Zenlia

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Les mondes des elfes blancs et argent sont des lieux paisibles et fantastiques où la magie règne en maîtresse des lieux.
Les royaumes d’Elbereth et de Dorenthee sont en harmonie et le peuple mange à sa faim sous les règnes des rois Kendrar et Lileth qui voient leurs enfants destinés à poursuivre cette ère de paix et de prospérité.
Zenlia est la princesse des royaumes du sud. Ewen, l’héritier d’Elbereth. Ensemble, ils ont de grands projets en ce qui concerne l’avenir de leurs terres qu’ils se sont juré de protéger et de défendre au péril de leurs vies.
Cependant, les elfes noirs, des êtres sanguinaires et sans âme, livrent toujours une bataille acharnée près des Terres Sauvages, dans le but de s’approprier la magie de leurs ennemis.
Les frontières entre les mondes n'ont jamais été aussi fragiles.
Publié le : mercredi 29 juin 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791026206088
Nombre de pages : non-communiqué
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Marine Stengel

Zenlia

L'Arbre d'Or

 


 

© Marine Stengel, 2016

ISBN numérique : 979-10-262-0608-8

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Internet : www.librinova.com


 

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Illustration de la couverture : Nessendyl

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

“Le monde de la réalité a ses limites ; le monde de l’imagination est sans frontières.”

Jean-Jacques Rousseau

 

Cartes des Mondes

 

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Prologue

 

Des rires mélodieux résonnaient dans la forêt d’Elbereth, qui dissimulait le royaume des elfes blancs du reste des mondes et de certains êtres un peu trop curieux. Deux jeunes elfes à la chevelure de lune couraient et sautaient d’arbre en arbre, laissant derrière eux des effluves de lavande et de cannelle. Telle était l’odeur qu’ils dégageaient au printemps.

Un arc à la main et le regard plein d’assurance, le jeune Ewen, héritier du royaume, s’amusait à courir derrière Zenlia, la princesse de Dorenthee, qui se déplaçait à une vitesse surnaturelle. Bien qu’elle fut plus jeune que son hôte, ses heures d’entraînements dépassaient de loin celles du prince. À seulement quatre-cent vingt-trois ans, elle pouvait se mouvoir aussi vite que le vent et possédait des pouvoirs fascinants qu’il lui enviait.

Elle créa ainsi une brise qu’elle libéra de son emprise en la jetant sur le sol mousseux. Celle-ci prit vie d’elle-même et s’amusa à les taquiner. Ils évitaient ses fortes bourrasques et les repéraient de loin grâce à leur vue, supérieure à celle d’un lynx. De petites feuilles les accompagnaient et empiétaient sur leur vision panoramique de la forêt, mais ils les esquivaient sans effort. Pour eux ce n’était qu’un jeu.

Alors tu traînes ? plaisanta la jeune elfe en se retournant vers Ewen.

Non, je suis juste galant, mentit le prince.

Ils savaient tous les deux qu’il avait du mal à la suivre. Zenlia n’insistait jamais trop et ralentissait souvent pour qu’il la dépasse, prétextant une foulure à la cheville ou s’arrêtant simplement pour manger des feuilles de Lendil, une sucrerie qu’elle appréciait particulièrement.

Ce matin-ci, ils eurent juste le temps de savourer un en-cas quand leurs fines et longues oreilles perçurent l’appel enivrant du carillon royal qui les pressait de revenir.

Une dernière course avant de partir ou tu en as assez ? demanda gentiment Zenlia.

Elle regarda son ami de plus près. Les cheveux de l’elfe brillaient sous le soleil qui ne s’était pas encore entièrement levé, et faisait ressortir ses yeux bleu foncé. Sa peau, d’habitude plus pâle que la sienne, avait pris des teintes rosées par endroits, et son col de chemise laissait entrevoir des perles de sueur qui coulaient sur sa tache de naissance.

