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Sauvage

De
320 pages

Jack, dix-sept ans, part à la conquête du Grand Nord pour devenir chercheur d''or. Plus intéressé par l''aventure que par la richesse, il espère se mesurer aux rigueurs du climat et affronter la nature sauvage. Mais Jack est loin de s''attendre aux obstacles qui se dresseront sur sa route : des hommes sans scrupules, prêts à tout pour faire fortune, et surtout des créatures redoutables qui incarnent ce que l''homme abrite de plus sombre en son coe'ur. Son animal totem, le loup, l''aidera à traverser les épreuves pourvu que Jack reste en vie.


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Christopher Golden & Tim Lebbon
Traduit de l’anglais (États-Unis et Grande-Bretagne)
par Tristan Lathière
À nos enfants, Nicholas, Daniel, Ellie, Lily et Daniel. La vie est une aventure sauvage. Entendez son appel ; soyez sans peur. « La fonction propre de l’homme est de vivre, non d’exister. » Jack London
Avant-propos
Bien que piètre écrivain, j’ai toujours su raconter les histoires. C’est à Jack London que je dois ce talent : il m’a fait comprendre que ce qui compte avant tout dans un récit, ce sont le cœur et l’âme, pas les mots que l’on emploie ou l’orthographe ; et, pour ce qui est d’avoir eu du cœur et une âme, il n’avait pas son pareil. Jack m’a sauvé la vie à maintes reprises. Pour commencer, il a eu raison de deux méchants hommes qui s’apprêtaient à m’enlever pour faire de moi un esclave. Au fil des ans, les occasions de me sauver à nouveau n’ont pas manqué, sans qu’il soit présent à chaque fois : la plupart du temps, il m’a suffi depenserà Jack pour me tirer d’affaire. De me rappeler son courage, son sens des valeurs, sa philosophie selon laquelle l’essentiel est de vivre, non d’exister. Mais aussi sa conviction profonde qu’une vie entière ne suffirait pas à découvrir tout ce qui nous est inconnu. Des choses tantôt fabuleuses, tantôt terrifiantes. Jack a vu les deux. C’est à lui que je dois d’être devenu explorateur, du domaine spirituel comme du monde physique. Et j’aime à croire qu’à mon humble façon, je l’ai aidé lors de ses propres voyages. Son destin est connu de tous. Il est devenu l’un des piliers de la littérature américaine, un conteur hors pair, apte à doter ses récits d’une dimension… eh bien, presque surnaturelle. Pourtant, bien que certains pensent que sa vie fut le matériau de son œuvre, je connais la vérité depuis des années, car il me l’a avouée : jamais il n’a été question de relater ses véritables aventures. Pour lui, elles étaient trop personnelles pour être couchées sur papier… et bien trop épouvantables. Il fut témoin d’événements qu’aucun humain n’aurait dû voir. Mais il ne m’a jamaisinterditde tout déballer. Si Jack est mort bien trop jeune, en quarante ans, il a vécu la vie de nombreux hommes. Et il s’est éteint en sachant que ce monde renferme des mystères échappant à notre compréhension, ce qui est parfois préférable. Voilà, en partie, la raison qui me pousse à livrer ce témoignage tardif. Je suis un vieillard, désormais. Qui pâtira de ces révélations ? Se trouvera-t-il seulement quelqu’un pour y croire ? En ces temps de révolutions technologiques où le fantastique a perdu de sa superbe, et où les terres sauvages le sont de moins en moins, je pense que ces histoires, aussi terrifiantes qu’elles soient, méritent d’être partagées. Elles résonnent comme un avertissement qui, à mon sens, n’a rien de superflu. Voici donc la vraie vie de Jack London. Ses voyages secrets.
