Sur les chemins du Honduras et de Bora Bora

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L'auteur invite le lecteur à voyager du Honduras à l'île de Bora-Bora et à découvrir l'âme de ces peuples du bout du monde. Rencontres insolites, errances, vagabondages, et, avant tout, histoire des hommes et des femmes qui disent leur culture et leur espoir.

Publié le : jeudi 1 juin 2006
Lecture(s) : 201
EAN13 : 9782296151840
Nombre de pages : 117
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SURLESCHEMmNSDUHONDURAS
ET DE BORA BORA

Ecritures Collection dirigée par Maguy Albet
Déjà parus Elaine HASCOËT, Lafileuse de temps, 2006. Serge PAOLI, L'astre dévoré, 2006. Janine CHIRPAZ, La violence au cœur, 2006. Lucette MOULINE, Sylvain ou le bois d'œuvre, 2006 Paul ROBIN Ct), La guerre de mouvement, 2006. Jean-Marc GEIDEL, Le voyage inachevé, une fantaisie sur Schubert, 2006. Léa BASILLE, La chute de Josef Shapiro, 2006. AICHETOU, L 'Hymen des sables, 2006. Porfirio MAMAN! MACEDO, Avant de dormir, 2006. Philippe EURIN, Le silence des étoiles, 2006. Gérard IMBERT, Deo gracias. De père en fils (trilogie), 2005. Gérard IMBERT, Au nom du fils. De père en fils (trilogie), 2005. Laurent BILLIA, La sorcière et le caillou, 2005. Anne V. MÜNcH, Expropriation, 2005. Bernard-Marie GARREAU, Les Pages froides, 2005. Philippe HECART, Une relation viennoise, 2005. Manuel PENA MUNoz, Folie dorée, 2005. Jean-François RODE, L'intruse. Fugue à trois voix, 2005. Vivienne VERMES et Anne MOUNIC, Passages, Poèmes et prose, édition bilingue, 2005. Didier MILLOT, Les images recouvertes, 2005. Fabrice BONARDI, L'ombre au tableau, 2005. Cyrus SABAn, La maison des pigeons, 2005. Lionel-Edouard MARTIN, Jeanlou dans l'arbre, 2005. Bruno STREIFF, Le piano de Beethoven, 2005. Max GUEDJ, Le voyage de Vlad à Frisco ou la pluie, 2005. Daniel BERNARD, Une lie bien plus loin que le vent, 2005. Jacques HURE, Le chant interrompu des cigales, 2005. Anne LABBE, Le ventre de l'arbre, 2005. Nabil SALEH, Outremer, 2005. Nicole Victoire TRIVIDIC, A tue-tête, en regardant la haute mer. Histoire de Celle qui va écrire, 2005. AICHETOU, Sarabandes sur les dunes..., 2005.

Eric RODRIGUEZ

SUR LES CHEMINS DU HONDURAS ET DE BORA BORA

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris

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Arguments : Voici un livre qui ouvre, qui s'ouvre à d'autres lieux le Honduras, la Polynésie - , à d'autres gens auxquels on s'attache. Que ce soit à Tegus ou à Bora, on trouve des façons différentes de voir, d'être, de vivre mais partout, on retrouve la même humanité.

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A Mariana, mi amor, mi catracha A Ian et Eva, mis guguchos A ma famille,

" i Por rm entramos a estas Honduras! "
(nous sommes enfm entrés dans ces Profondeurs !)

www.librairieharmattan.com Harmattan! @wanadoo.fr diffusion.hannattan @wanadoo.fr (9- L'HARMATTAN, 2006 ISBN: 2-296-01013-X EAN : 9782296010130

H comme HONDURAS Il était si pauvre qu'il ne savait pas ce qu'il allait manger hier.

Là-bas ou ici - ça revient presque au même - être très pauvre signifie une réalité à vivre encore plus là-bas. Là-bas ou ici, on n'est pas pauvre, on est plus que pauvre, simplement, négativement pauvre. Pour tenter de (le) comprendre ce n'est pas évident -, on naît pauvre et on meurt pauvrissime.

Il est une fois un petit pays.

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Vous me direz: - Qu'as-tu fait? Je répondrais simplement: -J'ai honte.
De fait, j'ai honte pour tous ceux qui ne savent que trop bien ce qui se passe mais qui ne font rien si ce n'est le contraire: pour que cela perdure. Je vous l'ai dit, je vous l'ai dit et redit. Souvenez-vous, rien ne vous sauvera du regard de l'enfant qui mendie mendie...

