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Un campus de province

De
236 pages
En septembre 1974, Claude fait sa rentrée à l'IUT du Mans, et se passionne pour les questions internationales... A la cité où elle côtoie les étudiants africains, Claude vit avec exaltation sa nouvelle liberté. Au cours des boums organisées par les étudiants à la Baraque, elle tombe passionnément amoureuse de l'un d'eux. C'est dans l'insouciance du début des années 70, sur fond de musique rock ou africaine que se déroule son histoire.
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23 ISBN : 978--233-60041-87enmbtp s,4791 r dalC rtnér aftis  ad ansà lu si drala  réa  é étesdinta tlia nm lé listoiati  ari sioçnarF d irso pndrartt tnasl ss sot éln iarmssm neaé adsniss d soialiss t qlaidniota ltilipon oprnn q l sl s, lssio paé rtolalon srtnitanoitsi snal, a ortiœllt soi nd sesl  dn, sailona lii rrù lté oa iÀ lsitnaq rfapndla Cs, inp iaart àrés rllôtoil s ét ltn sdaianifaira  snollib létrà a ,o ismnt t ita  laatitno al à stnaidtéan dll, aqaro rosmsb srd ls par és anis tnomaoissménn ldn srd adsnl  ast ra dtomb panit t  ,s s7dnd  roft d débnnés aosnild nai Cs an dstsiotrioDiminuqs dérol son fa air ni qm qsiro  oé plxerc a eelleo  ùorxuetuaC âh àuihrdouuj anegiesne taruelF eemier rot son prin se sd or Cunpaméld. uednam staeisu sruE.inVINC-PROMPUS21  1//01 40dd  
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Récit
Un d  e c  a pr m ov p in u c s e es danseurs de la Baraque (septembre 74 - juin 75)
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Un campus de province
Dominique Fleurat      Un campus de province   Les danseurs de la Baraque  Septembre 74-juin 75                   L’H ARMATTAN
         
 
   
