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Un jour à la fois

De
154 pages
Jawad Bazile est un jeune trentenaire, marié et père de famille. Après avoir travaillé pendant plusieurs années au bureau des relations internationales de l'université des Antilles-Guyane, il se retrouve au chômage. Cette période sans emploi va éprouver sa relation avec sa femme et ses enfants. En essayant de se reconstruire et de retrouver le chemin de l'emploi, il découvrira d'autres personnes et de nouvelles réalités...
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Steve Gadet
Un jour à la fois
Lettres des Caraïbes
Roman
Un jour à la fois
Lettres des Caraïbes Fondée par Maguy Albet, cette collection regroupe des œuvres littéraires issues des îles des Caraïbes (Grandes Antilles et Petites Antilles essentiellement).La collection accueille des œuvres directement rédigées en langue française ou des traductions. Derniers titres parus : Yollen LOSSEN,Le Fruit de la passion, 2013.José ROBELOT,L’autre bord,2013. Joël ROY,Petit-Noyau dans le courant du fleuve, 2013. Roger EDMOND,Amer café,2013. Gérard CHRISTON,Le carnaval des Mamblos, 2013 Georges LENO,Chronique des lilas, 2012. Raphaël CADDY,Les trois tanbou du vieux coolie, Tomes 2 et 3, 2012. Germain SENSBRAS,« Mangé cochon » à Karukera, 2012. Beaudelaine PIERRE,L’enfant qui voulait devenir président, 2012. Jacqueline Q. LOUISON,L’ère du serpent,2012. Ces dix derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le sitewww.harmattan.fr
Steve Gadet
Un jour à la fois Roman
Photographie de couverture de Cédric Calvados.
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01880-5 EAN : 9782343018805
« Le poète a le privilège d’aider l’homme à supporter la vie en élevant son âme, en lui rappelant le courage, l’honneur, l’espoir et la fierté, la compassion, la pitié et les sacrifices qui ont fait la grandeur de ses aïeux. La voix du poète ne doit pas se borner à conter l’histoire de l’homme, elle peut être l’un des soutiens, l’un des piliers qui l’aideront à souffrir et à triompher. » William Faulkner, discours d’acceptation de son prix Nobel de littérature en 1949 « La société prépare toujours les garçons à occuper un rôle dominant, à ne pas douter de leur puissance, mais la réalité se charge vite de leur montrer que cette posture n’est plus tenable. Cependant, ils ont du mal à l’accepter, car on a censuré chez eux les expressions de faiblesse, et ils n’ont souvent pas d’autre recours que la colère ou la jalousie, les seules émotions qu’ils n’ont pas appris à contrôler. (…)» Les Nouvelles solitudes,Marie-France Hirigoyen, 2007, p.67-69
À mon père, Claude, le premier homme de lettres que j’ai rencontré...  Àma mère, Francine, qui a tout fait pour que je rentre dans le monde des livres...
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Avant de devenir chômeur, j'étais responsable des relations internationales à l’université des Antilles-Guyane. Mon travail consistait à trouver et entretenir des partenariats avec des universités étrangères afin que nos étudiants et nos enseignants-chercheurs puissent en bénéficier. J'avais déjà travaillé pour payer des factures. Avec ce poste, je travaillais parce que j'étais passionné. J'aimais planifier, construire des projets et les voir prendre forme. Bien sûr, je touchais un salaire largement satisfaisant, mais ce n'était pas ma première motivation. Avant d'arriver là, j'avais connu les hauts et les bas du monde du travail: la pression des chiffres, les CDD à durée indéterminée, les phrases assassines couvertes sous le vernis de la blague, les rumeurs qui se retrouvaient dans la bouche des collègues proches de vous et l'isolement devant votre ordinateur. Seulement, lorsqu'on s'habitue au confort que procure le sabbat professionnel, c'est dur de tenir le coup le jour où le fauteuil se déchire.
Aujourd'hui, je devais conduire mes enfants à l’école. Quand mon épouse commençait le travail à 7h, elle rangeait les sacs et préparait les vêtements la veille. Le matin, il ne me restait plus qu’à les préparer puis les conduire. Mes garçons me donnaient beaucoup d’affection et me prenaient autant d’énergie. Notre trajet était rythmé par les informations locales et leur CD de comptines. Dans leurs yeux, je ne voyais pas le reflet de mon statut de chômeur. Je ne voyais pas l’image de paria que me renvoyaient certains employés d’administrations. Si
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