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RENAISSANCE - LIVRE 2 : LIVRE 2 : 'NUEI IS MIUR'

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De retour au palais de Sylion, Inathïen Lorelëm remet à la reine un parchemin de l'Oracle.
Un poème désuet évoque la Prophétie d'un trésor, qui pourrait délivrer les Terres bleues de la domination de Daar'Shah et de ses sbires. Un secret est dévoilé et les alliances sont menacées.Le peuple Albrysois soutiendra-t-il la quête des royaumes ? Le chevalier reverra-t-il celle qui fait battre son cœur ? Découvrez la suite des aventures du chevalier Inathïen, entre passions et magies interdites.
Suivez sa quête pour sauver le monde des Terres bleues !
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Faë Storm

 

 

RENAISSANCE

« Nueï Is Miur »

 

 

Publié chez Bookelis

Copyright © 2015 Faë Storm - Tous droits réservés -

Couverture : Renaissance -Nueï Is Miur© 2015 -Faë Storm-Tous droits réservés.

Graphismes:©AtelierSommerland/©mozZz/©serov/©vladimirkolens/©watoson/©lightpoet/©mrcats/©PhotocreoBednarek/©kevron2001/©Creativemarc/©Chorazin/©SubbotinaAnna/ ©Štěpán Kápl/dollar photo club

« Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivant du Code de la propriété intellectuelle. »

1– LE BAISER

 

« Nous nous verrons demain au grand Conseil, avait déclaré la reine. »

Inathïen se dirigea vers ses quartiers, précédé par une jeune servante. Il se sentait épuisé par le voyage, mais soulagé d’avoir maintenu la barrière psychique assez longtemps, pour conserver son secret.

Le jeu de séduction que la souveraine avait déployé envers lui n’était pas anodin. Mais le souvenir grisant de l’effrontée lui donnait envie de tout oublier. La louve ne cessait de l’étonner. Elle possédait un regard franc qui visait au plus profond de son être.

Ils empruntèrent un escalier de marbre qui les mena aux étages supérieurs. Cette noble pierre aux couleurs variées provenait du pays d’Albrys et servait à orner l’intérieur du palais.

Inathïen qui avait grandi à Sylion s’émerveillait toujours devant ce chef-d’œuvre des maîtres-bâtisseurs : ils avaient utilisé la roche même de la montagne pour édifier ce qui allait devenir la citadelle. Au fur et à mesure des siècles, elle s’était développée pour la guerre avec des remparts immenses, fortifiés, d’une quarantaine de mètres.

La soubrette s’arrêta devant une porte décorée par l’entrelacement de deux dragons. Elle tourna la clé dans la serrure.

« Votre chambre, monseigneur, dit-elle en remarquant son air rêveur. »

Inathïen était perdu dans ses pensées.

« Parfait. Mais avant que tu ne t’en ailles, j’ai besoin de ton aide pour retirer mon équipement. »

Le chevalier referma la porte derrière lui. Les hautes fenêtres de la vaste chambre étaient décorées de tentures en velours bleu. Un grand lit à baldaquin trônait au centre de la pièce, tout près d’une commode. Au pied de la couche gisait un imposant coffre en bois. La cheminée massive, qui ornait le mur diffusait la chaleur d’un feu joyeux, et l’invitait au repos. Il ôta ses gantelets, puis d’un geste gracieux, il se débarrassa de sa cape. La servante s’apprêtait à le délester de son armure lorsqu’il la toisa d’un air curieux : ses longs cheveux châtains retombèrent devant ses yeux. Il les lui repoussa avec délicatesse puis de son index, il releva son menton.

Quel âge pouvait-elle avoir?

Il la contempla, silencieux, sondant les recoins de son esprit : une jeune femme sensible et… très forte. Cependant, elle le cachait bien.

Intéressant…

Il relâcha son visage :

« Pourquoi es-tu si nerveuse? demanda-t-il en feignant d’ignorer ce qu’il savait déjà.

— Je voulais m’assurer de ne pas commettre d’erreurs, bafouilla-t-elle en tirant sur les attaches du plastron.

