Symunye

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1935-2053, découvrez la grande histoire et son futur au travers de personnages réels et imaginaires. Découvrez et comprenez les raisons qui poussent certains hommes et certaines femmes à garder espoir et lutter contre une fatalité programmée. SYMUNYE vous plonge au coeur du projet SENS.
Publié le : jeudi 25 juin 2015
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EAN13 : 9791026201878
Nombre de pages : non-communiqué
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Laurent Hamon
Symunye Le pouvoir des ténèbres
© Laurent Hamon, 2015
ISBN numérique : 979-10-262-0187-8
Courriel : contact@librinova.com
Internet : www.librinova.com
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Symunye Tome I : Le pouvoir des ténèbres.
Préambule
« Accusée, levez-vous. À l’accusation de complots supra étatiques visant l’instauration d’une dictature internationale, le jury vous déclare - Coupable. - À l’accusation d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise extraterrestre terroriste instituée sous le nomProjet SENS, le jury vous déclare
- Coupable. - À l’accusation d’empoisonnement par la Métanine, entraînant volontairement la mort d’innocents, le jury vous déclare - Coupable.
- À l’accusation de génocides et de crimes contre l’humanité, le jury vous déclare - Coupable. - La sentence prend acte ici et maintenant. Les derniers mots reviennent à l’accusée.
-Il faut faire la part de l’inexplicable, si l’on veut juger la conduite des hommes, en ce 1 monde où nulle explication n’est définitive ?»
Année 2053. Quelque part sur Terre.
Dans une pièce de cinq mètres carrés, faiblement éclairée par un plafonnier à ampoules artificielles, deux silhouettes s’affrontent dans un jeu d’ombres et de lumières. L’une est assise, les mains attachées derrière le dos, elle porte un sac noir sur la tête. L’autre demeure debout, le regard fixé sur une blatte qui fuit un danger imminent. Un petit craquement d’os broyés perturbe le silence mortifère imprégnant ce cachot. Vêtu d’un long parka gris, l’individu retire sa botte, essuie sa semelle sur la poitrine de son otage, avant de se rechausser.
« Vous connaissiez la nocivité de ce médicament depuis le commencement.
- Avec un pistolet braqué sur ma tempe, quelle réponse attends-tu de moi Léo. Un NON ne pourra te convaincre de ne pas appuyer sur la détente. Un OUI me donnera un souffle de vie supplémentaire. Alors OUI, je savais… »
L’homme glisse son arme de la tempe vers la bouche de la captive.
« Espérons que ce sursis vous pousse à la rédemption. »
D’une voix calme et posée, son adversaire lui réplique.
« Avant que cette séance de confidences entre vieux amis ne débute, accorde-moi, une ultime faveur.
- Dites toujours…
- Un cachet de Métanine. » Année 1997. Planète Terre. France. École Ste Marie, 10 h 10.
« Léo est un imbécile » braille un élève.
Un autre le rejoint et renchérit « Léo est un imbécile amoureux… ». En l’espace de quelques secondes, une dizaine de garçons et filles l’entourent. La ronde des brimades commence.
Léo, les yeux embués de larmes, cherche l’aide d’un adulte. Il existe son sauveur, il est là, face lui, à dix mètres sous le préau. Il crie
« Monsieu… »
Sa parole s’évanouit dans le brouhaha assourdissant de la meute en furie. Il rassemble toutes ses forces pour un ultime appel, peine perdue car le surveillant a détourné depuis longtemps son regard laissant le jeune garçon dans sa solitude et son désarroi.
Une sonnerie retentit, la récrée est terminée. Ouf, son calvaire s’achève pour reprendre à l’heure du déjeuner. Année 1997. Planète Terre. France. École Sainte Marie, classe B6, 10 h 16.
« Les enfants, comme à chaque début de mois, vous choisissez votre place dans la classe. Et toujours selon les règles de cette école, c’est le meilleur d’entre vous qui décide où il veut s’installer. »
Léo sourit intérieurement, avec une moyenne de 15,6 sur l’ensemble des matières, il est le premier. Il pose ses affaires avec une certaine fébrilité sur un bureau à deux places au milieu de la deuxième rangée de tables. Mais une fois de plus, il va se retrouver au centre de sa propre solitude, car personne ce jour-là, ne viendra s’asseoir auprès de lui.
