Cet ouvrage et des milliers d'autres font partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour les lire en ligne
On lit avec un ordinateur, une tablette ou son smartphone (streaming)
En savoir plus
ou
Achetez pour : 8,99 €

Téléchargement

Format(s) : PDF - EPUB - MOBI

sans DRM

Partagez cette publication

TIME TROTTERS
L'intégrale
une série pulp de Nicolas Cartelet
Walrus 2015-2017 - tous droits réservés
Votre commentaire est important !
Le meilleur moyen d’aider un auteur et d’encourager le travail d’une maison d’édiion, c’est de dire ce que vous avez pensé de votre lecture. Par exemple : notez l’ouvrage sur une librairie en ligne, laissez un commentaire là où vous l’avez téléchargé, écrivez un peit mot sur Babelio, Goodreads ou sur votre blog, partagez votre impression sur les réseaux sociaux (et n’oubliez pas de nous taguer pour que nous puissions le relayer)… Ça n’a l’air de rien, mais en réalité c’est beaucoup : cela nous pe rmet de coninuer à vous proposer des livres qu’on ne voit nulle part ailleurs. Merci !
SOMMAIRE
Résumé
Épisode 1 : Tarentula
Épisode 2 : Godillot, l’intemporel
Épisode 3 : L’île aux pélicans géants
Restons en contact
L’auteur
Crédits
RÉSUMÉ
Proxénètes, tueurs de chiens, délateurs, tremblez ! Tarentula vient pour vous. Votre tête, rentrez-la dans vos épaules : elle, son sabre et sa folie vous poursuivront jusqu’aux confins de l’espace et du temps. À moins que l’inspe cteur Godillot et l’agent Ralph Spieler, respec*ivement incompétent notoire et espion de renom, ne l’arrêtent avant la fin. À moins que toute cette histoire ne se termine mal, comme c’est souvent le cas lorsqu’une bande de détraqués aussi loufoques qu’imprévisibles se prend les pieds dans le tapis du temps.
ÉPISODE 1 TARENTULA
C’est d’abord le hennissement d’un cheval qui interrompit les caresses de Dorothée. Un hennissement puissant, sonore. Dorothée crut bie n sûr à un rêve. Un cheval en banlieue, ça n’avait aucun sens. Je veux dire, un cheval en banlieue et au vingt-hui#ième étage d’une tour HLM, ça n’avaitvraimentaucun sens. Debout dans sa baignoire, le corps et les cheveux enduits de mousse, Dorothée s’était tout de même figée sur place, guettant
nerveusement un nouveau bruit. Le second hurlement finit d’évaporer ses doutes. C’était tout proche. Il y avait bien un cheval– ou une gigantesque sono imitant le hennissement du cheval– planté dans le couloir de l’immeuble. É tonnant. Un peu déboussolée, Dorothée saisit d’un geste hâ#if la pomme de douche et entreprit de se rincer le corps en quatrième vitesse. L’eau chaude ruissela le long de ses courbes. Des courbes parfaites, au demeurant. Dorothée avait un corps de rêve, que ne gâchaient pas un visage adorablement dessiné et des tatouages si nombreux q u’on n’en pouvait compter le nombre. Fine, musclée, afutée. Une lutteuse hors p air. Une femme fatale, en somme. Mais quand, au beau milieu du rinçage de ce fabuleu x physique, elle entendit exploser la porte de son appartement, Dorothée n’avait plus rien d’une femme fatale. Elle n’était plus qu’une pe#ite chose, nue, sans défense, apeuré e au fond de sa salle de bains. Les murs tremblèrent quelques instants. Des pas. Des bruits de sabots. Des placards que l’on ouvre. Les jappements étranglés de Puffy. Quelqu’un avait pénétré son logis. — Bordel de merde ! murmura Dorothée pour elle-même . Qu’est-ce que c’est que cette connerie ? Un regard nerveux autour d’elle. Rien pour la rassurer. Ses vêtements étaient restés dans la chambre. Elle se retrouvait donc nue face à de poten#iels agresseurs. Tant pis, une serviette ferait l’afaire– elle attrapa celle qui reposait sur le radiateur et l’enroula autour de son bassin. Pour les armes, c’était pareil. Son sabre et ses poignards étaient désespérément exposés au salon, sur la pe#ite commode en acajou, au-dessous du poster de Johnny. Quelle connerie ! Derrière la porte, ça bougeait toujours. Ça bougeait beaucoup, même. Il devait y avoir plusieurs personnes. Et Pufy qui n’en finissait pas de grogner, de japper, d’aboyer sur les intrus. Un bra ve pe#it chien. Hélas, parfaitement inofensif. Dorothée entendit toutefois quelques jurons lâchés avec une voix d’homme dans un langage étrange. Le chien les énervait. Cel a ne calmait pas Pufy, bien au contraire. Encore à moi#ié trempée, Dorothée s’approcha à pas de loup de la porte de la salle de bains. Elle voulut se pencher en avant pour coller son oreille à la cloison. C’était sans compter la brosse à cheveux posée en équilibre sur l’étagère de droite. Qu’elle heurta du coude et qu’elle fit tomber au sol. Le carrelage résonna longuement. Il résonna bruyamment. Dorothée fut parcourue par un long fris son et s’immobilisa. Même son souffle s’interrompit. Au-dehors, tout s’arrêta. Les pas, le fracas des me ubles, les jurons. Dorothée crut qu’elle allait mourir de peur. Elle étaitrepérée. Même Pufy avait arrêté d’aboyer. Les
