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Undisclosed Desires Tome 1

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Suite à l'emménagement de son père avec sa nouvelle compagne, Vincent quitte Marseille pour Chalon sur Saône, une ville de Bourgogne. Il laisse derrière lui son meilleur ami, Samir, et Sophie, son premier amour. Mais cette ville et cette dernière année de lycée lui réservent bien des surprises. Vincent va faire la connaissance de Florian, un jeune homme de son âge avec qui il va nouer une réelle amitié. Lors d'une soirée, un jeu va flouer les limites de leur relation : Florian et Vincent vont devoir échanger un baiser. Vincent va embrasser un garçon... Et il va se rendre compte qu'il a aimé ça.


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Éditeur : Éditions Mots en Flots www.editions-mots-en-flots.com Couverture : Leïla Bouslama _ Chez CLM Corrections : Sabine Escaré _ MA Porte-Plume Le code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction, intégrale ou partielle, faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement d e l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux term es des articles L.335-2 et suivants du code de la propriété intellectuelle.
ISBN : 979-10-96228-09-6
Àl’intention du lecteur : Ce texte comporte des scènes détaillées de violence et d’amour entre deux hommes. Pour les besoins de l’histoire, les personnages ont été totalement inventés, de leur personnalité à leurs rôles. De même, certains lieux ont été créés de toutes pièces dans la ville de Chalon-sur-Saône pour le bon déroulement d e l’intrigue. Cependant, d’autres existent bel et bien.
Table des matières Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Chapitre 5
Chapitre 6 Chapitre 7 Chapitre 8 Chapitre 9 Chapitre 10 Chapitre 11 Chapitre 12
Chapitre 13 Chapitre 14 Chapitre 15 Chapitre 16 Chapitre 17
Chapitre 18 Chapitre 19 Chapitre 20 Chapitre 21 Chapitre 22 Chapitre 23 Chapitre 24
Chapitre 25 Chapitre 26 Chapitre 27 Chapitre 28 Chapitre 29
Chapitre 1 Il y a maintenant deux semaines de cela, mon père a décidé que nous irions vivre avec sa nouvelle compagne, Coralie. Du jour au lendemain, sans avoir pu donner mon avis, je me suis retrouvé à suivre un camion de déménagement, direction Chalon-sur-Saône – en Saône et Loire. Demain sera donc mon premier jour e n Terminale littéraire au lycée Pontus de Tyard. Et comme je n’ai aucune envie de r emplacer mes amis, je suis blasé d’avance. Passer d’une grande ville du Sud baignée par le sol eil et la mer, Marseille, à cette Bourgogne triste et pluvieuse me déprime. J’ai dû laisser derrière moi mon meilleur ami Samir, et Sophie, mon premier amour. Une partie de ma jeunesse. Autant dire que je ne me suis jamais senti aussi seul de ma vie. Pour faire simple, depuis la décision paternelle, je vis un véritable enfer. La cohabitation avec Coralie et sa princesse de dix -sept ans, Léa – aussitôt surnommée ma « presque demi-sœur » –, est assez rude. Léa, qui a un an de moins que moi et sera également en Terminale dans le même lyc ée – j’ai redoublé une fois –, ne cesse de me tourner autour. Son pied effleure parfo is mes mollets sous la table ou je surprends son regard gourmand braqué sur moi. Le re ste du temps, elle m’inonde de sourires mielleux qui m’insupportent. Quant à sa mère, elle essaie tellement de remplacer la mienne qu’elle en est envahissante. Je me demande bien ce que mon père lui trouve. Heureusement, j’ai pu conserver ma chienne, Éliade. Sans sa présence, je n’aurai sans doute pas tenu le coup. — Vincent, à table ! hurle mon père pour la troisième fois. Qu’est-ce qu’il ne comprend pas dans « Je n’ai pas faim» ? Ah mais oui, Coralie s’est donné tant de mal pour nous préparer une casserole de pâtes et réchauffer une sauce toute prête que