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Starless Sky - Encore

De
45 pages



À la fin d’un concert, le public crie « Encore ! » pour en avoir plus. Et c’est ce rappel que vous proposent les membres de Nothing Else et leurs amis, avec trois nouvelles inédites qui viennent conclure la trilogie Starless Sky :


Merii Kurisumasu : Kiyoshi et Hikari vivent leur premier réveillon de Noël en amoureux.


Falling Star : Toute la vérité sur ce qui s’est passé entre Kiyoshi, Kazuo et Ash, trois ans avant Starless Sky;


Valentine no chokoretto : Haru et Daiki, du groupe Candelabra, offrent à Seika une mémorable Saint Valentin.

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Isabelle Wenta

STARLESS SKY – ENCORE

 

 

 

MERIIKURISUMASU

suivi deFALLINGSTAR

et deVALENTINENOCHOKORETTO

 

 

 

 

 

 

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Une collection des Éditions Voy’el

© Éditions Voy’el 2016

 

 

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AVANT-PROPOS

 

 

 

 

Starless Sky fut à l’origine publié en feuilleton, un chapitre par semaine, du 20 septembre 2001 au 7 juin 2002, sur mon défunt site Le Sanctuaire d’Hitomi. Un rendez-vous hebdomadaire qui m’a beaucoup manqué quand l’aventure a pris fin au bout de neuf mois et du joli score de trente-six chapitres, alors que je pensais au départ n’en écrire qu’une dizaine...

Et comme je déteste les « fins définitives », je n’ai pas pu m’empêcher d’écrire, la semaine suivante, un chapitre supplémentaire en forme d’épilogue consacré aux deux… on peut dire « personnages principaux », même si les cinq membres de Nothing Else se partagent la vedette de cette saga : Kiyoshi et Hikari. On les y retrouve donc lors de leur premier réveillon de Noël en amoureux.

Un an et demi plus tard, en décembre 2003, à la demande – exigence ? – de lectrices avides de détails, j’ai ajouté un autre chapitre, ou plutôt une « scène manquante » pour développer un point du récit qui n’avait été que rapidement évoqué dans le premier chapitre : ce qui s’est réellement passé entre Ash et Kiyoshi, le soir où le bassiste a sauvé son ami agressé par Kazuo.

Ce sont ces deux récits supplémentaires que je vous offre aujourd’hui, un « Encore » pour conclure, tel un concert de Nothing Else, les trois Mouvements de Starless Sky.

Avec en prime une histoire courte, écrite en février 2004, consacrée à Seika, le guitariste de Candelabra, à qui Haru et Daiki vont offrir une drôle de Saint Valentin.

 

J’espère que vous aimerez mon petit bonus.

Bonne lecture !

 

Isabelle « Hitomi » Wenta

 

 

 

PS : Et dans Merii Kurisumasu, vous allez peut-être penser à juste titre que j’ai exagéré pour la tenue de Kiyoshi mais je n’ai rien inventé ! Je peux même montrer les photos qui m’ont inspiré !

MERII KURISUMASU{1}

 

 

 

 

 

TOKYO, 2003, 24DÉCEMBRE

Kiyoshi se pencha pour vérifier dans le miroir le tracé de son eye-liner. Parfait. Les nets traits noirs soulignaient à merveille ses paupières assombries d'un soupçon de gris et mettaient en valeur la forme de ses yeux. Du bout de ses doigts aux ongles laqués de noir, il effleura ses joues veloutées, unifiées d'un fond de teint très clair, et sourit à son reflet, satisfait du résultat. Puis il se plongea dans la tâche délicate de choisir le rouge à lèvres qui viendrait mettre la touche finale à son œuvre. Il y consacra un long moment : il en possédait un nombre impressionnant et il les essaya tous avant de trouver la teinte idéale. Il peignit alors ses lèvres avec application, avec des gestes sûrs dénotant une très longue habitude, accentuant leur sensualité naturelle, leurs courbes boudeuses.

Lorsqu'il se regarda à nouveau dans le miroir, il demeura immobile quelques secondes. C'était à peine s'il se reconnaissait. Bien sûr, c'était toujours le même visage, seuls changeaient le maquillage et les coiffures. Il avait accompli ces gestes des centaines, des milliers de fois, presque mécaniquement, avant chaque concert, chaque séance photo. Ce n'était qu'une partie de son travail. Il le faisait aussi lorsqu'il partait, jadis, à la chasse aux fans, arborant son visage peint comme un masque de porcelaine derrière lequel il se dissimulait. Il en allait de même avec ses costumes, même les plus provocants : il ne se dévoilait que pour mieux se cacher, attirant tous les regards à qui il ne révélait qu'une fausse image. Parfois, c'était un jeu avec le public et alors cela l'amusait. Mais la plupart du temps, il demeurait indifférent à ces déguisements qu'il portait uniquement parce qu'il était un Visual Rocker et que cela impliquait avoir un look excentrique et/ou androgyne.

