Serpentis Le gardien des registres

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Un roman jeunesse fantasy, entre passé et présent où une jeune fille doit sauver le monde face à des terribles forces maléfiques...





Une grave menace plane sur le monde. Or, selon une antique prophétie, seul un héritier de l'illustre lignée des Téokin sera capable de le sauver. Pour y parvenir, cet enfant devra commencer par apprendre l'histoire de sa famille, avec l'aide d'un enchanteur qui lui ouvrira la porte magique de la chambre des Registres où est consignée, depuis des siècles et des siècles, toute l'histoire du monde. Mais qui s'en souvient aujourd'hui ?


Lorsque Lilou, 13ans, interne au collège de Galdenkreutz, revient chez elle pour les vacances, son père a disparu sans explication, et elle ne trouve à sa place qu'une gouvernante. Accompagnée de sa meilleure amie Léonie, Lilou part alors à sa recherche. C'est elle, la fille de Kolti et d'Emma Téokin, qui a été désignée comme l'héritière de la prophétie du passé, mais elle ne le sait pas encore, pas plus qu'elle ne se doute que Shazam Kazam, le mage noir, va tout mettre en œuvre, avec les redoutables cachemores qu'il a recrutés, pour contrecarrer ses plans.


Sur sa route, Lilou va croiser Arzélius Forselli l'enchanteur, des nains et des loups, et tenter de comprendre qui sont les Compagnons de Serpentis qui portent tous ce médaillon mystérieux. Les magiciens de cette confrérie secrète semblent disposer de pouvoirs surnaturels, en particulier le don de se téléporter d'un lieu à un autre, mais aussi dans le temps !


Poursuivie par la police, enjeu d'une lutte entre les enchanteurs et les forces maléfiques, Lilou va être entraînée à travers le temps dans une aventure extraordinaire et pleine de rebondissements dans laquelle la magie le dispute à l'intrigue policière.





Publié le : jeudi 10 octobre 2013
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EAN13 : 9782810404179
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4eme couverture
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À Lilou T.,
l’unique,
celle qui m’a dévoilé cette histoire

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Prologue


Sonderland

Perdue dans l’océan, bordée au nord par les mers éternellement glacées dites Ikenzee, il y avait une île très étendue nommée Sonderland. Une chaîne de montagnes extrêmement haute – les Molenkind – coupait, à l’image d’une monstrueuse cicatrice, cette île en deux parties. Au cœur de ces montagnes, extrayant les minerais et les pierres précieuses de la roche, vivait le peuple des nains. Löwenfelk, « la cité souterraine », était leur royaume. Cette citadelle contrôlait l’accès à un réseau de grottes conduisant à des cratères de volcans en activité. Là se cachaient de mystérieux et puissants dragons.

Selon de rares et plus ou moins mythiques récits de voyageurs s’étendait, à l’est, un désert de roches inhospitalier jalonné de ravins. Ostreland, « l’autre terre », était son nom. On racontait que des créatures – les kobolds – fuyant le jour et ne se déplaçant que la nuit, y avaient trouvé refuge, occupant des habitations troglodytiques. Sur les cartes géographiques, cette région était désignée par les termes de « Terres inexplorées ». En effet, qui aurait été assez fou pour s’y aventurer ?

À l’ouest se trouvait un territoire luxuriant, en grande partie couvert de forêts immenses où la vie foisonnait. Prenant leur source dans les Molenkind, des rivières le parcouraient, fertilisant les plaines. Dans la grande forêt de Berwölf, les elfes, premiers habitants de cette terre selon les légendes, avaient vécu en paix.

Enfin, au sud, s’étendaient le désert de Solencéra, et ce qu’il restait de la forêt primaire que l’on nommait Maravilha.

Ainsi était le monde de Sonderland, avant que n’arrivent les hommes.

