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RENAISSANCE - INTÉGRALE : LIVRES 1 À 3

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Les Terres bleues,
Une déesse exilée,
Les Sombres sont libérés,
Une quête de sang et de pouvoir.
Au royaume d'Albrys, Elinora de Lancret, jeune apothicaire, fait la connaissance d'un mystérieux chevalier aux pouvoirs magiques. Sans le savoir, cette rencontre inattendue mêlera son destin à celui des Chevaliers Nüthiliens de Sylion, et à leur quête pour retrouver le Trésor de la Grande Prophétie.
Entre langue des étoiles et de soufre, découvrez le combat des élus pour sauver les Terres bleues de l'emprise de Daar'Shah : la dame obscure.
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Faë Storm

 

 

RENAISSANCE

Livre 1

Les Enfants de Nüd

 

 

Publié chez Bookelis.

Copyright © 2016 - Faë Storm - Tous droits réservés.

Couverture :

Renaissance © 2016 -Faë Storm-Tous droits réservés.

Graphismes :©AtelierSommerland/©mozZz/©serov/©vladimirkolens/©watoson/©kevron2001/ ©mrcats/ ©agsandrew/©Kanea /dollar photo club

« Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivant du Code de la propriété intellectuelle. »

 

 

 

À mon père, qui m’apprit l’amour des mots,

À ma mère pour sa douceur.

 

 

 

« Au commencement était la Mère… »

Théo de Lancret : Jeune apprenti guérisseur, frère d’Elinora.

Amarius Belflamme: Ami et conseiller de la famille Lancret.

Brawain Aiglemont: Gouverneur d’Albrys.

Au royaume de Quatre Vents – Cité de Sylion

Les Nüthiliens

 

NüdElwëndüril: Déesse Mère des Nüthiliens.

Alannä : Fondatrice et prêtresse du culte Nüthilien à la première ère.

Narùm la Grande : Reine Nüthilienne et mère de Selysse.

Selysse la Brillante : Reine Nüthilienne à la seconde ère.

Inathïen Lorelëm : Chevalier Nüthilien – Maître des Mots.

Erak Frëamiht : Chevalier Nüthilien – Maître de Force.

Alahör Siëlhu : Chevalier Nüthilien et frère d’Inathïen – Maître d’Âme.

Nüalhian Elämäh : Chevalier Nüthilien – Maître de Vie.

Rukh : Petit dragon et Compagnon du mage Inathïen.

Lius : Conseiller et ami de la reine Selysse.

Elula : Maîtresse de la guide des Mages - mère d’Inathïen et d’Alahör.

Mélina : Favorite et confidente de la reine Selysse.

Cassandra : Servante aux cuisines Nüthiliennes.

Les Communs : terme désignant la caste des Nüthiliens ne possédant pas de pouvoirs magiques, ni de titres particuliers.

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Au royaume d’Ulthïen – Cité de Naelfër –

Les Elfes.

 

Aeranör Aendüril : Roi des Elfes à la première ère.

Maelianne Elwën : Reine des Elfes à la première ère.

KalïaElwëndüril: Princesse Elfique à la première ère.

Isrür Heranwë : Roi des Elfes à la seconde ère et père de la reine Nüthilienne, Selysse.

Arándil Heranwë : Prince des Elfes à la seconde ère – demi-frère de la reine Nüthilienne : Selysse.

Dame Lycia Naïl : Reine des Elfes à la seconde ère et mère du prince Arándil.

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Au village de Faërendïl

 

Anandiel : Devin-guerrisseur.

Elvin : Apprenti d’Anandiel.

 

Au royaume de Féerie :

Méliane la fée.

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Au royaume du Morrgaïch

Les Sombres

 

Daar’Shah : Dame Obscure – Reine des démons.

Nelrùth : Démon et conseiller de Daar’Shah.

Irisu : Prince des Sombres – Fils de Nelùrth et Daar’Shah.

Ananëfer : Prêtresse et sœur jumelle d’Irisu.

Liana : Favorite et servante d’Annaëfer.

Nybal : Espion et serviteur Sombre.

Hildar : Serviteur et valet de chambre auprès d’Irisu.

Zephr : Corbeau et compagnon d’Irisu.

Umia : Prêtresse initiée auprès d’Ananëfer.

