Si mon père m'était conté ...

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Caissier pendant trente ans à la banque commerciale de Casablanca, prieur professionnel encore trente ans de plus à la synagogue du coin, mon père a toujours adoré le cinéma. Il a vécu cent ans en bonne santé. Mon père n'avait rien d'un personnage de légende ou même d'un héros très discret. Ceci est l'histoire d'une conversation. Elle évoque des moments de la vie d'un Juif espagnol du Maroc pas comme les autres, une vie incroyablement marquée par le septième art.
Publié le : mardi 1 décembre 2009
Lecture(s) : 85
EAN13 : 9782296930575
Nombre de pages : 229
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À Claire, supplément d’âme de ce récit. À Linda, Judith, Sophie, cœur d’un monde sans père, et à tous ceux qui auront bien aimé mon père.
C'est compliqué d’écrire quelque chose surtout si ce n'est pas de la philosophie. Avec elle, on peut se défausser de la confidence, on fabrique, on commente ou on déchire des concepts. Mais lorsqu'il s'agit d'une personne, on est précipi-té vers la singularité d’un être et d’une relation. Tout philo-sophe aussi est une personne mais toute personne n’est pas philosophe. Pour parler de quelqu’un qui n’est pas un philo-sophe, il ne s’agit plus d’être compétent ou d’avoir autorité en la matière. C’est mon père. Ce n’est pas un objet de savoir. Qui peut en parler si ce n’est ses enfants ? Il existe donc trois spécialistes mondiaux pour parler de Perez Joseph puisque nous sommes trois enfants. L’enjeu est de ne pas édulcorer, ne pas chercher à se montrer dans des postures flatteuses, ne pas non plus se flageller ou crier au grand jour ses turpitu-des pour avoir l'air d’être vrai.
Mais est-ce que ce que je raconte est un peu vrai ? Du-rant le deuil de mon père, je crois avoir aménagé des histoi-res pour prendre en charge le réel dans des scénarios qui ne se sont pas toujours passés ainsi mais qui sont ancrés dans des situations toujours exactes et une réalité qui ressemblait un peu à cela, et en ce sens rien n'est inventé.
En l'an 2000, j’ai dédicacé mon premier livre de philoso-phie à tous ceux qui m'ont soutenu dans mon travail et éga-lement à mon père en finissant par ces mots : « Merci aussi à papa pour m’avoir très tôt appris à préférer le cinéma aux devoirs d'école. Mais ceci est une autre histoire... » Voici cet-te autre histoire quelques années après. L’essentiel se dérou-le après que papa a eu quatre-vingts ans. Il y a un autre enjeu à l’écrire au moment où je l’écris : garder mon père auprès de moi encore un peu…
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