San Francisco, juin 1962
1
Débarquement en terre inconnue
Depuis le pont de l’Umatilla, les yeux rivés sur les quais de San Francisco, Jack London se demanda dans combien de temps il reverrait la ville. Doté d’un cœur vagabond, il avait soif d’aventures et ne redoutait nullement les dangers que l’on associe volontiers aux voyages en terre inconnue. Une fois les amarres larguées, le navire ferait route vers le Yukon, quittant la civilisation pour les terres sauvages et gelées du Grand Nord où, selon la rumeur, des monceaux d’or permettaient à quiconque d’envisager l’avenir en Midas des temps modernes. Cela étant, aux yeux de Jack, le métal jaune n’était que l’un des attraits du Yukon. Sans ce prétexte commode, il serait parti pour le seul plaisir de partir, aurait tout misé par pur goût du risque. En outre, en son for intérieur, ce cœur vaillant sentait confusément que le Grand Nord l’attendait. Accoudé au bastingage de l’Umatilla, il respirait les odeurs, capturait les images fugaces et prêtait l’oreille au chaos enfiévré qui l’environnait. Il n’avait jamais vu pareil mélange des genres : toutes les races, nationalités et croyances semblaient représentées. Et, même si le vent d’ouest charriait une forte odeur de large, des dizaines d’autres senteurs flottaient au gré de la brise. Sur le quai, un homme vendait des noisettes grillées ; l’individu au coude à coude avec Jack empestait le mauvais whisky ; d’autres diffusaient des relents entêtants d’épices, de fumée ou de nourriture, et plusieurs quidams avaient à l’évidence besoin d’un bon bain. Ayant été tour à tour vagabond, pillard de parcs à huîtres et détenu, Jack s’était lié d’amitié avec des individus qui n’avaient pas connu le savon pendant des décennies. Il frissonna néanmoins en songeant au fumet qui régnerait dans les entrailles du navire, d’ici à leur arrivée en Alaska. À en croire une rumeur qu’il avait tout lieu de juger fondée, le vapeur aurait embarqué deux fois trop de passagers. En chargeant eux-mêmes leur équipement dans la cale du navire, Jack et Shepard, son beau-frère vieillissant et souffreteux, avaient dû jouer des coudes avec une véritable nuée de chercheurs d’or : marins, ouvriers aux mains calleuses, mais aussi fils de bonne famille décidés à amasser une fortune personnelle. Désormais, depuis le pont supérieur, ils s’apprêtaient à dire au revoir à San Francisco. — Inutile de lui faire nos adieux, déclara Shepard : à notre retour, la ville n’aura ni bougé, ni changé. (Il coula un regard oblique à Jack qui remarqua que ses yeux, d’ordinaire pétillants, semblaient vides et sans éclat.) Et nous, d’après toi, tu penses qu’on va changer ? Jack songea aux vicissitudes qui les attendaient. Ayant derrière lui dix-sept années bien remplies, il considérait l’avenir comme chargé de promesses, dont l’appel résonnait à la façon du vent brûlant soufflant dans le désert, ou de l’écho se répercutant sur des arbres alourdis par la neige, après un blizzard glacial. Une voix que Jack associait à l’appel des terres sauvages, et qui n’avait pas son pareil pour lui faire battre le cœur. — Nous allons changer, James, mais uniquement en mieux, répondit-il après un long silence. L’aventure fait grandir les hommes. Il s’abstint d’énoncer tout haut l’autre éventualité :L’aventure peut aussi les tuer. Mais il lut dans le regard de Shepard que le vieil homme n’ignorait rien de la brutalité du monde. James Shepard était autrefois un homme de haute stature, à présent diminué par la maladie. Si ses yeux avaient toujours la vigueur de la jeunesse, son corps trahissait la cruauté d’un destin marqué par des assauts successifs, et paraissait attendre le coup