je ne peux pas lui faire l’affront de rester le ventre vide. Je soupire en me levant, puis descends les escalier s d’un pas traînant. Ils sont déjà tous installés devant leur assiette fumante de spag hettis sur lesquels une bolognaise premier prix libère un fumet âcre. On se croirait en salle de Physique/Chimie. — Vincent, mon chéri, viens vite avant que ça refroidisse ! minaude Coralie. Elle quitte sa chaise pour me servir. Je lui adresse un sourire forcé avant de m’asseoir, tandis qu’elle me tend une énorme platée de nouilles collantes. — Merci, Coralie, ça va aller, dis-je en intercepta nt son geste de la main quand elle s’apprête à en rajouter. — Mais il n’y a trois fois rien ! À ton âge, les ga rçons doivent manger, prendre des forces… J’ai déjà cessé de l’écouter. J’ai envie de lui pré ciser que les nutriments dont un adolescent a besoin ne se trouvent certainement pas dans cette mixture à l’aspect de vomi qu’elle déverse en abondance dans mon assiette . Cependant, discuter avec elle entamerait considérablement ma patience, et ce soir, je ne suis pas prêt à un tel sacrifice. C’est pourquoi je souris à nouveau, de façon polie cette fois, pour lui faire plaisir et qu’elle me lâche enfin. J’ai à peine commencé à manger que je sens déjà le pied de Léa remonter le long de ma jambe et j’ai toutes les peines du monde à garder mon calme. Pourquoi n’a-t-elle pas encore saisi qu’elle ne m’intéresse absolument pas ? Quand je la regarde, je ne vois que le cliché qu’est sa mère : une jeune fille blonde aux yeux noisette, plutôt jolie, mais un peu trop insistante et superficielle pour moi. Me forçant à avaler le repas, je fais semblant d’écouter la conversation alors qu’au fond de moi, je suis ailleurs, égaré dans mes futiles espoirs et mes improbables fantasmes. J’aimerais être photographe animalier, c’est mon plus grand rêve. Capturer les instants
sauvages, immortaliser des pans de vie que personne d’autre n’aurait pu observer, pour qu’ils ne puissent jamais s’effacer de ma mémoire. Cette passion est née peu de temps après la mort de ma mère. J’avais besoin d’échapper à ma monotone existence, de prendre le large pour souffler. J’ai commencé par faire des clichés de la faune marine, au début sur la plage, me contentant de mitrailler les crustacés cachés dans les rochers, puis dans les hauts-fonds, une fois que j’ai su plonger. Le soir, quand je sors Éliade et que nous nous promenons le long des quais de Saône, j’en profite toujours pour faire quelques prises. J ’aime beaucoup m’approprier ainsi les paysages et les lieux. En revanche, je ne photographie pratiquement pas les gens. Peut-être parce que je me suis trop souvent rendu compte que, la plupart du temps, ils ne font que passer dans ma vie sans jamais s’y arrêter. Hier, nous avons traversé le pont Jean Richard en d irection de Carrefour, puis nous avons poursuivi le long du port de plaisance. J’y a i capturé la forme diffuse d’un martin-pêcheur au plumage d’un bleu intense, électrique, et je souhaite y retourner dans l’espoir d’obtenir une image plus nette de cet oiseau. Un véritable défi à relever. Une fois le supplice familial terminé, j’aide à débarrasser avant de me sauver dans ma chambre pour récupérer mon sac, mon appareil photo et mon skate-board. — Vince, ne rentre pas trop tard ! s’écrie Coralie depuis le salon. — Ouais, je bougonne, énervé qu’elle me donne des ordres. J’enfile mes baskets, attrape mon gilet à capuche e t la laisse d’Éliade, pendue au portemanteau, puis j’appelle ma chienne et m’apprêt e à sortir quand je manque de percuter Léa qui me barre la route. — J’aimerais accéder à la porte, je lance en évitant son regard. Éliade ! — Je peux t’accompagner ? susurre-t-elle en s’approchant de moi. — Non, pas ce soir, désolé. Ma chienne déboule dans le couloir de