Parque Central

- Vous les voulez bien brillantes? Monsieur, mon gars, mon frère? Ils sont là les compagnons, tels les anciens ouvriers du Devoir, du Tour, aux secteurs bien défmis, avec leurs normes, leur règlement, leur code moral, avec force gestes, cris, apostrophes, ordres, presque des exhortations, le tout avec cette pseudofamiliarité destinée à attraper le passant. Papa, on les cire? Installés le long des murs, en ligne et portant haut leurs maillots sur lesquels sont inscrits leurs noms respectifs. Comme toute corporation, comme tout groupement, leur surnom est basé sur une caractéristique physique, morale ou physicomorale. Parmi eux, toujours plus blagueur que les autres, l'éternel handicapé interpellant de la voix, du bras, du regard; sifflant, il montre qui la chaussure, qui le soulier, qui la botte. Lançant des oeillades, des compliments et même des fleurs aux jeunes femmes qui jamais ne s'arrêtent et qu'ils dénudent de leurs regards inquisiteurs pendant qu'elles se débattent pour ne pas mettre un talon ou les deux, le casser ou pire encore! Le clouer entre deux pavés qui couvrent le Parc. Toutes flamants roses qu'elles sont, elles se voient réduites à des pattes de grues drapées de soie et à l'instant, se rappellent à ma mémoire ces mots de Jules Renard: "Allez voir voir les flamants qui marchent sur des pincettes, de peur de mouiller dans l'eau du bassin, leurs jupons roses". Chacun est là, avec son matériel, son armement, ses outils, à savoir un minibanc tapissé, étroit mais assez large pour ne pas se salir; les petites languettes sont là mais aussi la petite bouteille remplie du liquide nettoyant "magique", les chiffons sales, un peu, beaucoup, totalement, propres en aucun cas. - Venez! Venez! D'abord on installe le client. Certes, ce n'est pas le luxe des clients du D.F. de Mexico mais bon; on lui met une languette en plastique qui protègera de la saleté du cirage, on humidifie ensuite la chaussure avec le chiffon que l'on aura secoué au

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préalable -. Puis, peu à peu ou très rapidement, on fait briller pour cacher la poussière sociale que l'on porte et qui disparaît le temps que l'on frotte.

- Etvoilà!
Ainsi vivent-ils. Frottant dur ou caressant le cuir, masquant les défauts, les imperfections. Les toiles volent mais aussi les chiffons et les brosses, avec cette odeur de cirage sorti d'une boîte qui restera plus propre que l'écuelle d'un chien famélique ou celle d'un gosse de la rue. Et voilà qu'ils passent d'une main à l'autre, le billet ou les pièces équivalentes au prix, nécessaire pour passer croit-on pour élégant, pour un dandy. - Ici, on fait briller, on fait briller, ça brille, ça brille...

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Parque Central (suite) La ville, plongée dans la brume, alignait ses lampadaires; le parc, sa rangée de taxis. Fascinant et fascinateur le monde de la nuit dans lequel et autour duquel tournait tout un sous-monde, un infra-monde. La nuit n'était plus qu'un désert; ils l'avaient envahie eux, les errants - échoués de la pénombre - qui dormaient à toute heure, eux les donnants qui se levaient quand il faisait nuit. Des êtres vaporeux qui effleuraient l'asphalte, des ombres qui affleuraient du et à cause du bitume puant, malodorant d'effluves. Tous se côtoyaient comme dans un rêve (ou un cauchemar), une illusion, une vision illusoire. Les ivrognes, ivres de leurs propres mots qu'ils croyaient justes et profonds, les gardiens, emplis de cette éternelle angoisse, de cette méfiance de tout qui les poussait à lutter contre leurs propres ombres des apparences - . Un fou en liberté levait son bras et commençait une harangue sans fm qu'interrompit une femme: - Dis-lui à Morazan que Tarzan est là ! - Voulez-vous un chien chaud? Prostituées et prostitués; cette femme engoncée dans une vertu morte et enterrée, de cette vertu que n'avaient pas non plus ceux qui venaient se défouler pour quelques billets qui puaient le plaisir si éphémère, le "péché" à dissimuler, le mensonge à inventer. Elle marchait. Renarde, mérétrice, fille de joie - qu'elle était joyeuse sa triste vie! Elle marchait dans le Parc, vers son lieu d'opérations dont le nom était supposé se référer aux fastes lumineux d'une ville-jeux. Non plus un jeu mais bien un jeu avec la vie, c'est-à-dire avec la mort; sexe, défoulement, plaisir - ? - de quelques minutes qui déboucheront sur le Néant. Toutes les nuits, environ dix heures moins vingt, elle allait chercher de la matière première; dans un petit sac en plastique, elle conservait le peu de vêtements qui la composaient / la constituaient comme étoile étalée du show-business. Imaginez - pure spéculation - un véhicule, un grand véhicule

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type Mercedes Benz couleur perle (vert bleu dans l'obscurité) plaques C.D. 142 à la recherche de quelqu'un, quelqu'une, quelque chose pour "dégorger le poireau" de façon bestiale, denière des jambes fmes avec mini-jupe. Maintenant eux : les voici, chauffeur très élégant, figure à la Richelieu qui désintègre, manipule -. Lui, environ soixante ans, vieux vert, élégant, soigné, juste assez repoussant. Et pourtant elle refusa! Elle, de luxe! Alors, ils allèrent au "Quartier Général", mitoyen au Troisième Corps de Police. Pur hasard, hasard pur ! Morazan plongé dans la pénombre noire et blanche. Peu d'ombres. Sombre et froid métal. Une blatta orientalis se glissa à l'intérieur en même temps qu'un gamin shooté qui n'avait rien à manger. Porc! Lui dit-on en lui arrachant et en jetant la boîte. Puis une autre et un autre. Ils se glissèrent par la grille d'égout du piédestal sur lequel agonisait Francisco Morazan. IJes dalles fissuraient la stèle qui avait en acrotère:

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Hondurien, Centraméricain : ceci est un autel de la patrie dédié à F.M. Il doit être sacré pour toi, montre toujours son respect à sa mémoire. Institut Morazanique. Tegucigalpa, D.C., 3 Octobre 1985

Où, jusqu'où avaient emmené, traîné les pseudo-héritiers l'esprit du grand héros national et plus encore? Pauvre

Morazan ! , Pauvre! dont le nom est sur toutes les lèvres mais
dans si peu d'actions. Futur enfoui sous les ciments de la corruption morale, sous la pouniture matérielle et physique... Il

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