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Simples récits près de la rivière Charentonne à Broglie

De
203 pages
J'ai grandi dans le village de Broglie, près de la rivière Charentonne. Elle est la rivière de mon enfance. Il est mon pays bleu. Laissez-moi vous y emmener. Peut-être reconnaîtrez-vous le vôtre ? Nous en avons tous un. Souvenirs nimbés d'un bonheur nostalgique. Nostalgie légère, positive, comme si le vent des décennies n'avait rien emporté et tout laissé sur place.
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Simples récits près de la rivière Charentonne à Broglie

Du même auteur
Amours et simples contes des forêts, L'Harmattan, 2006.

Chez d'autres éditeurs: Le lys de Bretoncelle, nouvelles, 2005. La Maison de Magali, 2001.

cg L'HARMATTAN,

2008

5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com harmattan l@wanadoo.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-04940-6 E~:9782296049406

MICHEL SABLONS

Simples récits

près de la rivière Charentonne à Broglie

Nouvelle édition revue et augmentée Prix Gustave Flaubert pour l'édition originale (2001) sous le titre Broglie et la Charentonne

L'HARMATTAN

Cet ouvrage a été originellement édité sous le titre BROGLIE ET LA CHARENTONNE Prix Gustave Flaubert 2001
Editions SDE iÇ) MICHEL SABLONS 1999

Ce qu'il y a de passionnant dans le fait d'écrire et de publier quelque chose, c'est de pouvoir se dire: peut-être, quelque part, un homme ou une femme que je . . ne connals pas, que Je ne connaîtrai jamais, seront touchés par ce que j'écris là. Alain Fournier

Écrire si ça sert à quelque chose ce doit être à ça : à témoigner. A laisser ses souvenirs inscrits, à déposer doucement, sans avoir l'air, sa grappe d'œufs qui fermenteront. Jean-Marie G. Le Clé=-<!o
(Écrire)

Rien de ce qui est écrit dans cet ouvrage n'est jamais arrivé en réalité aux personnages qui s'y trouvent. Ces récits inspirés de souvenirs d'enfance lointains, restent des pures fictions.

8

Avant-propos

Le vert paradis de l'enfance, Michel Sablons a eu la chance de le connaître. Une enfance partagée entre ses deux grandsmères, à Broglie ou quelques kilomètres plus loin, au Planquay, dans ce pays de verdure et d'eau qu'est l'Eure. L'école de Broglie des années 1941, n'est pas très éloignée de celle de monsieur Seurel et de Millie à Ste-Agathe, et, tout au long de ces pages, plane en filigrane, l'ombre d'Augustin Meaulnes, ce compagnon de nos adolescences. Souvenirs nimbés d'un bonheur tranquille, malgré la guerre, malgré la séparation d'avec sa sœur et sa mère. Nostalgie légère, positive, comme si le vent des décennies n'avait rien emporté et tout laissé sur place. Les anecdotes s'égrènent, au fil des jours avec tendresse. Nonobstant le cadre géographique, on pense parfois à Pagnol dans le récit de ces années révolues vues avec un regard d'enfant. Rien ne manque au décor: ni le garde champêtre et ses «A visss à la population! », ni le lavoir où officie la grand-mère, ni le goûter dans une mallette d'osier, ni le «canard» humecté d'une goutte de Calvados à la fin du repas, ni l'arrivée d'un cirque au village, ni les émois pour l'autre sexe... Ce bonheur de l'enfance se prolongera naturellement par une adolescence au diapason... Au fait saviez-vous que Broglie le village, se prononce comme il s'écrit? La prononciation « Breuil» est réservée à l'illustre famille. Laure Valtière

9

A Mireille

mon épouse

J'ai

grandi

dans Elle

le village est la rivière

de Broglie, de mon

près enfance.

de la rivière Il est mon

Charentonne.

Pays bleu. Laissez-moi vous y emmener. Peut-être reconnaîtrez-vous le vôtre? Nous en avons tous un.

I
Fragrances
d'encre

Voici l'hiver: l'automne coloré nous a quittés sans prévenir et ne reviendra plus; il n'arrête pas de pleuvoir. Du Médicis(l), cette brasserie de la rue du même nom où je prends mon sandwich du midi, j'aperçois derrière les grandes grilles aux pointes dorées, les marronniers aux troncs noirs du Jardin du Luxembourg. Ils sont nus, en quelques jours leurs dernières feuilles se sont détachées. De grosses gouttes de pluie tombent du store rouge encore à demi ouvert sur la terrasse, et chaque souffle un peu fort du vent de novembre les dévie de leur trajectoire verticale, les projette contre la vitre. Les passants en imperméable, fouettés par les rafales de vent, marchent vite et un peu voûtés sous leur parapluie. Il fait presque nuit tant il pleut! Je suis descendu sous mon pépin moi aussi, par le boulevard Saint Michel jusqu'à la rue Danton, où je me rends à la Librairie française du Livre. Je flâne dans les allées avec un indicible plaisir. Que de bouquins dans les rayons! Les livres tant par leur aspect, leur toucher, et par leur senteur surtout, me procurent, avant même de connaître leur contenu en les feuilletant, un plaisir quasi sensuel. Est-ce le taux d'hygrométrie? Des rayons, s'exhale une forte senteur d'encre d'imprimerie, de papier, de colle et d'école.
(I)

