(X) de nom et prénom inconnu

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Les quatre récits de ce volume ont en commun une préoccupation, l'individu, en ses pérégrinations en un monde indifférent. (X) de nom et prénom inconnu signale la mort d'un anonyme dans un petit village d'Île-de-France. La Patinoire esquisse, dans les spirales que tracent sur la glace les danseurs, une silhouette au devenir et aux voix qui lui donnent forme. Paysage d'hiver, dans une salle d'hôpital psychiatrique, fait écho à la crise profonde qui secoue notre monde. Le plongeur de Paestum fait advenir, grâce à l'acte décisif de Mary, adolescente qui voulait apprendre à plonger.
Publié le : mercredi 1 décembre 2010
Lecture(s) : 171
EAN13 : 9782296445079
Nombre de pages : 355
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Daniel Cohen éditeur
www.editionsorizons.com
Littératures, une collection dirigée par Daniel Cohen
Littératures est une collection ouverte, tout entière, à l’écrire, quelle qu’en soit la forme : roman, récit, nouvelles, autofiction, journal ; démarche éditoriale aussi vieille que l’édition elle-même. S’il est difficile de blâmer les ténors de celle-ci d’avoir eu le goût des genres qui lui ont rallié un large public, il reste que, prescripteurs ici, concepteurs de la forme romanesque là, comptables de ces prescriptions et de ces conceptions ailleurs, ont, jusqu’à un degré critique, asséché le vivier des talents.
L’approche deLittératures, chez Orizons, est simpleil eût été vain de l’idiquer en d’autres temps : publier des auteurs que leur force personnelle, leur attachement aux formes multiples du littéraire, ont conduits au désir de faire partager leur expérience intérieure. Du texte dépouillé à l’écrit porté par le souffle de l’aventure mentale et physique, nous vénérons, entre tous les critères supposant déterminer l’oeuvre littéraire, le style. Flaubert écrivant : « J’estime par-dessus tout d’abord le style, et ensuite le vrai » ; plus tard, le philosophe Alain professant : « c’est toujours le goût qui éclaire le jugement », ils savaientavoir raison contre nos dépérissements. Nous en faisons notre credo.D.C.
ISBN :978-2-296-08765-1
© Orizons, Paris,2010
(X) de nom et prénom inconnu
Dans la même collection, dernières parutions
Marcel Baraffe,Brume de sang,2009Jean-Pierre Barbier-Jardet,Et Cætera,2009 Jean-Pierre Barbier-Jardet,Amarré à un corps-mort,2010Jacques-Emmanuel Bernard,Sous le soleil de Jerusalem,2010 François G. Bussac,Les garçons sensibles,2010François G. Bussac,Nouvelles de la rue Linné,2010Patrick Cardon,Le Grand Écart,2010Monique Lise Cohen,Le parchemin du désir,2009Patrick Corneau,Îles sans océan,2010 Raymond Espinose,Libertad,2010Pierre Fréha,Vieil Alger,2009Gérard Glatt,L’Impasse Héloïse,2009 Charles Guerrin,La cérémonie des aveux,2009Olivier Larizza,La Cathédrale,2010Christine Longepierre,Alinéa,2010 Gérard Mansuy,Le Merveilleux,2009 Lucette Mouline,Faux et usage de faux,2009Lucette Mouline,Du côté de l’ennemi,2010 Béatrix Ulysse,L’écho du corail perdu,2009Antoine de Vial,Debout près de la mer,2009
Nos collections :Profils d’un classique,Cardinales,Domaine littéraire se corrèlent au substrat littéraire. Les autres,PhilosophieLa main d’Athéna,Homosexualitéset mêmeTémoins, ne peuvent pas y être étrangères. Voir notre site (décliné en page 2 de cet ouvrage).
