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<ARIANNE GAGNON-ROY UNEAMESUFFIT BOUTON D’OR ACADIE BOUTON D’OR ACADIE
< UNE AME SUFFIT
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Tître : Une âme suIt Texte : Arîanne Gagnon-Roy ïllustratîon de la couverture et bande dessînée : Chrîstîan Quesnel Conceptîon graphîque : Lîsa Lévesque Stagîaîre en édîtîon : Catherîne Pîon Révîsîon lînguîstîque : Réjean Ouellette Dîrectîon lîttéraîre : Marîe Cadîeux
ïSBN (papîer) 978-2-89750-010-8 ïSBN (PDF) 978-2-89750-011-5 ïSBN (PDF) 978-2-89750-012-2 Dépôt légal : 4e trîmestre 2015
ïmpressîon : Frîesens
Dîstrîbuteur au Canada : Prologue Téléphone : (450) 434-0306 / 1 800 363-2864 Télécopîeur : (450) 434-2627 / 1 800 361-8088 Courrîel : prologue@prologue.ca
Dîstrîbuteur en Europe : Lîbraîrîe du Québec/DNM Téléphone : 01.43.54.49.15 Télécopîeur : 01.43.54.39.15 Courrîel : dîrectîon@lîbraîrîeduquebec.fr
Pour ses actîvîtés d’édîtîon, Bouton d’or Acadîe reconnat l’aîde inancîère de :
Tous droîts de reproductîon, de traductîon et d’adaptatîon réservés pour tous les pays.
© Bouton d’or Acadîe înc. Case postale 575 Moncton (N.-B.), E1C 8L9, Canada Téléphone : (506) 382-1367 Télécopîeur : (506) 854-7577 Courrîel : boutondoracadîe@nb.aîbn.com Web : www.boutondoracadîe.com  www.avoslîvres.ca
Un lîvre créé en Acadîe et împrîmé au Canada 2
ARIANNE GAGNON-ROY
< UNE AME SUFFIT
bande dessinée deChristian Quesnel
BOUTON D’OR ACADIE 3
4
CHAPITRE UN
«On peut décréter et ressentir sa mort,sans attenter à sa vie.La mort est un état d’âme.» Marcel Jouhandeau
ï apparut soudaînement à travers a brume quî s’étaît întroduîte dans a chambre et s’avança, a maîn ten-due vers sa vîctîme. ï s’approcha d’un pas ent maîs décîdé, î aaît e aîre... D’aîeurs, n’étaît-ce pas toutce que son cou honorabement ofert demandaît ? ï s’apprêtaît à a mordre, à uî boîre tout son sang et à entement uî voer a vîe, quand je pesaî sur « pause ».
Par sîmpe curîosîté, je m’approchaî de ’écran. Son nez étaît crochu, sa ongue cape noîre Lottaît autour de uî comme es pumes d’un corbeau. Ses cheveux, coés sur sa tête avec une sorte de ge… Je ne savaîs même pas sî e ge pour cheveux exîstaît dans es années 30, maîs qu’est-ce que ça auraît pu être d’autre ? De toute açon, c’étaît rîdîcue. Et dîre que des gens avaîent réeement eu peur du ImDraculaen 1931, quee bague ! Et cette manîère dont es gens nous voîent…
Quand je dîs « nous », je pare bîen entendu des vampîres... Maîs attentîon ! Je ne pare pas de ces su-ceurs de sang quî me donnent envîe de vomîr, maîs de
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notre race. e mot « vampîre » sîgnîIe en aît « voeur de vîe », et c’est ce que nous sommes... C’est ce que je suîs... Dans pusîeurs cutes, on nous conond avec es « vraîs » vampîres, maîs nous sommes à part : on nous appeeaussî vampîres psychîques ou tout sîmpement es vo-eurs d’âmes. ï est vraî que, bîen magré moî, je voe e bîen e pus précîeux qu’un humaîn peut posséder, son âme…
Comment suîs-je devenue cette monstruosîté, me demanderez-vous ? Eh bîen, tout a commencé ors de cette nuît roîde et brumeuse d’octobre où je décîdaî d’aer à a danse de ’écoe sans ’autorîsatîon de mesparents. ïs m’avaîent punîe parce que j’étaîs aée chez une amîe en cachette et, du haut de mes seîze ans,je n’avaîs pas comprîs ou vouu admettre pourquoî. Mécontente, je m’écîpsaî en début de soîrée. Ma sortîe candestîne se passa merveîeusement bîen jusqu’à ce que je rentre à a maîson… Ce que je vîs aors reste-raît dans ma mémoîre pour toujours. a maîson dans aquee j’avaîs grandî et été éevée, et dans aquee mes parents se trouvaîent, étaît en Lammes... es pompîers venaîent d’arrîver, maîs déjà e toît s’étaît efondré, et î n’y avaît aucune chance de survîe pour es occupants. Mes parents moururent tous es deux cette nuît-à, et j’aî toujours regretté de ne pas avoîr été emportée en même temps.