Le souffle d’Ewen ne s’étant pas encore calmé, la princesse décida à sa place et ils rentrèrent tranquillement, échangeant allègrement des anecdotes qu’ils n’avaient pas encore eu l’occasion de partager.

Ils prenaient un immense plaisir à sentir les longues herbes douces des sentiers de la forêt sous leurs petits pieds nus. Suite à la lenteur de leurs déplacements, les deux enfants arrivèrent plus tard que prévu. Pour se faire pardonner, Zenlia et Ewen s’élancèrent vers leurs parents et les serrèrent fort dans leur bras. La petite elfe posa la tête dans le cou de sa mère pour respirer son parfum à la violette, et s’emmitoufla dans sa cape tandis que le souverain d’Elbereth déposait tendrement son fils par terre.

Je vois que vous vous êtes encore amusés près de la frontière, tonna le roi Kendrar d’une voix autoritaire mais chaleureuse.

L’elfe paraissait encore jeune malgré ses deux mille ans bien vécus. Sa peau était aussi lisse et parfaite que celle de son fils, dans quelques années on les confondrait pour sûr. Avec ses yeux gris en amande et sa chevelure dorée impeccablement relevée en arrière, il incarnait la beauté elle-même.

Le souverain était paré de bijoux et d’une coiffe qui l’embellissaient d’avantage. Sa longue cape cachait un corps svelte et des habits confectionnés sur mesure, d’une soie irrésistible au toucher et aux couleurs de son royaume, le blanc et l’or.

Ce ne sont que des enfants, les excusa sa reine qui se tenait à ses côtés.

Sa femme, Lady Annaerys, caressait les cheveux d’Ewen. Elle était de loin la plus belle elfe de la cour, et avait hérité des traits et de la mince silhouette de sa grand-mère maternelle. Son visage attrayant était entouré de cheveux noirs de jais qui arboraient fièrement la couronne royale, décorée de motifs floraux. La reine possédait une peau mate couleur caramel qui se mariait à merveille avec ses tenues rose pâle et l’avait fait remarquer par le passé. Aux yeux du roi, Lady Annaerys était d’une beauté sans égale.

Il n’empêche qu’ils ont été prévenus. Ewen, combien de fois devrai-je te le répéter ? La frontière est dangereuse, il y a toutes sortes de créatures qui grouillent dans les Monts d’Or, sans parler de leur proximité avec les Terres Sauvages. Penses-tu qu’il soit fort intelligent d’emmener la princesse aussi loin du royaume ? le réprimanda son père en fronçant les sourcils.

Le petit elfe bâtit en retraite, baissa ses oreilles et afficha une moue triste sans prononcer un mot. Zenlia, qui commençait à s’endormir, fut alertée par la tristesse de son ami et sauta élégamment des bras de la reine Eliai.

Cette escapade est entièrement de ma faute, mon roi, se prosterna-t-elle devant l’elfe.

Elle le regarda droit dans les yeux de son regard bleu glace. La petite n’avait rien à se reprocher car c’était bel et bien Ewen qui l’avait suppliée d’aller jouer près des barrières entre les mondes, elle espérait juste que les adultes ne le devineraient pas.

Elle impose déjà un respect que seule une reine saurait transmettre, songea Lady Annaerys, charmée par la princesse.

Ewen me l’avait fortement déconseillé, et j’ai tellement insisté qu’il n’a pas pu me retenir. Nous n’y remettrons plus les pieds, je vous en donne ma parole, promit-t-elle en s’inclinant un peu plus pour cacher le fait qu’elle rougissait.

Donc selon toi, je ne devrais pas le punir alors qu’il m’a quand même désobéi, considéra le roi.

Il s’abstint de sourire devant la mine déconfite de la petite. L’elfe savait son fils coupable d’avoir initié leur promenade et voyait bien qu’ils avaient retenu la leçon.

Oh monelfe, je vous en prie, punissez-moi à sa place, supplia Zenlia s’accrochant à un pan de la robe de Kendrar.