fatal. Mais en dépit d’un cœur affaibli, il gardait une force d’âme intacte. Jack avait toujours apprécié Shepard, avec ses yeux et ses cheveux gris ; bien que nettement plus âgé que sa sœur Eliza, l’homme semblait la rendre heureuse. Et pour Jack, le bonheur d’Eliza comptait plus que tout au monde. S’il pressentait le danger que ce voyage représentait pour Shepard – et savait qu’Eliza, elle aussi, en était consciente –, c’était l’aîné qui tenait les cordons de la bourse. Jack détestait l’idée que l’argent vienne souiller la pureté d’une pareille aventure, mais la réalité imposait sa loi : sans financement, pas d’expédition possible. Par ailleurs, en embarquant pour ce périple, Shepard paraissait revivre, ce qui était de bon augure pour tout le monde. Alors qu’il quittait enfin le port en adressant des signes frénétiques aux spectateurs restés à quai, Jack sentit monter en lui une exaltation à nulle autre pareille. Face à lui, par-delà deux mille cinq cents kilomètres d’océan, l’attendaient les torrents impétueux, sommets enneigés et cols redoutables formant l’une des terres les plus inhospitalières qu’il ait été donné à l’homme de fouler. Il embarquait pour la plus grande aventure de sa vie. Mais pour connaître la grandeur, il faut s’attendre à faire l’expérience de la souffrance. La traversée depuis San Francisco dura huit jours, et malgré la surpopulation à bord de l’Umatilla, le temps passa très vite. Jack, qui gardait un œil sur Shepard, fut soulagé de constater que l’homme ne perdait rien de sa résolution au fil du voyage. Tandis qu’ils voguaient vers Dyea et les panoramas à couper le souffle de l’Alaska, en dépit d’un trajet éprouvant, Shepard semblait empli d’une vitalité toute neuve ; si son cœur défaillant ne faisait plus circuler le sang avec la même vigueur, sa force d’âme, elle, était inentamée. Les deux hommes jouèrent des coudes pour atteindre le bastingage tandis que le navire arrivait en vue de Dyea. L’une des raisons pour lesquelles l’Umatilla avait plu d’emblée à Jack était son faible tirant d’eau, qui autorisait le vapeur à accoster directement dans la ville côtière. La plupart des bateaux, de dimensions plus imposantes, étaient contraints de rallier Skagway, située près de la voie d’accès au col White ; un itinéraire à la fois plus périlleux et plus long que celui qu’avait choisi Jack. — Où sont les quais ? demanda Shepard avant de tousser dans son poing et de cracher une glaire épaisse par-dessus bord. À l’âge de Jack, la plupart des jeunes gens ont tendance à ignorer la prudence de leurs aînés ; fougueux et impulsif, notre héros ne dérogeait pas à cette règle. Pourtant, jusqu’ici, tout ce qui avait trait à ce périple – et à l’or – avait fait réagir Shepard à la manière d’un jeune chien fou, plus encore que Jack lui-même. Aussi, quand il entendit son beau-frère poser cette question sur un ton soucieux, Jack étudia-t-il le rivage en fronçant les sourcils. L’équipage avait jeté l’ancre sans le moindre quai en vue. Jack apercevait la plage, et plus loin les cheminées fumantes de la bourgade, mais il n’y avait nulle part où toucher terre. Déjà, de petites embarcations avaient mis le cap sur l’Umatilla : des autochtones avides de gagner quelque argent en aidant les passagers à débarquer. — Excusez-moi ! lança Jack à un marin buriné – la trentaine, une longue figure pâlichonne – qui fit mine de s’esquiver alors même que Jack lui adressait la parole. Où sont les quais ? L’homme dégagea son bras de l’étreinte de Jack et répondit : — Y a pas de quai à Dyea, gamin. On accoste sur la plage. Shepard s’éclaircit la gorge dans un grondement d’ours en colère, puis empoigna fermement le poignet du matelot.