Mais ce soir, c'était différent. Ce soir, il se préparait dans un but bien précis. Et pour une seule personne.

Il prit une brosse et lissa longuement ses cheveux récemment redevenus noirs. Il avait gardé la même coupe, très courte sur la nuque et retombant en une longue frange asymétrique sur son visage, mais était revenu à sa couleur naturelle. Mais il n’avait plus, comme ce fameux et lointain jour, sa longue crinière relevée en chignon haut.

Et Hikari préférait quand j’avais les cheveux longs…

Il sourit encore, rêveur, en songeant à son compagnon. Cela faisait plus d'une heure qu'il était sorti et il ne serait pas de retour avant au moins autant.

Parfait. J'ai tout le temps…

Tout le temps d'achever la mise au point de sa petite surprise. Il se sentait assez fier de lui, d'avoir pu tout manigancer sans que le chanteur se rende compte de rien. Il ne s'était même pas demandé pourquoi son amant l'avait envoyé faire une course presque à l'autre bout de la capitale, sachant pertinemment qu'il en aurait pour un bon moment, dans la cohue des ultimes achats de la veille de Noël.

Gomen, tenshi no{2}. Mais c'est pour la bonne cause.

Demeuré seul, le guitariste avait alors appliqué son plan à la lettre. Tout d'abord, mettre au four le plat de résistance – ça avait été un véritable tour de force d'empêcher Hikari d'approcher du réfrigérateur pendant vingt-quatre heures – et préparer la salle de séjour sans omettre le moindre détail. Ensuite, un bain relaxant dans un de ses coûteux bains moussants. Puis, enveloppé dans un moelleux peignoir, devant la coiffeuse qu'il avait convaincu Hikari d'installer dans leur chambre, il s'était maquillé et coiffé avec le plus grand soin.

Et maintenant…

Il se tourna vers les vêtements étalés sur le lit. Un reste de gêne l'assaillit et il faillit se mordre la lèvre, se souvenant à temps qu'il risquait de massacrer son rouge à lèvres. Allait-il finalement oser ? Allons, il était allé trop loin pour flancher si près du but.

Courage ! Ce n'est pas la première fois que tu le fais.

Sur le point de se lever, il marqua un temps d'arrêt.

Oui, mais d'habitude c'est pour le boulot. Jamais je n'ai fait cela pour… séduire quelqu'un que j'aime…

Il quitta enfin son tabouret, dénoua sa ceinture et laissa le peignoir glisser sur ses épaules pour tomber doucement à ses pieds. Totalement nu, il se toisa dans le grand miroir de la penderie.

« Tu es si beau, Kiyoshi… »

Combien de fois avait-il entendu murmurer ces mots, durant toutes ces années où il n'avait connu que des nuits sans amour ? Des mots, de simples mots sans aucune signification. Et qui le faisaient se sentir encore plus hideux. Mais toutes ces voix d'hommes et de femmes sans visage se mêlaient maintenant pour n'en former plus qu'une.

« Tu es beau, koibito{3}… »

Et cette voix-là, contrairement aux autres, il la croyait.

Pour lui seul je veux être beau. Rien que pour lui…

Chassant ses ultimes hésitations, il s'avança résolument vers le lit. Il ne devait plus perdre de temps s'il voulait être prêt pour le retour d'Hikari. Il sentit tout de même son cœur battre un peu plus vite. La première – et unique – fois qu'il avait porté cette tenue…

 

***

 

LONDRES, 2001

— Please, Mr Kiyoshi, look into the mirror… Fine ! Now, cross your legs and look at me… Wonderful ! And now I'd like a little pouting expression… Just like this ! You're perfect ! Perfect ! Don't move ! Yes ! Bow your head on the side… Not so much ! Marvelous ! Really marvelous !{4}

Kiyoshi tentait tant bien que mal de suivre le flot de paroles que débitait le photographe à la cadence d'une mitrailleuse, presque plus vite que son doigt martyrisant le déclencheur de son appareil. Ce n'était pas facile de prendre les poses demandées quand à chaque phrase il devait quêter l'aide de Koji qui jouait les traducteurs simultanés.

Et c'était encore moins facile d'adopter un air blasé et des postures aguicheuses sous les yeux du manager qui était, avec lui et le photographe, le seul occupant de la chambre, dans le luxueux hôtel où se déroulait la séance de photos destinées au deuxième album de Nothing Else.

