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Une faute bienheureuse

De
170 pages
"Ce roman prenant est le récit du parcours d'un jeune Congolais qui, de retour dans son pays natal après deux décennies à l'étranger, va se retrouver bien malgré lui la victime d'une injustice difficile à digérer. L'intrigue prend toute sa dimension dans l'évocation de valeurs fortes et humanistes, à commencer par les notions de pardon et de fraternité." Pr Mwimba, critique littéraire
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UNE FAUTE BIENHEUREUSE Roman
Une faute bienheureuse
Encres Noires Collection fondée par Maguy Albet et Emmanuelle Moysan La littérature africaine est fortement vivante. Cette collection se veut le reflet de cette créativité des Africains et diasporas. Dernières parutions N°375, Marie-Ange EVINDISSI,Les exilés de Douma. Tempête sur la forêt. Tome III,2014. N°374, Aurore COSTA,Folie blanche et magie noire. Nika l’Africaine,tome IV, 2014. N°373, Kouka A. OUEDRAOGO,La tragédie de Guesyaoba, 2014. N°372, Kanga Martin KOUASSI,La signature suicide, 2014. N°371, Ayi HILLAH,L’Exotique, 2014. N°370, Salif KOALA,Le cheval égaré, 2013. N°369, Albert KAMBI-BITCHENE,Demain s’appelle Liberté, 2013 N°368, Diagne FALL,Mass et Saly. Chronique d’une relation difficile, 2013. N°367, Marcel NOUAGO NJEUKAM,La vierge de New-Bell, 2012. N°366, Justine MINTSA,Larmes de Cendre, 2012. N°365, Ralphanie MWANA KONGO,La boue de Saint-Pierre, 2013 N°364, Usmaan PARAYAA BALDE,Baasammba maa Nibe nder koydol, 2012. N°363, Stéphanie DONGMO DJUKA,Aujourd’hui, je suis mort, 2012. N°362, Néto de AGOSTINI,Immortels souvenirs, 2012. N°361, Epi Lupi ALHINVI,Pays Crépuscule, 2012. N°360, Elie MAVOUNGOU,Les Safous, 2012.
Gilbert Tshibangu Kankenza
UNE FAUTE BIENHEUREUSE
Du même auteur Une main dans l’ombre,Éditions La confidence, Kinshasa, 2011. Ô Miguel !, Éditions La confidence, Kinshasa, 2012.Àla rencontre du destin, L’Harmattan, 2013. Dunia,ÉditionsÉdilivre, Paris, 2014. Illustration de couverture : Gilbert Tshibangu Kankenza © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03661-8 EAN : 9782343036618
A Jeanne TSHIBANGU Kibanda, ma chère épouse, pour tout ce que nous avons partagé ensemble.
L’homme a su maîtriser, entre autres éléments, le temps, en le découpant en différentes durées. Puis, après les avoir nommées, il les a comptées. Ainsi, les siècles, les années et les mois sont des créations de l’homme. Les semaines et les jours aussi. Puis les heures, les minutes et les secondes. Les tierces sont des poussières du temps qui s’envole, qui ne se pose ni ne revient. Hier et demain sortent aussi de son imagination. Et il se souvient d’hier, il projette demain. Il a aussi appris à s’en servir : telle tâche, tel jour, tel travail en autant de semaines. Voilà pourquoi, tout en restant perfectible, l’homme est un demi-dieu. Mais c’est l’orgueil qui, parfois, découlant de cette nature semi divine, le conduit à la déchéance. Comme il considère les créatures qui lui sont inférieures pour ne pas se plaindre, pourquoi ne devrait-il pas admirer celles qui lui sont supérieures pour ne pas s’enorgueillir ?
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PREMIERE PARTIE
Cette année-là, chaque jour qui passait, Kalume ne cessait de compter le temps qui s’était écoulé depuis qu’il était parti de son pays, depuis qu’il n’avait plus revu sa mère, ses frères et sa sœur. Il comptait et recomptait le nombre d’années qu’il venait de totaliser en France. Et tout cela lui semblait étrangement long. Parti à l’âge de dix ans, il en avait vingt-sept… Vingt-sept ans d’âge… Vingt-sept… Il pensait aussi à ses quatre ans d’études universitaires qui s’étaient écoulés d’un trait. Les membres de sa propre famille qu’il tentait de reconnaître par leur voix au téléphone, n’étaient plus, dans sa mémoire, que des icônes aux visages éteints. Le temps… Et ces visages aux sourires figés sur les quelques photographies qu’il voyait, comme des poissons morts, manquaient de vie, exacerbant davantage son besoin de contact humain et de dialogue. Le temps émousse les souvenirs autant que le criquet ronge la feuille d’une plante. Il restait cependant à sa mère un peu de vie dans sa mémoire, certainement grâce à l’intimité qui les unissait jadis, il y avait dix-sept ans, dix-sept… Mais, restait-il encore quelque chose, après tout ce temps, de ce visage rayonnant que deux fines entailles noircies aux joues marquaient d’une beauté singulière sur sa peau claire? Ah ! Ses dents qu’elle curait de temps en temps avec une racine qu’elle apprêtait au moyen d’un petit couteau acéré et qui faisait éclater leur blancheur en lui laissant des gencives d’un rose tendre…
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