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QUELQUES FEMMES AUTOUR DE TOI

De
257 pages
Quelles femmes comptent le plus dans une vie d'homme ? La mère tendrement chérie, qui lui préférera toujours sa première-née ? La sœur aînée, à qui la préférence maternelle donne le froid dédain des orgueilleux ? L'épouse, choisie sur un coup de sensualité, experte aux tortures de la jalousie ? La fille, distante et secrète parce qu'il a fallu renoncer à elle dès l'aube de sa vie ? L'amoureuse, l'étrangère, sorte de " princesse lointaine ", si bien gardée, si fidèlement aimée ?
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Quelques femmes autour de toi

@

L'Harmattan,

2001

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harm attan, Inc. 55, rue Saint-Jacques, Montréal Canada H2Y 1K9 (Qc)

L'Harmattan, Italia s.r.l. Via Bava 37 10124 Torino L'Harmattan, Hongrie Hargita u.. 3
1026 Budapest

ISBN: 2-7475-0549-9

Raymonde

GILLET

Quelques femmes autour de toi

rotnan

L' Hartnattan

La nouve lie «( es ye ux d'A Iba) lu ten 1988 L une des six oeuvres lauréates de la revue [VW AJ à La Chaux-de-Fonds (Suisse)

J'assure

de ma plus

vive gratitude

Pierre Mertens) qui m'a chaleureusement encouragée à écrire ce livre. Christian Libens) qui m'a rendu confiance dans la quête d'un éditeur.

A 5 eyfi

PREMIERE

PARTIE

DÉSERT

CHAPITRE 1 INSOMNIE

Est-ce encore la nuit? La pleine lune éblouit ta fenêtre et les bruits laborieux ne s'arrêtent jamais vraiment dans ce Sirkeci nocturne, cœur de la vieille ville d'Istanbul: glissement des taxis, préparatifs du boulanger, et bientôt tintamarre des bouteilles d'eau de source à chaque tressautement de leur charrette sur les gros pavés des trottoirs. Bientôt le muezzin, dans la petite mosquée du coin, recevra l'écho de vingt autres sur toutes les collines alentour, bientôt la sirène du premier ferry retentira, si proche, si grave, si triste... Encore une nuit blanche passée les yeux au plafond, à regarder se dissiper les volutes âcres de chaque cigarette. Tu y cherches un sens, un message secret, une prédiction peut-être. Mais l'avenir t'apparaît si vide et si morne que les souvenirs s'imposent. Et pas une Schéhérazade pour orner d'anecdotes et de fleurs de rhétorique ces récits que tu te fais à toi-même. Inlassablement, tu recomposes et retouches chaque tableau de ton passé, y cherchant la faille, le moment fatal où quelqu'un a commis une erreur dont tu paies

les conséquences. A moins que l'erreur ne soit tienne? * * *

Chaque jour plus nombreuses, des bulles de conscience te séparent de ce tiède océan dont tu es issu. Autre est la main fine qui te caresse la tête, autre le sein pâle au subtil arôme de cannelle, source de toute volupté, autre la voix qui fredonne pour t'endormir. Cette voix nomme pour toi toute chose et te nomme souvent: «Mehmet ». Cette main pour toi ordonne le monde et dispense le plaisir du bain. Dans la perfection de ton univers rayonne cet astre nommé « Maman ». Une puissance plus sombre à la voix plus grave lui est associée: elle règne de loin sur vous, presque intangible. Chaque jour des fenêtres s'ouvrent dans ton petit esprit embrumé. Ton univers se peuple de couleurs et de sons, les saveurs se diversifient et chaque objet, chaque être possède un nom. Ton trésor de mots s'accroît chaque jour comme un royaume de conquérant car nommer, c'est posséder. En disant: « Maman », tu t'appropries un regard, si bref soit-il, un baiser ou une petite tape amusée. «Papa» est beaucoup plus aléatoire: il peut te valoir un « oui» sur diverses intonations, ou parfois rien du tout. Tu ne te 14

risques pas souvent à cette loterie. Un troisième être partage votre vie, sorte de satellite de l'astre. Elle a penché sur ton berceau son mince visage au regard sur toutes les notes de brun et fait sonner ton prénom la gamme.