Un jour, trois bateaux aux proues surmontées de figures grimaçantes et qui avaient été poussés par la tempête, s’échouèrent sur la côte nord, dans la région dite de l’Ikenland, recouverte en permanence de neige et de glace. À bord se tenaient une centaine d’hommes, de femmes ainsi que quelques enfants, accompagnés de leurs plus fidèles compagnons, des chiens-loups. Il s’agissait des Téokin, une tribu nordique dont le nom signifiait « chien sauvage » ou « chien de feu » et s’écrivait fnaz il en alphabet runique. Leur animal totem était le loup, qu’ils appelaient wharg. Les membres de cette tribu possédaient le pouvoir de communiquer avec ces animaux qu’ils considéraient comme leurs égaux. Devenir un Wharg participait d’un savoir ancestral, savoir que le père transmettait à son fils au cours d’une cérémonie initiatique particulièrement périlleuse.

Pourquoi étaient-ils arrivés là ? C’était que le monde avait changé : les territoires libres où s’ébattaient les loups avaient été de plus en plus convoités par les hommes. En peuple aventureux, les Téokin avaient donc décidé de quitter leur territoire pour aller à la recherche d’un pays d’accueil. Par un coup du hasard – mais n’est-ce pas ce que l’on appelle le destin ? –, ils avait été précipités sur ces terres de glace où ils étaient condamnés à périr. Cependant il n’en fut rien. Car il était écrit que l’étoile de Nort, le dieu-père du Temps, veillait sur eux. Au beau milieu du blizzard avait surgi un groupe de chasseurs nomades, seuls habitants de l’Ikenland. Leur corpulence massive, leur haute stature et les vêtements de fourrure qui les enveloppaient complètement les faisaient s’apparenter à des hommes-ours. Les Téokin avaient sympathisé avec les chasseurs qui partageaient leur respect de la nature. Ces derniers les avaient conduits vers le sud, de l’autre côté des montagnes, là où s’étendaient les hautes terres. Les Téokin décidèrent de s’y installer et d’y bâtir leur cité : Wolfenbruck.

Un jour, depuis la grande mer de l’ouest, arrivèrent des hommes aventureux. Ils avaient la peau et les yeux clairs. Débarquant de navires aux voiles carrées, ils s’installèrent à l’embouchure d’un fleuve où ils avaient découvert un havre naturel, une large baie en forme de croissant de lune. Ils nommèrent ce lieu Morgenstern. D’autres expéditions les y rejoignirent et y firent souche elles aussi. Châteaux, villes, villages, exploitations agricoles et ateliers de toutes sortes ne tardèrent pas à voir le jour et, en quelques années, ces colons purent établir un royaume puissant et développer des relations commerciales avec le monde entier. Morgenstern devint ainsi une cité dont les hautes murailles protégeaient les opulentes richesses. Plus au sud, sur les rives de la mer d’Oriana, une autre colonie s’était établie. Ceux qui accostèrent là voguaient sur des bateaux aux voiles auriques. Leur peau et leur regard avaient des reflets d’or. Aux portes du désert, ils établirent leur cité : Gallia. C’était la ville des épices et des étoffes somptueuses.

Peu à peu, Morgenstern et Gallia durent agrandir leur territoire, étendre leurs cultures et, en raison du défrichage des forêts, les deux villes en vinrent à réduire l’espace vital des elfes. Ceux-ci cherchèrent alors à s’éloigner des hommes dont ils ne goûtaient guère la présence. Au sortir d’un été, ils prirent la mer à bord de longues embarcations gracieuses vers l’archipel d’Arandis. Ils n’étaient pas nombreux ceux qui refusèrent de quitter leur chère forêt de Berwölf, pensant qu’un jour, de toute façon, ces hommes-là ou leurs descendants parviendraient à leur tour en Arandis. Que devraient-ils faire alors ? Fuir encore ? Mais pour aller où ? Quelle destinée leur réservaient les dieux ?