Anne Mounic
(X) de nom et prénom inconnu et autres nouvelles
Dessins de l’auteur
2010
Poèmes et nouvelles
Du même auteur
L’Espace. La Bartavelle. Lumineux, pelucheux. Éditions du Gril. Mélanie et les rhododendrons. La Bartavelle. Le Poulpe poème. Encres Vives. Les Yeux d’Argos. Encres Vives. L’autre vie. Clapàs. Pensez ! Pensez !Encres Vives. La terre, en ses élans, Océan, Encres Vives. Nuage, l’esprit. Encres Vives. Quand pâlissent les lilas. Encres Vives. Poussière amoureuse. Encres Vives. Mais où vont les hirondelles la nuit ?Encres Vives. La barque du soleil sinue entre nos lèvres.Encres Vives. Le Puits du ciel. Caractères. Cobra sous le chant, médusé, dansant, conquis, pour un instant…Encres Vives. Masque de nuit, Caractères. Enfant nu comme l’instant aux ruines de la durée, Lucie-Editions,2010. Mille étoiles en mémoire, Encres Vives. L’eau de prudence, Caractères,2011. (Prix de l’Association des diplômés de l’Université d’Aquitaine pour l’œuvre poétique,2004, Prix littéraire de l’Association des diplômés de l’Université d’Aquitaine,2010.) Avec Vivienne Vermes,METAMORPHOSES. Édition bilingue. Poèmes et nouvelles de Vivienne Vermes traduits par Anne Mounic ; d’Anne Mounic, traduits par Vivienne Vermes. L’Harmattan. Passages. Édition bilingue. Poèmes et nouvelles de Vivienne Vermes traduits par Anne Mounic ; d’Anne Mounic, traduits par Vivienne Vermes. L’Harmattan.
Romans et récits poétiques
Métamorphoses d’une image, Quasi una fantasia. L’Harmattan. O., ou La Déchirure. L’Harmattan. P’ et les noms propres. L’Harmattan. Voici l’homme aux bottes rouges, L’Harmattan. (PrixA.R.D.U.A.2003) La Spirale, L’Harmattan. Carnet d’Hadès, L’Harmattan. L’autre et le furet du bois joli. L’Harmattan. Ah ! Ce qui dans les choses fait Ah !L’Harmattan. Jusqu’à l’excès ou Le reptile dans le livre. L’Harmattan. Quand on a marché plusieurs années…Orizons. La Dame à la licorne, suivi deDu coin de l’œil où perlent les larmes. Anagrammes.
(suite en fin de volume…)
Préface
e rassemble ici ces quatre longues nouvelles, car elles ont en commun une J même préoccupation, l’individu, le sujet, en ses pérégrinations dans un monde indifférent, livré à l’extériorité. Face à l’universel que représentent, chacune à leur façon, la science, l’histoire, ou la machine économique, il ne reste que peu de place pour le cas particulier que nous sommes, chacun de nous, et pour cette intériorité qui est notre seule richesse. Au règne de l’objet et de l’immédiat, il paraîtra vain de s’entêter à se tenir à l’écoute de la vie invisible qui murmure en nous et de faire surgir notre puissance d’être, notre voix singulière. Le bien-être est une chose, et une bonne chose, si à son aspect matériel s’allie aussi le bien-être de l’esprit.  Ce culte de l’univers fini incite chacun au repli sur sa sphère de plaisir immédiat, ou de désarroi, quand l’œuvre humaine perd toute espèce d’importance au nom de la nécessité économique et de l’abstraction de l’argent. Georg Simmel avait très bien analysé ce phénomène de désincarnation du réel au profit de la finance dans son ouvrage sur laPhilosophie de l’argent. Il écrivait en effet, en1900: « Car l’argent devenu fin en soi ne laisse même pas les biens qui par nature sont étrangers à l’économie exister à titre de valeurs coordonnées, en soi définitives ; non seulement il vient se placer, comme autre finalité de l’existence, au même rang que la sagesse et que l’art, que l’importance et la force personnelles, et même que la beauté et l’amour, mais, de plus, ce faisant, il acquiert la force de ravaler ces derniers au rang de moyens à son service. » Cynisme et attitude blasée accompagnent cette réduction des valeurs à celle, intermédiaire, de l’argent. « C’est pourquoi les terrains favorables au cynisme sont les lieux de grande circulation, spécialement boursière, où l’argent est présent massivement et change facilement de propriétaire. » Il ne subsiste dès lors qu’un seul critère, un seul point de vue pour rendre compte d’activités diverses, qu’elles soient de nature lucrative ou non – triste nivellement de l’existence ainsi privée de sa saveur.