Les Sirdars : Cavaliers- démons protecteurs du Morrgaïch.

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Au royaume de Saulrion

Cité d’Eslïr

 

Irain : Prince régent de Saulrion.

 

Au temple d’Uriendör

Bellöra : Grande Prêtresse de Nüd.

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Autres personnages :

Moalïth : Grand dragon de Terre – Père des Moalïths.

Luxius : Premier ancêtre des Moalïths.

Moroch : Guerrier sanguinaire de la caste Moalïth.

Alric : Prince Moalïth et fils de Moroch.

1-Rencontre

 

Les deux lunes opalines brillaient dans la nuit. Inathïen menait son cheval vers un cours d’eau, quand au détour d’un chemin il la vit pour la première fois : elle était assise au pied d’un chêne et rêvassait. Les boucles de ses cheveux retombaient en cascade dans son dos.

Intrigué, mais surtout captivé par cette vision, il attacha sa monture à un arbre, puis se tapit derrière un buisson. Il demeura immobile, le souffle court lorsqu’elle tourna la tête dans sa direction.

« Atas nëa » Un murmure, et il devint invisible.

Il l’observa avec attention : sa peau semblait aussi pâle que la sienne, et son cou gracile. Jamais il navait vu de plus belle humaine.

Tout à coup, un loup émergea d’un bosquet : imposante crinière blanche et yeux pailletés d’or.

La dame tendit la main vers lui.

Toujours invisible, le chevalier décida de se rapprocher.Il crut qu’elle l’avait démasqué, car son regard se perdit à travers lui.

Il l’observa jouer avec lanimal. Elle semblait si heureuse, mais son rire cristallin mourut sur ses lèvres lorsqu’elle sentit une blessure à travers ses poils. Il perçut une énergie, qui se répandait vers la bête.Elle examina la plaie :une croûte brunâtre s’était formée à la surface.

Le loup lui envoya une image mentale que le chevalier saisit aussitôt : un homme l’avait meurtri de sa dague. Elle tressaillit sous la vision.

« Pourritures qu’ils sont… te savoir à leur merci me cause tant de soucis… » 

La bête lui adressa un regard curieux tandis qu’elle s’emparait de son baluchon. Elle défit un paquet, et lui présenta deux beaux morceaux de viandes juteuses : le loup passa une langue gourmande sur ses babines. À peine, les avait-elle déposés qu’il s’empressa de les dévorer, manquant de lui croquer les doigts. Ils se tinrent un moment blottis l’un contre l’autre. Lui se délectait de sa tendresse pendant qu’elle profitait de sa chaleur. Le chevalier se secoua de sa rêverie.

 

Le retour au palais demeurait impératif, il s’était égaré dans sa contemplation, et se rappela l’urgence, qui l’attendait dans son royaume.Il se releva de sa cachette, pour reprendre son chemin.

Mais après quelques foulées, il décela un léger changement dans l’atmosphère : une tension, un rien électrique, comme une flammèche qui naissait. Quelque chose craqua, mais ce ne fut pas une brindille. Il fit volte-face, et vit l’inconnue qui se tordait de douleur. Son visage auparavant calme exprimait une souffrance indicible.Prise de violentes convulsions, ses muscles se contractaient ets’étiraient, déchirant ainsi le fin tissu de sa robe.Le souffle court, il contempla sa bouchequi devenait museau.Sous ses yeux ébahis, son corps entier se revêtit d’une épaisse fourrure, tandis que ses mains sornaient de griffes.

Sous la lueur des deux lunes, une étincelle sauvage brilla dans le regard de la nouvelle née : elle aussi était un animal, une louve blanche au hurlement mélodieux qui s’élevait dans la nuit.Hypnotisé par la beauté de la scène, le chevalier ne perçut pas le sifflement derrière lui.

Trop tard!

Quelque chose le percuta, et une douleur fulgurante le fit vaciller. Inathïen porta la main à son épaule : une flèche l’avait traversée.Il tituba en direction de son cheval, mais une seconde se planta dans son dos.

Du sang inonda sa tunique…

Un éclair jaillit dans les ténèbres, puis une voix tonna comme la foudre dans le ciel.

Il retomba inconscient.

