Sous les vignes du pays Druze

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Publié le : vendredi 1 janvier 1993
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EAN13 : 9782296279667
Nombre de pages : 94
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SOUS LES VIGNES DU PAYS DRUZE

f\F 68 Tahar Bckri, Le laboureur du soleil. N' 68 bis Koroghli Ammar, Sous l'exil, l'espoir. l'f 69 N' 70 N> 71 N> 72 N' 73 N' 74 N> 75 N' 76 N' 77 N' 78 N' 79 N' 80 N' 81 82 N' 83 N' 84 N' 85 N' 86 N' N' N' l'f 87 88 89 l'f Koroghli, Mémoires d'immigré. Saaf Abdallah, Chroniques des jours de reflux. Noureddine Aba, Et l'Algérie des rois, Sire? Hassina, Ame des fleurs, ma sœur; Dounia Charaf, L'esclave d'Amrus. Fawzi Assaad, La grande maison de Louxor. Albert Bensoussan, La ville sur les eaux. Fatiha Berezak, Regard Aquarellll. Leila Rezzoug, Douces errances. Noureddine Aba, L'Arbre qui cachait la mer. André Nahum, Le roi des Briks. Selim Matar, Lafemme à lafiole. Errasmi Mohamed Bouqsim, Complaintes de perdants orgueilleux. Naïdè Ferchiou, Ombres Carthaginoises. Atallah Mokhtar, Rue du Liban. Raphaël Braque, Le rwuveau livre d'Isaac. Albert Bcnsoussan, Djebel-Amour ou l'Arche Mufragère. Azzedine Bounemeur, Cette guerre qui ne dit pas son nom! M.K. Bouguen-a, Fenêtres barbares. Slaheddine Bhiri, De nulle part. Fatima Bakhai, La Scalera.

90 Fatiha Berezak, Homsiq. N' 91 Myriam Ben, Ainsi naquit un homme. N> 92 Rabia Abdessemed, La voyante du Hodna.

Leila BARAKAT

Sous les vignes
du pays druze
(Roman)

Editions L'Harmattan 5-7 rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

@

L'Harmattan,

1993

ISBN: 2-7384-2009-5

Avant-propos

J'ai écrit pour baliser un sentier cruellement renié par la lumière. De vérité inconnue, je ne révèle pas: offre-t-on le bien des autres? Le secret n'est pas mien, il est nôtre. Et si son glas doit sonner, d'autres sont plus en droit de faire vibrer les cloches. Le respect délimite mon champ d'écriture ; respect d'une secte qui a choisi de tourbillonner seule, à travers les siècles, avec son héritage ancestral. Respect, en fait, du relativisme. De la liberté de croire et de penser. Le portrait druze, on a à peine pu tracer son contour. J'ai écrit pour en dessiner les traits. Ces êtres obscurs qui se cantonnent dans leur religion, qui sont-ils? Et comment expliquer leur légendaire solidarité à travers espace et temps? Emigrés ou terrés dans leur berceau au Croissant Fertile, ils ne trahissent pas. Et transmettent à leurs enfants, indemne, cette boule de cristal qu'on leur a confié. Fardeau ou trésor? La question n'est pas là. Un seul conseil, précisent-ils: ne la cassez pas. A l'indignation de ceux qui l' adlnettent, à l'effroi de ceux qui le soupçonnent, El Hikmé, le livre saint, a depuis longtemps dépassé le cercle des initiés. Traduit, expliqué, reproduit, il se retrouvera dans les plus grandes bibliothè7

ques du monde. Reprendre ce qui s' y trouve ne serait donc pas essentiellement sacrilège. Toutefois, je ne le ferai pas. Ma mission est autre. J'ai écrit pour animer l'ombre d'une communauté. Dévoiler sa noblesse, ne pas omettre ses défauts. Peindre l'îlot druze de tous ses rivages. Et de là le conflit. La vie est-elle raison? Eloignonsnous alors de ce qui ne semblerait être qu'une secte hérétique. Mais... la vie n 'est-elle pas aussi identité? Cette symbiose d'abnégation, de sourires, de grandeur, comment s'en déraciner, comment prétendre tout d'un coup qu'elle a cessé d' être, pour errer dans l'univers au nom de la logique? J'ai écrit, surtout, pour illustrer le dilemme: Face à la raison des éclairés, les entrailles des racines. Une fièvre! La fièvre de celui qui voit clair mais ne peut s'empêcher de sentir.

Note de l'auteur
Les citations de Kamal Joumblatt sont extraites de son recueil de poèmes Ananda et de son essai Pour le Liban. 8

PREMIERE PARTIE

- Olivier! D'une aiguille lente, monotone, cadencée, le silence continue à tramer son immense toile, alourdissant encore la pesanteur de la nuit. - Olivier! Pourquoi, songe une guêpe qui n'arrive à s'assoupirpourquoi un tel chahut ce soir? - Grand frère! Les olives frémissent, le tronc bâille, les branches écartent leurs paupières en bois. Quelques instants éternels, on guette la réaction de l'écorce encore lasse. - C'est bientôt l'aube, mon ami. Un afflux de sève parcourt l'olivier, donne l'alerte et l'armada de drupes menaçantes de se réveiller. Comment, un frêle arbuste, troubler son sommeil? - Et alors? - Dans quelques minutes ils seront là. A iriser le paysage, à lui donner une voix. A faire l'amour avec les mottes des champs. Le géant s'impatiente. -Qui sera là ? Il

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