    
           © L'H ARMATTAN , 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris   http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-336-00148-7 EAN : 9782336001487  
Remerciements
Ce livre naurait jamais pu voir le jour sans le chaleureux accueil des amis qui ont accepté de raconter leurs souvenirs de cette période mémorable ni sans la bienveillance de ma famille qui ma accompagnée dans mes recherches. Merci à mes premiers lecteurs qui ont permis de renforcer la cohérence et les détails de cette histoire. Merci à Jean-Jacques pour ses encouragements stimulants et à ma fille pour son aide précieuse dans la présentation du manuscrit. Merci à mon éditeur qui a concrétisé le rêve de redonner vie à certains des acteurs aujourdhui disparus ou partis vers leur pays dorigine.
Prologue
Octobre 2003. Depuis quelques minutes, le vent s'est levé et une petite pluie fine s'est mise à tomber. C'est un jour d'automne, triste et gris, à l'image de l'événement qui les réunit. Il y a maintenant une cinquantaine de personnes groupées autour de Patricia et de ses enfants à l'entrée du cimetière du Bailleul. Le groupe s'avance près de l'urne contenant les cendres du disparu pour assister à la cérémonie toute simple prévue par sa veuve. Une boîte ordinaire sans décoration est posée là, sur une petite table, et Claude essaie mentalement d'imaginer le grand corps de son ami réduit à quelques débris d'os et de poussière. Parents, amis, collègues ou voisins, tous ont voulu être présents pour un dernier adieu à celui qui vient de mourir d'une bien étrange façon. Pourquoi les médecins, malgré toute leur science, n'ont-ils pas réussi à le sauver lorsqu'il est tombé malade à son retour en France ? A-t-il été empoisonné ? Par qui et pour quelle raison ? Dès la rentrée de septembre, Patricia avait appelé Claude pour l'informer de la maladie de Tiamba avec un peu dinquiétude. Quelques semaines de traitement auraient pourtant dû lui rendre sa vivacité, ils avaient encore tant de projets. Hélas, la nouvelle de son décès a choqué tous ceux qui l'aimaient et Claude ne peut empêcher les larmes de lui obscurcir la vue. Jamais plus elle n'entendra le rire en cascade de son cher Tonton, son Africain si sage, son ami généreux et chaleureux. Oh, elle ne le voyait pas si souvent mais ils étaient en contacts réguliers, avaient vu leurs enfants grandir et s'étaient retrouvés bien des fois lors de fêtes amicales.
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Elle fixe un peu hébétée la haute silhouette d'Hamidou qui se tient bien droit aux côtés de sa mère pendant que sa sur Léa lui tient la main. Quel terrible drame que cette disparition pour tous les trois ! Dans le petit attroupement, elle reconnaît quelques têtes dont les cheveux ont commencé à grisonner, des amis de la fac, Burkinabés comme Tonton. Il y a aussi quelques Marocains, ex étudiants de sciences économiques comme lui. Et tous ceux qui le côtoyaient depuis leur installation dans le petit village de Malicorne où Patricia exerce comme infirmière. Pouvait-il passer inaperçu dans cette campagne sarthoise où sa présence aux manifestations était régulière depuis qu'il écrivait des articles pour le journal local ? Claude regarde sa sur Béatrice qui a glissé son bras sous le sien et s'est serrée contre elle. Pourquoi, semble-t-elle dire. Oui, pourquoi lui ? Elles essaient de ne pas céder à l'émotion mais leurs yeux brillent et leur silence est éloquent. « Pour ceux qui le souhaitent, vous pourrez déposer dans lenveloppe près de la boîte, un don pour nous permettre d'emporter les cendres de Tiamba auprès de sa famille, annonce Patricia de sa voix douce, un peu tremblante. Ensuite, nous nous retrouverons dans la salle des fêtes pour partager un repas et vous êtes tous les bienvenus. Merci pour votre présence, ça nous fait chaud au cur de vous voir si nombreux. » Déjà, l'assemblée se disloque et se regroupe par cercle de connaissances. Claude va embrasser Kouka dont les joues encore humides gardent la trace des larmes quil na pu retenir, puis Amadou qu'elle n'a pas vu depuis bien longtemps. Elle attend quelques instants avant de s'approcher de Patricia ne sachant comment lui offrir sa sympathie dans un moment aussi douloureux. Claude ! Tu as pu venir Bien sûr. Nous sommes tous tellement bouleversés.
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Oui, c'est très dur. Tout a été si rapide. Elles ne peuvent que s'étreindre en silence. Tonton n'est plus là et plus jamais, il ne pourra offrir aux autres ses conseils et réflexions toujours avisés. Tu restes pour le repas, n'est-ce pas ? Tu auras l'occasion de voir les amis. Oui, je repartirai ce soir. Maman est venue aussi mais elle a dû s'en aller. Elle m'a donné sa contribution. Tu la remercieras. Je te laisse, je dois rejoindre les enfants. « Comment fait-elle pour ne pas s'effondrer ? » s'interroge Claude. Elle reste un instant figée devant l'urne qui contient les cendres de son ami. Il y a presque trente ans qu'elle a fait sa connaissance à l'université du Mans où elle a fait des études de chimie alors que lui fréquentait la fac de sciences économiques. Malgré l'éloignement dû à leurs choix de vie, il gardait une place à part dans son cur et leurs retrouvailles étaient toujours un vrai bonheur. « La vie peut s'arrêter si vite, pourquoi est-ce qu'on ne consacre pas plus de temps à ceux qu'on aime ? » Claude se trouve brutalement renvoyée dans les années 70, années d'insouciance un peu folles où tout semblait si facile : travailler, aimer, militer... Ils allaient changer la vie ! « Vraiment, il faut que j'écrive, que je leur rende hommage en racontant tout ce qu'ils m'ont apporté, tout ce que nous avons vécu. » Ils : ce sont surtout les étrangers, tous ceux qu'elle a côtoyés. Marocains, Algériens, Voltaïques, Camerounais, ils ont ouvert les frontières géographiques de sa pensée en lui faisant découvrir le reste du monde. Saurait-elle décrire les hommes, les lieux, les atmosphères ? Oui, elle le leur doit. Plongée dans ses souvenirs, elle se fait la promesse de leur rendre hommage en écrivant leur histoire.
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