Un nouvel an pas comme les autres

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Cet ouvrage est un recueil de huit nouvelles qui illustre la dure réalité de l'existence, qui peut tout nous donner d'une main, et aussitôt nous reprendre de l'autre, même ce que nous avons obtenu à la sueur de notre front. Texte après texte, se côtoient ainsi les cycles du crépuscule et de l'aube, de la jeunesse et de la vieillesse, des doutes et de l'espérance, de la différence et des similitudes, de l'homme et de la femme, de la trahison et de la loyauté, de la peur et du courage...
Publié le : lundi 1 juillet 2013
Lecture(s) : 39
EAN13 : 9782296540040
Nombre de pages : 148
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François A. NtsamaUn nouvel an pas comme les autres
Aujourd’hui encore, tandis que certains hommes en jugent
d’autres sur la base de ce qu’ils peuvent paraître pour eux,
et que d’autres ne cessent de se mêler des amours et de la
vie de ceux qui les entourent, d’aucuns quittent souvent les Un nouvel an pas comme les autres
personnes qu’elles aiment comme des voleurs… Tous refusent
ainsi d’aller au-delà des apparences, d’appliquer la devise et autres nouvelles
latine duc in altum (avance en eaux profondes)…
Et pourtant, après le mois de décembre qui marque la fn
d’une année, vient le mois de janvier qui marque le début
d’une nouvelle année… C’est le paradoxe des cycles, le para-
doxe de la vie. Les jours succèdent aux nuits, les nuits suc-
cèdent aux jours…
Un nouvel an pas comme les autres et autres nouvelles est
ainsi un recueil de huit nouvelles qui illustre la dure réalité
de cette existence, qui peut tout nous donner d’une main, et
aussitôt tout reprendre de l’autre, même ce que nous avons
obtenu à la sueur de notre front. Texte après texte, se côtoient
ainsi les cycles du crépuscule et de l’aube, de la jeunesse et de
la vieillesse, des doutes et de l’espérance, de la diférence et
des similitudes, de l’homme et de la femme, de la trahison
et de la loyauté, de la déception et de la certitude, de la peur
et du courage…
Mais de courage et d’audace, n’est-ce pas ce dont a besoin
tout homme qui voudrait s’afrmer ? N’y a-t-il pas une lueur
d’espoir et d’inspiration sur les choses apparemment banales
de la vie courante ?
François A. Ntsama est docteur vétérinaire.
Passionné de lecture et d’écriture, il signe là, après
son premier recueil de poèmes, son premier recueil
de nouvelles.
Lettres camerounaises
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François A. Ntsama
Un nouvel an pas comme les autres
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Un nouvel an
pas comme les autres
et autres nouvelles

Lettres camerounaises
Collection dirigée par Gérard-Marie Messina


La collection Lettres camerounaises présente l’avantage du
positionnement international d’une parole autochtone
camerounaise miraculeusement entendue de tous, par le moyen
d’un dialogue dynamique entre la culture regardante – celle du
Nord – et la culture regardée – celle du Sud, qui devient de plus en
plus regardante.
Pour une meilleure perception et une gestion plus efficace des
richesses culturelles du terroir véhiculées dans un rendu littéraire
propre, la collection Lettres camerounaises s’intéresse
particulièrement à tout ce qui relève des œuvres de l’esprit en
matière de littérature. Il s’agit de la fiction littéraire dans ses
multiples formes : poésie, roman, théâtre, nouvelles, etc. Parce que
la littérature se veut le reflet de l’identité des peuples, elle
alimente la conception de la vision stratégique.


Déjà parus

Eustache OMGBA AHANDA, Les fleurs de l’âme, 2013.
Juste Magloire BASSOGOG DIBOG, Nog Ndourou. L’éprouvé,
2013.
Dieudonné Éric NGANTCHA, Obama, Seumi et l’école du village,
2013.
Dieudonné Éric NGANTCHA, Les gros champignons de
Bangoulap, 2013.
Moussa HAMAN-ADJI, Les masques de la vanité, 2013.
Jeanne Marie Rosette ABOU’OU, Letter to Tita, vol.2, 2013. OU’OU, .1, 2013.
Eugène Abel NTOH, Tempête sur le cocotier, 2013.
Grégoire NGUEDI, Coup de foudre à Bouraka, 2013.
Careen PILO, Quand l’espoir se réveille…, 2013.
Josué Delamour FOUMANE FOUMANE, La récompense d’un
arriviste, 2013.
Benoît NDI, La Rose de Jérusalem, 2013.
François A. Ntsama



Un nouvel an
pas comme les autres

et autres nouvelles






















































© L’Harmattan, 2013
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-01206-3
EAN : 9782343012063






« La clef du coffre-fort et des cœurs, c’est la même »,

La Fontaine.








