Quand l'évidence ne suffit plus

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L'histoire se déroule au Tchad et présente la tragédie d'un brillant employé de la sosiété Sethy & Seïd qui a perdu la mémoire. Toutes ses tentatives de reconstruction mnésique échouent jusqu'au jour où un mystérieux docteur, prend contact avec lui. L'auteur tisse, telle une araignée, une trame sur laquelle sont épinglées nos émotions, nos peurs, nos détresses. Le suspense est distillé par des doses imperceptibles dès la première page jusqu'à l'accomplissement de l'absolu réversible.
Publié le : jeudi 1 mars 2012
Lecture(s) : 7
EAN13 : 9782296486799
Nombre de pages : 220
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QUAND LÉVIDENCE NE SUFFIT PLUS
Collection :Nouvelles Lettres Sénégalaises (NLS)
Nouvelles Lettres Sénégalaises (NLS) Collection dirigée par Mamadou Bâ, Bassirou Coly et Abdoulaye DialloSAMBE Fara,Lettre du retour au pays natal, roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises », février 2012. GUISSÉ Ameth,Femmes dévouées, femmes aimantes, roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises », septembre 2011. THIOUNE Bassirou,Gott. Le retour vers la terre, roman, « Nouvelles Lettres Sénégalaises », septembre 2011.
Souleyman Abdelkérim CHÉRIFQUAND LÉVIDENCE NE SUFFIT PLUSNLS
© L'HARMATTAN-SÉNÉGAL, 2012 « Villa rose », rue de Diourbel, Point E, DAKARhttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr senharmattan@gmail.com ISBN : 978-2-296-54901-2 EAN : 9782296549012
Quand l’évidence ne suffit plus À la mémoire du Colonel Abdelkérim Cherif, feu mon père, qui a courageusement servi son pays dans la force de l’âge. Puisse ton pays se rappeler de toi et des sacrifices de tous tes semblables ; À ma première dame, mon honorée mère, ma sœur et mon amie, Souad A. Chérif, sans ton noble sacrifice, ta sincère dévotion, et ton amour, ce projet aurait été mille fois prétentions, mille fois mensonges. Sois infiniment honorée chère mère ; À mes frères et sœurs, Chérif, Hamza, Abdel-Hadi et Matara, mon grand-père Oustaz Souleymane Mahamat Doud, et toute la famille Chérif et Doud ; À tous mes amis, partout dans le monde ; Pour leur présence, leur participation ou leur conseil, Mahamat Maide Ali, Lamine Biaye, Elias Nzamba, Mamata Camara Sidibé, Cyprien Abdoulaye Deidoum, Mamadou Aliou Bah, Yves Tallot, Brahim G. Dadi, Colbert Ayadji, Khidir Mahamat Idjeme, Monika Mokana… Hommages à : Pr Sakhir Thiam que j’ai eu la chance de longtemps côtoyer ; Dr Moctar Sakho, et à son dynamisme contagieux ; Dr Mahamat Saleh Yakhoub, qui a cru en ce projet.
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PROLOGUE
Sous le poids d’un sommeil encore gravide, ses paupières, une à une, lentement se décollent, libérant des yeux cernés par la fatigue et hébétés par un énième réveil en ce bas monde. Sa conscience encore étourdie présenta petit à petit sa nudité à la lumière. Autour de son esprit, le décor, pan après pan, se matérialisa complètement. Il se coucha doucement sur son flanc gauche, puis éternua, toussota à plusieurs reprises, débusquant ainsi de petits lambeaux de poussière coincés dans les commissures de ses lèvres. Il marmonna enfin une prière avant de recouvrer aussitôt son silence, comme s’il craignait violer la tranquillité parfaite de cette nuit profonde. Autour de lui, le temps est toujours suspendu, rien ne semble vivre. Une légère brise chargée d’une odeur âcre de métal, souffle, charriant avec elle une cannette abandonnée. Quelques rats prudents disparaissent dans les gouttières, au passage d’une petite ombre… que lui, à l’évidence, ne remarque pas. Épuisé, affichant un profond air absent, il tente un moment de saisir le sens de la vie qui s’agite autour de lui. Il finit par s’abandonner à la fatigue qui l’étreint de plus en plus. Il s’assoupit doucement, blotti sous un monceau de cartons, ferme les paupières, puis finit par se rendormir. Au bout de la rue faiblement éclairée, une petite enseigne pendante virevolte au gré du vent ; de son bruit métallique intermittent, donne un concert de notes presque harmonieux. C’est le seul bruit perceptible dans cette immensité sereine. Bercée par endroits, par les lueurs de la lune, la ruelle légèrement pentue est sinistrement déserte. Les quelques vieilles bâtisses aux allures de colombages qui s’y dressent lui
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SOULEYMANEABDELKÉRIMCHERIF
donnent un aspect pittoresque. Ce monde est encore étranger à ses sens, à ses nouveaux sens plutôt, et il ignore par-dessus tout le marché le rôle que cette fois-ci, il allait y jouer. Derrière un kiosque, dans le fouillis de journaux, un chat malingre furète ; certainement, sur les traces d’un de ces gros rats de gouttière. Le vent siffle en soufflant dans l’espace des habitations. Au bout d’un moment, l’animal s’immobilisa. De fines oreilles velues, des yeux vert-or dilatés, le museau tiré vers l’avant plaquant ses babines contre son museau, derrière, sa longue queue couchée au sol, le corps maigre tout entier tendu comme un arc, tous les sens du félin sont alertes. Il est difficile de dire quoi de lui ou de son ombre, est élancé ; tout de son allure et de sa grâce rappelle le terrible Anubis, dieu et justicier de la mort. Après avoir longtemps examiné le dormeur, le chat sauta d’un bond sur un vieux tonneau cabossé qu’il fit tomber. Celui-ci se mit aussitôt à rouler en contrebas, s’éloignant, sursautant dans un long vacarme, amplifié dans le silence profond de la nuit. D’un autre bond, qui peut sembler impossible pour ce décharné sur pattes, le chat atteignit le sommet du kiosque. Il se retourna, observa un instant ses alentours, comme pour vérifier ce qu’a fait ce qu’il a fait, puis s’évanouit aussitôt dans le décor. Georges, piqué par le bruit, se départit très vite de sa torpeur ; dans un rapide effort, il hissa sa vieille carcasse contre le mur. Tout haletant, il examine fixement ses alentours. Ses yeux encore enflés par le réveil contraint jettent des regards vifs et alarmés. Il glisse doucement la main sur les côtés et agrippe rapidement de ses doigts le bout de tuyau métallique qui se trouvait là. Il continue encore un instant à promener nerveusement son regard comme un phare en pleine tempête. Ses yeux cherchent et cherchent, mais nulle part n’est visible celui qu’il veut voir. Une fois le décor et ses composants évalués, une fois de sa stupeur délivré, il relâche doucement son étreinte. Le tuyau tomba et s’éloigna à son tour.
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