Tristan

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Pierre est très pris par le poste qu’il occupe dans une grande surface alimentaire. Son épouse, Marie, et son jeune fils, Tristan, regrettent son absence au quotidien. Un accident a lieu tandis que Pierre est au travail. Il croit Marie et Tristan chez ses beaux-parents. Lorsqu’il apprend l’accident, l’enfant est mort et sa femme dans un état grave. Le regret et la culpabilité l’assaillent. Fiévreux, sous le choc, il échappe à la réalité en rejoignant Tristan, en rêve, dans une quête imaginaire peuplée de personnages aux prénoms fabuleux: Maurane, Kerala, Cahu Tchu, Grace, Mabo…
Publié le : vendredi 30 mars 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748355703
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748355703
Nombre de pages : 226
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Thierry Gerdolle
TRISTAN
Tome
1
Mon Petit Éditeur
 
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IDDN.FR.010.0115330.000.R.P.2010.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2010
1 Tristan et Marie
Samedi ! La ville rose était en effervescence. La foule se promenait, direction le jardin botanique et le muséum de Tou-louse. Joli mois de mai ! Le soleil, dans le ciel sans nuage, procurait une douce chaleur. Seul le vent dautan venait rafraîchir lallée Jules Guesde.Ils marchaient tous les deux, main dans la main. Heureux dêtre ensemble, de passer un bon après-midi de détente, enfin ! La semaine avait été longue pour Marie et elle trouvait le besoin de souffler un peu. Tristan, six ans, espiègle comme un enfant de six ans. En partie responsable du surmenage de Marie, sa mère. Trop sou-vent seul à la maison, le petit garçon avait besoin de se défouler et Marie ne pouvait pas toujours répondre à ses attentes. Malgré tout, elle adorait son fils unique et la promenade au parc restait un moment privilégié pour elle. Les cheveux blonds de Tristan, fins et soyeux, volaient sous leffet de la bise cachant ses yeux bleus en amandes. Par réflexe ou pour profiter de pouvoir le toucher un peu (ce qui devenait de plus en plus difficile) Marie voulut replacer les mèches de son enfant. Tristan, brusquement, tourna la tête.  Stop ! Sil te plaît, on nous regarde !  Mais qui nous regarde ? lui répondit-elle, feignant létonnement.  Tout le monde !
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Le visage de Tristan se ferma. Il fit la moue ! Sa bouche en accent circonflexe et ses joues gonflées ressemblaient à celles de lécureuil quand il fait ses réserves de noisettes. Il tirait la main de sa maman, pressé de se rendre parc. Marie semblait soucieuse. Elle pensait à Pierre son mari. Elle était en colère ! Plus encore, peut-être, frustrée ! Elle lui en vou-lait de ne pas être là avec elle, avec eux !  Tristan, ça suffit, tu me fais mal à la fin, dit-elle agacée.  Marche plus vite ! Marche plus vite ! Maman, lui répon-dit-il avec sa voix haut perchée, quand papa va venir ? Il va venir, hein ?  Oui non peut-être, je nen sais rien Tristan, je nen sais rien ! Fais attention où tu marches sil te plaît, on va traver-ser la route et il y a plein de voitures. Je ne voudrais pas que tu te fasses écraser, ce serait le comble. Elle serra encore un peu plus fort la main de son fils de peur quil ne séchappe. Le parc se trouvait en plein centre-ville et la circulation était dense.  Ne me tiens pas comme un bébé, je sais marcher tout seul, lui dit-il tout bas. Il venait dapercevoir dautres enfants qui criaient et sau-taient partout, forts dêtre en groupe. Il aurait aimé jouer avec eux.  On va au musée ? Maman, ça serait sympa. On ny va ja-mais ! Allez, maman sil te plaît.  Pas aujourdhui Tristan, il fait trop beau, il faut en profi-ter mon chéri.  Je ne suis pas ton chéri ! bougonna-t-il. Ils entrèrent dans un magnifique parc aux nombreuses allées ombragées par de grands arbres, aux diverses essences, plus que centenaires. Ils offraient de lombre aux gens assis sur les bancs, où directement affalés sur lherbe. Le gazon magnifiquement entretenu et ressemblant à un jardin anglais.
