//img.uscri.be/pth/5269e08e9b605ef5739a8dd08467308cbd8cf451
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Un jardin de solitude

De
154 pages
Dans ces carnets, la page d'écriture est un jardin élargi aux dimensions de l'univers. La solitude s'y confronte à la profondeur des lectures et du paysage, dans la lumière de la poésie. Le lecteur est invité à un voyage immobile en suivant ses chemins intérieurs où l'esprit ne connaît plus que les limites de l'infini. Le jardin devient alors le lieu de la rencontre avec soi-même. Et où seule l'écriture, en définitive, incarne réellement notre présence au monde.
Voir plus Voir moins

Christophe MUn Jardin de solitude
Chronique poétique
Dans ces carnets, la page d’écriture est un jardin élargi aux
dimensions de l’univers. La solitude s’y confronte à la profondeur
des lectures et du paysage, dans la lumière de la poésie. Le temps qui
passe, l’intimité des provinces, l’herbe folle des talus, les nuages et le Un Jardin de solitudevent déchiff rent librement la partition de la vie. Le lecteur est invité à
un voyage immobile en suivant ces chemins intérieurs où l’esprit ne
connaît plus que les limites de l’infi ni. Le jardin devient alors le lieu Chronique poétique
de la rencontre avec soi-même. Et où seule l’écriture, en défi nitive,
incarne réellement notre présence au monde.
Christophe MAHY est né en 1970 à
CharlevilleMézières, dans les Ardennes. Il a publié principalement
de la poésie mais aussi de la prose traitant du rapport
de l’être avec le paysage et des chroniques chez divers
éditeurs indépendants. Il a travaillé à plusieurs projets
avec des peintres, des graveurs et des calligraphes dans le cadre d’éditions
à tirage limité (livres d’artistes). Il contribue également à diverses
revues littéraires ou de poésie contemporaine (Les Amis de l’Ardenne,
La Route inconnue, Traversées, Diérèse).
En couverture : photographie de Jean-Marie Lecomte.
collection
ISBN : 978-2-343-06178-8 Amarante15 €
Christophe M
Un Jardin de solitude©L’Harmattan,2015
57, ruedel’Ecolepolytechnique,75005Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN:9782343061788
EAN:9782343061788
111111111111,111111111,,111111111111111111111111,1,11111111UnJardindesolitude
111111Amarante
Cettecollection est consacréeauxtextesde
création littérairecontemporaine francophone.
Elleaccueille les œuvres defiction
(romans etrecueils de nouvelles)
ainsiquedes essais littéraires
etquelques récits intimistes.
Laliste desparutions, avecune courte présentation
ducontenu desouvrages, peut être consultée
surle site www.harmattan.fr
111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111
11
11ChristopheMahy
UnJardindesolitude
Chroniquepoétique
L’Harmattan
111111111111111111111111111111Dumêmeauteur(principauxouvrages)
AuxéditionsL’Arbreàparoles:
Lehautsilence,poèmes,2011.
AuxéditionsLesVenterniers:
À contrenuit , poèmes, avec des encres de Charles
Delaplace,2013.
AuxéditionsLesSèvenelles:
Un peu d’ombre disperse ma mémoire, proses, avec 12 encres
originalesdeClaudeBugeon,2014.
AuxéditionsL’herbequitremble:
La flamme du seul, suivi de L’absence de soi, peintures
d’IsabelleNouwynck,2014.
AuxéditionsNoiresTerres:
La vie clandestine, récits, photographies de JeanMarie
Lecomte,2012.
Thiérache,lagrandeinconnue,prose,photographiesdeJean
MarieLecomte, 2012.
AuxéditionsL’herbequitremble:
La flamme du seul, suivi de L’absence de soi, peintures
d’IsabelleNouwynck,2014.
AuxéditionsNoiresTerres:
La vie clandestine, récits, photographies de JeanMarie
Lecomte,2012.
Thiérache,lagrandeinconnue,prose,photographiesdeJean
MarieLecomte, 2012.
1111111111111111111,1111111111111111,11111111111111111111111111111111,,11,111111111111111111111111111111111111111111,11111111111111111111111,11111111Àmafamilleenécriture,fidèlement.
111111111«Lasolitudeestunedonnéenaturelledel’esprit.»
ChristianBobin,Unlivre inutile.
11111111111111111
11Il y a toujours une première phrase pour accueillir le
jour. Première, dernière, les notions d’ordre ne valent que
pourunmondeéprisdesnombres,ununiversentièrement
soumisauxchiffres.Toujoursest ilquelapremièrephrase
seblottitsurlapage,contrelanuitfinissante.
Après,ilyalemerledanslesauleetdeslueursbleuâtres
dans la fenêtre. L’aube n’est pas une pose mais un clin
d’œil de l’éternel à l’éphémère. Entre les deux, la compli
citéacquisedelalumièreetdesténèbres.Plusloinencore,
il y a quelqu’un qui interroge ce mystère. La ville s’ap
procheenenflantlarumeurdesrues.Lessignessurlepa
pier ont conscience de l’événement en cours. Car quelque
chose se passe. La vie est parfois à ce prix : l’envie de se
tairefaitéclorel’écriture.
L’ordinaireestunefeuillederouteetaucuneautoriténe
présideàl’écriture.C’estaussiuneconditionàlalibertédu
courrier sans destinataire. La première phrase est un pas
quine coûte qu’à celuiquil’écrit.La lettre s’emplit d’ami
tié,dehaineoud’amour,etsouventdesolitude.Beaucoup
dechosesluiéchappentaussi,queletempsluiravit.L’hor
loge est une autre manie du monde des chiffres. De ce
monde,donc.
11
11111111111111111,111111111,11111111,1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111,111111111111111111111111111111111111,11111111111111111111111111111111111111111,111111111111111111111111
11
11Ainsi s’ouvre la première phrase, sans qu’on sache
jamais si elle sera suivie d’une autre ou d’un silence
éperdu.
12
1111111111111111111111L’arbreveille surle jardin. Son feuillage frémit sous les
premiersrayonsousouslatiédeurdespluies.Unepilede
livres éclaire la chambre. La nuit se réfugie dans la tasse
fumantesurlatable,lesilencerendlibredeshorairesetdes
corvéesàfaire.11
L’horizon acquiert peu à peu la netteté des paysages
d’été.Jem’arrêteunpeusurl’enchantementdespremières
heures pour laisser la vie passer dans un souffle. Un peu
de mélancolie teinte la lettre qui ne sera lue par personne.
Quelqu’un,personne,etentrecesdeuxmots,lavie.
Ilfaudraitparleraussideslivresetdujardinclosquela
lecturecultive.Quandlafièvrebrûlecesmomentsvoléset
lesmetenexergue.Lalectureestsemblableàcesterresoù
tout bois prend racine. L’âme s’y repose en même temps
qu’elleypuisesapropresève.
C’est pourquoi, d’un mot à l’autre, je souhaite que la
première phrase soit comme une peinture de la dynastie
Song. Quelque chose d’ineffable et d’éternel, en même
temps que miraculeusement ordinaire. Cela implique que
des oiseaux se posent soudain sur la page, avec des bam
bouspliéssouslarafale. 11
13
1111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111,111111111111Enattendantcetéclair,pourimprobablequ’ilsoit,jeme
contente de mettre dans le livre quelques lieux communs
dictésparlasouverainetéduquotidien.
14
111111111111111111111111111