 J’aurais aimé nommer ces quatre nouvelles «novella », terme italien signifiant « nouvelle » ou « conte », utilisé en anglais pour désigner ce qui n’est pas tout à fait une nouvelle, mais ne constitue pas non plus complètement un roman. La «novella», qui se caractérise par son caractère épique, se concentre
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sur un seul événement, ou situation, et contient souvent un symbole concret qui organise le récit. C’est le cas dans chacun de ces contes. Le plongeur de Paestumné dans une piscine en Italie : une jeune est Américaine voulait apprendre à plonger avec son grand-père. J’ai imaginé le reste en approfondissant la signification profonde du plongeon du point de vue de l’individu et de son initiation aux épreuves de l’existence. On touche là à des questions politiques et poétiques. Paysage d’hiveren scène divers personnages assemblés dans le met vestibule d’un hôpital psychiatrique. On s’aperçoit vite, à travers leurs récits, qu’en eux, le monde social, et politique, est en crise. C’est le poète qui leur suggère de parler, de raconter une histoire, comme dans lesContes de Cantorbéryde Chaucer, qui fut d’ailleurs influencé par Boccace, le maître de la «novella».  L’idée deLa Patinoirem’est venue alors que nous passions près de celle qui se tient place de l’Hôtel de Ville, l’hiver. Les spirales sur la glace, la virtuosité de certains, l’embarras des autres m’inspirèrent une certaine vision de la geste existentielle et du passage des générations. (X) de nom et prénom inconnu: voici exactement ce qui fut inscrit un jour dans le bulletin municipal de notre village. Cette mort, et son anonymat, m’ont tellement choquée qu’il m’a fallu, en écrivant ce récit, méditer sur la logique qui aboutit à des tels désastres.
 Écrire, c’est méditer sur ce qui advient et affirmer la puissance de la voix humaine – refuser donc tout ce qui contribuerait à l’anéantir, à l’avilir, à la défigurer. Ce face-à-face avec le présent n’invite cependant pas à une rupture avec le passé. La considération de l’existence n’implique pas ignorance de la réalité poétique et littéraire, et le choix du récit n’interdit pas toute forme de pensée. Écrire, c’est aussi s’intéresser à l’en deçà, ou l’au-delà, des phénomènes. Il ne s’agit pas de singer le réel, mais d’explorer les chemins de sa splendeur.  L’enchantement tient, dans l’œuvre, à l’extase de la réalité, qui perd en nous son statut d’objet pour gagner une signification proprement subjective puisqu’elle est absolument partie prenante de notre drame – bonheur et malheur. C’est en cela d’ailleurs que poésie et littérature sont, en notre monde où l’objet a supplanté le sujet, infiniment subversives, si elles ne se contentent pas de faire joli (simple objet esthétique) ou de rapporter de l’argent (« produit » commercial). Donc, elles ne servent à rien, puisque l’œuvre humaine ne compte plus pour elle-même. D’où, comme le dit encore Simmel (toujours en1900), le pessimisme de Schopenhauer, qui proclame « comme la substance de l’existence la seule volonté – laquelle restera nécessairement inaccomplie vu que, à titre absolu,
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elle n’a rien pour s’assouvir en dehors de soi, et ne peut que se saisir elle-même encore et toujours ». L’existence, ainsi placée hors de portée de la subjectivité humaine – à l’inverse de ce que je nomme « extase du réel » –, devient à elle-même sa propre fatalité. Nous sommes voués au tragique – le règne absolu de la Nécessité, la liberté humaine condamnée, tout avenir fermé.
 C’est pour toutes ces raisons que cela vaut le coup de penser, d’empoigner le réel et ne pas s’en tenir à l’immédiat, même si la lutte de l’individu dans l’instant connaît des hauts et des bas, comme l’esprit, qui parfois se désole, puis se ressaisit. De toute façon, l’œuvre en nous de la voix intérieure, et de l’écoute, est espoir.
Anne Mounic Chalifert, le18mai2009
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