La société était régie par des mages qui savaient communiquer avec les forces de la nature. Eux seuls étaient en mesure d’interpréter les volontés des dieux et de démêler les fils du destin. Or, le monde était en train de perdre son équilibre. Dans les mythes, il était dit que l’harmonie régnerait tant qu’au cœur profond des forêts primitives vivrait Irami, le dernier-né des dieux et le plus vulnérable. Que le sanctuaire qui l’abritait vienne à être détruit et l’Univers disparaîtrait à jamais. Les mages avaient connaissance de cela et, au sein de la guilde des Magiciens que dirigeait Kerhuen, ils œuvraient pour maintenir cette harmonie dans l’intérêt de tous. La règle de cette Guilde interdisait que la magie soit utilisée à des fins belliqueuses. Cependant, l’un de ces mages, Shazam Kazam, avait refusé, pour d’obscures raisons, de renoncer à son pouvoir et fut exclu de la Guilde. Il leva alors une armée sur les terres d’Ostreland et lança une offensive contre les six royaumes de Sonderland. Il s’ensuivit un conflit, connu sous le nom de Grande Guerre, à l’issue duquel Shazam Kazam et ses alliés furent repoussés vers l’est. Mais chacun savait que celui-ci reviendrait à l’assaut dès qu’il aurait reconstitué ses forces.

Quelque temps après, une prophétie annonça que l’un des couples de la lignée des Téokin mettrait au monde un enfant qui seul serait capable de vaincre définitivement Shazam Kazam. Afin de protéger cet enfant lorsqu’il serait né, Kerhuen décida de redonner corps à une ancienne société secrète – les « compagnons de Serpentis ». Cette société comprendrait un représentant de chacun des six royaumes ainsi qu’un représentant de la guilde des Magiciens. Tous devaient s’engager à ne servir que le Bien. Chacun de ses membres possédait un médaillon magique orné en son centre d’une gemme précieuse appelée « L’Œil de dragon ». Dans chaque royaume existait une colonne surmontée d’une pierre circulaire constituant une sorte de borne qui permettait aux possesseurs du médaillon de se téléporter, grâce à une formule magique, d’un royaume à un autre pour se porter rapidement secours les uns aux autres. Mais bientôt, Mérylian, le jeune disciple de Kerhuen, découvrit que ces « portes » donnaient aussi la possiblité de voyager dans le temps. Cela signifiait qu’il devenait possible d’inverser le cours des choses, de changer le déroulement de l’histoire. Pour se prémunir contre cette menace, la guilde des Magiciens décida de consigner dans des registres les événements les plus importants afin qu’ils ne puissent être modifiés.

Le temps passa. Un beau jour, lorsqu’Emma, la femme de Kolti, dernier descendant des Téokin, annonça qu’elle était enceinte, les compagnons de Serpentis surent qu’elle attendait l’Héritier dont la prophétie avait prédit l’arrivée. Shazam Kazam était devenu entre-temps très puissant et le danger qui pesait sur la mère se faisait de jour en jour plus menaçant. Aussi Emma s’était-elle résolue à fuir avec Kolti et leur ami Youri, là où elle pensait que Shazam ne les trouverait jamais : dans le futur, c’est-à-dire notre présent !

Cette histoire s’est perdue dans un passé lointain. Qui, aujourd’hui, connaît encore le pays de Sonderland et la fabuleuse épopée des six royaumes qui le composaient ? Quelques rares personnes. Quand elles mourront, la mémoire de ce monde s’effacera pour toujours. À moins que ne subsiste une trace, précieusement conservée par le gardien des Registres…

1

Trois étonnants visiteurs


Cachés à l’intérieur d’un buisson de rhododendrons en fleur, trois curieux individus observaient ce qui se passait autour d’eux. Ils étaient arrivés depuis peu, ou plutôt, s’étaient soudainement matérialisés au beau milieu de la végétation de ce parc où jouaient des enfants sous la surveillance de leurs parents. À côté d’eux, presque complètement enterrée, apparaissait le haut d’une colonne en pierre sur laquelle était gravée une inscription qui semblait fort ancienne, ainsi que des silhouettes évoquant, sous la forme de deux « S » se faisant face, des dragons. Cette colonne était l’un des points d’arrivée des portes du Temps. Ces individus étaient vêtus de grands manteaux en toile épaisse et leurs visages burinés étaient mangés par une barbe et une tignasse hirsutes. Leur regard, aux aguets, brillait d’un éclat vif. Le jour finissait et déjà retentissaient les appels des parents invitant leurs enfants à terminer leurs jeux pour rentrer à la maison.