« Je n’aurai pas honte de protéger un ami,
Et je ne me déroberai pas devant lui ;
Et s’il m’arrive du mal à cause de lui,
Tous ceux qui l’entendront se garderont de lui »,

Ben Sirac, Le sage (Siracide 22, 25-26).

Remerciements
Merci au Seigneur, à ma famille, à mes proches, et en
particulier :
- À mon père Jean-Dieudonné Ntsama et à ma mère
Mireille Lucienne Étendé ;
- À tous mes frères et sœurs pour leur indéfectible
affection ;
- Aux familles Mvogo, Étendé, Ndoé Ebah, Ondoua
Onana, Ayangma, Nodem, Nteme Ella, Omgba,
Bihina, Fohom, Njikam, Ndjog, Rocour, Mvondo
Ayolo, Champigny, Minlo Zang, Ondoua, Paba Salé,
Youssifou, Mougnol,
- À M. Yéné, M. Nzang, M. Fredaigue, M. Mpouok,
Mme Myriam, Mme Bouzri Najate, et aux abbés
Yves et Épiphane.
Sincère merci à tous ceux qui m’ont aidé à écrire ce
livre, notamment :
- À Junior, Gervais, Bruelle, Mansouf, Daniel, Brice,
Roméo, Rita, Reine, Léonie, Ghizlaine, Hind, Nadia,
Prisca, Patrick, Michèle, Élise, Maxwell, Steve, Élise,
Bachirou, Gallus, Rajae, Zati, Sara, Razak, Yves, Cathy,
Chevalier, Urbain, Blaise, Patrick Privat, Zineb, Saadia,
Mahamat, Messan, Kéfil, Réhema, Marlyse, Gwladys,
Laura, Danielle, Parfait, Ahlam, Loubna, Zine, Abdallah,
Christian, Blaise Étoundi, M. Marcel Ébodé, Arnold,
René, Amos, Valérie…, et à ceux dont j’ai oublié de
mentionner le nom.
À tous ceux qui ne cessent de croire en moi et de
m’encourager. Baba, pardonne-moi
Il était midi environ lorsqu’Ibrahim arriva au premier
poste de garde. Ibrahim était le principal héritier d’un
consortium puissant. Il habitait avec sa famille dans un
quartier résidentiel qui était leur propriété, ou du moins
celle du consortium. Aussi insolite que cela puisse
paraître, leur domicile était une vaste résidence de huit
hectares située au sommet d’une colline. Une seule route
permettait d’y accéder. Tout cela, conjugué à la présence
de trois postes de contrôle, rendait difficile l’accès aux
appartements de la famille. De fait, le premier point de
contrôle se trouvait en bas de la colline, tandis que le
second était attenant à la barrière de la résidence et le
dernier au niveau du hall d’entrée de la maison.
Un remue-ménage régnait au niveau du premier point
de contrôle. Ibrahim, intrigué par cette agitation
inhabituelle, demanda au chauffeur de garer son véhicule
sur le bord de la chaussée et interpella un des gardes. Ce
dernier accourut avec diligence et se plaça près de la
portière arrière gauche du véhicule dont Ibrahim avait
abaissé partiellement la vitre :
- Que se passe-t-il ? interrogea Ibrahim.
- Rien que nous ne pouvons gérer, monsieur. Nous
avons la situation sous contrôle.
Le garde tremblait en prononçant ces paroles, car il
savait qu’un seul mot de travers de sa part, et il se
retrouverait sans emploi et sans aucune perspective
d’avenir. En effet, le consortium était très influent et
surtout craint. Ce n’était pas une surprise, car c’était
monnaie courante dans le monde et surtout en Afrique. - Habib !
- Oui monsieur.
- As-tu des oreilles pour entendre ?
- Oui monsieur.
- As-tu un cerveau pour comprendre ?
- Je crois monsieur.
- Et moi je n’en suis pas sûr. Que t’ai-je demandé ?
- Ce qui se passe.
- Alors, m’as-tu répondu ?
- Non monsieur !
- Alors ?
- Monsieur, ce n’est…
- Habib ! C’est la dernière fois que je te reprends.
Contente-toi de répondre aux questions si tu veux
conserver ton emploi. À quoi est dû tout ce raffut ?
- C’est juste un mendiant, monsieur.
- Un mendiant ? répéta Ibrahim abasourdi.
- Oui, un mendiant, monsieur.
L’indigent s’était mis à gesticuler de plus en plus
fortement lorsqu’il avait vu le véhicule se garer sur le bas-
côté de la route. Les deux gardes qui s’occupaient de lui,
avaient par conséquent de plus en plus du mal à le
contenir. Ibrahim jeta un rapide coup d’œil vers le
mendiant et les deux autres gardes qui faisaient tout leur
possible pour l’empêcher de s’approcher du véhicule. Un
rictus dégoûté se forma sur ses lèvres, alors qu’un pli
barrait son front. Il dit :
10 - Qu’est-ce qu’il croit ? Que nous sommes une agence
de charité ? Virez-le-moi de là !
Ibrahim remonta la vitre du véhicule, mettant un terme
à la conversation. Le chauffeur redémarra en laissant
