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Le livre Terrée dans ses appartements, Mélipona continue de lire les livres de la bibliothèque. Elle découvre, stupéfaite, une autre version de la célè-bre légende des quatre dragons. L’histoire contiendrait-elle un message codé de sa mère ? Pendant ce temps, alors que Copiraille étudie les textes laissés par les Honorables, Siki-Siki s’impatiente. Elle est sûre que Mélipona est en danger. Pas facile de convaincre les Maîtres Sorciers qu’elle doit se rendre à Hibah… Quant à Finn, il lui faudra d’abord sortir des cachots du baron afin de tenir la promesse faite aux Chéramie. Mais comment délivrer ceux-ci des griffes de la Garde incar-nate sans verser le sang ? Le Lampadéphore, jamais à bout de ressources, a besoin d’un roi. Il y en a bien un de dispo-nible… Hélas ! Il passe son temps à écrire de navrants poèmes à sa propre gloire et son nom est Galim’atia, tout un programme… Et si les quatre dragons existaient vraiment ?
Ce livre est le sixième tome de la sérieSorcier !qui en compte huit.
L’auteure Moka est née en 1958 au Havre. Elle est diplômée de l’Université de Cambridge. Très jeune, elle connaît un grand succès avec son premier roman,Escalier Celle, dont écrit elle-même les dialogues pour le cinéma. Elle a publié quatre romans pour adultes, et se consacre à la littérature pour la jeunesse depuis 1989. Ses domaines de prédilec-
tion : le fantastique et l’angoisse. Elle n’écrit pas pour exorciser ses peurs puisqu’elle n’en a pas ! C’est le goût pour la construction des énigmes, du suspense, pour le surnaturel qui l’ont poussée à explorer ce terrain. Mais les livres de Moka ne sont pas tous habités par des forces maléfiques et ne dégagent pas tous des relents de sou-fre… elle écrit aussi pour les petits et met en scène les bonheurs et les malheurs de la vie des enfants !
Moka à propos de son livre : « DansLes quatre Dragons, je commence à ouvrir les boîtes gigognes. Dans la grande, il y en a une plus petite qui en contient une qui… Le résultat que je recherche est résumé dans les dernières paroles qu’adresse le mys-térieux drapier Fantar à Finn :“Tout est lié, mon garçon, tout est lié !” C’est un drôle de jeu que j’ai inventé, je dois me débrouiller pour que, à la fin, absolument TOUT soit lié ! Compliqué ? Certes. Mais qu’est-ce que je m’amuse ! »
Moka Sorcier! 6. Les quatre Dragons
Neuf l’école des loisirs e 11, rue de Sèvres, Paris 6
Chapitre1 Une autre version de l’histoire des quatre Dragons
Les montagnes semblaient désertes, tristes et froides. Elles n’étaient pourtant pas si désertes que ça. Un cavalier obstiné s’acharnait à vouloir les gravir. Son nom était Miricaï. Il avait laissé derrière lui un monde qui ne lui plaisait pas, un monde où trop de choses lui étaient interdites. On lui déniait la place qu’il méritait, et Miricaï refusait de se soumettre. Son ambition était à l’image de son intelligence : démesu-rée. Il voyageait pour apprendre, encore plus, tou-jours plus, sans jamais se satisfaire du savoir acquis. Le destin plaça Miricaï en présence d’un Dragon jaune. La créature était étrange. Elle se lamentait, grognait, lançait les pires malédictions avant de retomber dans l’apathie. Intrigué, Miricaï s’adressa à lui. – Seigneur, que vous arrive-t-il ? Mais le Dragon ne lui prêtait aucune attention.
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Il se remit à gémir, à se plaindre et à invectiver le ciel. Miricaï éleva la voix. – Maître Dragon, quel est ce trouble qui vous agite ? – Voleur ! Traître ! Miricaï allait protester lorsqu’il s’aperçut que le Dragon jaune, tout à sa colère et à son désespoir, ne le regardait pas. Poussant son cheval, Miricaï s’inter-posa entre le soleil et le Dragon. – Quoi ? Qu’est-ce ? Pourquoi la nuit s’étend-elle sur moi ? – Ce n’est pas la nuit, répondit Miricaï, ce n’est que votre serviteur. Le Dragon tourna la tête. Il plissa les yeux et soupira. – Oh… Je fais erreur. C’est l’ombre d’un arbre. – Maître ! cria Miricaï. Ne me voyez-vous pas ? – Tiens, cet arbre parle ! Ne t’inquiète pas, étranger. Je plaisante. Hélas, me voilà bien affaibli. Je suis presque aveugle, mon odorat est nul, les ali-ments n’ont plus de goût et je n’entends guère. Toute magie a un prix. J’ai payé le mien. – Magie ? répéta Miricaï, très intéressé. Le Dragon poussa de nouveau un long et pro-fond soupir.