- Dis: « AbIa ». Ton silence répond: «Je sais bien que ce n'est pas son nom. Vous l'appelez Sevim. Les grands-parents, les oncles et tantes, tous les voisins, tous les amis l'appellent Sevim. Pourquoi seul n'ai-je pas accès à ce joli prénom? » Toutes tes tentatives en ce sens ont eu pour résultat de sévères « Non! » ; la gifle ou la fessée ne sont pas loin. - Dis: « AbIa ». Forteresse du silence. Tout petit garçon tu apprends à t'asseoir derrière ces murs de gélatine transparente où s'enfoncent dérisoires les armes les plus aiguës. Te demandent-ils un mensonge, une mascarade? Non. «AbIa» marque ta sujétion à ta grande sœur. C'est l'usage. Les enfants n'ont pas droit au prénom de leurs aînés. Appelles-tu tes parents par leur prénom? Tu rencontres le regard glacial de ta mère et capitules sans condition: «AbIa ». Puis tu veux appuyer la tête au creux de son épaule et ta main cherche le sein consolateur; une tape sèche repousse ta main quêteuse: tu n'es plus un bébé maintenant. 15

- Mehmet! Sors de l'eau! Tu t'ébroues longuement encore, regardant ruisseler les gouttes le long de ton corps. A travers tes cils irisés, tu vois le sourire de ta grand-mère qui prépare une serviette éponge bien moelleuse pour t'en frictionner. - Canard, dit-elle tendrement.
Tu rentres avec AbIa de vos jeux au grand air et vos éclats de rire retentissent dans la petite cuisine où finit de cuire le repas. Une fois assis, vous affichez une mine sérieuse que démentent vos yeux espiègles. C'est que le père est rentré de son travail de forestier. Ses grandes mains dures posées à plat de chaque côté de Les l'assiette vous rappellent aux bonnes enfants ne parlent pas à table. manières.

Une chape de tristesse est tombée sur le pays. Toute la Turquie est en deuil. Petit garçon de six ans, tu vois partout de grands portraits barrés de noir. On te dit que le Père de la Patrie, Atatürk, vient de mourir. Dans toutes les maisons, tous les restaurants, tous les magasins, tous les hôtels, tu ne cesseras plus jamais de voir

ces yeux gris sous leurs sourcils broussailleux.

Tu marches tout raide dans ton costume neuf, les jambes légèrement écartées, en t'efforçant d'imposer une expression virile à ton visage un peu crispé par la 16

douleur. Tu es un homme, chacun te le répète en te félicitant. Accroché à la main de ta mère, tu marches tout raide vers la pâtisserie où tu vas te gaver de baklavas et de «nids de rossignol» pour fêter ta circoncision. AbIa marche un peu en retrait, seule, les mains dans les poches, le visage maussade. Aujourd'hui c'est toi le centre de l'attention générale et tous les cadeaux sont pour toi. Mademoiselle Bilgin a une nouvelle robe. Un grand col blanc tranche nettement sur l'étoffe bleu marine. C'est bien une robe de professeur, sobre et stricte, mais elle la porte avec chic. - Mehmet, what do you know about California? Surtout, ne pas hésiter, ne pas bredouiller, ne pas sourire niaisement comme la semaine dernière, ne pas tout déballer comme un perroquet qui a appris sa leçon par cœur. Tu te lèves (pas trop vite, pas trop nonchalamment, pas au garde-à- vous comme un soldat au rapport) et fais part de tes connaissances nombreuses et variées sur le climat et le paysage californiens, sans oublier Hollywood et la culture des orangers. Sourire approbateur. Une demi-seconde de réflexion pour la note. - Very well, Mehmet, sit down. Le visage écarlate, - Bon Dieu, qui connaîtrait un truc pour s'empêcher de rougir? - tu contemples mine de rien le profll de Mademoiselle Bilgin qui interroge 17

