Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : MOBI - EPUB

sans DRM

Suaire froid

De
510 pages

Pour une fois, les affaires sont bonnes. Un peu trop, même : Harry Dresden, le seul magicien de Chicago, est carrément débordé. Le champion de la Cour Rouge des vampires a décidé de le provoquer en duel. Le suaire de Turin a disparu et Harry n'est pas le seul à sa recherche : une troupe de démons s'en mêle. Murphy lui a aussi demandé d'enquêter sur un mystérieux cadavre sans tête ni mains. Pour couronner le tout, son ex-petite amie est de retour, toujours en lutte contre sa nature semi-vampirique, et elle semble avoir un nouvel homme dans sa vie... Il y a des jours où sortir du lit n'est as vraiment payant... quels que soient vos tarifs...


Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

À la mémoire de Plumicon et Ersha, héros disparus.
Couverture
Titre
Sommaire
Chapitre premier
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Sommaire
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Chapitre 32
Chapitre 33
Biographie
Du même auteur
Le Club
Page de Copyright
Chapitre premier
Certaines choses ne vont tout simplement pas ensemble. Comme l’huile et l’eau. Le jus d’orange et le dentifrice. Les magiciens et la télévision. Les projecteurs m’aveuglaient. Leur chaleur menaçait de mettre à mal l’épais maquillage qu’une technicienne à l’air soucieux m’avait appliqué en hâte quelques minutes plus tôt. Les lumières sur les caméras commencèrent à clignoter, le générique du talk-show retentit et le public du studio se mit à scander : — La-RRY, La-RRY, La-RRY ! Larry Fowler, un petit homme vêtu d’un costume impeccable, passa les portes au fond du studio et s’avança jusqu’à la scène. Il serra sur son chemin les mains d’une dizaine de personnes assises au bout de leur rangée, tout en décochant de grands sourires éblouissants. Le public se mit à siffler et à l’acclamer. Le bruit me fit tressaillir sur mon siège installé sur la scène et je sentis un filet de sueur couler le long de mes côtes, sous ma chemise blanche habillée et ma veste. J’envisageai brièvement de m’enfuir en hurlant. Ce n’est pas comme si j’avais le trac ou quoi que ce soit du genre, vous voyez. Ce n’était pas le cas. C’est juste qu’il faisait vraiment chaud là-haut. Je m’humectai les lèvres et vérifiai du regard toutes les issues de secours, par précaution. Il arrive parfois qu’on ait besoin de faire une sortie précipitée. Les lumières et le bruit rendaient ma concentration difficile et je sentis le sortilège que j’avais tissé autour de moi faiblir. Je fermai les yeux l’espace d’une seconde, le temps de le stabiliser. Sur le siège à côté de moi se trouvait un homme courtaud, la quarantaine bien tapée, atteint d’un sérieux début de calvitie, et qui portait un costume présentant bien mieux que le mien. Mortimer Lindquist patientait tranquillement, un sourire poli sur le visage. Mais, du coin des lèvres, il murmura : — Ça va aller ? — Je me suis déjà retrouvé dans des maisons en flammes où je me suis senti plus à l’aise. — C’est vous qui avez voulu cette rencontre, pas moi, répondit Mortimer. (Il fronça les sourcils en regardant Fowler serrer longuement la main d’une jeune femme.) Quel frimeur ! — Vous pensez que ça va prendre longtemps ? demandai-je à Morty. Il jeta un coup d’œil vers la chaise vide à côté de lui, puis vers une autre près de moi. — Deux invités mystère. Je pense que cette fois ça pourrait durer un moment. Ils filment plus qu’il en faut et gardent les meilleures séquences au montage. Je soupirai. J’avais participé auLarry Fowler Showaprès m’être lancé en tant que juste détective privé et ç’avait été une erreur. J’avais été obligé de ramer à contre-courant pour résister au flot de critiques déclenché par ma présence dans cette émission. — Qu’avez-vous découvert ? demandai-je. Morty me décocha un regard nerveux avant de répondre : — Pas grand-chose. — Allez, Mort !
