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TOXIC
S02E01 : Homo Exilus

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Stéphane Desienne

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Walrus — 2016 

SOMMAIRE

Résumé

1- L’éleveur

2- Réveils lointains

3- Dégels

4- Auditions

5- Gazer Dubaï

6- Esprit de village

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L’auteur

Crédits

RÉSUMÉ

La bataille pour la Concession de la Terre a tourné court. Rien ne s’est déroulé comme l’avait espéré l’émissaire Jave : le Lynien est prisonnier, le clan des Empoisonneurs compte bien poursuivre l’œuvre du Primark, Naakrit, qui est porté disparu, et son groupe de protégés humains voguent à travers l’espace à bord d’un cargo génosaran.

À leur réveil, Elaine, Masters et la précieuse Joana se doutent bien qu’ils ne sont pas en sécurité dans ce vaisseau aux proportions gigantesques. Cependant, aucun n’imagine l’ampleur du cauchemar que les survivants s’apprêtent à vivre.

1- L’éleveur

Lune de Balyth –  Collectif Commercial

 

 

Les onze millions de résidents de la lune de Balyth tournaient autour d’un monde de classe K-J d’après la terminologie standard ; les êtres intelligents, de plusieurs races, y jouissaient d’un panorama aussi atypique que spectaculaire. Dès qu’il y posait son pied, sa patte ou tout autre appendice, n’importe quel visiteur du Collectif s’accordait un instant, ébahi par la majestueuse planète géante striée d’une fabuleuse diversité de tons du rouge au marron, suspendue au-dessus de leurs têtes. Le disque chamarré dominait une bonne partie du ciel limpide, invitant au respect ou bien, selon les croyances propres à chaque espèce, à la crainte. Les strates nuageuses colorées s’étalaient en une fresque vivante peinte par la nature dont les motifs changeaient en fonction du régime des vents supersoniques et des courants convectifs. Dans l’ombre protectrice de sa puissante parente, Balyth faisait figure d’enfant tranquille avec son atmosphère azurée, ses déserts, ses deux océans et sa ceinture équatoriale parcourue d’immenses jungles inextricables.

Le premier petit jour de l’année thernale, désignée ainsi en raison de la lumière solaire que reflétait la géante gazeuse avant l’apparition du véritable soleil, marquait l’ouverture du grand marché de Priyanka. Un événement que Twirl n’aurait raté sous aucun prétexte.

D’un mouvement lent, il étendit son membre droit puis le gauche, il secoua ses pennes avant de vérifier le harnais en tissu réactif qui recouvrait son corps depuis le cou à la base de la queue, notamment que les poches soient correctement zippées afin d’éviter d’en perdre le contenu. Ensuite, il s’approcha du bord. La plateforme flottait bien au-dessus de la brume couvant la canopée humide, non loin de la périphérie urbaine marquée par les spires lumineuses. Avant de prendre son envol, Twirl s’accorda un instant pour observer les volutes blanches semblables à des vagues chargées de vapeur d’eau qui se déplaçaient en bancs, laissant poindre ici et là quelques cimes. Sa vue perçante, héritée de ses ancêtres qui chassaient depuis des altitudes élevées, s’imprégna du moindre détail. Il était temps d’y aller, se dit-il, finalement.

Twirl s’abandonna à la gravité.

Après une brève chute, la portance aérodynamique fit son office et il remonta lentement dans les airs. Il étendit ses phalanges de manière à planer sans effort et repéra sans difficulté un premier courant chaud, un véritable ascenseur naturel dans lequel s’engageaient également d’autres aviens. Très vite, il entra à son tour dans la spirale et se laissa porter.

Dans le Collectif Commercial, les Balythiens faisaient figure de redoutables vendeurs. Aussi, le coup d’envoi du grand marché offrait aux meilleurs d’entre eux d’exercer leurs talents. Twirl bénéficiait de la position la plus avantageuse dans l’art du négoce : celle de l’acheteur qui, volant de stands en étals, flairait les tendances à la recherche de la bonne affaire. Priyanka, à sa connaissance, demeurait un lieu unique, le plus important bazar aérien du Collectif. Mais nul ne pouvait se targuer de connaître tous les mondes.

