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Sopam, le duc de Liptougou

De
188 pages
Sopam, le duc de Liptougou, retrace le lien singulier entre le personnage principal et son géniteur, leur complicité à toute épreuve. Dans cette oeuvre, transparaissent également la combativité, la persévérance d'un homme. Loin d'étaler les éloges de Sopam, elle vise à faire partager sa riche expérience d'homme battant à la jeunesse, pour l'inciter à lutter continuellement pour le développement... personnel.
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Sopam, le duc de Liptougou
Hadiza Sanoussi        Sopam, le duc de Liptougou                       L’H ARMATTAN
 
      Du même auteur Les deux maris, éditions Moreux, 2001 ; Editions LHarmattan Burkina, 2009. Devoir de Cuissage, éditions JEL, 2005. Et Yallah sexila, éditions JEL, 2010.                     © L'H ARMATTAN , 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris   http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-336-00179-1 EAN : 9782336001791  
Avant-propos
Le personnage principal de cette œuvre, Sogli Pangueba Mohamed, existe réellement. L’objectif qu’il vise à travers l’œuvre, est de faire comprendre à la jeunesse, par son exem-ple, qu’aucun obstacle n’est infranchissable dans la vie. Qu’on peut, armé d’un minimum de détermination, réaliser ses rêves, déplacer des montagnes. En ce siècle où la jeunesse africaine a de la peine à se frayer un chemin dans la vie, où nos Etats sont confrontés au chô-mage des jeunes, écrire cette œuvre était une gageure et une entreprise qui ne pouvait qu’être tentante pour moi, en tant qu’auteur. Il ne s’agit pas de proposer des recettes miracles pour devenir millionnaire. Mais de faire comprendre aux jeunes, en s’inspirant du cas de Sopam, que, pour réussir, il faut se battre, s’armer de courage et de détermination, essayer plu-sieurs voies. Et ne jamais s’arrêter, ne pas se décourager. Pour Sogli Pangueba Mohamed, au-delà de l’altruisme, cette œuvre lui permettrait de mieux se connaître, de se regarder comme dans un miroir. Car, quoi qu’on dise, à travers les inves-tigations, il ressortira forcément des souvenirs enfouis dans un passé à jamais révolu. Nous espérons à travers ce parcours romancé du person-nage, apporter notre contribution à l’édification d’une jeunesse africaine combattante et déterminée. J’exprime ma reconnaissance à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont collaboré à la réalisation de ce livre,
particulièrement ceux que j’ai rencontrés pour les entretiens. Je me garde de citer des noms, ne pouvant être exhaustive. Je loue particulièrement leur disponibilité et l’ouverture d’esprit dont ils ont fait preuve, pour répondre sans détours à mes ques-tions, quand on sait qu’en Afrique, parler d’autrui en son absence n’est pas toujours bien perçu. Mes remerciements plus spécialement à ceux qui m’ont hébergée lors des mes différents déplacements à Fada N’Gourma, à Bogandé et Liptougou.
A tous, merci mille fois.
I
L’Homme se leva dès le premier chant du coq. Il voulait profiter de la fraîcheur matinale. Le ciel avait été généreux. Il avait plu la veille jusque tard dans la nuit. Le labour serait beau-coup plus facile. L’Homme regarda son frère cadet, Sambo, qui dormait à poings fermés. Il s’habilla à la hâte, prit sa besace, vérifia qu’il avait tout le nécessaire à l’intérieur. Cela le ramena quelques années en arrière, quand leur mère était encore là, attentive à ses moindres besoins, veillant au grain. Il n’avait pas plutôt franchi le pas de la porte qu’elle accourait, pour s’assu-rer qu’il n’avait besoin de rien, pour vérifier s’il y avait suffi-samment d’eau dans sa gourde. Le bon vieux temps ! se dit-il, celui de l’insouciance. Ce souvenir l’attrista et l’obligea à se retourner vers son frère. Mais il se ressaisit vite. Allons, se dit-il, ce n’est pas le moment de se lamenter sur son sort. Cet enfant avait besoin de lui, et il devait être à la hauteur. Il sor-tit, referma la porte de la case derrière lui. La maisonnée était toujours plongée dans le sommeil. Il aurait voulu s’accorder encore quelques minutes de somme, mais il savait qu’il ne pou-vait se permettre ce luxe. Ils n’étaient que deux frères utérins dans cette grande famille royale dont lui, l’aîné. Il traversa le vestibule et se dirigea résolument vers les champs. Le mil avait déjà plus d’une coudée de hauteur. L’herbe verte, de chaque côté du sentier, se recourbait et le cachait. Là où il disparaissait, l’Homme écartait la verdure avec son bâton pour avancer. Le contact avec la rosée lui faisait du bien. Une fois sur place, l’Homme vérifia son piège. Les ancê-tres étaient avec lui. Un lièvre s’y était fait prendre. Il le retira et remit l’appât en place. Un autre gibier ne serait pas de trop, vu que ce n’est pas tous les jours qu’il en prenait. Il mit son butin dans sa besace et repartit vers le grand karité qui lui ser-vait d’abri. Il y suspendit sa besace et se mit à ramasser les