Westend

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Paul, la quarantaine, partage sa vie entre Paris et une petite station balnéaire de l'Ouest qui l'a vu grandir. Après avoir achevé le doublage d'une série américaine, il décide de fêter l'évènement en allant faire une balade à moto accompagné d'une bouteille de whisky. Il ne le sait pas encore mais sa vie va basculer. Commence alors un voyage initiatique qui l'entraînera jusqu'aux États-Unis et au désert de Mojave où il croisera les démons enfouis de son passé.
Publié le : lundi 2 novembre 2015
Lecture(s) : 12
EAN13 : 9782336394916
Nombre de pages : 196
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ChristianDEMARK
Westend
Roman
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Christian DEMARK
WestendRoman
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-07185-5 EAN : 9782343071855
« … Se réfugier là contre ce vertige dans lequel il la perdait toute entière…
…Des nuages très bas, lourdement massés, arrachés par places, ne laissaient plus paraître les dernières étoiles que dans la profondeur de leurs déchirures. »
(André Malraux, La condition humaine)
2
Je me souviens lorsque j’étais enfant, le poison qu’inoculait en moi le sentiment des années futures. Quels amis aurais-je, de quoi parlerions-nous ? Faudrait-il apprendre une nouvelle langue, s’habituer à ne plus rire - de tout ? Est-ce que c’était vrai que les garçons mettaient leur zézette dans la bouche des filles ? Et pour quoi faire ?! C’était comment quand on était grand ? Mes parents se battraient-ils encore ? Est-ce que je serais toujours somnambule ?
Je n’ai pas le souvenir tangible d’avoir quitté mes tendres années. Le choc de la transition s’est opéré souplement, en un chaos muet, une sorte de mur du son passé au ralenti comme un étirement infini, jusqu’à ce que l’élastique de la vie se rompe en un claquement de fouet qui vous revient en pleine gueule. Une mort lente. Une maladie incurable. Je ne pouvais pas me douter que c’était ça la vie, qu’un jour j’en arriverais là. Les arbres étaient en fleurs, éclataient par séquences stroboscopiques. On aurait dit des explosions immobiles, des attentats multicolores aux ralentis artificiels, des éclaboussures lentes orange et mauves, des feux de signalisation qui annoncent que la voie est libre et que le trafic est fluide - puis traverser à nouveau l’éternelle saison avant le blanc manteau, l’ère des loups. J’avais la sensation que dans ma nuit des temps, les empreintes de pas dans la neige restaient plus longtemps. Les arbres étaient en fleurs et je basculai mes volets, c’était le printemps.
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