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synthèse d'humanités

De
215 pages
L'action se passe sur notre Terre, appelée Gaia par ses enfants, il y a soixante millions d'années. Au temps des dinosaures, dans la période que l'on appelle le crétacé, la planète possédait deux lunes. L'histoire concerne les premiers colons habitant la Terre, une époque où la planète subissait de profonds changements tant géographiques qu'atmosphériques. Nous allons donc suivre un adolescent durant sa quête dans ce monde hostile, parcouru par de gigantesques lézards aux mœurs primitives. Il n'a rien de l'homme de Néanderthal, ni de l'homme de Cro-Magnon. Au cours de son périple, il rencontrera plusieurs peuplades composées de descendants d'exilés de la planète Mars (Ogma) encore viable à ce moment là.
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Synthèse d’humanités

Louis Carrion
Synthèse d’humanités
La Terre des Géants
Science-Fiction







Éditions Le Manuscrit

Les maquettes de l’ouvrage et de la couverture sont
la propriété exclusive des éditions Le Manuscrit.
Toute reproduction est strictement interdite.

© Éditions Le Manuscrit -www.manuscrit.com-
2007
ISBN : 978-2-304-01452-5 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304014525 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-01453-2 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304014532 (livre numérique)
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Quelque part dans le Cosmos, une petite galaxie sans
importance : la Voie Lactée.
Situé sur l’un des bras spiraux, un système formé de
neuf planètes et d’un astre jaune. Nous sommes en pré-
sence de notre propre système mais séparé par soixante
millions d’années. À cette époque éloignée, seule Gaia et
Ogma, sont viables.
Nous savons, par de nombreuses recherches sur la
mythologie, le folklore, les légendes et les diverses religions
du monde actuel, être en présence d’un passé lointain.
Gaia (Terre) possède deux satellites : Ha-nephilin et
Bearetz.
Qgma (Mars) quant à elle a, comme de nos jours,
deux lunes : Retam et Matar.
Sol (Soleil) les baigne de ses rayons.
Gaia, petite planète bleue, est jeune. Elle tourne sur
elle-même en trente-six heures et en quatre cent quatre-
vingt-six jours autour de Sol.
Ogma, plus loin de l’astre, a une rotation de trente-
quatre heures vingt-neuf, parcourant l’orbite de Sol en
six cent quatre-vingt-sept jours.
Distance Gaia / Ogma, de trente-six à cent millions
de kilomètres suivant la position des planètes.
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PROLOGUE
La vie a-t-elle un sens ?
A-t-on un avenir dans ce Monde ?
Doit-on disparaître puisque rien ne nous re-
tient ?
Une pensée sans fin flottait dans l’éther, telle
une angoisse incommensurable.
Qui était cet Être désespéré n’ayant plus la
soif de vivre, ne supportant pas son inutilité ?
Était-ce un Dieu ?
Mais un Dieu, peut-il mourir ?
Doit-il se détourner de ses créatures ?
A-t-il le droit de les abandonner à leur sort ?
11 De l’ombre jaillit la lumière
DE L’OMBRE JAILLIT LA LUMIÈRE
Jarnac s’éveilla brusquement ne sachant qui il
était, ni où il se trouvait.
À l’extérieur de la grotte tout était noyé dans
l’obscurité. De la forêt voisine ne parvenaient
que craquements sinistres et grognements terri-
fiants.
Parfois, au plus profond de la nuit, retentis-
saient les cris des victimes immolées au Dieu
nocturne.
La mémoire revint à Jarnac, il frissonna en
repensant au rêve qui le hantait depuis son dé-
part vers sa quête.
Malgré la fatigue consécutive aux épreuves
de la veille, il ne put se rendormir. L’aube le
trouva assis devant l’entrée, scrutant avec acuité
les environs de son abri de fortune.
La journée s’annonçait torride, pas un seul
nuage à l’horizon pour se protéger du soleil de
plomb qui allait embraser la plaine.