Une fois l’ascension terminée, Twirl vira sur l’aile et mit le cap vers le rassemblement d’engins flottant au-dessus de la ville. Des milliers de barges à lévitation, de péniches agrav et de véhicules en tout genre s’y croisaient dans un brouhaha constant de pépiements, de cris, de bruits de moteurs. Déjà, l’effervescence qui y régnait atteignait son paroxysme et l’excitation s’étendait jusqu’à l’extrémité de ses pennes à l’approche des premières plateformes chargées de victuailles et de marchandises en provenance de tout le Collectif. Le marché se tenait directement à la verticale de la capitale, Priyanka, construite sur les bords d’un delta fluvial. Il arrivait que des produits tombent du ciel et pour éviter qu’ils ne blessent les rampants, la municipalité avait installé un dôme de force. Ainsi, pendant toute la durée de la foire et pour leur sécurité, les habitants vivaient sous une cloche transparente. Pour accéder au sommet du négoce, les visiteurs ou commerçants incapables de voler s’équipaient d’un harnais agrav. Ils étaient déjà nombreux à arpenter les voies de circulation entre les barges. Twirl repéra des reptiliens, un couple de créatures massives qu’il reconnut comme des Katharis à leur accoutrement coloré. Le mâle arborait une collerette mauve assortie au jaune de son harnais tandis que la femelle lissait de petites plumes qui dépassaient de ses manches. D’après les évolutionnistes, les aviens descendaient en ligne presque directe de l’une des prolifiques familles reptiliennes, l’une des races les plus répandues au sein du Collectif.

Twirl doubla un Squil en combinaison-peau blanche qui traînait ses tentacules dans son sillage, se glissa à droite d’un groupe d’Arthrosiens dont les ailes atrophiées ne leur permettaient plus depuis longtemps de soulever leurs corps imposants. Elles leur offraient cependant un surcroît de manœuvrabilité. L’avien abaissa sa queue, inclina sa pique caudale, et infléchit sa course en émettant un léger pépiement de satisfaction. L’ambiance, les odeurs, les mouvements des barges, les cris des vendeurs et la foule colorée des clients, il se sentit prêt à entrer à son tour dans la mêlée. Son objectif consistait à orienter son affaire sur des courants plus porteurs. Son entreprise périclitait et s’il voulait maintenir ses couleurs dans le clan, il devait relancer sa ferme d’élevage. Pour cela, il avait une idée bien précise à l’esprit.

Twirl battit des ailes, replia sa queue et, les pattes en avant, il se posa sur une longue rambarde qu’occupaient déjà une bonne douzaine de négociants, des aviens et des insectoïdes en gilet agrav passé au-dessus de leurs mises taillées dans un tissu synthétique certainement bardé de capteurs biométriques. Une fois ses ailes repliées dans son dos, deux bras courts surgirent de l’intérieur de son harnais. Pourvus de petites écailles souples, comme des protos plumes, ils constituaient un héritage évolutionnaire, avant que son espèce n’apprenne à voler pour chasser des proies de plus en plus véloces. Peu mobiles, elles participaient désormais à l’équilibre au sol de l’avien.

— Twirl ! entendit-il siffler derrière lui.

Il se retourna et chanta la joie de rencontrer un vieil ami. Son nez retroussé, semblable à une corne, expulsa un air chaud. Son bec s’entrouvrit pour jouer son rôle d’amplificateur.

— Caibee ! Je suis content de te voir, toujours fidèle au poste.

— Tu sais bien que je ne raterai ça pour rien dans le Collectif.

Twirl fit claquer son appendice buccal en guise de confirmation. Ils se retrouvaient tous ici dans le but de faire des affaires.

— J’ai entendu dire que ta ferme battait de l’aile. Est-ce que c’est vrai ?

Sur Balyth, les nouvelles circulaient à la vitesse d’un courant-jet et le marché faisait aussi office de caisse de résonance. L’information était d’ailleurs la première des monnaies. Savoir, surtout avant ses concurrents, comptait davantage que posséder.

— Je dois m’ouvrir à de nouveaux horizons.

— Ah ! Tu as toujours gardé une attitude positive. C’est bien ! J’imagine que tu as déjà une idée de reconversion.

— Oui. Les produits humains.

— Oh ! réagit Caibee en gonflant son cou, l’affaire la plus rentable du moment, des promesses de gains rapides. Cependant… L’approvisionnement est très délicat, irrégulier. Les arrivages se sont taris ces derniers temps et je n’ai plus rien en stock depuis plusieurs huijours.

Twirl avait eu vent de la pénurie qui menaçait un marché en plein essor, mais il ne désespérait pas de dénicher un fournisseur mieux achalandé, voire de sceller un contrat à l’arrière de l’une des péniches.

— La situation possède au moins une vertu, répondit-il.

— Celle de faire s’envoler les cours, c’est certain. Tu risques de payer très cher l’accès à ce type de produits, mais les cours ne monteront pas indéfiniment, la bulle spéculative humaine finira tôt ou tard par éclater. À ce moment-là, tu te retrouveras au même point. Tu devrais plutôt envisager une stratégie à long terme. Avec quelques octans de moins…

Caibee s’y entendait en matière de négoce, il avait traîné ses ailes sur bien des mondes du Collectif à la recherche de bonnes affaires. Sauf que son âge respectable ne lui permettait plus de se lancer dans une nouvelle aventure. Il avait fait son nid sur Balyth et il en vivait bien. Pourquoi risquer ses œufs dans une énième entreprise ?