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Sur la droite, un joli pont fleuri de géraniums accédait à une petite colline. Elle dominant lensemble du jardin botanique. Tristan courut dans lallée menant au sommet. Il aimait cette liberté ! Cette impression de pouvoir faire seul tout ce quil dési-rait. Voler de ses propres ailes, avoir la liberté de ses choix, de se sentir un grand ! Heureusement dans ses jeux, il restait un enfant, samusant, simplement. Peut-être, pour lui, allez savoir, cétait ça la liberté ! Il prit un bâton et se mit à la chasse aux animaux imaginai-res. Il était bien aidé par toutes sortes doiseaux et autres bêtes déambulant dans le jardin public. Il sautait dun côté du talus à un autre, se cachant derrière des haies, des arbres, puis escala-dait de petits murets et se dépensait sans compter. Marie commençait à se détendre. Elle marchait tranquille-ment derrière son fils. Puis elle sarrêta au bord du petit pont de pierre. Elle sappuya sur la rambarde et admira les carpes au fond du ruisseau qui se disputaient un morceau de pain. Elle releva la tête, fit un tour dhorizon, puis elle chercha des yeux son enfant en se protégeant du soleil avec sa main. Tout à coup, elle vit le chien ! Un affreux cabot au poil noi-râtre. Il avait relevé la gueule et regardait lenfant. Marie sentit le risque, immédiatement ! Le chien sélança en aboyant. Marie hurla ! Dautres personnes crièrent également autour delle. Tristan se retourna et vit le danger savancer vers lui par bonds successifs. Il resta prostré. Son bâton tomba de ses mains et, machinalement, il protégea son visage. Le chien, dun bond, sauta sur le jeune garçon
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2 Pierre Pierre, les coudes sur son bureau et les mains sur son visage, réfléchissait. À bientôt quarante ans, il se posait plein de questions. Des remises en question qui finissaient par lui donner de violentes migraines. Il adorait Marie ; pour rien au monde il naurait voulu la per-dre. Mais il y avait son boulot. Les exigences de ses employeurs et peut-être aussi les siennes. Il aimait son travail et avait cette impression de ne rien savoir faire dautre. En tout cas, il y consacrait beaucoup de temps et dénergie et quand il rentrait le soir, il était épuisé. Et toujours ces mêmes disputes.  Mais enfin Pierre, jexiste ! Tu pourrais faire attention à moi de temps en temps. Et ton fils ? Tu ne toccupes pas de lui. Tu ne portes aucun intérêt à son travail, à ses copains tu es un fantôme. Je nen peux plus dêtre seule à la maison, disait Marie en sénervant.  Je ten prie Marie, que veux-tu que je fasse ? Que je quitte mon boulot ? Pour quoi faire ensuite ? Je vous aime tous les deux et  Tous les deux ? Mais tu ne connais même pas la date de naissance de ton fils ! Fais attention à lui au moins, regarde-le grandir ! Et Marie partait en pleurant dans sa chambre. Cétait ces disputes-là qui lui trottaient dans la tête. Il pensait aux prochaines vacances de juillet. Il lui fallait obtenir absolu-
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ment trois semaines de congés. Nouveaux soucis ! Il savait que ça, ce serait très difficile à acquérir ! « Pierre, trois semaines ! Mais vous ny pensez pas ! Nous sommes débordés de travail en ce moment », lui dirait son pa-tron. Toujours pareil, même rengaine. Lui, il noserait pas le contredire, par peur de perdre son tra-vail ou par manque de courage tout simplement. Pourtant, cette fois-ci, il lui fallait ces trois semaines. Il sen-tait que cétait vital pour son couple, pour sa famille.  Pierre Pierre, excusez-moi, Monsieur Hubert de la so-ciété "Frais export" est arrivé. Vous aviez rendez-vous à ce quil ma dit. Il patiente dans la salle dattente. Cétait Françoise, une jolie secrétaire, entre autre responsable aussi des disputes avec Marie. Elle entra dans son modeste bu-reau doù la seule fenêtre donnait sur la réserve du magasin. Pierre travaillait depuis quinze ans pour cette grande surface de distribution alimentaire. Travailler plus pour gagner moins, cétait à ce jour son sentiment. De plus, son patron était un vrai tyran, narrangeant rien à lambiance. Malgré tout, il aimait ce boulot, et, comme beaucoup, il navait surtout pas le choix. Il fallait bosser ! Comment vivre autrement ?  Merci Françoise, je vais le recevoir, heu dans cinq mi-nutes, daccord. Merci cest gentil de votre part.  Ca va ? Un problème ? dit-elle en le regardant avec ces jo-lis yeux verts et un sourire angélique.  Non, en tout cas rien que vous ne puissiez faire, mais merci quand même, lui répondit-il le plus aimablement possible. Pierre avait un physique très agréable. Il était grand, bien proportionné, des cheveux châtain clair très courts, un joli vi-sage avec des yeux noisette et un large sourire. Très attirant ! Il ne passait pas inaperçu auprès des femmes, ce qui rendait Marie jalouse, parfois souvent !
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