Une petite fille de quatre ans poursuivait son ballon rouge et noir qui dévalait la pente de l’allée centrale. Après quelques rebonds, le ballon s’arrêta net au pied du buisson de rhododendrons. Les trois personnages considérèrent l’objet avec méfiance : si la fillette venait récupérer cet objet, ils risquaient d’être découverts. D’une pichenette, celui d’entre eux qui se nommait Mordek, repoussa le ballon de sa large main dont chaque doigt portait un anneau ouvragé aux motifs complexes. Son avant-bras, musclé et poilu, était ceint d’un large bracelet de cuir serti de rivets en métal.

La petite fille, cependant, voyant que son ballon avait fini sa course, s’était immobilisée. Elle scrutait maintenant le massif de fleurs, cherchant à apercevoir ce qu’elle avait vu bouger. S’approchant plus près encore et devinant alors, dans l’épaisseur de la végétation, la présence d’individus qui la guettaient, elle blêmit et poussa un cri suraigu. En l’entendant, son père et sa mère interrompirent instantanément leur discussion et se précipitèrent vers elle en courant.

– Qu’est-ce qui se passe, ma chérie ? demanda sa mère. Pourquoi hurles-tu comme ça ? Tu t’es fait mal ?

– Maman, répondit la petite fille en hoquetant. J’ai peur. Y a des monstres, cachés… là !

En se baissant, son père découvrit ces hommes étranges qui tentaient de se dissimuler au milieu du massif de fleurs.

– Vous n’avez pas honte de vous cacher là-dessous ? Je vais prévenir le gardien… C’est incroyable ! Vous n’avez rien à faire ici. C’est interdit ! Oh, et puis qu’est-ce que vous sentez mauvais ! Allez, on s’en va.

Pas très rassurée, la petite famille s’éloigna, non sans jeter un regard en arrière.

– Qu’est-ce que c’était ? demanda la mère.

– Des clochards… Ce n’est pas possible ! Je sais bien que la vie n’est pas facile, mais quand même… Que viennent-ils faire dans le parc en pleine journée ? Ils font peur aux enfants.

– Chéri, ne leur jetons pas la pierre ! Ils sont bien obligés de s’installer quelque part et dans les jardins, ils sont mieux protégés que dans la rue.

– Sans doute. Quelle misère… Mais tout de même. Et ils sont tellement crasseux. C’est affreux !

Mordek, secouant sa barbe et ses cheveux roux, colla son nez contre son aisselle et la flaira à plusieurs reprises. Ses sourcils broussailleux se soulevèrent en signe d’incompréhension.

– Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? On ne sent pas mauvais… On ne sent rien, déclara-t-il.

– Rien de désagréable en tout cas, répliqua celui dont la joue gauche s’agrémentait d’une longue cicatrice boursouflée.

Celui-là s’appelait Brildur. C’était le frère de Mordek. Il avait une grosse barbe brune comportant deux fines tresses qui encadraient son menton. En bourdonnant, une mouche vint se poser sur son nez, ce qui le fit aussitôt loucher ; il chassa l’insecte puis se moucha dans ses doigts qu’il essuya machinalement sur le revers de sa cape.

– Bon, qu’est-ce qu’on fait, maintenant ? reprit-il. On peut y aller ? Je commence à avoir des fourmis dans les jambes à force de rester accroupi.

– Je vous ai déjà dit qu’il fallait attendre la tombée de la nuit pour éviter de nous faire remarquer. Vous croyez peut-être que l’on passe inaperçu, ici ? Est-ce que vous avez vu comment sont ces gens, là, par rapport à nous ? Ne soyez donc pas aussi impatients et taisez-vous !

