Situation présente des esprits , par un ami de l'ordre, de son pays et de son roi

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Petit (Paris). 1815. France (1814-1815). In-8 °. Pièce.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1815
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PRÉSENTE
DES ESPRITS,
PRÉSENTE
PAR UN AMI DE L'ORDRE , DE SON PAYS ET DE
SON ROI.
Quiconque craint la vérité mérite d'en être foudroyé.
PARIS.
PETIT, LIBRAIRE DE S. A. S. Mgr LE DUC DE BERRY ET DE
S. A. S. Mgr LE DUC D'ORLEANS, PALAIS-ROYAL, n° 257;
ET CHEZ LES PRINCIPAUX LIBRAIRES.
1815
PRÉSENTE
PAR UN AMI DE L'ORDRE , DE SON PAYS ET DE
SON ROI
Quiconque craint la vérité mérite d'en être Foudroyé.
PARIS.
PETIT, LIBRAIRE DE S. A. S. Mgr LE DUC DE BERRY ET DE
S. A. S. Mgr LE DUC D'ORLEANS, PALAIS-ROYAL , n° 257;
ET CHEZ LES PRINCIPAUX LIBRAIRES.
1815
PRÉSENTE
DES ESPRITS.
LES MÉCONTENTS.
On, ne se plaint que des abus dont on ne profité
point.
l_i'ARMÉE des mécontens, répandue sur toute la sur-
face de la France , et qui se recrute encore , en raison
des réformes utiles et nécessaires qui se font dans l'Etat
par un monarque dont la sagesse bienfaisante ne sau-
rait balancer entre les avantages de quelques individus
et ceux de la généralité de ses sujets, justifie pleine-
ment l'épigraphe ci - dessus , tirée des Pensées sur
Vhomme _, le monde et les moeurs.
Quand l'oppresseur de la France créait quelque
nouvel emploi ( souvent aussi inutile qu'onéreux )
pour se faire des créatures et des appuis à son usur-
pation, tous ceux qui pensaient sainement, et prin
cipalement ceux qui n'en étaient point pourvus, ne
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manquaient pas de s en plaindre. Aujourd'hui, les
employés surabondans réformés, crient comme des
aigles, et les honnêtes gens murmurent aussi de leur
côté, de ce que tous les hommes tarés ne sont pas
encore éliminés, pour se mettre à leur place. Ce qui,
du reste, serait juste, et arrivera sans doute en temps
opportun. Mais le grand Hercule lui-même n'a pas fait
ses douze travaux en un jour. Attendons, et dans peu
les écuries d'Augias seront balayées.
Non moins impatient qu'un, enfant, le Français vou-
drait être obéi, servi à la minute et de son goût : or,
comme chacun a, le sien, qu'il n'est pas disposé à
sacrifier non plus que son. petit intérêt ; il est impos-
sible qu'il ne s'en trouve pas de contrariés , de lésés,
et qu'il ne sorte de là bien des mécontens. Que doit
faire un roi sage, dans cette position? Suivre sans dé-^
tour le plan qu'il s'est tracé , et dont l'exécution gra-
duelle amènera, avec le moins de secousse possible,
l'a restauration de l'Etat,
Mais si, pendant que les malintentionnés (raceper-
verse et inconvertible) couvent dans l'ombre de sinis-
très complots, les gens dé bien manquent de confiance,
de zèle , d'accord et de surveillance, ils peuvent s at-
tendre au retour des fureurs révolutionnaires, et à s en
voir infailliblement de nouveau les victimes. Songeons
que l'égoïsme et l'isolement ont produit tous nos
maux passés , et que les mêmes causes peuvent nous y
replonger. Par quelle fatalité, et à la honte des bons,
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les méchans s'entendent-ils mieux qu'eux ? C' est toujours
la.longanimité des uns qui fait le triomphe des autres.
Quoi ! la scélératesse l'emporterait sur la vertu en union,
en force et en courage !