À partîr de ce moment, je us vérîtabement seue au monde. Mes grands-parents étaîent tous décédés et j’étaîs enant unîque, comme mes parents. On me paça dans une maîson d’accueî. C’est un endroît dans
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eque on met es enants quî n’ont pas de amîe ou quî se trouvent dans une sîtuatîon amîîae dîicîe, dans ’attente qu’îs se assent adopter. Maîs dans mon cas, a travaîeuse socîae quî m’avaît sous sa responsabîîté m’avaît caîrement dît de ne pas me aîre trop d’îusîons, puîsque je dépassaîs argement ’âge d’un enant que ’on adopte. Ee me aîsaît sentîr coupabe du aît que je n’avaîs aucun endroît où vîvre... Ee me dîsaît que cea coûtaît cher à a Saskatchewan d’entretenîr des jeunes de mon âge et que, sî j’avaîs été pus rebee, on auraît pu se débarrasser de moî en m’envoyant dans une maîson de correctîon.
À ’écoe, on me regardaît avec pîtîé, et je me repîaî rapîdement sur moî-même, ce quî eut pour efet que je m’éoîgnaî peu à peu de mes amîs.
Un jour de janvîer, un coupe désîreux de m’accueî-îr dans son oyer vînt me voîr. ’homme et a emme étaîent déjà venus à queques reprîses pour dîscuter avec Mme Boîvet, a travaîeuse socîae, maîs ce jour-à, cee-cî nous présenta avant de nous aîsser seus un moment. Je m’en souvîens comme sî c’étaît hîer…
a emme étaît bee, très bee même, et son marîaussî d’aîeurs. Ee étaît ’éégance personnîIée. Ee avaît e teînt aîteux, es yeux beus et es cheveux brun caîr. ’homme, uî, étaît grand et châtaîn, î avaît cette même peau pâe et des yeux beus aussî vîbrants que ceux de sa emme. Aucun des deux n’avaît de rîdes, même s’î étaît évîdent que tous es deux étaîent dans a quarantaîne ou presque. ïs se tînrent en retraît pour se parer, et je tendîs ’oreîe...
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Ee est joîe, non ? —Ouî, et seon a travaîeuse socîae, ee est aussî înteîgente. — Ee a ’aîr putôt sage. — Ee sembe sî jeune…
— Justement, c’est ce que nous désîrons, non ?
—Bîen sûr ! Oh ! et regarde ses yeux cachés derrîère ces unettes, îs sont d’un joî brun. Maîs ce n’est pas dra-matîque, on ne verra presque pas a dîférence.
ïs sembaîent satîsaîts et se rapprochèrent de moî pour me demander d’une voîx douce :
— Comment t’appees-tu ?
— Cassandre, eur répondîs-je, méIante. Et je ne pus m’empêcher d’ajouter : —Et je vous aî entendus. Je ne suîs pas sî jeune, j’aî seîze ans, bîentôt dîx-sept. Je ne savaîs pas à ce moment qu’en aît jamaîs je n’at-teîndraîs dîx-sept ans… es deux adutes se sourîrent mutueement pour enIn décarer : — Que joî prénom !
—En pus, ee a du caractère ! Nous ormerons une merveîeuse amîe !
Cette manîe qu’îs avaîent de parer comme sî je n’étaîs pas à m’agaçaît ortement. Je ne vouaîs pas ac-compagner ces gens que je ne connaîssaîs pas, maîsje n’avaîs pas e choîx, car a travaîeuse socîae quî
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