secondes qui suivirent furent lourdes d’une indicib le tension. À cet instant précis, Dorothée aurait tout donné pour disparaître. Pour a voir le pouvoir de se rendre minuscule et de courir jusqu’à la porte d’entrée. D e courir pour s’échapper de ce piège. Bien sûr, elle n’avait rien de tout ça. Et c’est dans un formidable vacarme que la porte de la salle de bains fut soudain enfoncée, provoquant la panique de la jeune femme– elle recula de trois pas et se retrouva coincée contre la baignoire.Ilsétaient là, face à elle. Dorothée eut le temps d’apercevoir le salon. Tout était en vrac. Il y avait des chevaux, plantés là au milieu de la pièce. Des chevaux noirs aux yeux noirs. Et devant, trois hommes. Dorothée ne voyait clairement que le premie r d’entre eux, qui avait pénétré d’abord dans la salle de bains et pointait maintenant une longue épée dans sa direc#ion. Tous les trois arboraient des turbans parfaitement blancs. Le reste de leur corps était parfaitement noir. Leurs vêtements– de longues toges descendant aux chevilles et des sandales étrangement #issées– étaient sombres comm e le jais. Leurs visages aussi étaient noirs– ou marrons, Dorothée ne faisait pas vraiment la diférence. Dès l’abord, elle eut l’impression de voir débarquer trois émirs du Qatar. Ou trois rois-mages, peut-être. Des rois-mages très en colère en tout cas ; l e regard du premier brigand en disait long sur son animosité et ses inten#ions. Dorothée fut frappée par la couleur de ses iris– un gris clair et intense. Elle fut fascinée par ce visage étrangement irréel. Tout cela ne pouvait pas être vrai. Ces gens sortaient tout droit du monde d’Ali Baba ! Quelques secondes passèrent. Dans la pe#ite salle d e bains de l’appartement, au vingt-hui#ième étage du HLM, le temps parut se figer . Les trois gaillards observaient Dorothée avec indiférence. Ils la détaillaient, ma is ne paraissaient pas émus de la situa#ion. Au fond d’elle, Dorothée se sen#it un pe u vexée. Une serviette rouge cachait toujours son bassin et sa poitrine, mais elle n’en demeurait pas moins nue en dessous. Le sillon de ses seins s’ouvrait sur un tatouage éloquent : deux pattes de chat montraient le chemin à suivre. Ses jambes interminables s’achevaient sur deux pieds adorablement taillés. Et malgré tout, ceux-là la regardaient com me un vulgaire meuble ! À vrai dire, seule l’araignée imprimée sur son épaule semblait les intéresser. Ils la fixaient tous les trois d’un œil mauvais. — Femme ! Toi rester tranquille ! lâcha finalement l’homme à l’épée. Un accent improbable. Un accent venu d’ailleurs. Perdue pour perdue, Dorothée ne voulut pas se laisser faire. Dans les rues de Dunkerque, on ne la connaissait pas pour sa diplomatie. — Tu viens d’où, l’Arabe ? grogna-t-elle entre ses dents. C’est pas très fair-play de me prendre à trois pendant que je suis sous la douche… Attendez que je vous retrouve. Un par un, je vous ferai bouffer vos couilles. Parole ! Les intrus restèrent interdits face au mépris de le ur proie. Dorothée eut même l’impression qu’ils ne l’avaient pas compris, puisque son premier interlocuteur con#inua son propos sans tenir compte des menaces. — Nous ne te vouloir aucun mal. Le pe#it gros dégar ni nous donner ton adresse. Nous trouver ce que nous voulions. Ça, c’est à nous ! Nous le prendre. Comme il terminait sa phrase, l’homme au regard gris plongea sa main gauche dans