Renommé

Le Rostand

depuis quelques années. 13

Trouble étrange, faisant remonter par bouffées des souven1rs d'il y a longtemps, que je croyais oblitérés par les jours des décennies. Je revois maman, toute jeune encore. Son visage a la fraîcheur des fleurs de mai. Elle vient de m'offrir mon premier livre: Pour Bien Lire. Ce livre de classe appartient à l'école et l'on ne peut l'emporter à la maison qu'en l'achetant. Maintenant je peux l'ouvrir, le respirer, le lire et voyager à toute heure... Dans ces années 194... je vis avec ma grand-mère, que j'appelle « grand-mère de Broglie» du nom du village où nous étions. Je raffole déjà de lecture: livres, revues, et surtout bandes dessinées qu'on nommait « Petits illustrés ». Forme d'expression à cette époque éloignée encore des lettres académiques qu'elle obtint quand on appela les petits illustrés des BD. Il y en a de multiples, en grand format tabloïd bien souvent: Juniot) Aventures de Paris Jeune) R£d Rydet) Récréation) Tarzan) Coq Hardi et son Jim Boum; il serait fastidieux de les énumérer tous ici. Il y a bien sûr, je ne l'ai pas oublié, le fameux Spirou. Ces illustrés, comme les livres pendant toute ma vie, ont enchanté oui, littéralement, mon enfance. Je les lisais tous, même si je ne les achetais pas. Je vais souvent chez le marchand de journaux du bourg, en face de la mairie, sur la gauche en montant vers le Bureau des Postes et la haute grille du château. Le libraire m'accueille toujours avec cordialité, je suis certainement un de ses plus jeunes et assidus clients. Je me souviens encore de son nom, M. Patard: il avait bien le physique de son nom; c'était un très fort et très gros homme, d'humeur placide comme le sont souvent les gens corpulents. Il fumait la pipe et portait une blouse grise. Madame Patard, sa femme, lui ressemble étonnamment, paraissant plus énorme peut-être. Nous avons convenu avec la Maune, ma petite sœur, qu'elle ressemble à un « Gros Hippopotame» (tant pis pour le pléonasme). Un jour où nous jouions sur le muret du jardin qui donne «rue de Bas », madame Patard alias « gros hippopotame» passa devant chez 14

nous, et intentionnellement, mot « Patate ».

nous prononçâmes

assez fort, le

Elle le prend très mal, revient sur ses pas, nous fixe de ses yeux globuleux de « gros popotame courroucé », et nous admoneste avec véhémence. Grand-mère qui dit toujours entendre haut, apparaît dans l'encadrement de la porte en surplomb, devinant de notre part, quelque bêtise à réparer... Libéré de mes obligations et devoirs scolaires, je vais à la librairie, j'y passe de longs moments à feuilleter, lire, comparer avant d'acheter éventuellement. Je bavarde avec M. Patard lequel n'a jamais, apparemment, été informé de nos démêlés avec sa tendre « popotame » épouse. J'aime cet endroit, il s'en dégage une odeur très particulière, comme celle retrouvée aujourd'hui et qui a fait naître ces lignes. Je ne peux deviner que quelque quinze années plus tard, ces senteurs feront partie de ma vie quotidienne... Mais si je m'attarde souvent en ce lieu c'est pour une autre raison, secrète celle-ci. J'ai des chances d'y rencontrer les si jolies fùles du docteur Demailly. Les trois sœurs viennent fréquemment à la librairie, souvent le jeudi. Anne, la plus jeune des trois, a ma préférence. Je me souviens très nettement de sa silhouette gracile, de son visage de Madone de la Renaissance, clair, aux traits fins, et de la grande douceur de son regard bleu. Sa coupe de cheveux, très courte pour ce temps, était celle de l'actrice Jean Seberg que nous découvririons à quelques années de là. Anne m'adresse ses plus beaux sourires à chaque rencontre, je les lui renvoie, et cela suffit à me rendre heureux. J'ai aussi l'occasion de la rencontrer à la grande messe du dimanche à l'église avec ses sœurs. Je suis assez fier qu'elle me voie dans mon bel habit d'enfant de chœur à soutane rouge et surplis blanc, toujours bien repassé par grand-mère. On se rencontre peu, nous ne sommes pas dans la même école. Je vais à l'école communale, Anne à celle des filles: l'école Saint-Paul, située à l'opposé, loin après la sortie du bourg 15

