Ténombres II

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Le livre des ténombres s'inscrit dans une trilogie. Dans ce premier volet, l'histoire s'attache à raconter le destin du barde Cyfar et des rares survivants de la bataille de Tredagh, qui opposa en 1649 les Anglais de Cromwell aux Irlandais. Le second volet de la trilogie, "les voyageurs lointains", suivra le destin de frère Liam à travers le temps, notamment lors de la grande famine, l'exode irlandais vers les Etats-Unis. Enfin,le troisième volet, "parce que l'horizon", s'intéressera au destin du troisième personnage phare de Ténombres, Véritas. L'action se situera aux 21ème et 22ème siècle. Il y sera question d'un voyage initiatique sur l'océan Atlantique, d'homme sans lumière et de la porte du savoir.
Publié le : mercredi 8 août 2001
Lecture(s) : 236
EAN13 : 9782748109429
Nombre de pages : 337
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Ténombres II
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748109430 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748109422 (pour le livre imprimé)
Frédéric Vieux
Ténombres II Le livre de Gwynfyd
CONTE
1.
1 LE LIVRE DE GWYNFYD
Monde blanc, paradis, autre monde
CHAPITRE 23
"Comme Betty, qui se tenait à mes côtés, j’étais obnubilé par les yeux exorbités du cerf au moment de sentir les premières mâchoires canines s’abattre sur ses flancs. Je suivais aisément le sillage de l’haleine tiède des chiens qui laissaient derrière eux, après de longues courses éreintantes, une traînée de bave chargée de co lère et de folie. Au bout de leur gueule, le parfum mus qué et irrésistible de la chair fraîche les narguait. Le corps du cervidé déjà meurtri par leurs coups de dents désordonnés et irrespectueux gémissait en de brefs cra quements sourds. La bête, agenouillée au milieu d’une clairière, attendait la mise à mort. Dans ses yeux révul sés, Betty devinait une résignation déjà ancienne, avec, aux coins des pupilles dilatées, des reflets d’effroi. Il y eut un long silence. Encerclée par ses bour reaux aboyeurs, essoufflée, la future victime huma les alentours afin d’identifier l’odeur musquée qu’elle avait cru déceler à l’approche des villages bordant son ter ritoire, une odeur étrange et inquiétante, une odeur d’homme. Désormais, le souffle bref et saccadé du cerf dessinait des traînées éphémères dans le froid matinal. Paradoxalement, le calme survint avec la venue de cet homme tant craint par les uns et attendu par les autres. Les chiens, jusquelà hargneux et fébriles, cessèrent de s’agiter autour du cerf, un peu comme ces mouches, soudain dérangées, qui délaissent pour un temps leur
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cargaison de putréfaction. Les plus fourbes d’entre eux baissèrent ostensiblement la tête en signe de sou mission. Tous s’écartèrent pour laisser le maître agir. Leur mémoire instinctive se souvenait qu’ils auraient tôt ou tard une part du butin. Cet hommelà savait se montrer reconnaissant. Quelques mètres plus loin, un sanglier acculé au milieu d’une autre clairière subissait les outrages de la lame d’un gouverneur local, qui avait enfoncé son arme au plus profond des entrailles de sa proie.
Betty détourna avec regret son regard des sculp tures qu’elle était en train d’étudier. La jeune femme avait reconnu au loin la voix de Mairead, qui l’invitait à rejoindre les autres. La foule très dense les obligeait à se suivre à quelques pas les uns des autres pour ne pas risquer de se perdre de vue. La ville de Ceanannus Mor En arrivant par les faubourgs Est de la ville, Betty et ses compagnons avaient d’abord traversé un quar tier pauvre, où d’innombrables cabanes de planches et de paille, souvent construites à la hâte en ordre dis persé, hébergeaient essentiellement des peuplades qui n’avaient cessé de fuir depuis le début du siècle la côte Est et la venue massive des premiers Anglais. En pas sant devant ces modestes demeures, souvent bâties d’une seule pièce, les voyageurs pouvaient deviner d’un coup d’œil la promiscuité dans laquelle hommes et femmes cohabitaient. Humains et bestiaux s’y côtoyaient habi tuellement à même la terre et la boue. Là, une popu lation crasseuse vêtue de haillons errait au milieu d’un brouhaha indescriptible, mélange de dialectes le plus souvent incompréhensibles. Parfois, à la faveur d’un mouvement de foule, le groupe se retrouvait embarqué dans des ruelles glauques et nauséabondes d’où s’échappaient des bruits inquié tants. Au détour d’un regroupement de cabanes, on surprenait souvent des cornemuseux ou des violoneux
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