Surabondance

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L'abondance est-elle d'abord et essentiellement celle de l'eau ? Et, s'il en est ainsi, d'où vient la surabondance ? De l'eau elle-même ? Du désir qui la porte ? Du réveil désordonné d'un passé qui ne veut pas être celé avant de connaître l'apaisement ? Du vertige des mots affolés par l'approche de la mort ? D'un flot d'images, de pensées et de correspondances nourri de réminiscences littéraires ? Ou la surabondance est-elle l'expérience d'« un plus fin silence » qui fait surgir, dans son sillage, un ouragan de voix ? Elisabeth, l'héroïne de ce récit, tente de résoudre cette énigme, de la décrire, de la chérir et, finalement, de s'en détacher. Avec son dernier souffle, elle abandonnera l'eau à sa liberté d'eau et ses mots à leur destin de signes dans des carnets que le hasard, l'élection ou le devoir, mettront entre les mains d'inconnus plongés dans un « sommeil surnaturel ».
Publié le : mardi 1 mai 2012
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EAN13 : 9782296491625
Nombre de pages : 172
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Daniel Cohen éditeur
www.editionsorizons.fr
Littératures , une collection dirigée par Daniel Cohen
Littératures est une collection ouverte, tout entière, à lécrire , quelle quen soit la forme : roman, récit, nouvelles, autofic-tion, journal ; démarche éditoriale aussi vieille que lédition elle-même. Sil est difficile de blâmer les ténors de celle-ci davoir eu le goût des genres qui lui ont rallié un large public, il reste que, prescripteurs ici, concepteurs de la forme romanesque là, comptables de ces prescriptions et de ces conceptions ailleurs, ont, jusquà un degré critique, asséché le vivier des talents. Lapproche de Littératures , chez Orizons, est simple  il eût été vain de lindiquer en dautres temps : publier des auteurs que leur force personnelle, leur atta-chement aux formes multiples du littéraire, ont conduits au désir de faire partager leur expérience intérieure. Du texte dépouillé à lécrit porté par le souffle de laventure mentale et physique, nous vénérons, entre tous les critères suppo-sant dét erminer luvre littéraire, le style. Flaubert écri-vant : « Jes time par-dessus tout dabord le style, et ensuite le vrai » ; plus tard, le philosophe Alain professant : « cest toujours le goût qui éclaire le jugement », les deux mentors savaient avoir raison contre nos dépérissements. Nous en faisons notre credo. D.C.
ISBN : 978-2-296-08824-5 © Orizons, Paris, 2012
Surabondance Récit
Nicole Hatem
Surabondance
Récit
 2012
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Nos autres collections : Profils dun classique, Cardinales, Domaine littéraire se corrèlent au substrat littéraire. Les autres, Philosophie  La main dAthéna, Homosexualités et même Témoins, ne peuvent pas y être étrangères. Voir notre site (décliné en page 2  de cet ouvrage).
Prologue
E lulen  dpoeru maapiat isdées.p uLies  umnéed ehceinu rne.é tSaiets  ptraas itssû rs éqtuaieellnet  passerait la nuit. Il faudra laisser les parents dans la chambre au-delà de lheure réglementaire, pensa Zoé, linfirmière-chef. Même quand on a quinze ans de mé -tier derrière soi, on ne shabitue pas à la souffrance des familles. Toujours la même incrédulité, le même désar-roi, la même détresse. Heureusement, quon a sa propre famille et quelle ne va pas trop mal ! Ce bouquet de roses rouges sur le rebord de la fenêtre est de trop. Je demanderai quon lenlève. Zoé perçut un soupir puis un murmure et elle sup-posa quon lappelait. Elle sapprocha du lit, se pen -cha et vit la malade qui la fixait intensément. Elles se connaissaient. Le séjour dElizabeth à lhôpital, dans ce service, avait été long. Elle était condamnée. Elle le savait et avait la délicatesse de ne pas harceler le per-sonnel de ses questions et de ses appels. Entre deux âges, elle ne suscitait ni la pitié ni lagacement comme les malades trop jeunes ou trop vieux. Elle paraissait résignée et faisait tout ce quexigeait son traitement avec une sorte de détachement. Cela vous dispensait vous-même dun zèle exagéré. Mais pourquoi ce regard ?
10 N icole H atem
se demanda Zoé qui sadressa à la malade dune voix douce : « Je vais appeler votre mari et votre mère. Ils sont au salon. Vous désirez de leau ? Sil vous est trop difficile de boire, humectez au moins vos lèvres ! Quoi ? Cest ce gros paquet sur la table quil vous faut près de votre oreiller ? Bien ! Le voilà ! Vous voulez que je louvre ? Non ? Reposez-vous, maintenant ! » Mais la malade sagitait dangereusement pour les tubes enfon -cés dans son bras et son ventre. Elle poussait le paquet vers Zoé qui, pour empêcher sa chute à terre, sen saisit prestement. Linfirmière crut deviner comme un sourire sur les lèvres dElizabeth et quand elle serra le paquet contre sa poitrine, un éclair étonnamment vif, sembla traverser le regard de la malade. Elle lentendit alors répéter en haletant : « À vous ! À vous ! » Sans doute une fantaisie de mourante, décréta Zoé qui se souvint alors des caprices alimentaires de certains malades : des asperges, pour ce monsieur qui passait pourtant pour être un grand ascète, de la frangipane pour cet autre qui salimentait dordinaire à peine plus quun oiseau ! Et, par crainte dêtre retenue par des réclamations aussi extravagantes, Zoé se dépêcha de quitter cette chambre où commençait à souffler le vent des grands désordres et des grands départs.
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