sur la route de Gacé... Bien plus tard, le hasard de la vie me ferait retrouver ces douces années. Dès mon entrée dans l'Imprimerie où j'allais travailler une grande partie de mon existence, je serais séduit instantanément par cette odeur de papier fraîchement imprimé. Ce fut peut-être - qui sait ?- décisif dans le choix de mon métier. En traversant les Ateliers de Presse et de Reliure, j'aimais retrouver ces fragrances, d'encre, de papier et de colle. Les souvenirs de Broglie: Anne, la librairie et les B.D. remontaient en moi, m'accompagnaient, familiers, tissant un lien avec cette enfance qui se révélait si présente.

16

II

Avant

Broglie

Il y a eu

un

Avant

Broglie...Les restrictionsalimentaires des
difficultés à se procurer nécessité, maman du dans bois de

temps

de

guerre, et tous

les

chauffage ville où

produits ont

de première contraint laquelle,

la petite que mon cesser

nous

habitons,

le temps

père

est à la guerre -,

-

pense-t-on,

devra

rapidement elle a Modeste ses cinq quatorze Maune ma

à venir se réfugier dans la ferme
au Planquay, un hameau pour plus

maternelle où
qu'un village. de

grandi: ferme, âmes: ans

mais ma

suffisante

assurer

la subsistance

grand-mère nous

maternelle

et sa dernière

fillede la

que

surnommons

le gros baizot. Maman, je prononçais Maune)

(déformation

de Maud

qu'enfant

petite sœur Depuis

de trois ans, et moi de juin 1940,

âgé de six ans. nous vivons là, dans la Je

l'exode normande,

campagne garde de

à l'écart du monde tout, perdus herbus, ces

et de ses tourments. au milieu des sous

ces lieux loin de coupés vives, de

bocages la voûte et d'un

luxuriants, des haies

chemins de

ombragés souvent

je garde peu

chemins

boueux l'image

oubliés, bonheur La dès

de ces lieux où tranquille...

de choses

se passaient,

gaieté de maman

et de sa jeune du matin,

sœur jusqu'à

animaient tard

la maison

les premières de longues

heures

le soir (nous chants et

faisions

veillées). J'entends

encore en

leurs reste:

leurs éclats de que

rire. Grand-mère soient

n'était pas prises d'un fou

il arrivait n'en plus

les trois femmes

rire «à

finir », et c'était elle la première, « Je suis morte! bien souvent pour Je n'en peux

les yeux

en larmes,

qui s'écriait: », et à la

plus, je suis trempée-noyée! vers le jardin attenant le même état.

ses deux

fùles couraient

maison

éviter de se retrouver 17

dans

A l'école du village je travaille bien, je suis le plus jeune de ma division, ce qui me vaut l'attention pédagogique et affectueuse du jeune maître d'école. Lorsque nous faisons le samedi, la longue classe-promenade jusqu'au chêne centenaire du Bois Guillaume, vers Saint-Vincent du Boulay, au retour, si je traîne un peu la jambe, il me porte sur ses épaules pendant une grande partie du chemin. Lors de la visite d'amis enseignants, hommes ou femmes, il ne manque jamais de venir jusqu'à mon banc me présenter et leur montrer la médaille épinglée sur ma blouse noire... Le jeudi, jour de messe et de catéchisme, notre curé (l'abbé Fernand Dépérest, ami de la famille) déjeune chez nous. C'étaient, je m'en souviens, de véritables réjouissances. L'abbé est un grand gaillard - un bel homme selon grand-mère -, plein d'esprit, moderne, drôle et joueur avec les enfants. Un bon vivant aussi, lorsqu'il repart vers son presbytère au village voisin de Drucourt, juché sur son vélo de femme (à cause des grandes jupes), je le vois zigzaguer sur le chemin, et j'ai bien du mal à reconnaître le curé qui nous a fait le catéchisme quelques heures plus tôt, nous pinçant la joue, agacé par notre distraction et notre ignorance. Pierre Duval, le fermier voisin, est aussi notre ami à tous. Il est, pour ma petite sœur et moi, une grande figure de notre enfance. Il possède deux immenses herbages derrière et devant notre petite ferme. Lorsqu'il fait les moissons par chez nous il nous emmène avec lui dans sa grande charrette à foin, peinte d'un bleu délavé, et que nous appelons la « gribane ». Les jours de fenaison, nous guettons à heure régulière le bruit des roues et du cheval sur la grande route, pour courir le rejoindre. Célibataire, il dîne tous les dimanches soir chez nous. Il adore les enfants, sa venue est toujours une agréable diversion, nous y pensons depuis le matin, et l'on voit dès le début de l'après-midi notre jeune tante le gros baizot, essayer inlassablement devant la glace de nouvelles coiffures. Bien que débonnaire, par sa puissante stature, avec sa casquette et ses larges moustaches brunes, il ressemble à celui qui fait le