Jarnac était un jeune solaire de dix-neuf ans
mais en paraissait plus de par sa carrure impo-
sante et sa musculature développée. Auprès de
13 Synthèse d’humanités
son peuple, il imposait le respect par sa force
tranquille, ce qui l’avait, durant son enfance, te-
nu à l’écart de ses frères de race. De ce fait Jar-
nac restait isolé, chose assez rare en ces temps
reculés où des liens très étroits unissaient les
hommes en une grande famille.
Il était déjà en nage mais devait se préparer
afin de s’éloigner au plus vite de ces lieux in-
hospitaliers.
Il passa sa veste en peau tannée, enfila ses
mocassins, attacha son sac sur son dos, ayant
auparavant déposé à l’intérieur son
coupe-coupe, sa pierre à feu, son écuelle en bois
et sa vessie d’eau tiède. Enfin il posa sur sa tête
le couvre-chef de l’apprenti.
Le garçon déplia une liane tressée, attacha un
des bouts à une saillie rocheuse, prit son javelot
puis descendit en rappel jusqu’à la plate-forme
trente mètres plus bas. Il sauta sur un arbre face
à lui, abandonnant la corde inutile, et, avec des
gestes mesurés, rejoignit le sol. De mémoire
d’Astort, jamais il n’avait autant souffert de la
canicule. Jarnac suivit le sentier qui zigzaguait
entre la végétation dense et luxuriante. L’on
trouvait côte à côte des fougères géantes des ly-
copodes carnivores, des prêles aux dimensions
colossales.
Les sens en alerte, sa main étreignant son
arme de jet, le solaire arpenta ces méandres par-
fumés d’odeurs enivrantes. Plusieurs fois, il dut
14 De l’ombre jaillit la lumière
se baisser pour éviter les plantes nocives ratta-
chées aux arbres par leurs radicelles. Durant des
heures, il avança dans ce dédale vivant
d’insectes ayant la taille de rongeurs, tantôt
contournant un éboulis, tantôt rampant à même
la terre.
La chaleur devenait insupportable, un arrêt
s’imposait. Il était urgent de trouver un point
d’eau ainsi qu’un refuge capable de le protéger
des reptiles s’aventurant dans la jungle. Le cla-
potis d’un ruisseau le guida vers ce havre tran-
quille où il se désaltéra avant de se restaurer.
L’astre avait disparu quand il se remit en route,
seule la lune rasante Ha-nephilin dispensait sa
luminosité entre les branchages. L’endroit allait
devenir le théâtre de combats acharnés pour sa
possession car le rassemblement des sauriens
affamés se terminait toujours de la même ma-
nière.
Empruntant de nouveau le sentier, Jarnac
sentit dans son dos une présence qui l’épiait.
Grâce à son intuition, il devina la nature de ce
danger. La peur s’insinua alors en lui. L’ultime
échappatoire à sa portée se présenta sous la
forme d’une chute bouillonnante à trois cents
mètres sur sa gauche au centre d’une dizaine de
menhirs dressés. Soudain retentit un cri à vous
glacer le sang, le sol tremblait sous les pattes de
l’animal. Jarnac pouvait deviner son avance car
les arbustes volaient, arrachés par la fureur de la
15 Synthèse d’humanités
bête. Le tyrannosaure avait choisi son dîner, le
garçon en était tétanisé. Il réussit tout de même
à prendre ses jambes à son cou puis, le souffle
court, plongea aussi loin que possible parmi les
blocs de pierre en espérant que le monstre ne le
suivrait pas. Celui-ci ne tint aucun compte de
l’élément liquide, il se propulsa, frôlant le jeune
solaire. Jarnac battait des pieds, lançait ses bras
dans un effort désespéré, essayant de se sous-
traire aux mâchoires ouvertes. Subitement, un
courant violent l’entraîna dans les profondeurs
en direction d’une sorte de labyrinthe. Il perdit
connaissance.