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

Le vieil avien, à l’accoutrement élimé dont les couleurs ternes renvoyaient à son plumage flétri, sauta sur la rambarde afin de livrer son sentiment sans que personne ne l’écoute.

— L’avenir, c’est de produire local. J’ai des informations sur un possible embargo sur l’importation d’humains morts ou vifs qui serait déjà à l’étude au niveau de la Commission de la Sécurité Sanitaire Commerciale.

— Un embargo ?

— Apparemment, il se passe des choses compliquées sur leur planète d’origine. J’ignore quoi, mon contact essaie d’en apprendre plus à ce sujet, mais il est catégorique : un moratoire va tomber, c’est une simple question de temps.

— Ça veut dire que je ne pourrais pas vendre leur chair ?

— Non, ça signifie que tu ne pourras plus en importer. Nuance ! Par contre, rien n’empêche d’en produire localement.

Twirl se gratta la peau de son bras à l’aide de son bec avant de redresser à nouveau la tête :

— Comment produit-on de l’humain ?

— J’en ai aucune idée, mais si j’étais toi, je commencerais par compiler les données de la banque inter-espèce.

Caibee s’excusa et, d’un bond, il retourna derrière son étal. Des clients accordaient un intérêt à ses vers luisants qu’il faisait venir des bords de l’océan sud. Twirl salua son vieil ami d’un bref pépiement et prit son envol. Après avoir visité d’autres péniches, emprunté plusieurs voies, croisé quelques connaissances, Twirl trouva un seul vendeur de produits humains sur tout le marché. Et pas n’importe lesquels. Des phalanges. Le must.

Il affichait un prix tellement dissuasif qu’aucun acheteur, même s’ils s’y arrêtaient, ne désirait se porter acquéreur du lot. Les doigts avaient été disposés en pyramide élégante sous une cloche de verre réfrigérée qui renfermait également un gaz inerte, signe indiscutable de la fraîcheur de la marchandise. Mais la somme folle… Twirl émit un couinement de surprise :

— C’est plus cher que des œufs de Krondor !

Le vendeur insectoïde tourna ses yeux à facettes vers lui, il sortit un polymère interactif de la poche de sa sur-veste.

— Ce qui est rare est précieux, donc très cher. La ressource doit être préservée.

— Bien sûr.

Il ne faisait qu’énoncer l’une des bases fondatrices du commerce. Tout le monde connaissait le classique, tragique, de la magholine, une plante aux vertus médicinales exceptionnelles poussant sur une planète Hors Collectif. Les découvreurs, en mission d’exploration, pensaient avoir le temps. Lors du retour à la tête d’un Combinat expressément créé pour en assurer l’exploitation, le monde avait été frappé par une comète. Les projections financières mirobolantes s’étaient envolées, la ressource définitivement perdue en raison d’un écosystème ravagé d’un pôle à l’autre.

Cela pourrait-il arriver aux humains ? Qu’ils disparaissent purement et simplement demeurait une réalité. Les mondes Hors Collectif étaient livrés à eux même et beaucoup de civilisations ignoraient même qu’elles risquaient de succomber en un battement d’ailes.

— Vous êtes acheteur ? demanda l’insectoïde en activant son écran.

— Non, juste curieux. C’est bien trop cher.

— Quel dommage…

Twirl s’envola à nouveau. Produire des humains… Cela lui apparaissait de plus en plus comme un choix intelligent. Mais compliqué à mettre en œuvre.

 

 

 

 

Lorsqu’il atterrit sur la plateforme de sa nichée de l’autre côté du delta, sur le flanc d’un promontoire populaire, Twirl fût accueilli par des pépiements aigus. Ses trois petits vinrent se coller à lui pour frotter leur bec contre son harnais. Il les salua en retour tout en satisfaisant leur curiosité.

— Je n’ai rien ramené du marché.

Les piaillements cessèrent à l’énoncé de la mauvaise surprise.

— Les temps sont durs, rappela-t-il, nous devons réduire la voilure de nos ambitions. Du moins, pour un moment.

Leur nid se divisait en quartiers reliés par un espace central vers lequel il se dirigea avec sa progéniture. Un puits de lumière éclairait la rambarde sur laquelle les membres de la famille prenaient place pour se nourrir. Ils picoraient dans leurs auges dotées de compartiments renfermant des mets variés : graines, vers de vase, petits insectes séchés, carrés de viande rouge. Twirl effectua un bond jusqu’à son emplacement. Il plongea sa tête puis, à l’aide de son bec, poussa le couvercle pour saisir une larve qui se tortilla avant de disparaître.