Année 1997. Planète Terre. France. École Ste Marie, bureau du directeur, 18 h 10.
« Monsieur et Madame Bergoffen, j’ai tenu à vous rencontrer sans la présence de votre fils car…
- Ses résultats scolaires ne sont pas à la hauteur ? - Du tout, du tout Madame Bergoffen. Ils se situent même dans la moyenne haute. D’ailleurs, il est le premier de sa classe ce mois-ci. » Les parents de Léo poussent conjointement un léger ouf de soulagement. Le directeur poursuit
« Le problème se situe à un autre niveau et délicat à expliquer… »
Prenant une profonde inspiration, il adopte une posture grave et pontifiante, signifiant insidieusement à ce couple, qu’il représente l’autorité bien-pensante et bienveillante du lieu.
« Pour faire simple : depuis plusieurs mois, votre garçon s’exclut de plus en plus de la vie de sa classe. Il est comment dirais-je… Dans son monde », souligne le directeur en collant ses deux mains l’une sur l’autre, dissimulant sa bouche sous ses doigts, coudes en appui sur le bord de son bureau.
La mère de Léo, légèrement agacée par cette attitude réplique « La timidité jusqu’à présent, n’est pas une maladie docteur… Pardon, Monsieur le proviseur ? » Surpris par cette formulation fermée, l’homme croise ses bras.
« J’ai devant moi, une note de son professeur des écoles, Madame Noury. Elle dit, je la cite :l’introversion de Léo m’inquiète, il ne parle à personne. Dans sa classe, il ne répond qu’aux seules questions que je lui pose. Il ne sourit jamais, d’ailleurs aucun signe de joie, d’émerveillement, de gentillesse ne vient éclaircir son visage sombre. À la récréation, il ne joue pas avec ses camarades, il demeure assis sous le préau pointant son regard vers l’infini. » Le père du gamin interrompt le directeur, balayant d’un geste les mots qu’il vient d’entendre. « Chez nous, y cause bien l’fiston. Y parle d’un peu plein de choses après l’école. C’est vrai qu’y passe beaucoup de son temps seul, dans sa chambre avec ses Lego, ses Playmobil, sa console… Eh ! Normal pour un p’tit gars de son âge puisque nous…
- Vous voulez peut-être qu’on lui fasse un p’tit frère ou une p’tite sœur pour le rendre plus sociable ?
- Madame Bergoffen, vous détournez mes propos.
- Mon fils se porte très bien, il vous en remercie.
- Ma femme aussi, elle n’est pas très causante surtout quand j’rentre tard…
- Parce que t’as joué les prolongations avec tes poivrots de collègues…
- Oh ça va hein, tu vas ne pas me faire une scène à chaque fois que je fête un contrat. - Écoute ce que dit ce fonctionnaire avec sa cravate de travers. Tu manques à tes engagements de père. Passe du temps avec ton fils au lieu de te soûler la gueule, tu… - Ah les putains de bonnes femmes, faut toujours qu’elles en rajoutent… Qui ramène la soupe dans l’assiette ?
- Qui lave les assiettes sales de mOssieur après la soupe ? Qui lave ses chemises, ses slips d’une semaine qu’il renifle pour savoir s’ils sont encore mettables, qui ? » Pris entre deux feux, le proviseur tente d’éteindre l’incendie par un autoritarisme bienveillant.
« Monsieur et Madame Bergoffen, je ne tiens pas du tout à m’immiscer dans votre vie. Nous sommes réunis ici pour parler de Léo. Je pense que son comportement provient d’une maturité précoce, l’adolescence avant l’heure.
- Si vous le dites, répond le père très agacé par les remontrances de son épouse. - Si votre enfant renie la sociabilité dans mon établissement, je crains pour son avenir, conclut le directeur d’un ton tranchant. - L’avenir nous le dira », soulignent d’une même voix le père et la mère de Léo. Année 2000. Planète Terre. France. Première nuit de classe de neige dans les Pyrénées.
« Ça y est, tu l’as chopé sa culotte ?
- Ouais, oouais… Victoire ! »
La lumière s’allume, toute la chambrée de garçons s’esclaffe de rire.
