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Sonatine pour naufragés

De
162 pages
Il a huit ans, peut-être neuf, l'âge où l'on rit de bon coeur et où on réfléchit très fort. De la très vieille maison familiale à découvrir il pourrait faire une occasion d'exploration idéale d'un monde inconnu, mais elle est si lourde de secrets redoutables qu'elle effraie. Alors pour surmonter ses peurs, avec sa boîte à couleurs et son imaginaire que rien ne peut brider, il va entreprendre d'apprivoiser cette ancienne demeure.
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Michèle Acquaviva-
Sonatine pour naufragés
Sonatine pour naufragés
Michèle Acquaviva-Pache Sonatine pour naufragés
Du même auteur :À « L’Harmattan Dans le cycle « Chroniques d’innocence » (romans) -Paladines, 2001 -La Sarrazine, 2002 -Bleu turquine, 2003, -Le Pré de l’Asphodèle, 2004 -Dans l’œil de Gorgone, 2005 -L’Épiphanie, 2007 Théâtre («L’Harmattan ») « Marie que m’as-tu fait ? »,suivi de « Vive la mariée ! », et de « Climats de confiance », 2006 « Antigone aux temps présents, suivi de Cousines et de L’amour empaillé », 2010 Avec Gabriel Roth:Cotonou, «La Gerbe« Tropiques70 -d’Or et autres madeleines », 2011 Éditions du Cerf, 1976: «Exil connaît pas…» biographie de Sally N’Dongo Maspero, 1976, « Machines à dormir » Éditions sociales, ouvrage collectif, 1981, «Aujourd’hui les femmes » Revue « Écriture », extrait de « L’Épiphanie », 1997 © L'HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01835-5 EAN : 9782343018355
Avant-propos Cette «Sonatine pour naufragés» est une navigation entre fiction et réel. Un voyage entre histoires douloureuses, ces claques que peut administrer la vie, et un conte tel que peut en tisser un enfant solitaire quand il a des couleurs pour dessiner ses rêves. La fiction s’incarne dans la figure frêle et vive, imaginative et ombrageuse de ce gamin absorbé par la découverte d’une maison, intimidante de mystères qu’il lui faut apprivoiser. Le réel cingle dans ces monologues de naufragés de l’existence qui disent l’abus sexuel, la maladie d’Alzheimer, l’autisme, l’alcoolisme… en autant de variations cruelles et implacables. Le petit avec son obsession pour le dessin à faire éclore, au bout de ses doigts, appartient au domaine de l’imaginaire. Dessiner pourquoi, si ce n’est exorciser ses peurs et se peindre un avenir... Les naufragés, eux, surgissent de cette réalité bien commode à occulter, à escamoter, mais qui est toujours là aux aguets. Toujours menaçante. Rêverie enfantine, et instantanés du réel donnent une partition jouant en contrepoint de deux expressions littéraires :romanesque et dramaturgique. Ces deux formes littéraires misent sur le contraste et la rupture, mais ont en commun leur résonance poétique.
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Court, court le lapin Une gentille pluie sur les vitres de la véranda. En douceur rebondissent de petites gouttes rondes. Gentille cette pluie avec ses légerstambourinements de djembé quand l’instrument se fait tendresse, quand il transforme des affabilités courtoises en affection chaleureuse. Elle a dû être belle cette véranda que les années et les intempéries ont mis à rude épreuve. Elle a résisté, malgré une apparente fragilité. En elle cette élégance qui n’exclut pas la robustesse. Certes ses jalousies sont déglinguées et leurs lames en bois décrochées des chaînes métalliques ont une fâcheusetendance à flirter avec la terre du jardin où toute plate-bande a oublié de pousser depuis des lustres. La pluie accélère sa cadence plaquant de grosses bulles d’eau sur le vitrage. Volumineuses perles nacrées. L’enfant entrouvre un carreau tout content que le mécanisme, qui permet l’opération, puisse encore fonctionner. Elle semble si vieille, si usée cette véranda adossée à un flanc de la maison d’Américains bâtie en une époque d’opulence depuis longtemps évanouie! Par l’entrebâillement le nez passé. Parfum frais sur la joue aussitôt suivi d’une cinglante gifle de pluie. Rigolo. Il en redemande. Recommence. La partie s’achève par une claque plus forte, plus sonore que les autres. Pouce !… Il pleut maintenant à verse. Torrents d’eau coulant sur les parois vitrées avec alternance de trombes déchaînées. L’enfant entend déjà les soupirs de béat contentement qui
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