À son réveil, il se retrouva échoué dans un
aven dont un des versants finissait en pente
douce sur la crique où il s’ébrouait. Une lumière
blafarde illuminait le décor dantesque, lui don-
nant un aspect irréel. L’on ne pouvait discerner
que les contours immédiats, le reste demeurant
au creux de la pénombre. S’accoutumant au
manque de clarté, le jeune solaire aperçut le
deuxième versant, escarpé, aux flancs saillants
comme des couperets. Des stalactites tapis-
saient la grotte où d’énormes blocs, véritables
monolithes, s’étaient engravés, brisant, lors de
leur chute, une quantité de stalagmites. Le gar-
çon, les membres endoloris, se leva en titubant.
Il força ses jambes à franchir la distance le sépa-
rant d’un ensemble gigantesque en pierres de
lave. Ce n’est qu’à proximité que les dimensions
16 De l’ombre jaillit la lumière
du dolmen prirent tout leur sens. L’agencement
des morceaux de basalte noir, ajustés au milli-
mètre, donnait une table monumentale, écra-
sante. Malgré sa taille de deux mètres quatre-
vingt, le garçon se sentait insignifiant. Se faufi-
lant sous le dolmen, Jarnac découvrit un esca-
lier, les marches émoussées dataient de centai-
nes d’années. Du gypse et de l’annabergite
incrustés dans le roc, favorisait la naissance
d’une luminosité verdâtre mêlant les ombres en
une.
Notre solaire entreprit la montée fastidieuse
en tâtonnant, ses pieds heurtant le rebord des
marches rendues inégales par l’usure. Le temps
paraissait immobile, le garçon en devenait claus-
trophobe. Aucun repère indiquant les minutes
ou les heures qui s’écoulaient auxquelles se rac-
crocher. Enfin, un air frais envahit ses pou-
mons, imprégnant agréablement ses narines
d’effluves boisées et florales légèrement pertur-
bées par une odeur de cuisson. Aussitôt en po-
sition de défense, silencieux comme un serpent,
Jarnac longea la paroi en retenant sa respiration.
Le jour inondait la grotte. D’une excavation en
retrait une voix l’interpella.
– Je t’attendais quêteur, pose ton javelot, tu
es ici en sécurité. Que peux-tu craindre d’un
vieillard tel que moi ?
Je présume que la faim te tenaille, viens grigno-
ter avec moi.
17 Synthèse d’humanités
Accroupi devant un feu, sirotant une boisson
fumante, un homme âgé le dévisageait. Sa barbe
blanche pas très propre le désavantageait quant
à ses yeux à l’éclat métallique, ils étaient d’un
bleu cendré. Il émanait de sa personne une
sorte de magnétisme animal prononcé qui dé-
rangeait. Une aile de son appendice nasal pré-
sentait une boursouflure latérale, le cartilage de
la cloison étant dévié. Quant aux oreilles, elles
se dissimulaient sous une sorte de bonnet rond
en peau de lézard qui s’enfonçait jusqu’aux
sourcils. Au moment où il se leva, Jarnac cons-
tata que l’homme avait une tête de moins que
lui. Le vêtement recouvrant le torse était consti-
tué de plaques de peau cousues entre elles sans
beaucoup de recherche. Un pantalon ample de
jute épais, retombant sur des espadrilles, cachait
son anatomie.
– Tu ne dois pas t’étonner de mes nippes, ni
de mon état. Je ne suis pas un vagabond. Je pra-
tique ce que je professe, la vie contemplative
qui nous permet de rester à notre place. Je me
nourris d’insectes, de vers, de reptiles petits ou
gros, que l’on m’apporte. L’eau, que tu vois
couler de la fontaine, provient d’une source du
haut plateau. Elle est d’une pureté exception-
nelle.
– Qui es-tu ? Que veux-tu ?
– Mon nom est Kern, je suis devin et j’appar-
tiens au peuple Kvorn. Jarnac, si tu es venu jus-
18 De l’ombre jaillit la lumière
venu jusqu’à moi, en évitant les pièges tendus
par Mère nature, c’est que j’ai eu raison de
croire en toi. Je décèle en cet instant ta formi-
dable volonté, une volonté capable d’abattre des
montagnes. Tes détracteurs se sont trompés,
j’en suis heureux.
– Tu me connais donc ?
