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Quelques nouvelles du port

De
226 pages
L'auteur ressuscite ici avec bonheur un style littéraire tombé en désuétude depuis Pagnol : celui d'une littérature populaire à l'accent provençal, par une évocation de personnages contemporains vivant en bord de mer et cultivant un lien fort avec celle-ci. Ce recueil de nouvelles dépeint ainsi l'humanisme de gens de mer ordinaires à travers la relation d'histoires drôles, singulières, émouvantes parfois, ponctuant la vie de membres d'une société nautique des bords de la rade de Toulon.
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stLJle lîĠƌaîƌe toŵďĠ eŶ dĠsuĠtude depuîs PagŶol : Đeluî d’uŶe lîĠƌatuƌe populaîƌe à l’aĐĐeŶt pƌoveŶçal, paƌ uŶe ĠvoĐaïoŶ de peƌsoŶŶages ĐoŶteŵpoƌaîŶs vîvaŶt eŶ ďoƌd de ŵeƌ et ĐulïvaŶt uŶ lîeŶ foƌt aveĐ Đelle-Đî, saŶs pouƌ autaŶt ĐoŶsïtueƌ des tġtes d’aiĐhe du ŵoŶde ŵaƌîïŵe. Cee ĠĐƌîtuƌe, suďïle daŶs l’oďseƌvaïoŶ des ĐaƌaĐtğƌes, dĠpeîŶt aîŶsî l’huŵaŶîsŵe de geŶs de ŵeƌ oƌdîŶaîƌes à tƌaveƌs la ƌelaïoŶ d’hîstoîƌes dƌôles, sîŶgulîğƌes, ĠŵouvaŶtes paƌfoîs, poŶĐtuaŶt la vîe de ŵeŵďƌes d’uŶe soĐîĠtĠ ŶauïƋue des ďoƌds de la ƌade de TouloŶ. Sous Đee pluŵe ƌevît doŶĐ uŶe lîĠƌatuƌe aîŵaďle au seîŶ de laƋuelle les uƌďaŶîtĠs se teîŶteŶt d’aŵîïĠs foƌtes, au-delà de la Đouleuƌ jauŶe paîlle du pasïsse et du ďleu îŶdîgo de la MĠdîteƌƌaŶĠe paƌ teŵps de ŵîstƌal, aposïllaŶt aîŶsî uŶ ĐoŶtƌepoîŶt paîsîďle à Ŷos vîes uƌďaîŶes edžaĐeƌďĠes.
, aŶĐîeŶ dîploŵate, s’est ƌeïƌĠ suƌ les ďoƌds de la MĠdîteƌƌaŶĠe apƌğs avoîƌ vĠĐu de Ŷoŵďƌeuses aŶŶĠes daŶs dîFĠƌeŶts paLJs d’AfƌîƋue et de l’OĐĠaŶ IŶdîeŶ, au PƌoĐhe-OƌîeŶt et eŶ Asîe du Sud-Est. Il Ŷous lîvƌe îĐî uŶe appƌoĐhe oƌîgîŶale du ƌĠĐît ŵaƌîïŵe : poîŶt eŶ eFet de gƌaŶde Đouƌse oĐĠaŶîƋue à la voîle ou d’ĠpopĠe ŵaƌîïŵe hîstoƌîƋue, ŵaîs plutôt uŶe peîŶtuƌe huŵaŶîste de geŶs de ŵeƌ au seîŶ desƋuels doŵîŶeŶt l’espƌît pƌaïƋue et le ďoŶ seŶs, ĐaƌaĐtĠƌîsïƋues Ƌuî peƌŵeTeŶt au leĐteuƌ de s’îdeŶïieƌ faĐîleŵeŶt audž peƌsoŶŶages de ĐeTe ĐoŵŵuŶautĠ aussî sîŶgulîğƌe Ƌue plaîsaŶte à vîvƌe.