— Excellent ! Je meurs de faim.

— C’est ce qui risque de nous arriver si tu ne redresses pas la situation à la ferme, siffla sa compagne.

De sa mélodie neutre, sans emphase, elle lui signifiait son irritation. En tant que responsable de la descendance, les femelles contrôlaient la lignée du clan. À ce titre, elles occupaient une place prépondérante dans la structure sociétale. Les gardiennes des œufs, des pennes et des couleurs, il en allait ainsi depuis bien avant l’Ère Collectiviste.

— Le persiflage à notre encontre peut nous mettre vent de travers par rapport aux intérêts du clan. Serons-nous encore en mesure d’apporter notre quote-part ?

Chaque nichée versait au pot commun. Ceux qui étaient incapables d’assumer les couleurs, selon l’expression consacrée, se voyaient reléguer aux tâches subalternes. Ils perdaient leurs avantages ainsi que leur plateforme sur le promontoire pour échouer dans ces cités-dortoirs puantes et sans âmes où ils finissaient déplumés.

— Nous le serons, affirma Twirl.

— Bien. As-tu trouvé un courant favorable ?

— De l’humain, siffla-t-il en retour.

— De l’humain ?

— C’est quoi un humain ? reprit l’un des petits.

Twirl ignora la question.

D’un mouvement de bec, il activa l’hologramme et navigua un court instant dans divers menus pour amener un diagramme en avant-plan.

— La courbe que tu voies, c’est le cours des produits humains sur les marchés du Collectif. Notre avenir.

— C’est quoi de l’humain ? répéta son rejeton.

— Une espèce qui vit Hors Collectif, expédia-t-il d’une trille rapide.

— Et c’est loin ?

— Je l’ignore pour l’instant. Lorsque j’irai à la banque de données inter-espèces, j’en saurais davantage. En fait, je compte bien apprendre tout ce qu’il faut pour lancer une ligne de production locale.

— À la BIE ? s’étonna la femelle.

La Banque Inter-Espèce se situait sur un autre monde et la vénérable institution protégeait ses précieuses archives, imposant de les consulter sur place.

— C’est par là que je dois commencer. Dès le prochain huijour.

— As-tu songé aux coûts d’aménagements de la ferme ?

— Je vais m’arranger avec le clan.

L’avienne secoua ses pattes habillées de guêtres, lissa le plumage orangé de son cou mis en valeur par un gilet à l’encolure haute.

— Je n’aime pas ça.

— Ne t’en fais pas, c’est une affaire lucrative. Les produits humains, c’est du solide. Il n’y a qu’à regarder les cours. Ils vont crever le plafond !

Il se garda bien d’évoquer l’embargo et les problèmes d’approvisionnements. Une fois son repas achevé, Twirl s’installa sur la rambarde extérieure pour admirer le spectacle du firmament en feu. La planète géante occupait la moitié du ciel, son atmosphère rougeoyait sous les rayons du soleil couchant, une couleur considérée comme un excellent présage.

 

 

 

 

Twirl s’envola du nid alors que le quart-jour se dévoilait à peine, chassant les nuages rouges de la vraie nuit qui survenait quand Balyth entrait dans le cône d’ombre de sa voisine géante. Le phénomène périodique dépendait des lois universelles présidant aux déplacements des mondes sur le fil qui leur tenait lieu d’orbite. Durant plusieurs octars, la planète gazeuse s’effaçait, cédant la place aux trois galaxies qui peignaient la voûte céleste de leurs rivières scintillantes, étalaient leurs nébuleuses troubles à travers les cieux. La plus imposante, de forme spirale, écrasait les deux autres par sa taille et sa magnitude.

L’avien remonta un courant ascendant le long d’une tour habitat qui bordait le delta fluvial, puis il se laissa porter vers les altitudes supérieures. De ses yeux perçants, il en profita pour détailler les bras de lumières de la galaxie qui dominait le ciel. Les humains venaient donc de l’une de ces fragiles étincelles. Une seule, un monde unique, parmi des milliards. Une civilisation enfouie dans les profondeurs qui avait pourtant fini par attirer l’attention des combinats, consortiums et autres organisations commerciales. Parfois pour le meilleur, souvent pour le pire ; cela dépendait de la grande loterie des concessions. La plupart du temps, les mandataires se montraient surtout intéressés par l’éventualité d’une opération à la rentabilité rapide.

Parvenu à l’apogée du vortex, Twirl s’en dégagea et en quelques battements d’ailes, il rejoignit un couloir réservé qui...