les méandres de sa toge et en sor#it un bout de #is su qu’il brandit en direc#ion de Dorothée. Une longue étole bleu nuit. Dorothée plis sa les yeux. Il lui fallut quelques instants pour reconnaître la djellaba qu’elle avait ramenée du Maroc l’été précédent. 800 dirhams. Plus un souvenir qu’un vêtement : elle ne l’avait jamais portée. C’est donc avec étonnement qu’elle accueillit les propos du brigand . Tout ça pour une djellaba ? Sans voix, elle lui jeta un regard perplexe. — C’est… C’est une blague ? finit-elle par demander. Si c’est pour la télé, ça me fait pas rire du tout ! Faudra me rembourser tout le bordel que vous avez… Dorothée fut arrêtée net par l’épée qui la menaçait , dont la pointe vint se poser délicatement contre sa gorge. L’homme au turban éch appa un sourire énigma#ique et porta un doigt à sa bouche. Le signe du silence. Il ordonnait à Dorothée de se taire. — Adieu, femme. Oublie notre venue. Dorothée était bouche bée. Sans plus de cérémonie, les trois intrus reculèrent comme un seul homme sans tourner le dos à la jeune femme. L’épée quitta la peau de Dorothée, qui se sen#it immédiatement soulagée. Lorsqu’il fut sor#i de la pièce, le premier brigand saisit la poignée de la porte et referma derrière lui. Avant de disparaître complètement, il adressa un dernier regard à la locataire des lieux. Un regard étrange, encore une fois. Un regard que Dorothée ne comprit pas. La salle de bains à nouveau close, le brouhaha repr it de plus belle dans le salon. Dorothée entendit les chevaux se cabrer, elle entendit les sabots remuer le parquet. Dans un ul#ime hennissement, un vacarme sans nom fit trem bler tout l’appartement. Des bruits sur le palier, dans les escaliers. Puis plus rien. Le silence. Complètement sonnée, Dorothée resta appuyée contre la baignoire pendant de longues minutes. Quand ses tremblements eurent disparu, elle se déci da enfin à inspecter le logis. Avec une infinie précaution, elle fit basculer la porte qui la séparait du salon. L’horreur. La colère. Tout était retourné. Meubles, placards, canapé. Un champ de ruines. Et Puffy…
Quand l’inspecteur Marial Godillot fut arrivé au 1 1 bis, avenue du Bois Joli, il comprit tout de suite que cette afaire avait quelque chose de spécial. L’efracion avait été signalée deux heures auparavant, et déjà une ho rde de journalistes se pressait aux pieds de l’immeuble. Des caméras et des 'lashs dans tous les sens. Bien obligé de passer au travers de la foule, Godillot regretta amèrement de n’avoir pas plus de goût vesimentaire : tout ce qu’il portait semblait hurler aux alentours« Hé ! Regardez par là ! Je suis inspecteur de police ! ». Son jeans ajusté. Sa veste en cuir noir. Son brassard rouge, bien sûr. Ces détails ne trompaient pas– du moins les journalistes, habitués à l’exercice, ne s’y trompèrent-ils pas. En quelques secondes, to us l’entourèrent et l’étoufèrent de questions. — Inspecteur ! Un mot sur ces étranges voleurs ? Que sait-on d’eux exactement ? — Qu’est-il arrivé à la victime ? Est-elle encore en vie ? — Le ministre a-t-il pris le dossier en main ? Agacé, l’inspecteur Godillot jeta des regards noirs autour de lui et joua des coudes
pour se débarrasser des parasites. — Laissez-moi passer ! grommela-t-il. J’arrive à pe ine sur les lieux, comment pourrais-je connaître quoi que ce soit de l’affaire ? L’argument, bien que décisif, ne découragea pas les envoyés spéciaux qui suivirent le pauvre homme jusqu’à l’entrée du HLM. Là, un jeune policier en uniforme accueillit Godillot et le fit pénétrer dans l’immeuble. — Bonjour, inspecteur ! lança-t-il avec enthousiasm e. Content de vous voir arriver aussi vite. Vous allez voir, c’est la pagaille là-haut ! — Pire qu’en bas, vous voulez dire ? ironisa l’inspecteur. J’ai du mal à y croire… Le jeune homme lâcha un sourire entendu. — Vous serez surpris ! Mais prenons plutôt les esca liers, si vous le voulez bien. La piste commence ici. Arrivé dans le hall d’entrée, Godillot regarda l’ascenseur avec regret et se dirigea vers la gauche, où commençait l’interminable série de ma rches. Il soupira et chercha un interrupteur sur les murs alentours. — Plus d’électricité, regretta le lieutenant. Il faudra grimper à la lampe torche. — Voilà qui commence bien… L’inspecteur attrapa la lampe qui pendait à sa cein ture et acionna le bouton ON. Il découvrit une cage d’escalier en piteux état. Il y avait bien sûr l’usure des temps, la peinture craquelée sur les murs et, un peu partout, les tâches d’humidité. Mais il y avait aussi le délabrement récent : dès les premières marches, Godillot remarqua une épaisse couche de terre étalée au sol, encore humide. Au mi lieu de la glaise se dessinaient nettement des traces de sabots. Des traces en grand nombre. — Qu’est-ce que ça veut dire ? s’étonna Godillot à voix haute. On a fait monter un
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin