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Philippe Lipchitz
Une convalescence Livre 2 Etienne deviendra-t-il comédien ? Roman
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ETHNOGRAPHIQUES
Une convalescence Livre 2 Etienne deviendra-t-il comédien ?
Ethnographiques Collection dirigée par Pascal LE REST
Ethnographiquesentraîner l’œil du lecteur aux veut couleurs de la vie, celle des quartiers et des villes, des continents et des îles, des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, des blancs et des noirs. Saisir le monde et le restituer en photographies instantanées, de façon sensible et chaude, proche et humaine, tout en préservant la qualité des références, des méthodes de traitement de l’information et des techniques d’approche est notre signe et notre ambition.
Déjà parus Bernard BLETHON,Ces autres comme nous-mêmes, Carnet de route, 2017. Pascal LE REST,Franck Lombard dans les starting-blocks. Ethnographie d’une insertion professionnelle, 2016. Philippe LIPCHITZ,L’été de Benjamin, 2016. Caroll KLEIN,La vie de passages…, 2016. Roberta RUBINO,Outils de recherche. Étude du projet Coton bio-équitable du Mali, 2016. Ahmed ATMANI,La relation mère-enfant en milieu traditionnel algérien, Tome 2 : Psychopathologie, 2015 Ahmed ATMANI,La relation mère-enfant en milieu traditionnel algérien, Tome 1 : Ethnopsychologie, 2015 Philippe LIPCHITZ,1914, la mémoire de mes 20 ans,2015. Louis FALAVIGNA,Tout le soleil du monde, 2015. Philippe LIPCHITZ,Quand pourtant le bonheur était là…, Tome 2, 2015. Philippe LIPCHITZ,Quand pourtant le bonheur était là…, Tome 1, 2015. Muriel SANTORO,Mon voisin de maíz. Voyage au Guatemala au cœur de la culture maya, 2010. Bertrand ARBOGAST,Voyage initiatique d’un adolescent… Lancelot et le vieux, 2009.
Philippe Lipchitz Une convalescence Livre 2 Etienne deviendra-t-il comédien ?
Du même auteur
« La fin du loup » (en collaboration avec Dominique Chanfrau) in Court au Théâtre 1 – 8 pièces pour enfants Editions Théâtrales / Jeunesse « Chroniques rurales de notre temps » Mon Petit Editeur « Nouveau Far West » L’Harmattan Collection Ethnographiques « Quand pourtant le bonheur était là » Tome 1 & 2 L’Harmattan Collection Ethnographiques « 1914, la mémoire de mes 20 ans » L’Harmattan Collection Ethnographiques « L’été de Benjamin » L’Harmattan Collection Ethnographiques © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11829-1 EAN : 9782343118291
Journal de convalescence d’Etienne, début-décembre, en coup de vent Avec l’assistant, nous avions commencé le travail sur La Fontaine en marge deDom Juan. Je me documentais. Après Molière, La Fontaine, je devenais un distingué spécialiste du dix-septième siècle. Nous avions minutieusement constitué le corpus de fables qu’il ne m’était pas rare d’apprendre dans ma loge, attendant mon entrée en scène. Deux actes ça me laissait du temps.Dom Juan terminé, on pouvait maintenant s’y mettre vraiment. Objectif de la semaine prochaine : présenter une maquette au patron. Le choix de la diffusion avait dicté les choix artistiques : le récital serait proposé aux établissements scolaires, prioritairement à ceux qui avaient abonné leurs classes. J’étais en quelque sorte le cadeau promotionnel : le Pif gadget. Signe peut-être d’une sagesse ou d’une maturité, je m’en foutais, je n’y voyais pas matière à vexation. Le format retenu correspondait aux horaires scolaires : on s’en tiendrait à trois quarts d’heure. Ça limitait nécessairement le nombre de fables. Très vite, nous avions opté pour deux programmes : un pour les Lycées et un autre pour les Collèges. Celui-là, on pourrait même le proposer aux grands primaires. On travaillait vite, parfois entre deux interventions, une heure par-ci par-là, ne perdant pas de vue qu’il ne s’agissait pas de monter un spectacle. Par exemple, pas de costume. De toute façon, il n’y avait pas le budget pour. Et c’était presque tant mieux, j’en avais tellement soupé, dans mes matinées classiques, de ces costumes moches, cheap voulant imiter le costume d’époque. Pas de récit non plus, simplement un comédien venant dans une classe dire des fables de La Fontaine. Je m’entendais bien avec l’assistant, on travaillait dans la bonne humeur. Et puis, je me sentais dirigé, même si au
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fond je n’en faisais qu’à ma tête. Je me sentais parfaitement à l’aise dans la prosodie classique, possédant la versification sur le bout des doigts, imbattable sur la diérèse, m’attachant à faire ressortir rien que par le dit du vers cette liberté souveraine qui était celle de La Fontaine refusant de se laisser contraindre par l’alexandrin roi.
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L’adolescence d’Etienne : petites affaires Si côté cul, c’est le désert, côté fric, tout roule. J’engrange, j’en serais presque à mettre de l’argent de côté. Mon petit job de garde d’enfants n’est pas le Pérou mais me permet de voir venir. Les mômes sont assez chouettes : la petite fille est très amoureuse de moi, le petit garçon m’admire. Comme s’il y avait de quoi... Au début de l’année, dès la sortie de l’école, je les emmène au parc où le petit garçon me montre son savoir-faire aux agrès. Tous les deux retrouvent forcément des camarades de classe, je finis par lier conversation avec des mères. Sachant en tirer profit. L’une d’elles est prof d’anglais, je me fais aider quand j’ai des devoirs. Côté timing, c’est plutôt tendu, juste le temps de quitter à toute allure le bahut pour passer chez eux récupérer le goûter et les cueillir à la sortie. En plus de ça, je dépose des affichettes chez les commerçants. Pas ceux de mon quartier, parce que dans ma barre les gens ont tout juste de quoi survivre, alors sortir… et en payant quelqu’un pour garder les enfants. Mais à côté, il y a un quartier, disons plus résidentiel. « Lycéen de Terminale recherche enfants à garder le soir ». J’arrive à me faire un ou deux soirs par semaine même si il y a des creux. A ce rythme, je dispose rapidement de quoi rembourser mes dettes. Avec Sandra, je ne sais pas comment faire, je ne veux pas la revoir, ça serait trop difficile. Je n’arrive pas à savoir si c’est un chagrin d’amour. Alors la revoir. Il y a toujours le risque de replonger. Quelque chose comme avec les alcooliques : abstinence absolue. Je glisse un billet dans une enveloppe, j’hésite et puis quand même il faut que je le fasse, j’écris un petit mot : « Il vaut mieux ne pas nous revoir, mais je ne voulais pas te laisser le souvenir d’un petit mec qui aurait profité de toi. Tu m’as beaucoup donné. Et moi qu’est-ce que je t’ai offert en retour ? J’ai adopté le mode de vie d’un lycéen normal.
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