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Résumé

Douce, effacée et timide, Clémentine mène une vie simple et tranquille, rythmée par ses trois passions : les livres, dont elle a fait son métier, les bracelets à breloques… et l’inconnu du métro pour lequel elle a eu un coup de foudre un matin de septembre.

Toujours le nez dans ses bouquins, Julien n’a jamais remarqué la jolie brune qui le dévisage, cachée derrière les pages de ses livres. Jusqu’à ce jour d’octobre, peu avant Halloween, où leurs regards se croisent enfin…

Alors que tout Paris se prépare à fêter Noël, Julien et Clémentine découvriront que l’amour peut surgir n’importe où. Même entre Pigalle et Ménilmontant.

De la même auteure
aux Éditions Laska

Parce que c’est toi



RENDEZ-VOUS À PIGALLE

Chloé Duval

Éditions Laska
Montréal, Québec
Courriel : info@romancefr.com

Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, personnages, lieux et incidents sont soit le fruit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés de manière fictive. Toute ressemblance avec des faits réels ou des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

Tous droits réservés
© Céline Thomas, 2014
Extraits de Parce que c’est toi © Céline Thomas, 2014.

Aucune reproduction ou transmission, totale ou partielle, n’est autorisée sans le consentement écrit préalable de la détentrice des droits et de l’éditeur.

Le téléchargement de cet ebook sur d’autres sites que ceux autorisés par l'éditeur ainsi que son partage au-delà du cadre strictement familial et privé est interdit et puni par la loi. Les Éditions Laska s’engagent à ne pas apposer de DRM ni d’autre mesure visant à restreindre l’utilisation de cet ebook par les personnes l’ayant dûment acquis.

Design de la couverture : Jeanne Corvellec
Photo de couverture © arthurhidden
Illustration dans le texte © Billy Frank Alexander Design

ISBN : 978-2-924395-82-0

Droits d’auteur

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Merci !

Parce que c’est toi (Chapitre 1)

L’auteure

Chapitre 1

Elle était en retard.

Elle était en retard, elle était en retard, elle était en retard.

Zut, zut et re-zut !

Accélérant le pas, Clémentine dépassa la mère et son fils de quelques années à peine qui lui bloquaient la route, aussi vite que le lui permettaient la citrouille qu’elle tenait dans ses bras et le sac rempli de toiles d’araignée qui pendouillait à son coude.

Alleeeeez ! Elle ne pouvait pas louper ce métro ! Elle ne voulait pas louper ce métro !

Au bout de ce qui lui sembla être une éternité, elle arriva en vue des escaliers, dans lesquels elle s’engouffra aussitôt, priant pour qu’il n’y ait personne aux tourniquets.

Ouf ! Personne.

Elle déposa à la hâte sa citrouille sur la machine, passa sa carte de métro, vérifia l’heure sur sa montre et, récupérant la courge, elle reprit sa course.

Il lui restait quatre minutes.

Le métro faisait son entrée en gare quand elle arriva sur le quai. Sans regarder autour d’elle, elle se précipita dans la rame et se laissa lourdement tomber sur le siège vide côté quai, remerciant le ciel et les fées d’avoir eu la chance d’attraper ce métro et d’avoir une place assise. Deux, même, se dit-elle en déposant la citrouille sur le siège voisin, encore inoccupé. Alors que le métro redémarrait, elle jeta un œil rapide à son reflet dans la vitre pour vérifier que sa course dans les rues de Paris n’avait pas eu de conséquences fâcheuses sur sa coiffure, arrangea une mèche ou deux, puis, soupirant de soulagement, sortit un bouquin de son sac et s’y plongea.

Ou du moins, elle essaya. Mais son esprit était ailleurs.

Une station, deux stations.

À l’approche de la troisième, le cœur de Clémentine se mit à battre un peu plus vite, et lorsque le métro entra en gare, elle scruta anxieusement le quai à la recherche d’un visage. Son visage.

Elle le vit, et soudain, le monde disparut autour d’elle.

Il était là, le nez plongé dans un épais roman.

Un sourire aux lèvres, Clémentine le regarda monter dans la rame et jeter rapidement un œil autour de lui à la recherche d’un coin où s’installer avant de replonger aussitôt dans sa bulle, sans accorder un regard au monde qui l’entourait.

Dissimulée derrière les pages de son propre livre, Clémentine continua de l’observer discrètement, comme elle le faisait tous les matins depuis deux mois et quatre jours.

* * *

Tous les jours, comme des milliers d’autres Parisiens, Clémentine se mêlait au flot de passagers qui se rendaient au travail en métro. Depuis trois ans environ, elle travaillait pour une petite maison d’édition qui se spécialisait dans les littératures de l’imaginaire. À mi-chemin entre secrétaire et lectrice, elle aimait ce qu’elle y faisait, même si le salaire n’était pas extraordinaire, et elle n’aurait voulu changer d’emploi pour rien au monde. Et puis, expliquait-elle à quiconque lui posait la question, elle pouvait lire gratuitement toutes les publications de « sa » maison d’édition. Pour une lectrice compulsive comme elle, cela valait clairement son pesant de cookies ! Entre son travail et la bibliothèque, elle parvenait sans peine à satisfaire sa boulimie de livres.

