Une veillée de contes lokpas au Bénin

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La nuit était sur le point de tomber. Et à chaque fois, j'attendais depuis plusieurs jours ce qui allait commencer : la veillée de contes. Le conte ne nous apprend pas seulement comment nos ancêtres ont vécu, comment ils ont fait la chasse, comment ils ont cultivé le sorgho... Non, le conte, c'est le pont qui unit les rives d'hier, d'aujourd'hui et de demain. Voici des contes pour découvrir la richesse de la culture lopka.
Publié le : lundi 1 juillet 2013
Lecture(s) : 14
EAN13 : 9782336320489
Nombre de pages : 140
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Akéouli Nouhoum Baoum
Akéouli Nouhoum Baoum Une veillée de contes lokpas au Bénin
Une veillée de contes lokpas au Bénin
Jeunesse L’Harmattan Collection dirigée par Isabelle Cadoré, Denis Rolland, Joëlle et Marcelle Chassin Dernières parutions Gyula ILLYES,Le roi à la barbe verte, Contes populaires hongrois, 2013. Sabine PANET et Pauline PENOT,Le baluchon de la création du monde et autres contes yorouba, 2013. Edmond LAPOMPE-PAIRONNE,Touloulou au Pays des Grenouilles, 2013. Annie FERRET,Graines de chagrin et autres contes d'une Afrique rêvée,2013. Pascale PETRIZZELLI,Hugo et le mystère de la Couvertoirade,2013. Anne IMBERT,De la Guadeloupe à l’Afrique, Mots en liberté, 2013. Atelier d’écriture,Il était une fois… Contes sans frontières/Once upon a time… Fairytales without borders, 2013. Tristan CHALON,Les aventures du Chevalier Mylio au pays de Siam (1685-1689), 2013. Armel NONFODJI,Le rêve du singe, Contes du Bénin, 2013. Amarnath HOSANY,Chung et les couleurs de l’arc-en-ciel,2013. Amandine MATISKA,L’empreinte de la louve, 2013. Isabelle TAMBURINI,Assireni petite esclave en France,2013. Patrick Serge BOUTSINDI,La Fête de Ya foufou,2013. Fouma TRAORE,Nandiman le brave chasseur, Contes du Burkina Faso, 2013. Odette-Claire BROUSSE,Parmi les pierres, une rose du Sahara, 2013. Pascal HENRY, Louise de La Hulotte,2013.
Akéouli Nouhoum Baoum Une veillée de contes lokpas au Bénin L’HARMATTAN
© L'HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00991-9 EAN : 9782343009919
Les Lokpas du Bénin
Le peuple lokpa est un peuple vivant majoritairement au nord-ouest du Bénin. Pour Bawanam Bernard Sindjaloum, le seul qui jusqu'ici a essayé d'écrire sur ce peuple, « Le grand groupe socioculturel lokpa est subdivisé en deux sous-groupes, les Lama et les Lokpas ; ce grand groupe occupe plusieurs portions des territoires des États d’Afrique occidentale : les Lokpas de Ouaké dans le département de la Donga au Bénin ; les Lokpas KabiyCillaalu) de (Apalu, Lamakara, de Niamtugu, et de Pya au nord-est togolais ; les Lokpas Tala Wèle, Kumatè du nord-est du Mali ou de la 1 Guinée . » Tous les Lokpas du Bénin se réclament de Ouaké, qui est une commune au nord-ouest du Bénin, frontalière du Togo. Une grande partie du peuple lokpa vit d'ailleurs au Togo. Mais limiter les Lokpas du Bénin à la seule commune de Ouaké constitue une exclusion d’une majeure partie d'entre eux. En effet, les Lokpas sont répartis sur presque toute l’étendue du territoire béninois. Il existe des villages peuplés presque uniquement de Lokpas hors de la commune de Ouaké, ou des communautés lokpas vivant en minorités dans d’autres régions du Bénin. Les Lokpas sont en majorité des agriculteurs. Ils vivent de la terre comme la plupart des peuples d’Afrique noire. Ils font la chasse comme sport mais surtout pour avoir de la viande. Mais la chasse (Làkú) chez les Lokpas est une activité régie par des règles strictes. Elle se fait après les récoltes et reste la prérogative des hommes. Il y a la chasse normale dite Làkú qui se fait le jour et la chasse nocturne appelée Kùtùsùɣù. 1 Bawanam Bernard Sindjaloum,Alaa na apalaaɩsɩɩpəmʋnaa tɔ, p. 7.
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Les Lokpas d’aujourd’hui sont chrétiens, musulmans ou animistes. Certains sont à la fois « chrétiens animistes » ou « musulmans animistes ». La modernité n'a pas déraciné le baobab de leurs valeurs culturelles.  En témoigne l’influence qu’ont encore certaines traditions 1 héritées des ancêtres : la fête de la lanière ou Kàmùɣù, l'initiation des jeunes filles et des garçons.  Chants, danses, prières, rites mais aussi l'ordre social où l'âge joue un rôle très important et où l'individu se définit par rapport à la famille dont il est issu, démontrent la vivacité de la culture lokpa.  Ce peuple a une littérature orale riche mais qui, malheureusement, n’est pas très connu dans le domaine de la recherche.
1 Pour plus d’informations sur cette fête voir le livre cité plus haut.
Introduction
 La nuit était sur le point de tomber. Depuis plusieurs jours, j’attendais ce moment. Combien de fois n'ai-je pas été, étant petit, réveillé par mon frère ou par un ami certains soirs : « Lève-toi, ça commence ! ». Et à chaque fois, je savais exactement ce qui allait commencer : la veillée de contes. Aujourd’hui encore, le souvenir de ces veillées est vif.  Au cours d’une veillée tout le monde pouvait prendre la parole et dire un conte. Moi je l'ai souvent fait. C'était l'un des seuls instants où les enfants pouvaient parler sans avoir peur de se faire gronder : la séance des contes ! Les enfants pouvaient prendre leur revanche. Ils pouvaient enfin couper la parole aux adultes ou même les rendre mal à l’aise grâce à des commentaires déplacés ou en racontant un conte sur un thème que seuls les adultes maîtrisaient. Je me rappelle combien je jubilais après avoir dit un conte du genre « interdit aux enfants de parler en ces termes » et que mes parents, une lueur de fierté dans le regard, essayaient de ne pas rire pour ne pas m'encourager et que mes amis, les voisins et tous ceux qui participaient à la séance, se pliaient de rire.  Ma dernière séance de contes remonte à des années. Si autrefois, enfant, je ne voulais assister aux veillées que pour le plaisir de me distraire, de conter, d’écouter, de dire haut ce que le monde pense tout bas, de rire avec tout le monde, de taquiner le conteur, de le pousser à aller au bout de sa pensée, pour qu'il parle, qu’il explique. Aujourd'hui je suis chasseur de contes. Non pour les détruire, ni les envoyer dans le monde de l'oubli. Mais plutôt dans l'espoir de les transmettre.  Officiellement cinq conteurs m’attendaient à la veillée. Mais une veillée n'est jamais fermée. Elle est ouverte et le
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