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Le regard du vieillard se perdit dans le lointain. Il se retourna vers le feu, qui crépitait dans l’âtre. Dehors, les cris avaient cessé. Mais ce n’était qu’une trêve, il le savait.

Il prit place dans son fauteuil préféré, et bourra sa longue pipe de mélandria. La fumée répandit dans l’atmosphère, le parfum sucré de la fleur des rêves. Son esprit dériva tandis qu’il contemplait le chevalier qui reposait dans son lit. Il ne ressemblait pas à ceux quil avait rencontrés : de très haute stature, il possédait un corps robuste. Pourtant, à sa forcese mêlait une grande douceur. Ses longs cheveux revêtaient la couleur des flammes et sa peaurappelaitlalbâtre. De fait, il n’était pas humain, le symbole sur son poignet trahissait ses origines.

Il était temps d’agir. Le feu dans la cheminée illumina le profil sillonné de rides.Un éclat peu commun à la sénilité s’afficha dans le gris de son regard, lorsqu’il leva sa main au-dessus de l’inconnu :

« ÁrhaltÁir… »

Le visage du blessé se para d’une lumière bleutée qui s’estompa aussitôt. Les paupières remuèrent doucement : enfin, il ouvrit les yeux.

Ses pupilles reptiliennes sacclimatèrent tant bien que mal à la faible lueur. Il se sentait désorienté, et la tête lui tournait. Une odeur de légumes cuits lui rappela sa faim. Où se trouvait-il? Que s’était-il passé? Il tâta sa jambe à la recherche de sa dague : elle avait disparu.

« Est-ce cela que tu cherches? demanda le vieil homme en lui montrant son arme. Tu n’en auras pas besoin. Tu es en sécurité. »

Le chevalier tenta de se relever, mais fut contraint d’y renoncer, la plaie lancinante dans son épaule l’en empêchait.

« Qui es-tu? Depuis combien de temps suis-je ici? dit-il en grimaçant de douleur. »

Il se sentait faible, la gorge sèche et les bras sans vigueur.

« Je me nomme Amarius etje ne te veux aucun mal. Le poison sur les flèches était puissant. Tu as dormi une journée entière.

— Je te remercie de m’avoir soigné. Je suis en mission pour la reine Nüthilienne.

— Je sais ce que tu esMaître des Mots. »

Inathïen sourit. Rien n’échappait au vieil homme. Il accepta volontiers le bol de soupe que ce dernier lui tendait. La faim lui rongeait l’estomac.

« Tu as eu de la chance. D’ici quelques jours, tout cela ne sera qu’un mauvais souvenir.C’est un honneur pour moi d’avoir soigné l’un des Princes de la maison de Nüd,dit l’ancien en s’inclinant devant lui avec humilité.

Je t’en prie, tu n’as pas à montrer tant de révérence. Entre mages, nous pouvons nous comprendre, répondit Inathïen en reconnaissant le Sigil qui entourait son cou. »

Il voulut s’en saisir, mais Amarius le retint de son geste.

« Tu ne peux faire cela! »  Les yeux de l’ancien brillaient comme un défi.

« La Magie des sigils est rare chez les hommes. Pourquoi un tel symbole? »

En guise de réponse, son hôte lui tourna le dos, dévoilant une longue tresse de cheveux blancs.

Il se dirigea vers la fenêtre.

Dehors le ciel scintillait d’étoiles, la nuit semblait paisible et une chouette hululait. Il laissa retomber la tenture, son regard avait perdu de son étincelle.

« Tu es sain et sauf pour le moment, mais je parie qu’ils rôdent encore pour te trouver. »

Il semblait las. Un bref regard vers le chevalier et il s’activa à ranimer le feu dans l’âtre.

Inathïen mangea sans renoncer à ses questions. Ses blessures l’avaient épuisé : les flèches destinées au loup avaient eu raison de sa force, et il devait sa vie à Amarius. L’éclair qui déchira les ténèbres avait provoqué la fuite de l’ennemi. Son hôte avait usé de magie, il n’en doutait pas. Et un humain qui se servait d’enchantements n’était pas chose courante.

Depuis linvasion des Sombres à la seconde Ère, le Grand Art était très peu pratiqué en Albrys.