Habib planté sur place comme un poteau. Ce dernier, irrité
d’avoir été réprimandé, se dirigea vivement vers le vieil
homme qui articulait des sons incohérents et lui asséna un
coup de poing sur le visage. Le nez du mendiant se mit à
saigner alors qu’il tombait à la renverse, car déséquilibré.
Habib ne s’arrêta pourtant pas là ; il donna un coup de
botte aux côtes du démuni. Ce dernier se mit à se tortiller
de douleur. Habib empoigna le vieil homme par les pieds,
et le traîna à même le sol à quelques mètres de là. Des
sons inintelligibles sortaient de la bouche du mendiant
alors qu’il continuait à s’agiter de douleur pendant qu’on
le traînait par terre. Son pauvre dos, meurtri et déformé par
le poids des ans, se frottait contre le sol de l’asphalte au
travers de sa vieille djellaba fatiguée.
Cet arrêt imprévu d’Ibrahim faillit le retarder. En fait,
sa mère l’attendait dans un des restaurants chic de la
capitale économique où ils devaient prendre leur déjeuner
et faire la connaissance d’un potentiel partenaire financier
européen. C’était donc plus un déjeuner d’affaires qu’un
déjeuner familial. Ibrahim n’était pas encore à son aise
avec le monde des affaires. Il devait avouer qu’il lui
trouvait un intérêt limité et que si cela n’avait pas été la
volonté de son père, il aurait choisi une autre voie.
En effet, trois ans auparavant, Ibrahim avait vu sa vie
basculer du jour au lendemain. Tous ses projets d’avenir
s’étaient retrouvés réduits à néant. La veille, il était inscrit
en Grande-Bretagne dans une prestigieuse école d’art de
Londres. Le lendemain, il était inscrit au Maroc, dans une
école de management financier appartenant à sa famille. Il
avait fait ce choix afin de se conformer aux dernières
11 volontés de son père et aux exigences de l’empire familial.
Mais à vrai dire, il n’avait pas eu le choix.
Sa mère, en le voyant pénétrer dans le restaurant,
admira sa prestance. Elle était désormais consciente que
son fils n’était plus un enfant, mais un homme. Un homme
sur lequel elle pouvait désormais compter. En observant la
démarche fière et arrogante de son fils, elle éprouva une
bouffée d’orgueil et de fierté. Mais aussi un relent de
désolation : son fils avait changé. Il avait changé depuis ce
fameux jour. Il avait gagné en assurance et en confiance.
Effectivement, il n’avait plus rien de l’adolescent un brin
rebelle et hippie qu’elle avait accueilli à son retour de
Londres, il y a trois ans. Cependant, il avait perdu toute sa
candeur et sa douceur. Il était devenu insensible et froid.
Son visage, imprégné de cynisme, apparaissait dorénavant
comme taillé dans du roc. Il était amer et tellement
désabusé :
- Bonjour maman, la salua son fils qui était parvenu
près d’elle.
- Bonjour mon fils, répondit-elle.
Ibrahim se pencha vers sa mère qui était demeurée
assise et l’embrassa.
- Comment vas-tu maman ? demanda-t-il en se
redressant.
- Pour le mieux. Et toi ?
- Bien.
- Ça fait un moment que nous t’attendons. Viens-tu
des cours ?
Ibrahim regarda ailleurs avant de répondre, la mine
froissée :
- Pas du tout.
12 - Et pourquoi ? insista sa mère.
- Je n’avais pas envie d’y aller. J’irai cet après-midi.
- Ibrahim…
- Maman, s’il te plaît… murmura Ibrahim.
Sa mère marqua une brève pause avant de reprendre :
- À ta guise mon fils.
Puis, elle se retourna vers l’Européen d’une
cinquantaine d’années qui était assis en face d’elle :
- Désolée que vous ayez assisté à cette petite mise au
point familiale.
- Ce n’est pas grave. Rares sont devenues les mères
qui se soucient véritablement de l’avenir de leur
progéniture. Par conséquent, c’est donc toujours un plaisir
pour moi d’en voir une qui veuille le bonheur de son
enfant et qui s’attelle à la tâche pour parvenir à cet
objectif.
- Vous êtes trop aimable Monsieur Perrin, commenta
la mère d’Ibrahim.
- Ce n’est que la pure vérité Madame Saïfi.
- Je manque aux commodités. Prends place s’il te plaît
mon fils.
Ibrahim s’assit à droite de sa mère à mi-distance entre
elle et Monsieur Perrin.
- Monsieur Perrin, je vous présente mon fils Ibrahim,
reprit Madame Saïfi dès que son fils fut confortablement
installé.
- Ravi de faire votre connaissance, monsieur, fit
Perrin aimable.
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