18

méchant et poursuit Charlot dans ses fùms(l). Nous ne l'avons vu qu'une seule fois se départir de sa douceur: son cheval rétif l'avait excédé, il l'avait fouetté sur la tête à tour de bras, avec l'extrémité des rennes. Nous l'entendîmes dire, furieux: «Ah! depuis plusieurs jours tu la voulais ta volée, et bien la voilà. » Après, la Maune et moi savions que notre ami était malheureux, et nous restâmes silencieux.

(1)

Éric Campbell

19

III

Nuit de Noël
Alors accroche-toi à mes voiles) / je m en vais dans les étoiles.

Ce Noël de l'hiver 1940 qui fut si froid... et si beau. Maman, et la petite Maune avec le gros baizot, passaient cette fête dans notre demeure, que les vicissitudes de la guerre comme, je l'ai dit, nous avaient fait provisoirement abandonner. Pour la soirée de Noël, grand-mère et moi n'étions que tous les deux. J'aimais me trouver seul avec elle. Dans ces circonstances elle était toute différente, bien plus complice, acceptant mes fantaisies et mes folies d'enfant, et surtout, je l'avais pour moi. Cette veillée de Noël fut un moment enchanté. Oui enchanté! Pour moi qui connais la suite de ce récit. Dès le midi, grand-mère m'avait emmené « au Planquay ))) nom que l'on donnait au pâté d'une dizaine de maisons qui formaient ce qu'on peut appeler un village. Nous étions allés à l'Épicerie Fontaine, l'avant-dernière maison à gauche avant notre école, sur la route de St-Mards de Fresnes. Là, elle m'avait demandé de regarder les jouets afin qu'elle puisse transmettre mon choix au Père Noël. Parmi tous ces jouets, ces paquets et ces boîtes en vrac, j'avais remarqué tout de suite les soldats de plomb. Ah ! Qu'ils étaient jolis avec leurs tuniques rouge et or ! Les cavaliers surtout avaient fière allure, martiaux, presque vivants sur leur cheval cabré. Que de jeux je devais faire avec eux! C'étaient des soldats de plomb fabriqués en période de guerre, moulés en métal creux, qui se cassaient facilement entre le socle et les jambes. Quelques-uns, malgré mes précautions, devaient se

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briser à l'endroit fragile. Je les réparais en introduisant creux de chaque membre des bouts d'allumettes.

dans le

J'avais remarqué à l'épicerie Fontaine parmi les autres jouets, des crayons de toutes les couleurs - article de luxe pour cette époque, si j'en juge par les recommandations de grand-mère la première fois que je les emmenai à l'école - des peintures magnifiques dans leur petit moule de métal ondulé, un livre encore, un livre au papier glacé avec une couverture illustrée aux couleurs vives. Je me rappelle très bien son titre: Les Aventures de Don Quichotte de la Manche. Je fis part à grand-mère de mes préférences, cependant elle m'avertit qu'il n'était pas certain pour autant que le Père Noël me les apportât. L'après-midi me parut interminable, j'avais la tête remplie de tout ce que j'avais vu, faisant mille suppositions sur ce qui serait déposé cette nuit-là dans la cheminée. Vers cinq heures en ce mois de décembre, la nuit déjà tombée, il nous fallait partir comme chaque jour à la traite de nos cinq ou six vaches. L'herbage où nous nous rendions était presque aux confins du village, nous devions traverser d'immenses prés déserts; j'avais de petites jambes et le chemin m'eût paru certainement long si grand-mère ne m'avait raconté plein d'histoires du temps passé. De plus, penser à la nuit de Noël qui nous attendait m'ôtait toute fatigue. Enfin, à notre retour commença la veillée. En ces années-là chez nous, on se chauffait à la cheminée et l'on y cuisinait, elle était l'âme du foyer. Il nous fallait donc allumer un grand feu de bois. Magie du feu qui crépite, qui vous réchauffe si vite, dont la lueur et la danse des flammes mettent la maison en joie! Il y avait aussi un grand sapin, si grand que de mes six ans je n'en voyais pas le faîte. Un vrai sapin à la couleur et aux senteurs de la forêt, dont l'odeur de résine imprégna la maison pendant plusieurs jours. Il devait se suffire à lui-même, on ne le décorait pas, du moins de ces belles et rutilantes guirlandes que nous connaissons de nos jours, ou étions-nous trop pauvres ou ignorants de leur existence dans le commerce? On déposait seulement sur sa ramure des petits morceaux de coton 22