– Évidemment, je suis en contact avec la
plupart des tribus sur Gaia. Il n’y a rien de ma-
gique.
– Où campent les kvorns ?
– À une dizaine de kilomètres. Je dois re-
tourner à Antaroumtoua demain, accompagne
moi. Tiens, je n’ai plus grand’ chose de comes-
tible. La galette est un peu moisie et le ragoût
de gecko légèrement rance, ils te conviendront
momentanément.
Jarnac engloutit les restes, but l’eau minérale
s’écoulant par intermittence du bec sculpté dans
la roche dure puis opta pour une sieste.
À l’heure du départ le devin le secoua vigou-
reusement ce qui eut, comme résultat, de le
trouver debout, pointant son javelot sur son as-
saillant. Déjà Kern s’était détourné de lui.
En douce Jarnac étudia l’antre qui lui valut sa
sauvegarde. La voûte, cinq mètres au-dessus,
exposait des symboles inconnus. Les piliers la
soutenant relataient, au sein de cartouches en
relief, par une bande dessinée, la vie quoti-
dienne de personnages enveloppés d’un justau-
19 Synthèse d’humanités
corps. Un monde qui n’appartenait pas à
l’actualité du garçon. Certains arboraient des
armes blanches ressemblant à de grands sabres
courbes. De curieux chars sillonnaient les artè-
res d’une ville de lumières tandis que des fusées
perçaient la stratosphère.
Ailleurs encore, il vit des esquifs traçant des
sillons sur une mer calme et emportant des hu-
manoïdes d’un port à un autre. L’enceinte pi-
quetée de niches, dépositaires d’urnes funérai-
res, avait des marques identiques au plafond.
Son regard se porta sur l’énorme araignée scel-
lée au sol, il tressaillit. Il devait vraiment partir
faute de quoi…
Nos deux lascars s’engagèrent dans un étroit
boyau, en ressortirent pour enjamber un talus
surplombant un gouffre puis empruntèrent une
sente montant au sommet de la colline. Ne res-
tait qu’à redescendre.
Ils marchèrent en silence durant le trajet les
amenant au camp. Kern s’arrêta devant un im-
mense mur. L’herbe rare, brûlée, résistait de son
mieux dans cet enfer, habitat privilégié de scor-
pions jaunes. Le devin prit le cor qu’il portait en
bandoulière, souffla à trois reprises. Cette ac-
tion détermina l’ouverture d’une partie de la
muraille. Faisant rempart, des guerriers saluè-
rent courtoisement. Kern leur répondit par un
hochement de la tête. Les gardes s’écartèrent,
libérant le passage aux deux voyageurs qui pu-
20 De l’ombre jaillit la lumière
rent intégrer le village fortifié. Au premier re-
gard, le jeune solaire en perçut l’importance.
Protégé par les bords du cratère volcanique, car
il s’agissait bien d’un volcan éteint depuis des
siècles, le village avait prospéré. En levant les
yeux, Jarnac distingua, creusé à même la roche,
un chemin de ronde avec des corniches et des
trouées permettant de relier les divers points de
guet autour de la dépression. Les guetteurs
avaient ainsi une vision périphérique de
l’extérieur grâce aux meurtrières ouvertes par
percement.
Kern et son compagnon suivirent une rigole
qui formait une mare où s’ébattaient des en-
fants. Ici l’herbe était vigoureuse, douce à fou-
ler. Les constructions, sortes de wigwams,
s’étalaient sur la moitié du cratère. D’une
grande hutte isolée s’échappait de la fumée, sur
sa droite, incliné de dix degrés, un totem.
Le garçon avait enregistré tout cela en mar-
chant derrière le devin.
Venant au devant d’eux, des gens, dont une
femme de haute lignée, un enfant et quatre
chasseurs, montraient des signes de curiosité
vis-à-vis de ce nouvel arrivant.
– Voici la Dame de Kvorn, notre guide dit
Kern.
Celle-ci avait un port de reine, son ascendant
sur sa suite sautait aux yeux. Une tunique blan-
che, confectionnait à partir d’une variété de lin,
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