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VERS L'INFRAMONDE RECITS

De
140 pages
La littérature est cette pratique d'un langage par quoi hommes et dieux sont réconciliés avant de revenir à ces luttes et à ces combats qui ne cesseront pas de ne pas cesser. Ce livre offre les visions de ces mondes perdus et retrouvés : inframonde où errent les ombres des morts et de ceux qui ne sont pas encore nés.
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VERS
LINFRAMONDE
Dominique
VERS
ROUCHE
LINFRAMONDE
LHarmattan
DU MME AUTEUR
Hiulques Copules.Editions Gallimard. Paris 1973 Phasmes suivi de Sortes.Editions Fourbis. Paris 1995 Dieue.Editions Que. Bruxelles. 2005 Phantôme suivi de Le Janséniste travesti.LHarmattan. Paris. 2010
Publiéavec le concours du Centre National du Livre
©LHRMTTN, 2011 5-7, rue de l’École-Polytechnique  75005 Paris htt : www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan wanadoo.fr harmattan1 wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55319-4 EAN : 9782296553194
La
création
dun
Ainsi les deux mondes. nouveau ciel, et nouvelle terre. Nouvelle vie, nouvelle mort. Toutes choses doublées et les mêmes noms demeurent.
Pensées
Pascal (LG 624)
Sanéantir en Dieu dans lextase froide du suicidé: cela, il laurait imaginé volontiers. Il nest donc pasétonnant que, dans lenfer glacéoùnous sommes plongés, il entre soudain en cette chambre retirée oùla littérature survit à ses effets. Puis déchoit de son autorité:hormis un seul qui vous sera montré.
TRNE
Que ce trône défunt sélève enfin dans laccablante nuée dissimulant encore mon destin prédiqué. La Grâce est infinie de ce royaume oublié oùjerre, tenant entre mes mains enchaînées, le livre absolu par quoi jaurai marqué la révélation immanente de ce monde bientôt oublié. Le ciel, pourfendu de sa propre causalité, pèpoitrine oppressée cependant que le rse comme un bloc de marbre sur ma êve ouvre la fenêtre obscure de cet univers que jaurai parcouru dans lerrance dune royauté ici enfin reniée. Le monde est un astre déchu que jentrevois entre les barreaux de la prison oùmon corps est enfermé, dans les décombres duneâme détestée pour avoir autrefois péché dès son origine illuminée. Je suis un esprit errant dans les ruines du passé, dans cette vallée oùle fleuve de lévidence sacrée serpente entre les rives dun discours ténébreux et glacé. Je vois la chambre singulière oùje suis allongé contemplant, au plafond, les ombres que jaurai toujours préféréesàimpure clarté. La lettre consacrée scintille dansson lobscurité et jentrevois ces deux corps ramper comme des créatures que la Grâce naurait jamais touchées. Il est en mon cœur partagé un autre cœur que jentends frapperàla porte de l’âme oùje suis prisonnier. La nuit, oùje suffoque et hante les chambres désolées du château de la pureté, se lève comme un rideau de fumée et dévaste la puissance et la gloire de ce dieu controuvé que je me plais iciàrenier. Il meurt, il défaille et sa tête renversée bientôt sécroule sur ses épaules flagellées quune main invisible et gantée, armée du fouet et des lanières ensanglantées, frappe et renvoie contre le pilier auquel il est enchaîné. Cette effigie monstrueuse et défigurée, je lévoque pour mieux men désenchanter, sabat sur le sol tourmenté cependant que sa grâce et sa sainteté battent des ailes poussiéreuses et décolorées. Le pur fantôme du dieu évanoui dans les fumées dune raison accablée senvole par la fenêtre obscure de l’être qui resteàdéfinir etànommer. Le rêve, de cette beauté hallucinée, est déchiré comme les pages de ce livre condamné àrévoquer les ombres dont il émanait, dans la fureur et lapothéose figée dun dieu évanescent et bientôt dilapidé.
Lapostasie, le blasphème, le déni, rampent dans ce sang répandu oùje salue cette vérité renaissante dans le déclin dune mystique éperdue de souffrance et dévidence reniée. La Grâce, inutile et refusée, sélève dans le ciel vide oùje suis appeléàfigurer le monde ancien auquel jai voué un oubli sans regret. La couleur effacée de loutremonde oùje suis, pour quelque temps encore, enfermé, revient éternellement me hanter et le spectre que je veux encore adorer fuit enfin le rivage
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désolé oùle monstre senfonce, renversant le char du héros bien aimé. Que le ciel souvre alors dans lapothéose dpar la face du seul dieu que jun néant figuré aurai adoré puis auquel jaurai renoncé, dans léclat de la raison et de la liberté contemplant linfinité de ce monde oublié rendu enfinàson immanente vérité.
Ce discours convenu offre un monde vide, un astre livide et léclipse finale, le voile déchiré emportent le corps transfiguré en lequel jaurai placé encore linutile de mon espoir et de ma vérité. Ma face, suffocante et glacée, neoffrande supporte le blasphème auquel je vais me livrer, saluant enfin la liberté que nul na su encore démontrer : la grâce est vaine en effet si lacte ne la vient consacrer. Quelle voix est en moi pour inventer une parade forcenée ? Quelle inutile espérance ou quelle désuète charité pourrait enfin advenir au milieu du fleuve transgressé oùle baptiste décapité continue de prophétiser. Une femme, en vérité, évanescente et ruisselante de beauté, resteàadorer sous les murs dévastés doùje contemple le monde ancien oùje nai que trop erré. Que je hante plutôt la plaine de la désolation et de la révélation encore différée par quoi le corps du maître reste encore incarné dans la terre oùil nest pas inhumé. La gloire, la puissance dadorer, que jaurai convoitéesàlégal dun corps trop aimé que jaurai en moi suscité, me dépouillent de ma vérité. Joffre ma privauté au souffle de limprobable Paraclet qui monteàlhorizon de la pensée comme une divination prophétisée. Que le ciel souvre alors sur la certitude d’être aimé dans cette création innommée : quaucun dieu nouveau napparaisse en qui je puisse retrouver les traits dun mort que jai odieusement rejeté dans le néant doùje vais enfin ressusciter.
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