— Une petite minute. C’est de la folie ! Cela va prendre des heures pour sortir toute la cargaison de vos cales, la trier et lui faire toucher terre avant la prochaine marée… Une lueur dangereuse s’alluma dans le regard du marin, qui baissa les yeux sur l’étreinte de Shepard. — James… ? commença Jack en jetant un coup d’œil alentour, pour s’assurer que personne ne viendrait prendre part à la bagarre. Sa main glissa jusqu’à ses reins, où il avait placé le fourreau d’un poignard. Sans reculer pour autant, Shepard relâcha son emprise. Le matelot sourit et déclara : — Si c’est la marée qui vous fait souci, autant vous dépêcher. Sur ce, il s’engouffra dans la foule qui comprenait maints individus auxquels ce petit détail n’avait pas échappé ; quant aux autres, ils venaient d’être mis dans la confidence. Un concert de plaintes enfla sur le pont, sans que personne ne puisse faire quoi que ce soit. Ils venaient tous de fort loin, avaient dépensé beaucoup d’argent pour arriver jusqu’ici : pas question de faire machine arrière. Si Jack avait considéré les préparatifs de l’expédition comme un joyeux chaos, ce n’était rien au regard de la folie qui régnait désormais : plus de quatre cents passagers de l’Umatilla, s’efforçant de convoyer leur matériel jusqu’à la rive et, de là, lui faire gagner le sommet des dunes. Tous ces futurs chercheurs d’or, que la presse avait surnommés « crapahuteurs », s’envoyaient des jurons en bataillant pour trouver place à bord des frêles esquifs chargés de conduire biens et personnes jusqu’à la plage. De nombreux passagers, hommes et femmes, avaient sombré dans la léthargie durant le voyage, et certains semblaient déjà regretter d’avoir entrepris pareil périple. Jack, quant à lui, se sentait disposé à chanter à tue-tête tandis qu’il embarquait avec Shepard à bord d’une chaloupe, en s’accrochant aux caisses contenant leur précieux matériel. En cette fin août, il faisait déjà un froid mordant, mais qu’importait aux yeux d’un Jack London réchauffé par la proximité de l’aventure ! Au cours des derniers jours passés à San Francisco, il avait fait bon usage de l’argent de Shepard en achetant équipement et provisions. Une tenue adéquate s’avérait indispensable : gants épais, couvre-chefs, manteaux et pantalons doublés de fourrure, sous-vêtements chauds, bottes solides et dotées de lanières pour empêcher l’eau et la neige de s’infiltrer. Il avait prévu des outils qui leur permettraient de couper et débiter du bois afin de construire bateaux et cabanes, ainsi qu’un an de nourriture en conteneurs scellés – victuailles séchées, conserves et salaisons. L’équipement de bivouac était tout aussi vital, et les crédits de Jack lui avaient permis de tout acheter en double, y compris tentes et couvertures, pelles, tapis de sol, sans oublier les fameux poêles Klondike qui les réchaufferaient, cuiraient leurs repas et leur fourniraient de la lumière sous l’abri le plus rudimentaire. Ses précieux livres étaient également du voyage : Jack ne partait jamais sans un ou deux ouvrages d’Herman Melville, etMoby Dickétait dans son sac à cet instant. En humant l’air de l’Alaska, il sentit l’odeur prégnante des terres sauvages ; après huit longs jours de traversée, il se sentait prêt à gravir le col Chilkoot au pas de course. Les nécessaires préparatifs ici même, à Dyea, ne feraient qu’accentuer son envie pressante de se lancer à l’aventure. S’il avait été possible de partir le jour même en laissant tout le barda derrière lui, il l’aurait fait, et avec joie. Mais bien qu’il soit venu se frotter au Grand Nord avec la ferme intention de ne pas se laisser décourager par les obstacles qui se mettraient en travers de sa route, il n’était pas sot au point de prendre des risques superflus. Mieux valait se montrer prudent… et malin. Car l’enjeu de cette expédition était considérable. Un grand sourire naquit sur son visage tandis que la chaloupe touchait la plage de
