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Recueil de contes vili

De
109 pages
Les contes de ce recueil ont un fond culturel vili (sud-ouest du Congo) et traitent de la totalité des thèmes qui résument la vie de cette société. Ils dévoilent tout ce qu'on ne dit pas, ce que l'on dissimule aux autres, ce que la pudeur arrête sur les lèvres. En proposant une approche des parcours symboliques, ce livre invite chacun à découvrir le sens profond des contes et à les comprendre au second degré.
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Aimée Noëlle
Aimée Noëlle G Recueil de contes vili Analyse des parcours iguratîfs et symbolîques
Recueil de contes vili
Aimée Noëlle GOMAS
Recueil de contes vili Avec une analyse des parcours figuratifs symboliques
© L’Harmattan, 20175-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr ISBN : 978-2-343-12408-7 EAN : 9782343124087
INTRODUCTION
Le conte n’est plus un genre à définir ou à présenter dans toute l’Afrique dans la mesure où, d’abord, en tant que genre littéraire, de nombreux chercheurs ont déjà balisé ce champ d’études ; ensuite parce que tous, le revendiquent comme patrimoine commun. Ce matériau souvent négligé est utile tant pour éduquer, distraire que pour amuser.
Véritable miroir, les contes traitent de la totalité des thèmes qui résument la vie de la société. Collectés dans la région du Kouilou, peuplée essentiellement de vili, les 1 contes de ce recueil ont évidemment un fond culturelvili; ces contes donc, transcrits dans un premier temps en langue vili et traduits dans un deuxième en Français, constituent la substance utile de ce recueil. Cependant, 2 dans la mesure où «le conte peut trahir le latent », tout ce qu’on cache, qu’on dissimule aux autres et même tout ce qu’on ne dit pas que la pudeur arrête sur les lèvres, peut être dit dans un conte ; c’est pourquoi, pour chaque conte du corpus, nous proposons une approche des parcours figuratifs symboliques pour montrer leur profondeur et combien ceux-ci sont aussi riches de sens et de symboles. Des symboles, J. CAUVIN précise que «c’est le jeu de la 3 dénotation première et de la dénotation seconde… » Dans le parcours figuratif symbolique, nous analysons des éléments que nous aurons au préalable choisis et qui représentent «des éléments symboliques susceptibles 1  Vili : peuple du sud-ouest du Congo-Brazzaville (cf. région du Kouilou). 2 Sévérin ABEGA, Contes d’Initiation Sévérin, Yaoundé, Édition Clé, 1995, p.4. 3  Jean CAUVIN, comprendre la parole traditionnelle, Issy-les-Moulineaux, les classiques africains, Editions Saint-Paul, 1980, p.3.
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4 d’engendrer des significations ponctuelles». Les parcours figuratifs symboliques font le lien entre le monde réel et le monde irréel.
La réalisation de ce travail a été possible grâce à la collaboration et l’ouverture des conteurs et sages du Kouilou qui ont accepté de nous faire découvrir les réalités culturelles de leur terroir. Puissent-ils, trouver ici, l’expression de notre gratitude.
4 TSALA-TSALA (J.P), la loi des pères absents, Thèse de Doctorat de e 3 cycle de psychologie, p. 36.
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N’LIAFU
Lobiti et sa femme vivaient dans un village ; ils avaient un fils. Lobiti était un homme paresseux qui passait ses journées à boire et à manger. Tous les matins, sa femme faisait la cuisine avant d’aller au champ. Malheureusement, quand elle rentrait le soir, elle ne trouvait rien, le mari mangeait toute la nourriture qu’il trouvait dans la cuisine. La femme décida un jour de servir son mari et de garder une part pour elle. La première fois, 5 elle prépara des pois qu’elle mit dans la mwambe . Le mari mangea sa part et ne s’étant pas rassasié, il fouilla la cuisine jusqu’y trouver quelque chose à manger. « Je sens une bonne odeur ; je sens une bonne odeur » disait-il. Il fouilla donc toute la cuisine et, dans un vieux panier, sous les marmites usées, il trouva le plat que sa femme avait caché. Il s’écria en disant : « Je vais me régaler ! ». Il mangea donc la part de nourriture réservée pour sa femme. Plus il mangeait, plus le plat devenait délicieux. Quand la nourriture fut finie, il entreprit de lécher la marmite : d’abord avec l’aide de ses doigts, puis de sa langue, ensuite, en enfonçant sa tête dans la marmite. Quand il voulut sortir la tête, il ne le put, car celle-ci coinçait. Il appela son fils et lui demanda de l’aider à se débarrasser de la marmite : 6 « Tchimbakala ! Viens m’aider ! Tchimanga, viens ! » disait-il car le fils s’appelait Tchimanga.
5 Mwambe : sauce jaune obtenue en pilant les noix palmistes. 6 Tchimbakala : Nom donné à tous les garçons, premiers-nés.
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