Hâtons - nous de sortir d'une apathie honteuse et
funeste. Nos. ennemis nous entourent, nous épient ,
et n'attendent que le moment de nous surprendre et
de nous écraser. Si nous avons été assez généreux
pour pardonner des forfaits irrémissibles, soyons du
moins en garde contre les. dangers de l'impunité, et
si des hommes de sang osaient encore former des
trames criminelles, arrêtons-en sur-le-champ les té-
méraires auteurs, et mettons les dans l'impuissance
d effectuer leurs coupables desseins..
Amis du bien, de 1'ordre et de la paix , ralliez-vous
autour du trône ; défendez , maintenez-y celui qui y
est assis pour le bonheur de tous ; ne souffrez point
qu'on l'avilisse par de noires, calomnies ; veillez sur
ses jours , de la conservation, desquels dépendent
nos vies, nos fortunes, et la félicité publique»
Mais, à propos, de félicité ,,il n'est pais de peuple
moins fait pour elle que le Français, par les défauts
attachés à son caractère, défauts (font il avait déjà
le germe sons Jules-César, et qui depuis lors se sont
bien développés et fortifiés. Nous ne différons pas
moins de nos ancêtres dans le moral que dans le
costume , et la nation est tellement détraquée, dé-
nuée de principes , j'oserais même dire de raison,
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qu'elle a besoin, pour son propre avantage, detre
menée d'une main ferme et sévère, si l'on ne veut la
voir donner dans toute sorte d'écarts, et finir par se
noyer dans un.déluge de maux.
C'est donc à l'énergie du père de la grande famille
à faire rentrer et contenir dans la subordination ceux
de ses enfans qui chercheraient à s'en écarter. Le
pouvoir qui dégénère en tyrannie , et la bonté en fai-
blesse , sont deux écueils également funestes pour les
souverains et les gouvernés. Les preuves en sont trop
récentes et trop connues pour qu'il soit nécessaire de
les rappeler. Si nous demandons à Dieu, dans toute
la sincérité de nos coeurs , Domine salvum fae regem,
nous dirons aussi au roi, rex salvam fae gentem.
Le roi prophète qui connaissait hien l'esprit, la portée
des méchans et de ses ennemis, en demandait sans
cesse à Dieu l'extermination : Exsurge ,• Domine , in
ira tua, et exaltate in finibus inimicorum meorum.
Moyen violent à la vérité, mais le seul d'en être
délivré. Le changement apporté par le temps et les cir-
constances dans l'opinion et dans les moeurs, ne per-
met peut-être pas une aussi grande rigueur ; mais
je suis encore du sentiment de l'auteur ,des Pensées
sur l'homme qui dit que si l'on doit aux
bons l'exercice de toutes les vertus } il ne revient aux
méchans que celui de la justice.
(9)
LES MECHANS.
In insidiis suis capiuntur impii.
DIEU permet, si même il ne veut que les méchans ,
persévérant et s'enfonçant de plus en plus dans l'abîme
de l'iniquité , ne se contentent pas d'un pardon géné-
reux , et qu'ajoutant forfaits sur forfaits , et bravant
l'indulgence à leur égard comme une lâcheté , ils
semblent appeler sur leur tête, impudemment cou-
pable , la vengeance divine et humaine. L'expérience
de tous les siècles prouve que la clémence et l'im-
punité ont de plus fâcheuses suites que la sévérité et
la justice. Nabuchodonosor , Antiochus, ne tinrent
aucun compte des avertissemens et des menaces de
Dieu lui-même. Henri IV et Louis XVI n'ont péri
sous les coups des méchans que parce qu'ils furent
trop bons et trop confians. Gustave III, roi de Suède,
fut assassiné par celui-là même à qui il avait pardonné
une première conspiration.