Les rares survivants qui osaient utiliser les Sorts vivaient cachés, sous peine de se retrouver prisonniers, torturés ou livrés au bûcher. La découverte du sigil avait attisé la curiosité du chevalier.

« Tu sais qui je suis, et tu as reconnu le signe… j’ai vu comment tu as réagi. Tu m’as soigné, alors que personne n’ose me toucher. Dis-moi vieil homme, pourquoi portes-tu ce talisman autour du cou? »

Quelques flammèches crépitèrent. Les lèvres crispées de l’ancien dessinèrent un sourire amer.

« Ce n’est qu’un souvenir… un souvenir de famille. »

Le chevalier soupira d’exaspération. L’ancien ne lui faisait pas confiance. Comme s’il avait lu dans ses pensées, il l’entendit lui dire :

« Pour l’heure, ce qui importe est le repos. »

Amarius sourit. Son protégé se révélait très perspicace. Il devait redoubler de prudence.

2- Les Quatre Vents

 

Dans la nuit froide résonnait un galop effréné : une silhouette sur un étalon noir. Après avoir quitté la maison de l’ancien, Inathïen avait fait escale au royaume de Saulrion pour se ravitailler, et transmettre la missive qui lui avait été confiée.Trente-cinq jours s’étaient écoulés. À présent, la plaine s’étendait à l’infini devant lui : ultime étape qui le séparait de la cité de Sylion. La neige tombait en abondance, et caressait sa cuirasse polie, tandis que la bourrasque dispersait des flocons immaculés autour de lui. Ses yeuxclignaient frénétiquement sous le casque de son armure.Et malgré la perfection de son accoutrement, ses reins le faisaient souffrir. Le métal accentuait la morsure du froid sur sa peau, et engourdissait ses mains parées de gantelets.

Après une chevauchée qui lui sembla interminable, il distingua enfin la citadelle au loin : elle se dressait fière sur les montagnes. Protégée par son dôme de lumière, elle était flanquée de hautes tours qui s’élevaient vers un ciel d’encre, et brillait tel un joyau aux reflets des deux lunes.

Par la grâce à Nüd… je suis arrivé! songea le chevalier en pressant sa monture.

À bride abattue, soulevant derrière lui de la poudre étoilée, il approchait de sa destination : le royaume des Quatre Vents.

Aux cimes de massifs enneigés contrastait une vallée fertile où le peuple des Nüthiliens prospérait. De nombreuses légendes planaient sur la citadelle de Sylion.

Certains racontaient qu’elle était le résultat d’un enchantement, d’autres prétendaient qu’elle avait été construite à mains nues. De fait, la forteresse constituait un mélange de deux histoires.

Le Pouvoir baignait dans la terre.À la première Ère, Nüd Elwënduril, première souverainedes Quatre Vents, coupla sa magie à celle de la montagne pour créer undôme de lumière, qui depuis des générations protège ses habitantsdu froid. La tradition de Sylion exigeait que la régence fût léguée de mère en fille. Ainsi, depuis cinq mille ans,Selysse, dernière descendante de Narùm la Grande, gouverne la cité. Tous ceux qui l’approchaient demeuraient tantintimidés par sa sévéritéque par sa beauté.

Inathïen distingua la silhouette de deux soldats, qui gardaient le pont-levis. Ils revêtaient le manteau au bleu royal.

Il tira sur les rênes, et mena Kaldor au trot : l’animal souffla, et renâcla tandis que le chevalier le gratifiait d’une caresse. Ils étaient tous les deux épuisés.

Un peu plus loin, dans une salle du château décorée de tapisseries chatoyantes :

Un rire tinta dans l’air.

Une couturière était occupée à délacerla reine de la somptueuse robe rouge qu’elle portait.

« C’est parfait, tu as bien travaillé!Tu seras récompensée, dit Selysse en appréciant le vêtement brodé de perles. »Elle congédia ses dames, et se dirigea vers son bain.

Enfin tranquille!

Elle déboucha un joli flacon de cristal et vida son contenu dans la baignoire. Un doux parfum de fleur envahit l’atmosphère tandis qu’elle plongeait son corps voluptueux dans l’eau. Selysse ferma les yeux et savoura cet instant de silence. Son esprit divagua au gré de ses pensées : les chevaliers…

Alahör…