« Léo n’a plus de slip, Léo est à poil, c’est un pédé… avec une p’tite bite, avec une p’tite bite… »
Saisi sans ménagement par les bras, l’enfant se voit traîné avec mépris dans le couloir. Il passera le reste de la nuit enfermé dans les toilettes, nu, frappé par la honte. Année 2000. Planète Terre. France. Quatrième jour d e classe de neige dans les Pyrénées.
Une fille s’approche de Léo, assis seul sur un parapet en béton, tête baissée. « Ça va ? » Cette voix, il la connaît : Magalie. Joli brin de fille de 10 ans, au capital séduction bien fourni pour son âge, quoique surestimé par la majorité des élèves, du fait qu’elle soit la fille du proviseur.
Craintivement, il lève les yeux. Il peine à affronter le regard de cette midinette à la féminité assumée. Les quelques secondes qui suivent lui semblent une éternité. Mais déjà, sur ce laps de temps infime, dame timidité déclenche dans son bas-ventre une vague de chaleur intérieure s’élançant vers la partie la plus visible et exposée de son anatomie : ses joues. Un rouge blafard vient alors les éclaircir. Notre préadolescent intimidé par la brusque venue de cette fille très convoitée panique. « Et merde, pas maintenant » hurle-t-il au fond de lui. Bizarrement Magalie ne remarque pas ce brusque changement de teint ou du moins l’ignore-telle. « Bon signe ou mauvais présage ? se demande-t-il en planquant la paume de ses mains sur ses joues.
- Oui oui, ça va… m merci », finit-il par éructer poussivement. - Je peux ? - Je n’suis pas fréquentable, tu l’sais !
- Ouais, mais tu joues trop bien aux échecs.
- La chance du débutant.
- Déconne pas, t’as battu Louis au tournoi interclasse, trop cool !
- Ouais, tout dépend où on se place, du côté du chasseur ou du gibier.
- Explique, j’capte pas…
- Depuis MA fameuse victoire, chaque soir, à la sortie, Louis et ses potes me cassent la gueule.
- T’arrête pas à ça, tu vaux mieux… »
Telle une miss podium d’un défilé basse couture, Magalie replace sa frange blonde à la Kate Moss, elle ne boit pas encore du champagne rosé mais sait déjà flairer laGold Mastercardqui scintille en chaque humain. Est-ce devenubankablepour elle de s’afficher avec lui, à la fois champion d’échec et souffre-douleur de l’école ? Léo doute, ses pommettes retrouvent leur pâleur livide. Depuis le début de cette courte conversation (mais la plus longue qu’il ait eue avec une fille), quelque chose sonne creux. Son instinct de survie s’active. Trop tard… Surgissant d’un buisson de derrière le parapet en béton, un ours bourru portant le doux prénom de Jean-François, d’une tête de plus que notre frêle garçon, alléché par cette discussion mielleuse, décide d’y prendre sa part. En deux coups de pattes, il boute son ennemi hors de son territoire. Légèrement groggy, notre Léo tente de se relever, mais ce pachyderme bien mal léché use de tout son poids sur le bas de sa colonne vertébrale, lui enfonçant au passage une bogue de châtaigne dans une de ses cuisses. D’une voix caverneuse, notre grizzli à poil dur finit par beugler à sa victime.
« Tu l’as bien cherché enculé, t’approches plus de ma femme, enculé. »
Léo éclate en sanglots. Magalie s’approche de lui avec une suffisance dédaigneuse.
« Pauvre toquard, petit pleurnichard, t’es vraiment pas mon style. » Année 2001. Planète Terre. USA. Ville de New York. Wall Trade Center.
« Je peux vous l’assurer chers collaborateurs, avec cette nouvelle molécule découverte et brevetée par nos laboratoires, un monde nouveau s’apprête à éclore. Les perspectives financières de la Métanine dépassent toutes nos espérances. Le coût de rentabilité sera de 1 pour 1000 dans les 10 prochaines années et de 1 pour 10000 dans les 20 suivantes. » Mary, une femme élégante, raffinée, écoute d’une oreille les superlatifs de ce médicament. Elle se retourne nonchalamment vers la fenêtre. Surprise, elle s’écrie
« Regardez cet avion, on dirait qu’il a un problème… Il se dirige droit vers nous. »
Dans un brouhaha imperceptible, tous les collaborateurs se lèvent et se rapprochent de la baie vitrée. Mary est la première à comprendre ce qui arrive.