Sa couronne en argent elfique, encore trop grande pour elle, avait glissé d’un côté, le roi se pencha pour la remettre en place. Il effleura de ses longs doigts les cheveux souples de la petite elfe qui insistait pour innocenter son fils. Nostalgique, il se souvint que les deux enfants étaient déjà promis l’un à l’autre. Quand ils atteindraient l’âge adulte, ils hériteraient des deux plus grands royaumes, celui des elfes blancs et celui de la forêt d’Argent, formant l’alliance la plus redoutable qui soit. Il s’était déjà attaché à la petite, ainsi qu’à ses parents qu’il connaissait de longue date.

Les rois du monde de Dorenthee, réputés pour ses arbres argentés et ses palais de glace, observaient la scène sans dire un mot. La reine Eliai était sublime dans sa tunique bleu nuit. Ses cheveux déjà blancs étaient en totale harmonie avec ceux de son mari, le roi Lileth. Zenlia avait hérité d’eux ses traits du visage qui demeureraient fins pour le restant de sa vie. Elle avait également la silhouette de sa mère et la force et dextérité au combat de son père. Tous deux avaient des yeux d’un noir intense et personne ne s’expliquait le fait que ceux de la petite soient d’un bleu presque transparent, qui changeait de couleur au fil des saisons et passait du gris au vert le plus profond qui soit.

Va pour cette fois-ci petite elfe, mais que je ne vous reprenne plus. Je ne veux pas m’attirer les foudres de ton père, prévint Kendrar.

Il sait combien mes éclairs sont puissants, plaisanta Lileth en faisant référence aux séances de combats magiques qu’ils improvisaient étant plus jeunes.

Les deux adultes s’esclaffèrent de bonne foi et se prirent par le bras, main contre coude. Le salut des rois.

Je pense qu’il se fait tard, nous n’allons pas tarder. Zenlia va chercher tes affaires, murmura la reine Eliai.

Oh maman, restons encore un peu s’il te plaît. Ewen ne m’a pas encore montré sa collection de flocons de neige, gémit celle-ci.

Nous ne devons pas abuser de leur hospitalité ma chérie. Tu es déjà restée trois ans dans ce monde, nous avons encore un long chemin à faire avant d’arriver au portail, lui expliqua sa mère.

Elle se retourna vers leurs hôtes.

Je vous remercie infiniment d’avoir pris soin de notre enfant cet hiver. Les nuits de Dorenthee se sont réchauffées depuis que nous vous l’avons amenée. J’espère qu’elle ne vous a causé aucun tort ? ajouta la reine.

Non, non, minauda Lady Annaerys d’une voix fluette. Je n’ai jamais vu une elfe aussi adorable.

Elle peut revenir quand bon lui semble. Vous pouvez vous-même rester au château ce soir, il me semble que vous arriverez très tard dans la nuit, même en utilisant le portail. La petite risque d’être fatiguée. Vous avez déjà fait un voyage éprouvant, restez donc, proposa le roi Kendrar en tendant sa main vers son château.

Nous ne souhaitons pas nous imposer, s’excusa le roi Lileth par pure courtoisie.

Il n’en est rien, insista Kendrar non sans une certaine humilité, pour montrer son respect mutuel envers son ami d’enfance.

Je pense que l’on ferait mieux de rentrer dans ce cas-là, s’impatienta Lady Annaerys en accélérant les politesses.

Tous les adultes se tournèrent vers les enfants, qui les regardaient avec espoir. Ils trépignaient sur place et attendirent le feu vert des parents pour renverser leurs têtes en arrière et crier de joie à l’unisson. Tous deux partirent comme des flèches et ne s’arrêtèrent que lorsqu’ils sentirent que leurs parents ne pourraient plus les entendre.

Zenlia ? murmura Ewen.