Il ne faut pas moins de discernement et de pru-
dence pour absoudre que pour condamner. La sévérité
du cardinal de Richelieu a peut-être prévenu bien
d'entreprises funestes à l'autorité royale et au salut de
l'état. Philippe d'Orléans , régent, ne crut pas devoir
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faire grâce au comte d Horn, bien qu il fût son parent ;
et personne ne doute que la désastreuse révolution
de 1789 n'eût été arrêtée dans son principe, si l'on
avait pu se résoudre à sacrifier seulement quatre de ses
principaux meneurs. Lorsqu'il demeure constant que
si peu d'hommes se corrigent de leurs défauts et mau-
vais penchans, peut-on espérer que des êtres, médians
par nature , corruption et habitude , s'amenderont et
deviendront gens de bien ? Il faudrait un miracle,
et l'on n'envoit guère de ce genre. Quand on n'a pas
l'espoir de le voir opérer ; quand l'indulgence , le
pardon et l'oubli glissent sur les âmes glacées des
pervers, que reste-il à opposer à ces torrens dévas-
tateurs? La seule digue des lois justes, sévères, in-
flexibles. Ceux qui auraient à s'en plaindre n'en ont
pas le droit, puisqu'ils en ont encouru l'animadver-
sion, en persévérant dans le crime qui compromet le
repos et la sûreté des citoyens honnêtes et paisibles.
Quel est donc ce relâchement d'esprit, de caractère et
de moeurs qui nous fait ménager des gens qui ne ména-
geant rien eux-mêmes, n'ont d'autre principe et d autre
règle qu'une ambition subversive, spoliatrice, et dont
les regrets et les murmures ne viennent que de ne
pouvoir pas continuer à couvrir la France de ruines, de
larmes , de sang et de dueil ? Us sont passés pour eux
ees jours de fête.
(11 )
LES SCÉLÉRATS.
M ne peut des serpens sortir que du venin.
II, an est de même, pour ne pas dire plus, des
serpens de l'espèce humaine, et les uns et les autres
ont cela de commun, qu'on ne peut sûrement se
mettre à l'abri de leurs atteintes, qu'en leur écrasant
là tête. Tel est l'arrêt qui fut porté contre eux par
le créateur, dès le- commencement du monde. Si le
figuier, simplement stérile, fut condamné au feu,
doit-on épargner le scélérat, cet arbre si fécond
de maux et de malheurs ?; L'ordre social, la jus-
tice et la prudence, demandent qu'il soit coupé
jusqu'à la racine. La tolérance et l'impunité ne
désarment point le crime, elles en aiguisent au
contraire les poignards, en préparent et assurent
les coups. N'en n'avons-nous pas fait les plus cruelles
expériences? Le ciel nous avait donné un roi dont
nous n'étions certainement pas dignes, puisque,
pour prix de son excessive bonté, il a été inhu-
mainement sacrifié, 1 je ne dirai point par là nation
française (qui en gémit encore ), mais par une
poignée de vils et odieux sicaires, échappés de son
sein , et dont l'audace progressive, ne trouvant point
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de frein , se livra au plus noir des attentats. Inde
mali lobes. Les créatures du crime ne peuvent se
soutenir que par lui, de là les délations, les pros-
criptions , les assassinats, les guerres injustes et les
spoliations. Tous ces fléaux ont successivement fondu,
pesé sur la France, et ils l'auraient infailliblement
anéantie, si la providence ne fût venue à notre
secours, et n'eût remis une famille trop long-temps
égarée entre les bras de son père, qui n'a rien eu
de plus pressé que de lui pardonner. Mais les Caïns
de cette même famille se rendant intérieurement
justice, n'ont pu croire au sincère oubli de leurs trop
mémorables forfaits ; que dis-je ? ils prétendent les
justifier et les atttribuer à ceux là mêmes qui en
forent les victimes. Ils osent encore lever leur tête hideuse,
menacer, méditer de nouveaux complots qui, s'ils
n'étaient sagement déjoués, ne manqueraient pas de
surpasser les premiers..
L'ESPRIT PUBLIC.
Quand cultiverons-nous cette plante exotique ?
Que sous les tyrans ( qui ne purent jamais souffrir
qu'eux, leurs suppôts et leur, satellites ) il n'y ait
point d'esprit, public, cela doit être et se conçoit
facilement; mais que sous un régime juste et pater-

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