Dyea. Il fit deux pas dans la barque – en huit jours, il avait acquis l’habitude du roulis –, sauta sur le sable sec et toucha terre après plus d’une semaine passée en mer. Pivotant pour regarder Shepard s’extraire de l’embarcation, il faillit tendre la main à son beau-frère avant de comprendre que l’homme ne l’accepterait jamais : ce serait là un signe de faiblesse. Une fois à terre, cependant, Shepard pencha la tête en arrière et respira à pleins poumons. Jack s’attendit à une nouvelle quinte de toux… qui ne vint pas. Nouveau bon signe. Shepard leva les yeux sur la plage, en direction de la fumée crachée par les cheminées de la petite ville, et hocha la tête, comme pour lui-même. — Au travail, mon garçon, dit Shepard. Mon garçon. Ce mot tant redouté. Mais en ce jour, Jack ne protesta pas : il pouvait s’agir cette fois-ci d’un terme affectueux, ou de la façon dont le vieux soldat rappelait au cadet de sa jeune épouse qui, dans cette affaire, était le patron. Aucune importance ; Jack, qui ne comptait pas se laisser briser par le Grand Nord, n’allait pas permettre à un mot malheureux de ternir sa belle humeur, en dépit d’un caractère prompt à s’emporter. Aussi se mirent-ils au travail. Jack faisant office de rabatteur et de contremaître, et Shepard de bailleur de fonds, ils eurent tôt fait de réunir un groupe d’indigènes bien disposés. Alors que leurs caisses d’équipement commençaient à arriver sur la plage, ces Indiens tlingits entreprenants les transportèrent jusqu’à un point surélevé choisi par Jack. Les deux associés ne comptant que sur eux-mêmes, Jack resta sur la plage pour veiller sur leurs biens, tandis que Shepard supervisait l’acheminement. Cet après-midi-là, la marée monta rapidement, et trois caisses volumineuses prirent l’eau. Jack exhorta les portefaix à travailler plus vite, faute de quoi ils ne toucheraient pas un cent ; il dut lui-même remorquer la dernière caisse sur un mètre ou deux afin d’éviter le pire. Finalement, tout leur matériel se retrouva en lieu sûr. Leur travail à moitié effectué, les Indiens modifièrent leur tarif. Ayant exigé vingt dollars de l’heure à marée basse, une somme déjà astronomique, ils passèrent à cinquante dollars lorsqu’ils virent les vagues approcher. — Quitte à demander pareil tarif, ils auraient aussi vite fait de nous rançonner en nous mettant un fusil dans le dos ! fulmina Jack, indigné, tandis que le petit groupe se hâtait d’aller plumer d’autres passagers. Shepard fit mine de n’avoir rien entendu ; il arborait un sourire que Jack ne lui avait jamais vu, pas même lors de ses élans de tendresse envers Eliza. — J’ai envoyé un gars nous réserver deux chambres pour la nuit, lança James. Nous partirons au petit jour. Il remarqua alors que Jack le dévisageait. — Que regardes-tu comme ça ? demanda-t-il. — Vous semblez en pleine forme, répondit l’intéressé, un peu surpris. Paré pour l’aventure ? Shepard sembla étudier la question un instant. Jack s’attendait à une repartie joyeuse, à ce qu’ils fassent cause commune avant d’engager d’autres porteurs indiens pour convoyer leurs bagages jusqu’en ville, mais son beau-frère semblait hésitant. — J’ai soixante et un ans, mon garçon, et Dieu m’a fait don d’un cœur défaillant. (Son regard se posa sur l’empilement de caisses et de sacs s’étalant sur la grève.) Chaque nuit, je rêve d’or. Il se peut que ce soit la seule chose qui me maintienne en vie. — Entendu, fit Jack en hochant la tête. Allons en dénicher. Après avoir engagé – moyennant une somme rondelette – des Indiens pour acheminer leur matériel jusqu’à l’hôtel, Jack et Shepard épaulèrent leurs sacs et quittèrent la plage rocheuse en direction de Dyea. Qualifier la bourgade de « ville »