Ils s’étaient assis sur les branches du chêne mauve de la forêt, un des portails qui menait à d’autres mondes, et faisaient balancer leurs jambes dans le vide à six mètres du sol terreux.

Oui ?

Merci pour tout à l’heure, remercia le petit elfe en lui prenant la main droite, qu’elle céda de bonne grâce.

Ce n’était rien voyons… Ewen ? demanda à son tour la jeune elfe.

Oui ?

Promets-moi que quoi qu’il arrive, rien ne changera entre nous, plaida-t-elle.

Pourquoi une telle requête ? questionna Ewen, surpris.

Je ne sais pas, mais j’ai un mauvais pressentiment, confessa-t-elle en un soupir.

Voyant son regard perdre de son éclat, il prit les deux mains de la princesse qui étaient assez froides comparées aux siennes. Et les yeux dans les yeux, il le lui promit.

 

Les hivers du monde de Dorenthee devinrent de plus en plus froid, et Zenlia passa de plus en plus de temps auprès d’Ewen au royaume des elfes blancs, en compagnie de sa famille.

Leur amour naissant en début d’année avait grandi dans leurs cœurs. Ils arrivèrent à un point où les séparations devenaient trop lourdes à supporter. Zenlia s’absentait généralement pendant les longues années d’été, où elle en profitait pour apprendre à se servir de ses pouvoirs et de son futur statut de reine. Chaque hiver, elle revenait toujours plus belle et élégante, et commençait à maîtriser les éléments naturels, un don qui était apparu bien assez tôt.

Ewen, devenu majeur, se limitait à apprendre des tactiques de guerres. Il gérait les stocks de nourriture et comptait les fonds de la trésorerie royale. Il veillait de même à ce que personne ne manque de ressources dans les villages des alentours, et il comptait les lunes en attendant sa future épouse au fil des saisons.

Leur premier baiser eu lieu sous le grand chêne mauve, le portail entre les mondes. Ils s’aperçurent qu’avec une seule preuve d’amour, ils s’étaient synchronisés, ce qui était assez rare car la plupart des adultes n’y arrivaient jamais. Leurs cœurs battraient à l’unisson pour le restant de leur vie et nul ne pourrait les séparer.

Hélas, peu après leur union, Lady Annaerys rendit l’âme après cinq ans de souffrance, causés par une maladie incurable. Le roi Kendrar se renferma sur lui-même, prostré dans la douleur après avoir perdu la seule elfe qu’il avait aimée, et avec laquelle il aurait souhaité être synchronisé pour l’éternité.

Il suspectait les elfes noirs d’avoir causé son malheur, et commença à réunir des troupes militaires qui venaient des quatre coins de son monde. Les troupes de Dareln, Dul et Aro firent acte de présence et rejoignirent les Monts d’Or, où se trouvait une frontière magique cachée dans les montagnes menant aux Terres Sauvages.

Le souverain n’autorisa plus la venue de Zenlia ni celle de ses parents pendant de longs siècles. De surcroît, il interdit l’usage de la magie, et resta aux côtés de son fils qui souffrait deux fois plus que lui, portant le fardeau du décès de sa mère et de la perte de sa promise et confidente.

Peu d’elfes pouvaient se vanter de les avoir vus grandir. Surtout quand les rois Lileth et Eliai laissèrent le monde de Dorenthee à Zenlia pour traverser la Brume.

Leurs adieux furent brefs, car ils savaient qu’ils se reverraient un jour. Ils lui montrèrent juste les emplacements des portails magiques qui reliaient le royaume à d’autres terres inconnues.

Ce qui devait être un règne prometteur se transforma rapidement en un cauchemar insurmontable. La couronne, pour une fois de bonne taille, était souvent abandonnée dans la chambre de l’elfe quand elle sortait voyager et découvrir les mondes qui l’entouraient. La solitude devint pesante même si le royaume n’avait jamais été aussi bien tenu,car elle mettait toujours un point d'honneur à respecter ses promesses.

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