Le troisième homme venait de parler. Sa calvitie, sa longue chevelure et sa barbe grisonnantes ainsi que son autorité naturelle révélaient qu’il était plus âgé que les deux autres. C’était leur père et il s’appelait Fohenkil.

– Tu sais bien que la nuit amène d’autres dangers, intervint Brildur. Ne crois-tu pas que les cachem…

– Tais-toi, le coupa son père. Ne prononce pas leur nom, sinon, tu vas les attirer. Nous avons un peu d’avance, profitons-en !

Le jardin se vidait peu à peu. À l’aide de son sifflet, un gardien à l’allure débonnaire appelait les retardataires à regagner la sortie. Les cygnes et les canards, en claudiquant, allaient prendre position pour la nuit sur les pelouses entourant un large plan d’eau. Bientôt, l’endroit serait désert.

– Je peux attraper un canard pour le faire rôtir… suggéra Mordek.

– Quelle idée stupide ! Tu veux allumer un feu ici et nous faire repérer ! s’exclama son père.

– Mais P’pa, c’est que j’ai vraiment faim, moi.

– Nous avons tous faim. Bon, grignotez plutôt ça en attendant.

Fohenkil sortit de son manteau des tranches de viande séchée. Elles étaient dures comme du bois et leur odeur était assez désagréable. Mais c’était mieux que rien.

Le gardien venait de fermer la grille et s’éloignait. La nuit était tombée. La voie était libre. Les trois hommes sortirent de leur cachette. Mordek fit alors tomber son long manteau et s’étira en grognant, découvrant, par-dessus sa tunique de toile brune, une fine côte de mailles. Il portait à la ceinture une hache courte à la lame aiguisée.

– Tu tiens à faire l’intéressant ? souffla Fohenkil. Ce n’est pas possible d’être idiot à ce point !

– Mais, il n’y a plus personne, rétorqua Mordek.

– Je vous ai demandé d’être extrêmement discrets pour cette mission. C’est une opération délicate que l’on m’a confiée. En plus, tu ne trouves rien de mieux que de venir avec une hache !

– C’est seulement une toute petite hache. Tu sais, je n’aime pas sortir sans arme. Je me sens tout nu.

– Je suis d’accord avec lui, marmonna Brildur. On ne pouvait pas venir sans rien, tout de même !

Écartant son manteau, il montra à son tour un lourd marteau de combat dont la tête massive se terminait en pointe.

– Vous êtes incorrigibles ! s’exclama Fohenkil. Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ! Bon, il est trop tard de toute façon pour faire machine arrière. Essayez juste de rester silencieux. Il avisa la clôture en métal qui ceinturait le parc et se terminait par des piques acérées, puis lâcha :

– Il va falloir se débrouiller avec cette grille.

Fohenkil et ses fils se dirigèrent vers la sortie. À la lumière des réverbères, ils apparaissaient maintenant sous leur aspect véritable : de petits hommes trapus qui ne mesuraient pas plus d’un mètre cinquante et portaient de hautes cuissardes. C’étaient des nains ! Le père boitait légèrement, séquelle d’une très ancienne blessure au genou droit. Escalader la grille ne semblait pas chose facile, sauf à risquer d’être embroché. Fohenkil la secoua vigoureusement, en vain. Brildur poussa alors son père sur le côté et, d’un seul coup de marteau, pulvérisa la serrure qui s’éparpilla dans un cliquetis métallique.

– Je savais bien qu’il servirait, fit-il en tenant fièrement à deux mains le manche du marteau.

Fohenkil haussa les épaules. Décidément, le côté entêté de ses fils n’était pas le moindre de leurs défauts. Il releva la capuche de son manteau afin de dissimuler son visage, tira la porte de la grille et partit en trottinant dans la rue. Les frères se bousculèrent pour passer. C’était ainsi, il y en avait toujours un des deux qui voulait être le premier. Brildur, l’aîné, eut le dessus, comme d’habitude. Ils s’élancèrent à la suite de leur père. Tout à coup, dans un crissement de pneus, une voiture pila en klaxonnant.

– Vous ne pouvez pas faire attention ! hurla le conducteur.

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