« Il nous fonce dessus… Oh mon Dieu… » Année 2016. France. Paris. Siège des éditions "Bien-Être". Bureau de madame Pichard.
« Vous blâmez des enfants, les mômes ne savent pas toujours ce qu’ils font à cet âge-là », clame Madame Pichard, responsable collection jeunesse aux éditions "Bien-Être".
- Rajoutez sur votre liste qu’ils ne sont qu’innocence, nés d’amour et…
- Je ne vous suivrai pas sur ce chemin-là, Monsieur. Certes, je le conçois, leurs actes peuvent parfois semblés excessifs, mais ils n’ont pas la pleine réalité du monde qui les entoure. Et bien souvent, devenus adultes, ils regrettent.
- Les regrets ne dédouanent pas les faits commis sur leurs victimes. Revenons à ce livre, qu’en pensez-vous ? Peut-il être publié ? Deviendra-t-il un futur chef-d’œuvre ? - Monsieur Bergoffen, sachezqu’un chef-d’œuvre de la littérature n’est jamais qu’un
2 dictionnaire en désordre. J’ajouterai aussi deux choses pour votre manuscrit : il manque de volume et le passage où vous justifiez la violence comme acte fondateur chez l’enfant reste à revoir. - Vous voulez dire à "trapper"(mot utilisé couramment dans les rédactions de ? journalistes). - Que de brutalité dans vos phrases. Vous avez une négativité à fleur de peau.
- Que voulez-vous, je suis un libre penseur, à la fois punk et trash.
- Aux éditions "Bien-Être", ce vocabulaire a totalement disparu de nos ouvrages. Votre livre dont vous vantez la modernité, parle d’une époque révolue. Les conflits régressent dans le monde, les meurtres aussi. Pourquoi leur donner une telle importance dans vos écrits ?
- Chasser le naturel chez l’homme et il revient au galop. Vous connaissez la Métanine ?
- Une chanson pour enfant ?
- Oui oui… Une berceuse… D’illusions. »
Madame Pichard jette un furtif coup d’œil à sa montre.
« Si je vous reçois ici, c’est que je décèle du génie en vous. Gardez cependant à l’esprit comme le soulignait Edison quele génie est fait de 1 % d’inspiration et de 99 % de transpiration. Je ne doute pas que vous ayez sué à écrire votre roman. Mais, je crains l’individu qui mettra en pratique les idées de ce manuscrit. Je souhaite ne jamais vous revoir Monsieur Bergoffen. » Année 2025. Planète Terre. USA. Illinois. Springfie ld. Jane Addams Elementary School.
Dans le bureau de la directrice, les parents de Giuseppe Martinez, Maria et José sont assis légèrement recourbés sur eux-mêmes. Le père interpelle la proviseure sur le comportement de son fils. « Madame, notre petit Giuseppe réagit très mal à la Métanine, ces gélules le rendent malade. - Simple indigestion due à l’enrobage de paraffine. Diluez-les dans son jus d’orange du petit-déjeuner.
- Un grand spécialiste nous conseille de stopper son traitement », souligne d’une voix frêle la mère de Giuseppe. - Son nom ? - Le docteur Mike Dinezzo.
- Dinezzo, un cancérologue réputé, mais incompétent en pédopsychiatrie.
- C’n’est pas ce qu’il nous a dit, lisez ce papier madame, il l’a écrit de sa main. »
Maria lui remet le document. Avec suffisance, la directrice l’inspecte. « Les tarifs de ce professeur sont bien trop élevés pour votre salaire de femme de chambre et d’ouvrier agricole, comment… - Il a accepté d’intégrer Giuseppe gracieusement dans son centre d’observation des comportements d’enfants testant la Métanine. Tout est inscrit dans le courrier.
- Je sais lire monsieur et je comprends la signification des mots. Contrairement à vous, je n’ai pas arrêté l’école après mes 16 ans. Ce papier ne vaut rien, car vous avez accepté de confier votre fils à une expérimentation de l’État fédéral. Assumez-en les conséquences.
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