l’entrée, bousculant Léa au passage. Je ne peux m’empêcher de sourire en voyant la mine scandalisée qui s’affiche sur son visage. Mademoiselle a horreur d’être malmenée, surtout par « un clébard », comme elle dit parfois. Une fois dehors, j’attache Éliade et nous nous élan çons pour ce qui est devenu notre traditionnelle promenade vespérale. Après avoir coupé l’avenue Général Leclerc et m’être faufilé dans les ruelles, je remonte la Grande Rue pavée, le skate sous le bras. Des gens sont en train de boire des rafraîchissements dans les différents bars que je croise sur mon chemin. Je ne connais personne dans cette ville, je n’y ai ni ami ni famille. Pourquoi a-t-il fallu que mon père tombe amoureux de Coralie et décide de traverser la moitié de la France pour s’installer avec elle ? Je lui en veux terribl ement d’avoir vendu la maison de mon enfance, celle où ma mère a vécu… D’autant plus qu’il n’a rencontré cette femme qu’en avril, il y a à peine cinq mois, alors qu’elle était en vacances dans le Sud avec sa fille ! Je ne comprends pas qu’il se soit précipité à ce point. Si seulement il avait attendu que j’aie passé mon bac, j’aurais pu travailler l’été prochain et prendre un appart. Au lieu de cela, je suis coincé avec eux ici. Quelques minutes plus tard, après avoir détaché Éli ade – qui a décidé de s’amuser avec un couple de cygnes et leurs bébés – je me ret rouve assis à rêvasser sur les marches des quais. Un rire m’échappe quand la mère se met à souffler bruyamment en direction de ma chienne, le bec grand ouvert, le co rps raide et le plumage gonflé sous l’effet de la colère. Je sors mon appareil de mon sac et fais quelques cl ichés, dont un que je trouve particulièrement réussi : Éliade tapie, la croupe d oucement remontée en position de jeu, face au mâle qui a écarté les ailes dans une posture des plus menaçante. Après avoir cherché à capter son attention en la sifflant, je dois appeler ma chienne à
lusieurs reprises avant qu’elle accepte enfin de m’écouter, peut-être aussi parce que les majestueux oiseaux ont fini par l’abandonner pour g lisser tranquillement sur les eaux claires de la Saône. — Allez, ma belle, on descend jusqu’au port de plaisance pour que tu puisses courir sur la pelouse des immeubles. J’ai le cœur lourd en repensant aux balades de l’après-dîner que nous faisions au bord de la Méditerranée. Éliade adorait se défouler sur le sable fin de la cité phocéenne et se jeter dans les vaguelettes pour revenir trempée sur la plage. Devoir quitter la vie que l’on aime pour une tout autre que l’on n’a pas choisie n’a rien d’évident… J’ai hâte d’être à la fin de l’année avec le bac en poche pour repartir là-bas. Ça va être un peu long, mais c’est gérable ; il faut juste que je bosse et que je ne me laisse pas distraire par quoi que ce soit d’autre. Il y a tout de même un aspect positif à la rencontre entre mon père et Coralie : il ne boit plus. J’en avais particulièrement marre de le retrouver ivre mort presque tous les soirs et de devoir m’enfermer dans ma chambre pour éviter le s prises de bec. Rares sont les hommes malheureux qui n’ont pas l’alcool violent. Et même s’il n’a jamais été du genre à me frapper, il n’hésitait pas à m’humilier ou à m’invectiver, et ces agressions verbales ont fait autant de dégâts que des coups. La seule différence, c’est que leurs blessures ne sont pas visibles. Quand nous arrivons au port, Éliade s’empresse de s e jeter dans la Saône. Tandis qu’elle s’amuse dans l’eau, je m’installe près de l a berge et admire la surface lisse de l’onde, lui trouvant un certain charme. Elle est bleu-vert, joliment transparente, on aurait presque envie de s’y baigner. Alors que j’allume une cigarette, je suis interromp u dans mes pensées par une voix masculine. — Salut. Tu n’en aurais pas une pour