— Il n’y a aucun mal à cela. Est-ce la première fois que tu retires une armure?

— Oui monseigneur, répondit-elle avec un sourire timide. »

Il l’aida à terminer sa tâche en se dégageant progressivement de sa cuirasse, qui était gravée des runes de guerre. Enfin, la servante lui ôta à grands efforts sa cotte de mailles. Quand il fut libéré de son étreinte d’argent, elle remarqua la tunique verte, faite de cuir et de laine qui moulait son torse et accentuait la couleur de ses longs cheveux. Il se retourna vers elle :

« Es-tu nouvelle au palais?

— Oui, je suis arrivée il y a quelques jours…

— Comment te nommes-tu? »

La jeune femme cligna des yeux nerveusement.

« Cassandra...

— Quelles tâches te sont assignées? demanda Inathïen en la scrutant avec attention.

— Mon travail consiste à aider aux cuisines, et à préparer les chambres, dit-elle avec une petite voix.

— Alors je comprends pourquoi tu ne possèdes pas d’expérience avec les armures! s’exclama le chevalier amusé. Ne crains rien, je ferai appel à quelqu’un d’autre la prochaine fois.

— Merci seigneur.

— Tu peux disposer à présent. »

Elle s’inclina puis quitta la chambre.

Inathïen s’empressa de se débarrasser de ses jambières, puis s’allongea sur son lit. Il se sentait à la fois heureux et soulagé de retrouver les siens, mais surtout d’avoir revu celle qu’il avait baptisée : la louve. Et maintenant, il connaissait enfin son nom :

Elinora…

Il sourit.

Mais que faisait-elle avec le vieil homme? Il se remémora chacun de ses pas vers le petit groupe : au loin, il avait aperçu le roux flamboyant d’une chevelure, puis au fur et à mesure qu’il s’était rapproché, la fine silhouette s’était superposée sur celle de son souvenir. Et celle qu’il avait contemplée possédait le plus adorable visage : une peau de porcelaine, de grands yeux gris mélancoliques et une bouche si bien ourlée qu’il eut soudain une terrible envie de l’embrasser. Elle portait une simple robe de lin bleue. En comparaison à sa stature, elle lui sembla si frêle et légère, comme les ondines qu’il connaissait. De grosses boucles cascadaient sur sa cape de laine. Ses compagnons s’étaient estompés de sa vision, il ne les distinguait plus…

Il ne voyait qu’elle : la belle humaine, au regard effarouché, dont l’exubérance égalait celle du guerrier, et la grâce d’une colombe.

Son effronterie à le dévisager l’avait amusé. N’importe quelle autre créature n’aurait jamais franchi cette limite, mais pas la louve. Elle l’avait toisé aussi surement que l’animal qui se tapissait au fond d’elle. Le gris insolent de ses prunelles reflétait le bleu du ciel, et sa bouche le faisait saliver…

Il ne regrettait pas de s’être révélé sous son véritable aspect. À présent, il voulait la connaitre et trouver coûte que coûte un moyen de l’amener à Sylion.

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Il s’était assoupi lorsqu’on frappa une nouvelle fois à sa porte :

« C’est ouvert! s’exclama le chevalier en secouant son esprit engourdi de sommeil. »

Ses trois amis entrèrent : ils affichaient un air festif, et brandissaient deux carafes de liqueur.

« Buvons mon frère, à ton retour! proposa Alahör, avec son large sourire.

— Rien de tel qu’un bon verre de Keorh pour se détendre! Ce voyage m’a semblé long! dit Inathïen en chassant sa lassitude. »

Il porta sa coupe contre la leur pour trinquer, et l’avala d’un trait.

« Tant de choses se sont passées depuis ton départ, dit Alahör.