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– J’avais une petite clé d’or. Une merveille d’art sorcier ! J’ouvrais toutes les portes, réelles ou imagi-naires. Je me sentais puissant. Beaucoup trop… Ah, que ne m’a-t-on mis en garde ! La raison vous aban-donne ! Je suis allé là où je n’aurais pas dû… – Où ? demanda Miricaï. – Y a-t-il une chouette à cette heure de la jour-née ? – Non ! hurla Miricaï. C’est moi ! Je disais : où ? Où êtes-vous allé ? Le Dragon posa la tête entre ses pattes, l’air pitoyable. – J’ai voulu franchir la porte de la mort. – Qu’avez-vous vu ? – Voir ? Entendre ? Sentir ? Aucun être vivant ne peut supporter un tel voyage ! Je n’avais pas sitôt passé le seuil que mes sens s’égaraient ! Et je ne les ai pas recouvrés. Encore devrais-je m’estimer heu-reux : je n’ai perdu qu’une partie de moi-même. Miricaï comprit qu’il n’en saurait pas plus. – Pourquoi, Maître, sembliez-vous si désespéré à mon arrivée ? Se redressant d’un bond, le Dragon jaune parut soudain terrible. – Ah, le voleur ! Ah, le traître ! Me déposséder
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ainsi de mon bien le plus précieux ! Qu’y a-t-il de pire que d’être trompé par ses propres amis ? – On vous a volé la clé d’or ? devina Miricaï. Qui ? – Le Dragon vert ! Miricaï réfléchit quelques secondes puis se décida. – Indiquez-moi la route et j’irai trouver le Dra-gon vert. Je lui reprendrai la clé ! – Tu te crois de taille à l’affronter ? Il ne fera qu’une bouchée de toi ! – La force n’est rien, affirma Miricaï. – Il ne me plaît guère de t’envoyer vers le dan-ger. Cependant, je veux récupérer ma clé. Oh, non pas pour m’en servir ! J’ai appris ma leçon. Mais j’ai grande crainte de l’utilisation que souhaite en faire le Dragon vert. Va, il te suffit de suivre le chemin. Miricaï s’inclina pour le saluer. En partant, il se retint de rire. Il avait eu soin de dire qu’il repren-drait la clé… pas qu’il la rendrait à son propriétaire ! Le jour suivant, le destin plaça Miricaï en pré-sence d’un Dragon bleu. La créature était étrange. Elle se lamentait, grognait, lançait les pires malédic-tions avant de retomber dans l’apathie. Intrigué, Miricaï s’adressa à lui.
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– Seigneur, que vous arrive-t-il ? Le Dragon ne lui prêtait aucune attention. Il se remit à gémir, à se plaindre et à invectiver le ciel. Miricaï éleva la voix. – Maître Dragon, quel est ce trouble qui vous agite ? – Voleur ! Traître ! Miricaï allait protester lorsqu’il s’aperçut que le Dragon bleu, tout à sa colère et à son désespoir, ne le regardait pas. Poussant son cheval, Miricaï s’inter-posa entre le soleil et le Dragon. – Quoi ? Qu’est-ce ? Pourquoi la nuit s’étend-elle sur moi ? – Ce n’est pas la nuit, répondit Miricaï, ce n’est que votre serviteur. Le Dragon tourna la tête. Il se leva pour faire face à son interlocuteur. Il se traînait péniblement, gêné par un de ses membres, de la forme d’une patte d’oiseau de proie. Miricaï eut un mouvement de recul, dégoûté par son aspect. – Désolé de t’imposer pareille vision, dit le Dra-gon. Hélas, me voilà bien affaibli ! Toute magie a un prix. J’ai payé le mien. – Magie ? répéta Miricaï, très intéressé. Le Dragon poussa un long et profond soupir.
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