moi, par hasard ? — Si, bien sûr, dis-je sans me retourner, occupé à extirper le paquet de ma poche. Quand enfin je l’ouvre et le lui tends pour qu’il se serve, je lève mon regard vers lui. Sa peau est assez pâle, il a de grands yeux d’un bleu très foncé, pareils à des saphirs, et des cheveux noir de jais. Une gueule à faire rêver les filles. — Merci, lance-t-il après s’être emparé d’une cigarette. Il se passe quelques secondes avant que je ne réagisse, puis que je remette le paquet en place. — Ça fait quelque temps que je te vois traîner ici, le soir, avec ton chien. Mais jamais avant cet été. Tu es en vacances ou tu habites à Chalon ? m’interroge-t-il. Il a un timbre un peu rauque que je trouve agréable et qui, aussi stupide que cela puisse paraître, me donne l’impression qu’il doit être sympa. — Je suis officiellement chalonnais depuis peu, j’ai déménagé il y a deux semaines. — Ah ouais ? Tu viens d’où ? — De Marseille. — Il me semblait bien que tu avais l’accent du Sud. Ça doit te changer… — Je ne te le fais pas dire. Et je ne peux m’empêcher de penser « Merci de me le rappeler ». — Du coup, tu ne connais pas grand monde, j’imagine ? — Ouais, personne en fait. Il me sourit puis s’assoit à côté de moi, juste avant de me tendre une main : — Moi, c’est Florian. — Vincent. — Alors, Vincent, tu fais quoi dans la vie ? — Toujours au lycée, j’entame ma dernière année demain. — Ah, moi aussi ! m’apprend-il. Mais pour la deuxième fois : j’ai loupé mon bac en juin.
— Désolé, je lui réponds simplement, car je ne sais pas quoi lui dire d’autre. Je me garde de préciser que j’ai redoublé ma seconde. — En même temps, je l’ai bien cherché. Si je n’avais pas couru après les gonzesses au lieu de bosser, ça se serait sans doute passé autrement… avoue-t-il en levant les sourcils d’un air entendu. Je tire une dernière bouffée sur ma cigarette avant de l’écraser, tandis qu’Éliade revient vers nous à toute vitesse. Elle s’ébroue avec force, nous éclaboussant sans vergogne au passage. Nous rions en tentant de nous protéger des gouttes d’eau avec les avant-bras. — Désolé, je m’excuse pour ma chienne. — Pas de problème, t’inquiète. J’aime bien les animaux. Florian repousse ses cheveux d’un geste de la main, dégageant un instant son front avant que ses mèches ne retombent. — Quel lycée ? je demande. — Pontus de Tyard,et toi ? — Pareil… Je le vois sourire alors qu’il inhale une ultime bouffée de tabac puis, après avoir écrasé le mégot et recraché la fumée en direction du ciel, il se lève et conclut : — Bon, je crois qu’on peut se dire à demain, du coup. Je n’ai même pas le temps de lui répondre qu’il s’est déjà détourné et s’en va d’un pas rapide. Je l’observe s’éloigner et soudain, j’appréhende moins la journée à venir. Si tous les Chalonnais sont aussi sympas que lui, ça devrait bien se passer. Je jette un coup d’œil à l’écran de mon portable et me rends compte qu’il est l’heure pour nous de rentrer. J’appelle ma chienne qui s’em presse de me rejoindre puis nous marchons sur la pelouse un peu trop haute avant que je lance mon skate à l’assaut du bitume. La nuit est tombée et la lumière des réverbères se reflète dans la rivière, c’est magnifique ! Je reste un instant à contempler le pa norama en songeant que Chalon est vraiment une belle ville. Une fois arrivé à l’appartement, je me hâte de rega gner ma chambre, évitant ainsi de croiser qui que ce soit. Éliade, quant à elle, part manger ses croquettes dans la cuisine ; comme chaque soir, elle me rejoindra une fois qu’elle aura terminé. Après m’être emparé d’un boxer propre, je file ensuite dans la salle de bains pour prendre une douche. Quelques minutes plus tard, je m’allonge dans mon lit. Les écouteurs au creux des oreilles et ma chienne blottie contre moi, je plonge doucement dans le sommeil.