— Ton retour était attendu depuis un moment, continua Nüalhian. »

Inathïen se dirigea vers l’une des fenêtres, il écarta le rideau : tout semblait calme, les soldats vaquaient à leurs occupations routinières. Le dôme de lumière scintillait sous le reflet des deux lunes : Nimar et Nirhar, les sœurs de la nuit, que les sages femmes vénéraient pour aider à la délivrance. Il se retourna vers ses amis :

« Pourquoi ce changement dans les ordres? Les gardes ont demandé à vérifier mon symbole... Mais que s’est-il passé pendant mon absence? »

Le regard de Nüalhian trahissait une tension :

« Nous avons frôlé le pire, l’ennemi a trouvé un moyen de s’introduire au palais. »

Ses compagnons n’avaient pas bougé, ils semblaient autant las que résignés.

« Mais comment? Personne d’autre que nous ne peut franchir le champ de lumière! s’exclama Inathïen.

— Alors tu possèdes la réponse à ta question, continua le chevalier aux cheveux d’ébène, d’une voix rauque.

— Que veux-tu dire? Comment cela? C’est impossible… »

Inathïen se refusait à accepter les faits. Il se tourna vers Erak.

« Quand l’as-tu vu? »

Nüalhian s’avança vers lui :

« Il y a trois lunes de cela, il est arrivé avec une monture semblable à la tienne. En fait, il te ressemblait comme un jumeau.

Nous avions cru à ton retour, mais j’ai commencé à en douter quand il a tenté de lui soutirer des informations. »

Sa voix ne suffit pas à le calmer.

Abasourdi, le mage soutint le regard d’Erak :

« Et tu as cru que c’était moi?

— Je n’aurai pas fait la différence! déclara ce dernier dépité.

— Si je n’étais pas intervenu, il aurait réussi à obtenir ce qu’il voulait de lui, confirma Alahör. Par la suite, il a tout fait pour nous éviter. Je l’ai surpris une nuit, dans sa chambre. Le reflet des deux lunes m’a aidé à le confondre. Je n’avais encore rien vu de tel. Il m’a regardé, a compris que je lisais en lui, et a sauté par la fenêtre.

— Un Sirdar… murmura le chevalier-mage.

— De quoi parles-tu? demanda Alahör.

— Il s’agit d’un Sirdar, confirma Inathïen. J’ai entendu des rumeurs au sujet de ces créatures quand je me trouvais en pays de Saulrion. Certains habitants disent qu’ils ne possèdent pas de visage. Ils s’en méfient comme de la pire maladie.

— Par Nüd! Ils goûteront de ma lame la prochaine fois! Nous ne pouvons risquer une autre infiltration! tonna Erak en tapant du poing sur la table.

— Nous avons enquêté auprès des domestiques, mais aucune piste ne confirme la présence d’un espion. Une chose est certaine, l’ennemi redouble de ruse, continua Nüalhian en vidant son deuxième verre.

— Je propose de nous rendre à Faërendïl, les devins pourront nous aider! déclara Inathïen en se resservant une nouvelle rasade de liqueur. »

Alahör demeurait anxieux. Ses yeux saphir tournés vers son frère :

« La reine ne leur fait pas confiance, et elle souhaitera connaitre votre avancée. Je ne pourrai lui mentir sur ce que vous préparez, l’étiquette m’en interdit.

— Dois-je te rappeler que le seigneur de Naelfër est un fidèle allié de Sylion? Les devins de Faërendïl accepteront de nous recevoir, je n’en doute pas.

— Mais nous ne pouvons prêter foi à leurs propos! s’exclama Alahör. »

Inathïen contrecarra la réponse de son frère d’une voix ferme.

« Tu as tort! Ils restent dévoués à la déesse voilée. Tu révéleras notre plan à la reine, lorsque je te le dirai! Je suis désolé, je ne suis pas comme toi… transparent. »

Alahör le soutint d’un regard plein de défi. Encore une fois, il enfreignait le code.

« Je ne te comprends vraiment pas. Comment peux-tu prendre leur parti? s’écria-t-il, dans un reproche.

— Les Elfes et leurs devins n’ont jamais failli à l’Alliance entre nos deux pays. Ils nous ont soutenus en temps de guerre, mais leurs principes diffèrent des nôtres, tu dois comprendre cela! rétorqua Inathïen.

— Paix Alahör, tu sais bien que ton frère ne prend pas une décision à la légère, intervint Nüalhian. »