Clémentine prenait le métro à la station Alexandre Dumas — un de ses auteurs préférés, le hasard n’aurait pas pu mieux faire —, sur la ligne 2, et changeait à Place de Clichy pour emprunter la ligne 13 jusqu’à Saint-Lazare. Là, selon son humeur et celle de la météo, elle prenait la ligne 9 jusqu’à Chaussée d’Antin-La Fayette ou parcourait à pied les quelques rues jusqu’à l’immeuble dans lequel se situait « sa » maison d’édition. Bien sûr, il existait un trajet beaucoup plus court pour s’y rendre. Et c’est même celui qu’elle empruntait le soir pour regagner ses pénates. Mais sur cet autre trajet, il n’y avait pas… lui. Son bel inconnu.

Elle l’avait remarqué par hasard un matin d’été, alors que la ligne de métro qu’elle prenait habituellement ne circulait pas en raison d’une panne quelconque. Il était monté à Ménilmontant et descendu à Pigalle. Neuf stations. Quinze minutes pendant lesquelles elle n’avait osé le dévisager franchement, se contentant de le regarder du coin de l’œil, par-dessus son livre ouvert. Le nez plongé dans un roman, il n’avait rien remarqué.

Le lendemain, Clémentine avait repris le même métro et s’était installée dans la même voiture, exactement à la même heure. Et il avait été là, au rendez-vous, son livre à la main.

Le cœur de Clémentine avait bondi dans sa poitrine.

À compter de ce jour, elle n’avait plus jamais pris l’autre chemin pour aller travailler. Tous les matins, elle attendait avec impatience ces quinze minutes (vingt quand elle avait de la chance et que le métro circulait lentement) qui venaient égayer sa routine et lui donnaient matière à rêver pour le reste de la journée. Elle imaginait leur rencontre, sa vie à lui, essayant de deviner qui il était, ce qu’il aimait, ce qu’il faisait. Elle l’aurait bien vu bibliothécaire… Il en avait parfaitement le look, lunettes en moins.

Rapidement, elle s’était mise à emprunter tous les titres qu’elle voyait passer entre ses mains, espérant y trouver la clé du mystère de son bel inconnu — ou peut-être simplement le courage de l’aborder. Il avait des goûts éclectiques, mais tous les romans qu’il lisait étaient excellents. Grâce à lui, elle donna leur chance à plusieurs auteurs qu’elle n’aurait jamais pensé lire un jour et, à sa grande surprise, les aima — peut-être un peu parce que la découverte venait de lui.

Et si, de temps à autre, il choisissait un ouvrage qu’elle connaissait déjà, voire qui était publié par sa maison d’édition — chose qui ne manquait jamais de faire bondir Clémentine de joie —, la plupart du temps, ses lectures étaient pour elle des trouvailles qui la tenaient éveillée jusque tard dans la nuit. Après quoi, elle s’imaginait discuter sans fin avec lui du roman, de son intrigue, des personnages qui l’avaient touchée, de ceux qu’elle avait détestés…

Dans son esprit, une vie imaginaire se formait, si bien que, parfois, elle avait du mal à se souvenir qu’ils ne s’étaient encore jamais parlé et que, non, malheureusement, elle ne pouvait pas lui demander son avis sur le roman qu’elle était en train de lire.

Alors, elle maudissait cette timidité qui la paralysait et l’empêchait de lui parler autrement qu’en pensée.

* * *

« Hum, hum. »

Un raclement de gorge pas très discret sortit Clémentine de sa rêverie. Confuse, elle se hâta de dégager le siège à côté d’elle, mais, dans sa précipitation, laissa échapper le sac de décorations, dont le contenu se renversa intégralement sur le sol. Les joues écarlates, elle récupéra à toute vitesse les toiles d’araignées qui s’étaient accrochées aux jolies bottes de la femme assise en vis-à-vis, et qui, rien que pour prouver que la loi de Murphy s’appliquait systématiquement, décidèrent alors de s’emmêler aux breloques de son bracelet « Halloween ». Une fois libérée de leur emprise, Clémentine entreprit de ramasser toutes les petites araignées de plastique qui avaient pris la poudre d’escampette, en essayant tant bien que mal de ne pas ramper au sol plus que nécessaire — il ne manquerait plus qu’elle file ses collants, et la journée pourrait avoir sa place dans le top ten des dix pires journées de sa vie.

Enfin, au bout de ce qui lui sembla être une éternité, elle récupéra la dernière décoration rebelle sous la chaussure d’une petite fille. Elle se réinstalla sur son siège, cala le sac de décorations à présent solidement fermé entre la citrouille et elle, se débarrassa d’une toile d’araignée qui persistait à vouloir rester prise à l’une de ses breloques, rajusta son sac à main sur son épaule et, avec un sourire d’excuse, se tassa un peu pour laisser le passager s’installer. Ce qu’il fit sans attendre, l’écrasant à moitié contre la paroi du métro par la même occasion.

Embarrassée par le spectacle qu’elle venait de donner, Clémentine avait l’impression que la voiture entière la fixait avec curiosité et moquerie. Elle leva timidement les yeux, juste pour voir l’étendue des dégâts… et croisa le regard de son bel inconnu...