ISBN : ϵϳϴ-Ϯ-ϯϰϯ-ϭϭϭϯϵ-ϭ ϮϬ,ϱϬ
Henri Mahé
Quelques nouvelles du port Nouvelles
Quelques nouvelles du port
Écritures Collection fondée par Maguy Albet Chatillon (Pierre),La danse de l’aube, 2017. Gontard (Marc),Fractales, 2017. Pisetta (Jean-Pierre),Hostilités, 2016. Toubiana (Line) et Point (Marie-Christine),De porte en porte. Histoires parisiennes, 2016. Pain (Laurence),Selon Gabrielle, 2016. Seigneur (Pauline),Augusta mouille-cailloux, 2016. Berkani (Derri),Les couveuses, 2016. Gaspin (René),Froideterre. Le roman d’un poilu, 2016. Galluzzo (Rosine),Toutes les larmes de mon corps, 2016. Rouet (Alain),Les incivilités du trapèze volant, 2016. Tanguy Taddonio (Anne),Le mariage, 2016. Le Boiteux (François),Le rêve grec, 2016. Sabourin (Jean-François),Le long chemin de l’exode. L’histoire d’un homme libre, 2016. Payet (Sylvie),À fleur de peau, 2016. e Bensimon (Jean),Le Hors-venu. Contes brefsédition,, 2 2016. * ** Ces quinze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Henri Mahé Quelques nouvelles du port Nouvelles
Du même auteur Grand bonheur … chez les pécheurs de la rade, Géhess, 2009.La varangue, Les 2 encres, 2009 – mention spéciale du grand prix des océans indien et pacifique 2010 – association des écrivains de langue française. Grand bonheur… et le destin !, Géhess, 2011. Le certificat, L’Harmattan, 2015. © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11139-1 EAN : 9782343111391
INTRODUCTION
Autant affranchir tout de suite le lecteur pour le placer d’emblée dans de bonnes dispositions à mon égard, et pour ne pas entretenir jusqu’à la fin du récit un insoutenable suspense : « Grand Bonheur » est le nom de mon bateau. L’idée m’en était venue après de nombreuses semaines d’intenses cogitations d’ordre maritime, spirituel, poétique, et de non moins nombreuses années antérieures à déambuler dans les ports de plaisance de la région et d’ailleurs ! Bien longtemps avant de posséder mon bateau, je fus en effet un de ces « lécheurs de pontons », comme les avait gentiment observés Didier Decoin, dans ses chroniques maritimes. Oh ! Pas à la manière de ces touristes en sandales déambulant sur le port une glace à la main et le bob sur la tête, sans même voir les bateaux qu’ils donnent pourtant l’impression de regarder ! Non, plutôt à la manière de ces hommes amputés de quelque chose (un peu de cœur, un peu d’âme, un peu de vivant, un peu de liberté…) et qui arpentent assidûment ces pontons au petit matin avant les heures d’appareillage, ou le soir, les bateaux revenus au mouillage, à la recherche plus ou moins consciente d’un morceau de soi, ou de sa vie, qui manque…
Cet état de quête déambulatoire constitue une première étape essentielle dans le façonnage du futur navigateur : à l’inverse des promenades simplement contemplatives, le regard est aigu : il détaille les bateaux rencontrés, les
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formes de coque, les plans de pont, les équipements de navigation, il soupèse les qualités de manœuvre de telle coque, subodore ses qualités marines, le confort à bord, la protection par mauvais temps, etc. jusqu’au moment où une malencontreuse évocation du prix d’achat ruine les efforts d’une intense réflexion ! La quête est ainsi épuisante, et, le soir et le calme venus, l’observateur attentif voit souvent alorsce lécheur de pontonses guider pas vers le bout de la jetée face à la mer : il l’enveloppe du regard, évalue la force de la houle qui vient se briser sur les rochers, et se demande, avec une petite boule au ventre, s’il sera assez bon, s’il sera assez fort pour l’affronter… et y naviguer …
La deuxième étape essentielle démarre avec l’acquisition du bateau tant espéré : la quête prend alors une tournure beaucoup plus tangible, beaucoup plus concrète : plus question alors de se défiler, le bateau est là, il faut sortir en mer ! Et appareiller un beau matin, dans les lueurs naissantes de l’aube, dans le silence et dans les lumières du port et de la ville encore endormis, franchir les passes et sentir le bateau qui commence à saluer la houle, augmenter peu à peu les gaz dans la lumière naissante et tracer sa route…
Pas de feux rouges, pas de coups de klaxon énervés, pas de radars cachés, pas de foule oppressante, rien du tumulte agressif de la ville… le silence et l’immensité devant soi… l’apprentissage d’un autre monde, la météo marine à apprivoiser, la radio et son langage maritime, lien ténu mais bien réel des gens de mer, les cargos qu’on
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croise, les pêcheurs au travail… Les tourments de la quête laborieuse s’effacent devant cette forme de plénitude ressentie en mer, lorsque le bateau taille correctement sa route, que l’on se sent pleinement responsable de lui et de soi-même… et le marin se construit peu à peu.
C’est ainsi que je me suis retrouvé un beau matin d’octobre au bord de la rade de Toulon, mon bateau posé à côté de moi sur son ber, l’étrave fièrement pointée vers la mer, à l’image de la sculpture du génie de la mer ornant le carré d’honneur du port, un doigt arrogant tendu vers le large, vous savez bien, cette statue aux fesses rebondies que les toulonnais ont affectueusement surnommée Cul vers ville, par analogie à la nomination de l’amiral de Cuverville comme chef de l’escadre de la ème méditerranée à la fin du 19 siècle !!
Je sentais l’impatience du bateau, au moins aussi grande que la mienne, d’aller ourler d’écume son étrave bien défendue, alors qu’il venait d’être baptisé « Grand Bonheur » ! Son nom s’était peu à peu imposé à moi à la lumière d’un souvenir, et après d’innombrables après-midi à parcourir les pontons en détaillant les noms des navires.
A l’inverse du nom dont les propriétaires affublaient leurs maisons dans les quartiers résidentiels, et qui usaient pour l’essentiel souvent du thème récurrent de la retraite, du repos bien mérité et du jardin associé - « Mon refuge », « villa Mon repos », « les myosotis », etc. - les noms de bateaux traduisaient une recherche poétique beaucoup
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