maintenant Nuriye, de l'autre côté de la classe. Une mèche de cheveux volette dans sa nuque, elle a la peau claire et de longs cils. C'est fou ce que tu fais comme progrès en anglais. Appuyée sur des coussins bariolés, la fille est propre, grasse et parfumée. Avec un commentaire ironique sur ta moustache naissante, elle t'assied d'abord sur ses genoux pour te dévisager. - C'est la première fois? Tu voudrais bien mentir, mais devant cet œil averti tu sens que ce serait aussi inutile que de prétendre réciter en classe une leçon non apprise. La fille est bonne fille: soucieuse de t'initier dans les règles, elle te guide, t'encourage, te corrige et te félicite. Pour un peu, elle te donnerait un bon point à la sortie. Te voilà dégoûté à tout jamais des putains. Ce serait cela l'amour? Pas plus romantique qu'une séance chez le dentiste ou le garagiste, juste une technique à apprendre? Et toi qui as toujours eu horreur de boire au verre d'un autre...
Dans la grande maison, depuis la mort de ton père,

la vie s'est mise plus encore au féminin. Rondes silhouettes de tantes, voix piaillantes de cousines, gestes précis de ta mère mettent autour de toi la richesse de la diversité. D'AbIa tu retiens silence un peu méprisant, et cette irritante surtout le assurance

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que lui donne l'absolue dévotion maternelle. Tu regrettes la grand-mère qui t'idolâtrait pareillement, celle qui dans ta petite enfance jouait à écraser dans tes cheveux des poux imaginaires, te couvrait de baisers, te roulait sur ses genoux. Mais ton statut d'unique jeune mâle de la maisonnée te donne malgré tout quelques avantages. On se battrait presque pour repasser tes pantalons et tu ne manques jamais de gâteries alimentaires. N'es-tu pas le seul jeune homme sur qui puissent compter toutes ces oiselles pour les emmener au bal ou au cinéma? Tu ne seras jamais officier de Marine... Ce blessé au visage tuméfié que l'on emmène, c'est ton copain Murat, pour qui Necdet et toi avez naguère intercédé auprès des professeurs. Mais ici, à Heybeli, la ficelle sur sa manche lui est aussitôt montée à la tête: il t'a vertement apostrophé parce que tu ne l'avais pas salué assez vite. Comme tu te reproches de l'avoir alors appelé «Abi », de lui avoir gentiment donné ce titre de frère aîné que paraissait lui mériter votre longue camaraderie scolaire! Méprisante, sa réplique a fusé: «Mon père a-t-il baisé ta mère, pour que tu m'appelles Abi ? » En une seconde, tu as été parcouru par une onde de rage vengeresse. Tu as cogné dur, les dents serrées, les yeux brûlants de haine. Tu as martelé le visage fielleux, en savourant le bruit mat des coups. Tu ne sens pas tes 19

propres meurtrissures, sauf la morsure au cœur causée par l'intolérable insulte: «Mon père a-t-il baisé ta mère... » Puis soudain la désolation t'envahit. Ton oncle t'avait solennellement averti: «La discipline de la Marine est trop dure pour toi. Tu ne tiendras pas le coup.» Comme dans un brouillard, tu envisages les issues possibles: prison militaire ou désertion. Inutile d'espérer ici les passe-droits que te valait naguère ton beau sourire: il ne s'agit plus d'une arrivée tardive, tu n'auras pas affaire au surveillant du lycée, tu risques davantage qu'une retenue ou un renvoi de trois jours. Pendant que Necdet s'entremet et que le médecin gagne du temps à coups de certificats, tu abandonnes déjà, en esprit, l'impeccable uniforme des « morceaux de sucre ». Personne au monde ne te dira impunément: « Mon père a-t-il baisé ta mère... ? » Tu ne seras jamais officier de Marine. Tu cours toute la journée, dilapidant ta vitalité avec une superbe insouciance, parcourant couloirs, escaliers, bureaux, comptoirs, dans le fracas des décollages et des atterrissages. Liasses de formulaires, listes, notes de service, factures, serrés contre ta poitrine, te donnent l'air important du rouage capital