Il était parfaitement conscient que le regard du bavard Anglais n'était pas innocent. L’homme ne se privait pas d'admirer ses jambes. Et il pouvait presque à coup sûr deviner ses pensées. Il avait vu tant de fois cette expression…

Rien qu'un peu plus tôt, quand il avait fait son apparition dans le salon de la suite où l'attendaient ses camarades. Les yeux de Kazuo avaient failli lui jaillir hors des orbites et le jeune guitariste s'était félicité de ne pas être seul avec lui, devinant que le leader n'aurait pas pu se contenir. Ash aussi l'avait dévoré du regard, malgré la présence de Sato… qui avait lui-même réagi à sa vue en haussant un sourcil étonné. Mais le seul dont Kiyoshi aurait réellement voulu attirer l'attention s'était contenté de l'accueillir par un rire moqueur et quelques réflexions de son crû :

— Hé, Yosh, tu prends combien ? C'est comme ça que tu arrondis tes fins de mois ? Je commence à comprendre comment tu peux acheter autant de fringues !

— La ferme, Hikari ! était intervenu Ash, voyant son ami pâlir et ses yeux s'emplir de larmes.

Le chanteur et le bassiste s'étaient alors mis à se quereller amicalement, donnant au guitariste le loisir de se reprendre. Il savait qu’Hikari n'avait pas eu de mauvaises intentions. Mais ses piques avaient tout de même porté.

Puis Koji et le photographe étaient arrivés. Et il avait lu la même envie dans les yeux de l’Anglais. Il avait alors retrouvé toute son assurance dès qu'il avait décelé le dépit et la jalousie sur le visage de Kazuo. Redevenant maître du jeu, il avait déployé tout son arsenal de séduction envers le photographe, ravi de voir le leader fumer par les oreilles lorsqu'il se tournait vers le Britannique en battant des cils ou qu'il croisait et décroisait élégamment ses longues jambes gainées de dentelle noire.

Tant qu'il s'était trouvé en présence des autres, Kiyoshi s'était bien amusé. Même s'il ressentait un peu de gêne à draguer ainsi presque ouvertement un inconnu, fut-il un photographe en vogue, devant ses amis. Mais c'était son rôle, non ? Et ce n'était qu'un homme, il le lisait clairement dans son regard.

Mais maintenant qu'il se retrouvait en tête-à-tête avec lui et le manager, il avait perdu pas mal de sa superbe et commençait à se demander s’il n'allait pas lui sauter dessus.

— Please, Mr Kiyoshi ! le fit sursauter la voix nasillarde du photographe. Can you put your hand on your mouth ? Thank you... And now…{5}

Tout en continuant à suivre ses instructions, relayées par Koji, le guitariste s'intéressa d'un peu plus près à l'Anglais. Il était jeune, lui aussi, à peine la trentaine, mince et de taille moyenne. Un visage un peu anguleux, des yeux bleus et des cheveux mi-longs couleur de paille. Vraiment pas mal pour un gaijin{6}

Décidément, il était plutôt séduisant. Ces yeux couleur de ciel, surtout, fascinants pour le jeune Japonais. Redevenu sûr de lui, Kiyoshi adressa un lumineux sourire au photographe blond lorsqu'il lui annonça enfin que la séance de torture était terminée.

 

***

 

Finalement, ça a été agréable… et Brian savait que ça se terminerait à mon retour au Japon…

Kiyoshi sourit au souvenir de sa brève aventure avec le jeune Anglais. Brian était gentil, toujours de bonne humeur, mais plus timide et réservé dans l'intimité que dans l'exercice de sa profession. Ils s'étaient finalement assez bien entendus, malgré l'obstacle de la langue et les différences de culture. Il avait été son premier amant étranger. Mais pas le dernier, le guitariste ayant ajouté par la suite quelques fans occidentaux à sa collection – et il s'étonnait toujours que des Européens, surtout des filles, non seulement connaissent son groupe mais parcourent des milliers de kilomètres rien que pour les voir sur scène…

Puis il rougit et décida de penser à autre chose : il avait honte, maintenant qu'il vivait avec Hikari, de ses innombrables conquêtes, même s'il savait parfaitement que son compagnon ne lui en tenait pas rigueur. Si cela avait été à refaire…

Si c'était à refaire… J'agirai certainement de la même façon, à moins de comprendre que j'ai été manipulé… et de ne pas retomber dans le piège…

Il sentit ses paupières le brûler et il lutta contre les larmes. Ce n'était pas le moment. Il était fin prêt, sa surprise aussi, et Hikari allait rentrer d'une minute à l'autre. Pas question de se mettre à pleurer pour ce qui appartenait désormais au passé. Sans compter qu'il allait saboter son maquillage.

 

***

 

Tadaima !{7}

Le chanteur referma la porte, ôta ses chaussures et fila directement à la cuisine pour se débarrasser de...

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