Il ouvrit la bouche pour répondre puis leva les yeux tandis que Larry Fowler grimpait les marches menant à la scène. — Pas maintenant. Attendons une coupure de pub. Larry Fowler se pavana jusqu’à nous et me secoua la main, puis celle de Mort, avec un enthousiasme toujours aussi exagéré. — Bienvenue dans l’émission, lança-t-il dans le micro qu’il tenait à la main. (Il se tourna pour faire face à la caméra la plus proche.) Notre sujet du jour est : « Sorcellerie et magie : bidon ou merveilleux ? » Avec nous, pour nous faire partager leur opinion, nous accueillons le médium et conseiller parapsychologue local Mortimer Lindquist. La foule applaudit poliment. — Et, à ses côtés, Harry Dresden, le seul magicien professionnel de Chicago. Cette fois les applaudissements furent accompagnés de rires moqueurs. On ne peut pas dire que j’étais surpris. Les gens ne croient pas au surnaturel de nos jours. Le surnaturel fait peur. C’est bien plus confortable de se reposer sur la conviction que personne ne peut utiliser la magie pour vous tuer discrètement à distance, que les vampires n’existent que dans les films et que les démons ne sont que des dysfonctionnements psychologiques. Complètement faux, mais bien plus confortable. Malgré le désaveu tout relatif du public, mon visage s’empourpra. Je déteste quand les gens se moquent de moi. Une vieille douleur vint s’ajouter à ma nervosité et je dus lutter pour maintenir le sortilège de suppression. Oui, j’ai dit « sortilège ». Car voyez-vous je suis vraiment un magicien. Je fais de la magie. J’ai été confronté à des vampires, à des démons et à toutes sortes de choses entre les deux. Et j’ai les cicatrices pour le prouver. Le problème, c’est que la technologie ne semble pas apprécier de coexister avec la magie. Lorsque je suis dans le coin, les ordinateurs plantent, les ampoules claquent et les alarmes de voiture se mettent sans raison à ululer. J’avais mis au point un sort pour étouffer la magie qui émanait de moi, au moins temporairement. Ainsi j’avais au moins une chance de ne pas faire exploser les spots et les caméras du studio et de ne pas déclencher les alarmes incendie. C’était quelque chose de délicat par nature et extrêmement difficile pour moi à maintenir en place. Jusque-là, ça allait, mais je vis le cameraman le plus proche grimacer et retirer vivement le casque de ses oreilles. Le sifflement aigu d’un feed-back émanait des écouteurs. Je fermai les yeux et maîtrisai mon embarras et mon malaise pour me concentrer sur le sort. Le larsen disparut. — Bien, alors, dit Larry après une demi-minute de joyeux bla-bla, Morty, cela fait plusieurs fois que nous vous recevons à présent. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur ce que vous faites ? Mortimer écarquilla les yeux et murmura : — Je vois des morts. Le public se mit à rire. — Plus sérieusement, je dirige principalement des séances de spiritisme, Larry, ajouta Mortimer. Je fais mon possible pour aider ceux qui ont perdu un être cher ou qui ont besoin de le contacter dans l’au-delà pour régler des problèmes restés en suspens ici, sur Terre. Je propose également un service de prédictions pour aider mes clients à prendre des décisions sur des difficultés à venir et pour tenter de les avertir d’éventuels dangers. — Vraiment ? demanda Larry. Vous pourriez nous faire une démonstration ? Mortimer ferma les yeux et appuya l’extrémité des doigts de sa main droite entre ses deux yeux. Puis, d’une voix caverneuse, il annonça : — Les esprits me disent… que deux invités supplémentaires vont bientôt arriver. Les gens rirent de nouveau et Mortimer s’inclina devant eux avec un sourire gracieux. Il savait plaire à la foule. Larry décocha à Mortimer un sourire tolérant. — Et pourquoi êtes-vous ici aujourd’hui ? — Larry, je souhaite simplement permettre au public de mieux connaître l’univers de la parapsychologie et du paranormal. Presque quatre-vingts pour cent des adultes américains interrogés