de la Türhol. Tu fends les groupes de passagers avec
l'indifférence affichée d'un 20 homme d'affaires que

n'intéresse pas le médiocre troupeau humain. Des essaims d'hôtesses de l'air te frôlent, bien maquillées sous leurs calots, nettes dans de pimpants uniformes. Elles jacassent d'un air très renseigné, vaguement méprisantes pour les « rampants », laissant traîner des oeillades aguicheuses et des senteurs de parfums français. Les femmes ne feront-elles jamais que passer? Laquelle s'arrêtera pour toujours? AbIa est mariée. Jamais tu n'as vu rayonner ainsi le beau visage materneL D'orgueil, d'abord, car le mari est un jeune médecin à l'avenir prometteur. D'amour, surtout, comme toujours - quatre doigts pour Sevim, un doigt pour Mehmet. Rien n'a manqué: trousseau, fête et fleurs, pour la fille préférée qui fait un si brillant marIage. Mais très vite, presque aussi vite que les fleurs de la fête, tu vois se faner la joie de ce visage. Regards lointains, soupirs appuyés soulignent la nostalgie de la mère dépossédée. Ses mots se font rares, son appétit insignifiant. Elle vit de plus en plus à l'heure d'Ankara, supputant ce que peut faire, dire et ressentir à chaque moment son enfant chérie. Désarmé, tu sens venir, sans pouvoir t'y opposer, la décision irrévocable. Comment Sevim arriverait-elle seule à bien tenir sa maison, faire face à tant d'obligations nouvelles, élever bientôt ses enfants? Sevim a de sa mère un impérieux besoin: elle ira donc la rejoindre. C'est rapide et 21

soudain comme une fuite, cette course passionnée, impétueuse, pour reformer le microcosme hermétique dont une moitié comprend l'autre à demi-mot. Sevim, miroir magique de la réussite et du bonheur, aimant enchanté qui attire dans la capitale sa fidèle adoratrice, n'a pas eu besoin de demander. Comme un ivrogne, comme un drogué, comme une maîtresse abandonnée, comme le croyant marchant vers La Mecque ou le berger vers la source, ta mère s'échappe un beau jour pour Ankara, emportant tous les biens terrestres que peuvent contenir deux valises. Et moi, mère, et moi? Tu as vingt ans et te voilà presque orphelin. Seul, pourquoi? Seul, comment? Cette blessure-là, qui la pansera jamais? AbIa vient de te voler le soleil. - Voulez-vous coucher avec moi? Peut-on mal comprendre une phrase aussi simple? C'est une touriste yougoslave qui te l'adresse, du trottoir d'en face, comme si elle t'offrait de partager un Coca-Cola. Tu souris poliment, ébauches un geste évasif et réponds: « Non, vraiment. » Encore une qui a dû lire trop d'intrigues de harem. Maintenant que tu gères un hôtel de Sirkeci, tu as quelquefois affaire à ce type de touristes libérées qui voient dans le Turc l'amant sauvage et superpuissant destiné à leur apporter l'expérience érotico-exotique de 22