Chapitre2 Six heures trente, mon réveil sonne. Je m’étire, ca resse la tête d’Éliade, puis sors de mon lit. Je passe sous une douche rapide avant que la pièce soit inaccessible ; Léa va bientôt se lancer dans son ravalement de façade matinal. Après avoir enfilé un Levis noir et un t-shirt de la même teinte, je descends prendr e un bref petit-déjeuner. Coralie s’est levée pour l’occasion et nous attend en baillant de vant une tasse de café, emmaillotée dans un peignoir blanc comme si elle arrivait tout juste du spa. — Bonjour mon chéri, ça va ? Tu es prêt pour ton premier jour de lycée ? — Bonjour, ça va, merci, je marmonne sans la regarder. Pourquoi faut-il qu’elle s’acharne à essayer de remplacer ma mère ? OK, mon père les a tirées, elle et sa fille, de leur galère, dans leur petit F2 aux Aubépins, mais ce n’est pas une raison pour croire que cela en fait tout à coup des membres de ma famille. Pour ma part, si j’appelle Léa ma presque demi-sœur, ce n’e st pas parce que je la considère comme telle, mais simplement pour lui mettre des ba rrières et qu’elle arrête de me draguer. Voyant que je n’ai pas du tout envie de lui parler, elle n’insiste pas et disparaît dans le salon. Une fois mon café et mon croissant avalés, je sors Éliade pendant une vingtaine de minutes afin qu’elle se défoule et fasse ses besoin s. Quand il est l’heure pour moi de partir, je récupère mon sac avec mes affaires de co urs et abandonne ma chienne dans l’appartement. Comme je le craignais, elle se met à pleurer, et c’est le cœur lourd que je referme la porte derrière moi. — Vincent, attends-moi ! s’écrie Léa dans mon dos. Moi qui espérais y échapper ! Eh bien non, je vais devoir me la cogner durant les vingt minutes de trajet ! — Tu n’es vraiment pas très galant, me taquine-t-elle quand elle arrive à ma hauteur. Je me retiens de la foudroyer du regard. J’ai l’imp ression que plus je m’efforce de lui faire comprendre que je ne suis pas intéressé, plus elle essaie de me convaincre du contraire. Aujourd’hui, elle est tout de blanc vêtue, jean, haut et veste, sans doute comme l’ange qu’elle voudrait être. Comment lui expliquer que la surdose de fond de teint et le trait trop épais d’eye-liner détruisent le petit effet sainte- nitouche qu’elle tente d’afficher ? Enfin, après tout, ce n’est pas mon problème. J’ai conscie nce que si j’ai une dent contre elle, c’est surtout parce que sa mère a réussi à faire dé ménager mon père ici. Je serais mauvaise langue si je disais qu’elle n’est pas jolie. Même s’il est vrai qu’elle en fait trop, elle a un visage agréable et doit probablement plai re à beaucoup de mecs. Dommage qu’elle ait décidé de jeter son dévolu sur moi, elle risque fort d’être déçue. — Tu es genre ma demi-sœur, Léa. Je ne vois vraimen t pas pourquoi je serais galant avec toi, je réplique, histoire d’enfoncer un peu plus le clou. Je me demande si elle finira par comprendre ou acce pter un jour que je ne sortirai jamais avec elle. — Et alors ? Ne me dis pas que je ne te plais pas ! Je vois bien comment tu me regardes. Je m’arrête brusquement pour observer son expression. J’espère qu’elle plaisante, là ! Mais en découvrant son visage parfaitement sérieux et la façon dont ses yeux noisette sont braqués sur moi, je me rends compte que non, elle ne rigole pas. Je reprends ma marche, n’ayant vraiment pas envie d e me disputer avec elle maintenant ni de perdre de précieuses secondes de t ranquillité à lui expliquer quelque chose qu’elle refuse manifestement d’admettre. Je suis sûr qu’elle se fera une raison, tôt ou tard… En espérant que ce sera le plus vite possible.