l'ombre gardienne de ton corps. Je veillerai sur toi Comme un soleil de l'éternité. En mon âme se succéderont L'aube et le couchant de tes pensées. Ô reine des séismes, Mon équilibre entre les flammes Et les terres ébranlées, Reflète ma vie qui n'est qu'amour. Et mon désir, comme la pluie dans les champs, Te rendra féconde!

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La condition humaine

Ô vent d'ailleurs, Vent du refus et de la démence! Chant de rupture Où la révolte gronde sans cesse. Comme l'ouragan imprévisible Des hautes mers. Indomptable est le souffle du peuple Dévastant la ville, reniant Dieu! Les tombes proches et l'exil lointain, L'irréfutable s'étend Dans la parole qui s'avance D'apaisements en rejaillissements; Et de récitations en martèlements De vagues violentes sur le ressac. Mouvante pensée qui gouverne, Démantèle les passions! Les forces de l'absurde sont flux Et reflux de nos conquêtes. Et dans nos trames Les mots se mêlent aux fièvres de la vie Et les tragédies miment la condition humaine.

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Le coeur nu

Rives de la vie au fond de l'infini, Nous voici délivrés de la peur du vide. Les symboles à travers nos légendes Identifient les mythes De nos Dieux venus d'Afrique. Les esprits issus du fond des âges Bénissent la source des vies au sein des temps Inachevés dans l'usure des jours. La mort, comme une déesse désavouée par les siens, Confond les paroles sacrées avec les rumeurs de la nuit. La destinée suspendue sur le versant de l'éternité, Se change en la négation de la certitude. L'orgueil de l'au-delà insondable dans nos songes, L'imprévu posé sur les habitudes, Efface la plénitude de nos croyances Et dénude l'écriture de nos pensées.

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