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Taxi

De
223 pages
Moi, je ne parle pas. Juste dans ma tête. Tout seul, pas aux autres. Ce n'est pas que je haïsse l'humanité en général. C'est quand ils entrent dans mon taxi. C'est quand je vais avoir à les transporter. A ce moment-là, ça me prend, je n'y peux rien, je supporte juste qu'ils me donnent une adresse et c'est tout. Après, je les oublie.
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Irène Krassilchik
Taxi Roman
Couverture:photoPolynésie:JeanȬPaulMessager.©L’Harmattan,20135Ȭ7,ruedel’Ecolepolytechnique,75005Parishttp://www.harmattan.frdiffusion.harmattan@wanadoo.frharmattan1@wanadoo.frISBN:978Ȭ2Ȭ343Ȭ01831Ȭ7EAN:9782343018317
TAXI
ÉcrituresCollectionfondéeparMaguyAlbetFourquet(Michèle),L’écharpeverte,2013.Rouet(Alain),LeviolondeChiara,2013.Zaba(Alexandra),RiveRouge,2013.Boly(Vincent),Crime,murderetdelitto,2013.Hardouin(Nicole),Lessemellesrouges,2013.Lherbier(Philippe),Ourida,2013.Aguessy(Dominique),Lesraisinsdelamer,2013.Pommier(Pierre),Auboutdel’été,2013.Oling(SylvianeSarah),Tesabsentstunommeras,2013.LeroyȬCaire(Marjorie),Lemarchéauxinnocents,2013.Lebaron(Cécile),Unevieàl’œuvre,2013.Meyer(Florent),Maelström,2013.LeGuern(JeanȬMarc),Sillages,2013.Fabre(Paul),LeSolitairedeCostejourdes,2013.Castet(Noël),L’appeldularge,2013.***Cesquinzedernierstitresdelacollectionsontclassésparordrechronologiqueencommençantparleplusrécent.Lalistecomplètedesparutions,avecunecourteprésentationducontenudesouvrages,peutêtreconsultéesurlesitewww.harmattan.fr
Irène Krassilchik
TAXI roman
L’Harmattan
Du même auteur, sous le nom d’Irène Bertaud :
Une haine soudaine des cocotiers, Roman, Haere Po, Tahiti, 2006. Nouvelles du ciel et des atolls, Nouvelles, Haere Po, Tahiti, 2007. Rouge paradis, Policier, Editions des Mers Australes, Tahiti, 2008. La nuit tombe vite, Policier, Editions des Mers Australes, Tahiti, 2010. Rama, la petite pieuvre de Rangiroa, Editions des Mers Australes, Tahiti, 2012.
« Il y a des pensées qui n’ont pas leurs mots. Il est vrai que sans mots une pensée ne peut penser. Mais il y a juste avant que les mots ne l’assouvissent une pensée qui se presse vers les mots sans les connaître déjà. » Pascal Quignard, Petits Traités I, Gallimard, 1991.
Chapitre I
Plus que trois cents mètres. Ils sont là, ils m’attendent. Et comme il pleut, le pire est à prévoir : faces grima-çantes, parapluies s’entrechoquant, brèves colères, le sol huileux du trottoir annonce des chutes lors de l’assaut. Il n’est que cinq heures du soir à Paris, mais déjà la nuit s’annonce. Comme là-bas. Sauf que là-bas, c’était toute l’année que le soleil dispa-raissait entre dix-sept et dix-huit heures. Un peu plus tard pendant les mois d’été, notre hiver métropolitain, mais si peu qu’il était difficile de se faire croire qu’après tout, on était bien en France, à Mururoa. Ils vont se précipiter, taper à la vitre, me présenter des visages suppliants, la vieille avec son chien mouillé : oh, vous acceptez les animaux, n’est-ce pas, la minette moulée de cuir noir, le jeune cadre exténué, les autres, toujours les mêmes, celle-ci, sûrement un cancer, la fatigue grise sur son visage, la peau translucide, et celle-là, l’envisonnée lif-tée, tirée à quatre épingles et peut-être plus, il faut que je me méfie des jeux de mots faciles, je trouve que ça s’accé-lère en ce moment, le détournement des mots, les associa-tions pour rire, mon père, vers la fin, il ne faisait plus que ça, même, les derniers mois, on ne comprenait plus ce qu’il
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