leur vie. C'est à peine si elles ne se baladent pas avec, en poche, un mètre ruban et un chronomètre. Et si elles se mettent à t'interpeller en pleine rue... A vingt-six ans, tu es le plus serviable des amis et le plus attentionné des cavaliers, celui à qui toute mère peut confier sa fille pour un bal ou une promenade. Toujours vêtu de clair, inflexible sur le pli du pantalon, tu portes des souliers faits sur mesure. Tu coiffes en brosse ton abondante chevelure brune et ta moustache est impeccablement taillée. Les yeux de sombre velours sous les épais sourcils font le reste. Tu aimes te comporter en grand seigneur, multipliant invitations, cadeaux, envois de fleurs. Tu apprécies l'élégant geste de remerciement - main portée au cœur, à la bouche et au front, légère inclinaison de tête - que t'adresse, à travers une salle bondée, l'ami à qui tu fais tenir une bonne bouteille ou une corbeille de fruits. La vie est pleine et riche, légère et insouciante. C'est alors que d'Ankara commencent à te parvenir par lettres de transparentes allusions aux qualités et à la fortune d'une parfaite inconnue. Te voilà de mauvaise humeur: la famille a décidé de te marier suivant les vieilles coutumes; ta mère, toujours éblouie par le beau mariage de son aînée, voudrait doubler cette réussite aux dépens de ton indépendance! Tu récapitules avec rancoeur toutes les fois où tu l'as 23

entendue dire: «Sevim, au mOIns...» La perfection d'AbIa comparée à tes limites, ces regards d'adoration pour sa fille, le mari de sa fille, la maison de sa fille, la réussite sociale de sa fille... Elle n'accorde à ta propre réussite qu'une attention plutôt distraite, comme on pourrait le faire pour l'échafaudage de cubes qu'un gamin prend pour une maison. Quand donc seras-tu vraiment quelqu'un pour elle, une personne à part entière, un adulte avec qui on peut discuter d'égal à égal? Faut-il pour cela abdiquer ta liberté aux mains de Mademoiselle Crésus? Toi, un garçon moderne, américanisé, vas-tu subir ce complot des vieilles femmes? Très réussie, cette soirée de Nouvel An. Le bar est bien garni, la décoration colorée, l'orchestre vaut le déplacement. La robe rouge de Zeynep, ta presque voisine, moule ses formes: elle est plutôt petite et potelée; toi, mince et élancé. Vous formez un couple un peu disparate, mais il est agréable de serrer contre toi ce petit corps dodu. Verre après verre, danse après danse, cela devient de plus en plus agréable, séduisant même... troublant, en fin de compte. Quand les lumières se tamisent, tu risques une caresse plus appuyée, un baiser ou deux. Elle répond parfaitement, la sainte Nitouche, tu jurerais même qu'elle te devance parfois - n'est-elle pas de deux ans ton aînée? Après tout, c'est fête, elle pourra toujours dire que tu l'as fait 24

boire, qu'elle a perdu la tête... Minuit sonne, c'est le moment de l'embrasser vraiment: un très long baiser, très insistant, qui souhaite bien plus qu'une bonne année. Elle a les yeux brillants, les joues rouges, les lèvres gonflées; sous la robe de satin rouge, les seins se gonflent aussi, tout son corps palpite entre tes bras, elle est à ta merci. Tu n'iras pas plus loin, bien sûr: tu es le parfait cavalier, le modèle des chevaliers servants, la bénédiction des mères de famille. Tu vas la reconduire à sa porte, en toute correction, et lui renouveler tes voeux. Au moment où tu te penches pour le baiser d'adieu - tu l'as vu faire cent fois dans les f1lms américains - tu rencontres le regard noyé de Zeynep dans son visage en feu: « Epouse-moi, Mehmet... » C'est comme une illumination. Au lieu du devoir sévère à goût de billets de banque, une fête des sens perpétuelle, un grand duo des corps... Sa famille n'est pas riche, qu'importe, tu as pris un départ fulgurant, tu feras beaucoup d'argent, et puis qui se soucie de la fortune? Un petit appartement pour deux, les soirées en tête-à-tête, les amis que l'on reçoit autour d'un bon repas, puis des enfants, une famille, toute une vie... L'enthousiasme vous saisit tous deux en ce matin du 1er janvier. La neige est dans l'air, et tu regardes monter en brouillard ton haleine enivrée d'alcool et de baisers.

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