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Un Amour en Provence

De
280 pages
1973. Un homme s'installe dans le Vaucluse après avoir confortablemetn hérité. Il y rencontre une femme dont il tombe follement amoureux. mais il est l'objet d'une machination ourdie contre lui et destinée à capter son héritage... ils en mourront tous les deux. 2009. Trente-cinq ans plus tard, une lettre écrite par la jeune femme arrive enfin à destination... Le facteur chargé de remttre le pli en découvre le contenu, qui remet en question la version officielle des résultats de l'enquête, et décide de partir en quête de la vérité...
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  Sciences sociales
Du même auteur
La construction des légitimités professionnelles dans la formation des travailleurs sociaux, L'Harmattan, collection Logiques sociales, Paris, 2006.
Essais
Du souci des autres à l'autre comme souci, L'Harmattan, collection Questions contemporaines, Paris, 2008.                  
Michel PERRIER
Un Amour en Provence
              L'Harmattan  
 
  
          
 Image de couverture :Le château bleu, Hervé Perrier.
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Prologue
Bollène, mars 2009.
Lal'e n'existent pas dans les gammes des fabricants, un blanc terni par le temps, la couleur de l'usure. Puis ce fut le timbre, une Marianne d'un vert fané timbre à 0,40 franc ! Le cachet un était illisible, ce qui n'aidait pas à dissiper le doute. Il y avait aussi un petit quelque chose dans l'adresse, la façon de rédiger sans doute, Monsieur Roland Charrier, 5 rue de Chabrière 84 Bollène, monsieur en entier et pas de code postal, aucune adresse d'expéditeur au dos, une écriture hésitante sur trois lignes légèrement courbées, le manque d'habitude probablement, le tout donnant l'impression d'une certaine jeunesse épistolaire. En y regardant de plus près, on pouvait même voir sur les bords de minuscules fibres prêtes à se désolidariser du tout, comme si les composants du papier de l'enveloppe en avaient assez de jouer à la lettre et commençaient à prendre le large ; on le sentait d'ailleurs à la texture, du papier de mauvaise qualité, putrescible, sans garantie de durée, à condition de s'entendre sur la durée bien sûr. De toute façon, la journée avait mal commencé. Il y a des jours comme ça, où rien ne tourne rond, où il ne reste qu'à attendre le soir en essayant de ne pas en rajouter... d'abord, la panne de réveil, lever un quart d'heure avant de prendre le
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8UNAMOUR ENPROVENCE
boulot, à peine le temps de se débarbouiller en contemplant un visage fatigué, la barbe naissante et les cheveux bruns en bataille, les yeux encore gonflés de sommeil faut dire qu'il avait il dessiné jusqu'à 2 heures du matin..., puis le scooter qui ne démarre pas... Benoît comptait bien se rattraper en avalant un café à la machine de la poste, mais celle-ci ne fonctionnait pas ! Et, pour finir, cette lettre... Benoît s'arracha de sa contemplation pour aller montrer sa découverte à son supérieur hiérarchique, qui ne s'y attarda pas outre mesure : Votre travail est de distribuer le courrier, Brunel, alors allez-y, distribuez !  Mais, monsieur...   de Chabrières, c'est bien votre tournée, n'est-ce Rue pas ? Oui, justement, voyez-vous, au 5 il n'y a pas de monsieur Charrier.  Ilpeut-être de quelqu'un qui est hébergé, ou s'agit c'est pas le bon numéro... c'est à vous de vérifier. Vous avez vu l'enveloppe ? Et le timbre ? Cette lettre a au moins dix ans !  Ils ont refait complètement les bureaux du tri à Orange, ils se sont enfin décidés, alors on a eu quelques courriers restés coincés dans les armoires métalliques, enfin je suppose que c'est ça... vous cassez pas la tête, mon vieux, distribuez ! Et si y a personne, ramenez tout, on verra plus tard. Conversation improbable, mais néanmoins réelle, et Benoît pas plus avancé. Il est frustrant que ce que l'on considère comme une véritable découverte, qui plus est insolite dans le contexte, ne retienne pas l'attention qu'elle mérite pour un peu, on en viendrait à douter de la réalité. Benoît glissa donc la lettre dans sa sacoche, au milieu du courrier, sortit de la poste,
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enfourcha sa mobylette et partit faire sa tournée. ' Il n y avait aucun Roland Charrier rue de Chabrières, ni au numéro 5, où vivait un avocat qui ne connaissait personne de ce nom, ni aux autres numéros. Benoît crut pourtant lever un coin du voile lorsqu une vieille dame, au numéro 8, lui dit que ' «Roland Charrier, Charrier, oui, attendez, ça me dit quelque chose... », mais elle se renfrogna pour lui avouer que, finalement, le nom lui était inconnu et qu'en plus elle n'avait pas le temps d' y réfléchir plus que ça. En fin de tournée, il ne resta plus que cette maudite lettre dans la sacoche un vrai cas de conscience ! Parce que Benoît savait pertinemment qu'il n'y avait pas de solution. D'abord, il ne trouverait pas le destinataire ; ensuite, il n'était pas question de la réexpédier sans l'adresse de l'expéditeur ; enfin, et c'était bien le principal, cette missive datait d'au moins dix ans, vingt ans peut-être, et elle était bel et bien perdue pour tout le monde quelle que soit l'information à l'intérieur, celle-ci ne pouvait être que périmée, sans intérêt aucun, si ça se trouve les protagonistes étaient au cimetière, bref la lettre ne manquerait à personne et aucun Charrier ne viendrait jamais la réclamer, de cela au moins il était sûr. Retourner voir le receveur, donc, qui la renverrait illico à Orange ou ailleurs, où elle serait sans doute archivée dans l'attente de l'hypothétique recherche du destinataire ; puis elle serait ouverte, et lue afin d'y trouver des indications permettant de remonter jusqu'à l'une ou l'autre des personnes concernées ; en l'absence de résultat, elle serait détruite au bout de 6 mois. Cette lettre pesait lourd dans les mains de Benoît, qui commençait à s'y attacher et à la considérer comme une sorte de butin de guerre, appartenant à celui qui s'en empare et en fait quelque chose. Certes, mais quoi ? S'il se l'appropriait, ce serait pour l'ouvrir et la lire, savoir enfin ce que cachait ce mystère, ce que la relation de deux êtres avait perdu d'intensité par l'irresponsabilité passagère d'un postier étourdi ; il pourrait alors
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tenter de réparer ce manquement à la mission, cette béance épistolaire, cette injustice manifeste causée à deux existences. Benoît allait accomplir sa mission jusqu'au bout : rendre justice à ceux qui en avaient été privés, distribuer le courrier comme le lui disait le receveur, par delà le temps et la distance... En prenant cette décision, Benoît était loin, très loin, de se douter de ce qui l'attendait.