Soleil froid

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En 1994, l'affaire Rey-Maupin a défrayé la chronique et n'a cessé singulièrement de nourrir l'imaginaire littéraire. Une part imperceptible survit néanmoins aux confins du réel et crée des espaces à la fois mouvants et incroyablement présents, où des êtres, cernés par l'horreur, le rêve ou la mélancolie, surgissent tout en cessant d'exister. Ils deviennent ainsi les soleils intermittents, contrariés ou effrayants de ce recueil de nouvelles.
Publié le : dimanche 8 mai 2016
Lecture(s) : 2
EAN13 : 9782806108357
Nombre de pages : 114
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Yann Frémy
Soleil froid et autres nouvelles
Ailsa Mellon Bruce Collection
Soleil froid et autres nouvelles
Du même auteur
Forces de Verlaine (éd.)Revue des Sciences Humaines,2007.
« Te voilà, c’est la force ».Essai surUne saison en enfer, Classiques Garnier, 2009.
Résistances d’Une saison en enfer(éd.), Classiques Garnier, 2010.
Verlaine. La parole ou l’oubli, Academia, coll. Sefar, 2013.
Énigmes d’Une saison en enfer(éd.)Revue des Sciences Humaines, 2014.
Mémoires inquiètes : de Rimbaud à Ernaux, Academia, coll. Sefar, 2014.
Soleil froid et autres nouvellesNouvelles
Yann Frémy
D/2016/4910/23
© Academia – L’Harmattan Grand’Place 29 B-1348 Louvain-la-Neuve
 ISBN : 978-2-8061-0279-9
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous pays sans l’auto-risation de l’auteur ou de ses ayants droit.
www.editions-academia.be
Soleil froid
suivi d’unecritiqueet d’unenvoi
S o l e i l f r o i d
Tiens ! Le soleil n’écoute déjà plus.
Ionesco
Au milieu des années 1990, deux jeunes gens se lancèrent dans une tuerie sans nom.
I
La maison, on peut y entrer par la terrasse, assez vaste, après avoir franchi un petit escalier. Vous êtes libres d’aller admirer, pas si mal, pas si banal, soit une plaine à perte de vue – la campagne –, soit de sombres maisons enfoncées, des appartements encastrés ou empilés – la banlieue. Où donc Audrey habitait-elle à cette époque ? Plutôt que d’aller par le monde ouvert, si vous entrez dans la maison, vous y verrez Audrey effondrée. Dans un coin de la cuisine, assise par terre, elle pleure.
Rien ne vient remuer l’air, aucune voix ne se fait entendre.
Ces larmes, elles coulent de son visage, mais elles sont in-suffisantes pour le quitter et tomber en un bruit sourd sur le sol… rien ne naîtra de ces larmes.
Ces cris, ils restent collés à sa bouche fortement ouverte, ils se propagent dans sa boîte crânienne – elle hurle, c’est certain, mais tout résonne et circule en mille et un fourmil-lements, dans son ossature, sur sa face : on peut dire qu’elle est discrète, qu’elle ne dérange personne et sûrement elle ne le souhaiterait pas.
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